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  • : Le blog de Jean-Loup
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  • : Engagé, depuis plusieurs décennies dans une démarche visant à lutter contre tous les processus d'exclusion, de discrimination et de ségrégation socio-urbaine, je suis persuadé que si nous voulons « construire » une société reposant sur un véritable Vivre Ensemble. Il nous faut savoir, donner du sens au sens, prendre le temps de la concertation et faire des propositions en adéquation avec les besoins de nos concitoyens.
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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 17:40

Le rapport annuel du Conseil d’Orientation des Retraites montre que les prochaines années seront difficiles : les retraites seront déficitaires de 10 milliards d’euros dès 2020.

Le rapport annuel du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) a pris des allures d’audit complémentaire à celui de la Cour des Comptes. Loin du triomphalisme affiché en son temps par Marisol Touraine (qui s’était vantée d’avoir terrassé les déficits sociaux), les prévisions montrent que les dix prochaines années seront très difficiles, même en cas de reprise économique.

Dans ce genre d’exercice (celui des prévisions à long terme sur les comptes sociaux), il existe un incontournable : la projection d’une série de scénarios où la croissance, le taux de chômage, la productivité, évoluent de façon différente. Personne n’est jamais véritablement convaincu par les hypothèses ou les combinaisons d’hypothèses retenues. Dans le cas du COR, celles-ci varient d’une croissance à 1% en moyenne pour pousser jusqu’à 1,8%.

L’intérêt des simulations est de montrer que, jusqu’en 2040, dans tous les cas, le régime par répartition, à réglementation inchangée, accusera un déficit important. En dehors de l’hypothèse à 1,8%, le besoin de financement sera d’au moins 10 milliards par an pour les vingt prochaines années. Si la croissance se maintient à 1%, il dépassera les 20 milliards à l’horizon 2025.

Les causes de ce phénomène sont bien connues : la durée de vie à la retraite augmente plus vite que les recettes naturelles du régime.

UNE CATASTROPHE POUR LES RETRAITES À COURT TERME

L’un des intérêts majeurs de l’étude du COR est surtout de montrer que, d’ici à la fin du quinquennat, les retraites seront forcément déficitaires, quel que soit le scénario de croissance qui se produise. Il n’y a donc pas à tortiller, ni à prendre un quelconque pari.

Dans tous les cas, Emmanuel Macron sera confronté à une dégradation des comptes sociaux qui l’obligera à réagir pour tenir l’objectif de 3% de déficit dans le cadre des traités.

La dégradation sera même très rapide. Selon le COR, la France se promet un déficit de 10 milliards d’euros en 2020 si des mesures d’urgence ne sont pas prises.

C’est une très mauvaise nouvelle pour Emmanuel Macron qui avait imaginé pouvoir compter sur un petit répit et n’engager sa réforme des retraites qu’à partir de 2018.

DES SOLUTIONS DIFFICILES POUR LE NOUVEAU PRÉSIDENT

Dans la pratique, la dégradation des régimes de retraite agit comme une véritable peste : une fois le virus diffusé, il est très difficile de le combattre. Les remèdes à court terme sont en effet peu nombreux, bien connus et pénibles à faire avaler au public.

De deux choses l’une en effet.

Soit Emmanuel Macron retarde l’âge de départ à la retraite… mais cette option sera compliquée à mettre en oeuvre pour un Président qui a annoncé une réforme systémique qui laisserait à chacun le soin de choisir son âge de départ.

On voit mal comment d’une main, le Président pourrait promettre un système notionnel où chacun part quand il le souhaite, et d’une autre main expliquer doctement que la traduction immédiate de ce dispositif consiste à repousser l’âge des partants.

Soit le Président adopte la solution déjà discrètement pratiquée par Marisol Touraine : la baisse des pensions. En retardant les indexations d’un semestre, la précédente ministre a en effet pu glaner quelques précieux milliards au détriment du niveau réel des retraites.

Reste, bien entendu, le troisième levier : éponger le déficit par une énième augmentation des cotisations. Mais, dans ce cas, sauf à admettre publiquement qu’il ne renouvelle rien et qu’il déçoit collectivement son électorat, Macron devra trouver des économies sur d’autres sources de financement de la Sécurité sociale pour compenser ce sérieux coup de canif à ses promesses.

