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  • : Le blog de Jean-Loup
  • Le blog de Jean-Loup
  • : Engagé, depuis plusieurs décennies dans une démarche visant à lutter contre tous les processus d'exclusion, de discrimination et de ségrégation socio-urbaine, je suis persuadé que si nous voulons « construire » une société reposant sur un véritable Vivre Ensemble. Il nous faut savoir, donner du sens au sens, prendre le temps de la concertation et faire des propositions en adéquation avec les besoins de nos concitoyens.
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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 15:10

SUITE Article 

 

Propositions d’Emmanuel Macron sur son site de campagne

Entreprise-Commerce-Artisanat

  • baisse de l’impôt des sociétés de 33,3% à 25%
  • suppression du RSI
  • remplacement du CICE par une baisse des cotisations patronales de 6 à 10 points
  • « Emplois francs » : embauche issue des quartiers prioritaires – CDI de 15.000 euros/an pendant 3 ans et CCD de 5.000 euros/an pendant 2 ans
  • assurance chômage universelle (artisans, commerçants, etc.)

Salariés

  • exonération des cotisations sociales des heures supplémentaires
  • baisse des cotisations salariales (?)
  • smicards bénéficiaires de la prime d’activité : prime + 100 euros par mois
  • un jour de délai de carence pour le secteur public

Ménages

  • exonération de la taxe d’habitation pour 80% des ménages

Pour l’ensemble

  • impôt sur la Fortune immobilière au lieu de l’ISF
  • prélèvement unique sur les revenus du capital de 30%
  • augmentation de la CSG de 1,7 point sauf pour petites retraites, bénéficiaires d’exonération, allocations chômage (constitutionnalité à déterminer )
  • convergence fiscale diesel/essence +12 milliards de recettes prévues
  • âge légal de la retraite à 62 ans + système universel régime des retraites (modèle Suédois)

Divers

  • maintien des 35 heures mais négociation d’entreprise ou à défaut par branches professionnelles
  • réforme du Code du travail avec maintien du socle de droits et de règles + priorité aux accords d’entreprise ou à défaut des branches professionnelles
  • gestion allocation chômage par l’État
  • non renouvellement de 120.000 postes dont 70.000 fonction territoriale, sur les 500.000 départs à la retraite prévus sur 5 ans

Le programme de François Fillon jusqu’au 10 mars et celui d’Emmanuel Macron sont tous deux des variantes du système social-démocrate, mais le premier est une continuité du système existant avec des calculs comptables à la louche et le second tente de le moderniser et de créer un équilibre entre liberté et sécurité.

Toutefois, dans ce duel opposant deux systèmes sociaux-démocrates, le programme économique de François Fillon ne répondait à l’exaspération ambiante que par la rhétorique, en ciblant les fonctionnaires, sans pour autant remettre en cause leur statut, et en fustigeant les contraintes existantes avec des « arrêtons d’emmerder les Français ! ». Il ne fournissait pas les solutions nécessaires avec une véritable réorganisation des fonctions de l’État, ni même des mesures audacieuses pour les ménages et les entreprises.

Mais peut-être le retrait de son projet initial de son site de campagne augure-t-il quelques modifications substantielles ? Emmanuel Macron lui servirait-il de muse pour affiner son projet ? Auquel cas, l’insistance de François Fillon et des siens à réclamer le programme d’Emmanuel Macron révélerait leur intention d’y puiser l’inspiration dont ils étaient dépourvus.

Quoi qu’il en soit, François Fillon aurait fait preuve de courage, si son programme économique avait été plus clair et en phase avec une privatisation des domaines non régalien jusqu’à présent réservés à l’État (sécurité sociale, système des retraites, éducation et formation, etc.).

Là, il n’était que le candidat d’une social-démocratie à la Sarkozy, sans l’impétuosité de ce dernier. Il voulait privatiser une partie de la Sécurité sociale et ensuite il s’est rétracté. Il voulait réduire de moitié le « millefeuille territorial » « en ramenant le nombre d’échelons de collectivité territoriale de 4 à 2 » et il s’est rétracté, une fois de plus, dans son « grand oral » face à l’Assemblée des départements de France en affirmant :

Je suis convaincu que les exigences de simplification et contraintes financières qui pèsent sur notre pays nous conduirons inéluctablement à cette réorganisation. Peut-on la conduire aujourd’hui dans le contexte que je viens d’évoquer avec les nouvelles régions, avec l’exaspération des élus devant l’instabilité institutionnelle et financière qui fragilise toutes les politiques de long terme ? Ma réponse est non. D’autant que je fais le choix dans mon projet d’un choc de compétitivité qui mobilisera sans doute toutes les énergies au début du quinquennat. Je propose donc de changer de logique, de ne plus imposer des réformes venus d’en haut, mais de permettre aux territoires de s’organiser librement dans un cadre général.