La difficulté, pour le Président, c’est que le temps va manquer pour finasser. Dès 2019, le déficit devrait repartir en sérieuse hausse.

Ce que promettait le programme En Marche

Après plus de vingt ans de réformes successives, le problème des retraites n’est plus un problème financier. Les travaux du Conseil d’Orientation des Retraites, qui font référence, le montrent : pour la première fois depuis des décennies, les perspectives financières permettent d’envisager l’avenir avec « une sérénité raisonnable » selon le Comité de Suivi des Retraites. L’enjeu aujourd’hui n’est donc pas de repousser l’âge ou d’augmenter la durée de cotisation.

Pourtant, les Français ne savent plus s’ils peuvent se fier à leur système de retraites. Beaucoup, parmi les jeunes notamment, ont perdu confiance. L’opacité des règles conduit à ce que notre système de retraite par répartition, qui est l’expression de la solidarité entre générations, ne fournisse pas à chacun la sécurité qu’il est en droit d’attendre. Ceux dont les carrières sont heurtées ou les font passer par différents statuts – salarié, indépendant, agent public – sont facilement pénalisés. On ne sait si des nouveaux efforts vont être demandés. Chacun a l’impression d’être moins bien traité que d’autres.

Notre projet, ce n’est pas de changer encore une fois tel ou tel paramètre du système de retraites. Il n’est pas de sortir de la répartition. Il est de rétablir la confiance et de construire un système adapté aux parcours professionnels et de vie d’aujourd’hui et de demain. Il est de clarifier et de stabiliser les règles du jeu, une fois pour toutes, en mettant en place un système universel, juste, transparent et fiable, dans lequel chacun bénéficie exactement des mêmes droits.

Notre système restera fondé sur la répartition, qui est l’autre nom de la solidarité entre les générations. Il restera collectif et solidaire. Il continuera à tenir compte de la diversité des carrières, dont certaines sont plus longues ou plus pénibles. Il préservera les avantages sociaux, par exemple ceux qui sont liés à la maternité. Mais il le fera de manière plus transparente et plus juste.

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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 15:46

Licenciements, inégalités injustifiées, riches de plus en plus riches, bonus immérités… tout cela est la conséquence des politiques publiques conduites depuis quarante ans. L’indignation des élites et des élus responsables est déplacée.

Selon un ancien président, « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ». Elles exercent cependant une attraction universelle de l’électeur, sous toutes latitudes et à toutes les époques.

Pendant longtemps, ces promesses généreuses étaient payées avec l’argent des autres.

Salaires en hausse, semaines de travail réduites, vacances supplémentaires, âge de la retraite abaissé, etc. — sans lien avec la richesse créée, tout cela fut possible. Il suffisait de dévaluer le franc pour permettre au tissu économique d’absorber des cadeaux électoraux, et le tour était joué.

Certes, les quelques privilégiés qui avaient eu le temps de placer leurs économies en dehors de France, en Suisse ou ailleurs, étaient soudainement plus riches, et les Français qui avaient l’intention de passer leurs vacances à l’étranger ou bien plus simplement d’acheter des produits importés étaient pénalisés. Mais qui s’en souciait ?

Puis vint la multiplication des allocations, aides, subventions et primes en tous genres, mais aussi des niches fiscales bien gardées. Il fallut alors trouver autre chose que la dévaluation (désormais impossible avec l’euro) et la hausse habituelle des impôts. D’autant que nombre de ces décisions avaient des effets pervers, comme par exemple l'effet boomerang inflationniste des aides au logement sur les loyers. Ce qui justifiait de nouvelles dépenses publiques pour tenter de corriger ces effets indésirables !

Aussi les responsables politiques commencèrent à recourir de plus en plus massivement à l’endettement (supposé indolore, car remboursé en contractant de nouvelles dettes, indéfiniment… tant qu’il y a des prêteurs…).

Ni vu, ni connu… du moins pas tout de suite

Trente ans après ce tournant majeur en matière de politiques publiques dans presque toutes les démocraties occidentales, les dégâts sont là. L’activité est chaque décennie plus anémiée ; on perd en moyenne un point de croissance annuelle tous les 10 ans depuis le début des années 1980. Sans croissance ou presque, et sans inflation, l’amortissement des dettes est de plus en plus délicat.

En effet, les progrès technologiques permettent aux industriels de fabriquer de nouveaux produits de plus en plus sophistiqués à un coût décroissant (regardez votre téléviseur !). Les jeunes créateurs d’entreprises, surtout avec l’ubérisation, proposent de nouveaux services de moins en moins chers. Ces innovations, dans une société vieillissante, sont déflationnistes. Or les gouvernements surendettés ont besoin d’inflation pour amortir leurs dettes sans douleur.

La parade est cependant bien connue, avec la généralisation des politiques monétaires non conventionnelles, selon les termes de leurs concepteurs eux-mêmes. Quel aveu, comme si nous étions des rats de laboratoire sur lesquels on peut faire des expériences ! Le résultat fut une baisse sans précédent, historique, des taux d’intérêt.

L’objectif est de décourager l’épargne. Au contraire, il faut stimuler la dépense pour acheter des produits que des industriels fabriqueront, créant de nouvelles capacités de production et finalement embauchant.

Mais dans leur course effrénée à la baisse des taux, officiellement pour donner du temps à des gouvernements d’initier des réformes grâce à l’argent gratuit ou presque, les autorités monétaires sont allées très loin. Certains gouvernements, sur lesquels la contrainte financière ne pesait plus, ont profité de l’aubaine pour justement ne rien faire…

Les effets pervers de telles politiques de fuite en avant sont déjà palpables.

Comme chacun peut le constater, l'économie de la vielle Europe, notamment en Zone euro, reste globalement toujours anémiée.

Brutaliser les épargnants pour les forcer à dépenser n’a aucun sens s’ils n’ont pas envie d’acheter. Les seniors, de plus en plus nombreux, déjà largement équipés en biens de consommation, ont peu de besoins nouveaux. Au contraire, les taux très bas les incitent à épargner encore avantage. Par peur de manquer de revenus futurs, ils compensent la baisse des rendements en mettant encore plus d’argent de côté.

Plus les taux d’intérêt sont bas, plus les prix des actions, des obligations, ou de l’immobilier, seront élevés, rendant encore plus riches leurs détenteurs. Les obligations émises dans le passé à des taux plus élevés, les actions dont le rendement, grâce au dividende, devient supérieur aux taux des titres d’État, les biens immobiliers qui rapportent des loyers même modestes sont toujours préférables à rien.

À cela s’ajoute la situation des dirigeants de grandes entreprises, dont les bonus sont en partie indexés sur la performance boursière de leurs titres. La surévaluation de la cotation boursière des entreprises qu’ils dirigent résulte aussi de ces politiques de taux zéro, et non pas uniquement de leur génie. Pourtant, les rémunérations qu’ils perçoivent sont jugées indécentes par des politiciens qui sont à l’origine de ces hausses de cours en partie artificielles.

Les taux bas, une fausse aubaine pour les emprunteurs

Les candidats à l’accession à la propriété acceptent de payer très cher des biens immobiliers, au motif que l’endettement est presque gratuit, faisant ainsi la fortune des,déjà, riches vendeurs. Il est inquiétant de voir augmenter le nombre de primo-accédants sur la période récente. Souvent l’arrivée sur un marché déjà très haut des populations les plus modestes et les moins bien informées est le symptôme de la fin d'une bulle.

Enfin, les industriels, censés profiter de l’opportunité du crédit bon marché bas pour augmenter ou créer des capacités de production, ne se précipitent pas pour emprunter. S’ils le font, c’est pour investir dans la robotisation, accélérant la destruction d’emplois, alors que la population active n’a pas encore eu le temps d’ajuster complètement ses qualifications à cette révolution technologique.

Panne de la consommation, taux de chômage élevé des non-qualifiés, enrichissement des nantis, euthanasie financière des retraités, quels beaux résultats pour des politiques censées apporter l’emploi pour tous, la réduction des inégalités, et la justice sociale.

Pourquoi ne pas laisser les taux d’intérêt s’ajuster en fonction de l’offre et de la demande sur les marchés financiers, en dehors de toute manipulation par les banques centrales ?

Les épargnants modestes qui ne placent pas leurs économies sur des supports spéculatifs seraient enfin honnêtement rémunérés, les industriels n’automatiseraient leurs usines qu’à bon escient, et les baisses des marchés financiers et immobiliers permettraient une redistribution des richesses.

Oubliez tout ça. Aucun gouvernement ne pourra jamais accepter un tel scénario, qui l’obligerait à se déclarer en défaut et à ruiner complètement ses prêteurs (souvent ses électeurs d’ailleurs par le biais des contrats d’assurance-vie) et à en terminer avec le déficit.

Sans recours à la dette, un gouvernement doit présenter des budgets équilibrés, avoir une gestion vertueuse des deniers publics. Comment dés lors pratiquer le clientélisme en distribuant des avantages (allocations, aides, subventions, primes, etc.) à sa base électorale ?

Un tel scénario est tout bonnement inimaginable.

Mais tôt ou tard, la réalité s’imposera. La sortie se fera par l’inflation. Et à ce moment-là, il vaudra mieux avoir de l’or…

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 19:59

Français, Françaises, soyez-en sûrs : à tout moment, à tout propos et hors de propos, le gouvernement agit !

Il s’occupe de vous, de la tétine au sapin, vous borde le soir avant de dormir et vous réveille le matin au son du clairon. Il s’occupe de votre éducation, il s’occupe de votre couverture universelle contre les bobos du monde, il s’occupe de votre pension. Et quand il ne s’en occupe pas, il déploie des trésors d’imagination pour vous faire croire qu’il le fait.

C’est ainsi qu’en décembre dernier, on découvrait que l’administration française, précise, rigoureuse et inflexible, merdouillait grave dans l’attribution des retraites de plusieurs départements. Là où la distribution des indispensables émoluments aux nouveaux retraités aurait dû être calée sur le mouvement rapide d’un TGV nouvelle génération, on se rendait compte, surpris, qu’elle prenait plutôt l’omnibus départemental comme référence : des retraités du Languedoc-Roussillon et d’autres de Nord-Picardie se sont retrouvés fort dépourvus quand la bise de la pension fut venue, avec une accumulation invraisemblable de retards dans le calcul et le versement de leurs dus dont la presse, fort discrète, ne se fit guère l’écho que dans un triplet d’articulets particulièrement minces (ici, ou ). Apparemment, plusieurs milliers de dossiers étaient en souffrance.

En début d’année 2015, cela ne se débloquait toujours pas, indiquant que les petits soucis soi-disant passagers devenaient persistants. Manques de fonds ? Afflux de dossiers ? Personnel insuffisant ou incompétent ou les deux ? Leprechaun informatique méchant ? Quoi qu’il en fut, les retraités commencèrent à grogner.

Mais oh, là, du calme ! Nous sommes en République Française et ce genre de péripétie ne saurait durer ! Bien vite, sentant que le problème pourrait devenir sinon électoralement sensible mais au moins socialement dangereux, Marisol Touraine, la ministre en charge du dossier, s’est lancée dans l’une de ces idées lumineuse qui ajoutent immédiatement au problème une grosse farce rigolote : elle vient de créer une espèce de Droit Opposable à la Retraite.

Non, vous ne rêvez pas : par le subtil truchement d’un décret de derrière les fagots du ministère, la ministre vient d’instaurer – je cite – « une garantie de versement d’une pension de retraite au moment du départ en retraite aux assurés qui déposent une demande complète au moins quatre mois avant la date de départ prévue ».

Changement fondamental, bouleversement, que dis-je, révolution ! Les retraités qui vont déposer un dossier d’ouverture de droits à la retraite un peu avant leur départ disposent maintenant d’une garantie de versement. Youpi.

Quelque part, cela fait froid dans le dos, et à plusieurs niveaux.

Le premier, c’est que ce décret laisse apparemment supposer qu’il n’en était rien avant. Autrement dit – et sauf à imaginer que la ministre aurait pondu un décret sans la moindre utilité – sans ce dernier, la pension versée n’avait absolument rien de garanti. Un coup c’était oui, un coup c’était non, au joyeux arbitraire des administrations compétentes (ou pas). Cela laisse quelque peu songeur sur le pacte social gnagnagna qui, en définitive, revient à ponctionner durement les actifs pour payer les retraités (ou pas) : apparemment, les retraites, jusqu’au décret n° 2015-1015, n’étaient pas garanties.

Le second, c’est que tout indique qu’on a ici créé un droit, tout nouveau, tout chaud, tout rigolo (et probablement tout bidon) pour corriger un problème purement technique. C’est exactement comme si – exemple à ne pas suivre, merci – on créait un Droit Opposable Au Courant Électrique dès qu’EDF s’avérait incapable de délivrer du courant pendant deux mois à certains foyers parce que, ah voyez enfin m’dame, enfin bon, c’est compliqué, rapport au turbofluctuateur au niveau de l’injection des vis platinées du fil de rotabidon, ça se répare pas en deux minutes, m’voyez, s’pas, donc faudra attendre encore un peu ma brav’dame, je sais en hiver c’est pas génial mais grâce aux convecteurs gratuits, ça ira mieux, non ? Avec un Droit Opposable Au Courant Électrique, pouf, z’avez immédiatement la garantie d’une tension électrique sur votre ligne. Voilà. Magique.

Mais plus généralement, cette histoire de droit opposable récupéré sous le sabot d’un cheval pour prétendre résoudre un problème de versement de pension montre, encore une fois et de façon aiguë qu’on prend les Français et particulièrement les retraités pour des imbéciles.

Ainsi, s’il suffit d’avoir un droit opposable pour régler le problème de versement des pensions à temps, pourquoi ne l’a-t-on pas fait plus tôt ? Mieux : pourquoi n’invente-t-on pas un droit opposable pour chaque petite avanie que nous font subir des administrations aussi pléthoriques qu’incompétentes, pour lesquelles la perte de dossiers et l’excuse de la pièce manquante – il manque toujours une pièce à votre dossier, toujours – sont l’alpha et l’oméga des bonnes raisons de saboter le service rendu au public ?

Mieux : si le problème provient, comme il nous l’a été expliqué précédemment, d’un afflux imprévu (!) de dossier, en quoi ce droit opposable change-t-il la donne ? En rien, c’est évident et c’est parfaitement grotesque.

Pire : on distribue ici du décret et de la loi, on s’agite et on remue son menton fermement pour que des retraites soient payées, mais la réalité est que ces retraites ne dépendent que de la bonne ponction d’actifs dont le nombre rétrécit et dont la bonne grâce à se faire ponctionner tend à diminuer, nonobstant un consentement à l’impôt en béton armé bien évidemment.

Bref : tout comme le droit opposable au logement qui était et est toujours une parfaite fumisterie inapplicable et intrinsèquement stupide mais cachée derrière une masse si importante de bons sentiments que ce droit est passé comme une lettre à la poste, le droit opposable à la retraite est une blague de très mauvais goût jetée à la face de ceux qui ont travaillé toute une vie pour un montant de pension de plus en plus symbolique.

Les fumisteries de Marisol Touraine mettent en exergue une réalité crue : on se fiche, encore une fois, de nous, toutes générations confondues. On se moque des jeunes avec une éducation de plus en plus pourrie et de plus en plus ridicule, bordée de termes pompeux et de concepts idiots, mousse brillante de vacuité ronflante, pour former des semi-habiles, semi-lettrés, semi-dépendants. On se moque des travailleurs avec des impôts et des cotisations toujours plus lourds pour des droits toujours plus minuscules, un flicage permanent et une sécurité en carton pâte. On se moque à présent des retraités avec un joli décret en guise de pension, qui s’ajoute aux délais et aux montants parfois honteusement bas des versements effectués.

Et face à cette attitude, pas une tête, pas une voix, pas un individu pour dire « assez ! »

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