LE PROJET DE SOCIÉTÉ DE FRANÇOIS FILLON

Non seulement le programme de François Fillon jusqu’au 10 mars ne parvenait pas à « casser la baraque » au niveau économique, mais de plus il renforçait l’omnipotence de l’État, y compris dans le contrôle de certaines libertés individuelles par un sacerdoce républicain exacerbé.

La République n’était plus un régime, une organisation du pouvoir. Elle devenait une doctrine morale de la citoyenneté. Le port du tablier à l’école, le retrait des allocations familiales aux parents dont les enfants commettent des manquements répétés, la période temporaire de contrôle par l’État du culte musulman, afin qu’il soit compatible avec les règles de la République, la suppression de l’enseignement des langues et des cultures d’origine, la responsabilité pénale à partir de 16 ans, puis pour les entreprises « un cadre légal qui leur permettra d’imposer un code de laïcité », étaient autant de mesures visant à établir un culte républicain.

Mais ce projet était en concurrence directe avec celui de Marine Le Pen qui va bien au-delà. Quant au domaine exclusivement régalien, Marine Le Pen et Emmanuel Macron sont bien plus explicites, voire parfois plus complets, que ne l’a été François Fillon.

Croyant récupérer des électeurs de Marine Le Pen, François Fillon a endossé le rôle de prêcheur du culte républicain, a sacralisé l’identité nationale, a entretenu un ostracisme de salon, a désiré imposer sa vision conservatrice de la société, et s’est victimisé tout en plagiant outrancièrement des formules populistes. Il a fini par devenir le ventriloque de Marine Le Pen auprès des sympathisants et militants LR. Il ne manquait plus que les crèches en mairie et le père Noël à l’église pour sanctifier le culte républicain.

À tant marteler qu’il faut « casser la baraque », François Fillon a oublié de ciseler son projet afin de proposer un nouveau modèle. Il a refusé le libéralisme. Il s’est contenté d’exploiter son expérience de tacticien de la politique, des éléments de langage acquis durant ses 36 années dans les couloirs du pouvoir, dont 5 années comme chef de gouvernement sous la présidence de Sarkozy. Ses années d’expérience ont déjà donné la preuve de leur efficience : le retour du parti socialiste au pouvoir.

Formaté à la dichotomie droite/gauche et aux calculs électoraux, il s’est évertué à séduire des électeurs de Marine Le Pen, tout en épargnant celle-ci sur la teneur de son système socialiste et nationaliste, puis à décrédibiliser Emmanuel Macron en le reléguant à gauche, voire au « hollandisme », ou en formulant des propos dénigrants à son égard après avoir déclaré en février : « Si Emmanuel Macron veut venir dans mon gouvernement, je ne suis pas contre. »

Cela étant, de nombreux électeurs peuvent adhérer à la conclusion de François Fillon : « Arrêtons d’emmerder les Français. » Il aura tout au moins réussi à contenir les voix discordantes de son parti et de l’UDI, puis à les rassembler par des investitures.

Par ailleurs, à six semaines des élections, il n’hésite pas à tout effacer de son site de campagne pour présenter un programme présidentiel, comme si le projet Fillon n’en était plus un. Il renouvelle sa campagne avec d’un côté les « sarkozistes » en garde rapprochée et de l’autre il « juppéisera » très certainement son programme économique en contrepartie d’une annonce sur Twitter d’Alain Juppé : « J’envoie ce matin mon parrainage à F. Fillon. » D’un côté, François Fillon se « lepenise » davantage et de l’autre il se « macronisera ».

En cas de second tour, à l’instar de Sarkozy avec la taxe sur les transactions financières, il pourrait tout autant s’inspirer de Mélenchon et de sa proposition sur les œuvres tombées dans le domaine public et publiées par des maisons d’édition pour financer les auteurs. Et, là il toucherait le fond de la vacuité politicienne en révélant son incapacité à forger par lui-même un véritable programme. Le plagiat n’est vraiment pas un signe de courage politique.

À force de caviarder les propositions fortes de son programme à des fins électoralistes, il ne restera plus qu’un prospectus politicien qui pourrait se résumer à : « Vous voulez l’alternance ? Alors, votez François Fillon, car il est de droite. » (QUE de DROITE pas du CENTRE)  pour accéder au pouvoir suprême ne peut en aucun cas « casser la baraque ». De toute évidence, en stratégie politique, Emmanuel Macron fait office de visionnaire face à lui. Il se présente comme candidat du progressisme anticipant de ce fait un François Fillon apparemment disposé à calquer sur lui et à accentuer le conservatisme et quelques axes réactionnaires pour emboîter le pas à Marine Le Pen. François Fillon mise sur des méthodes d’apparatchik pour gagner les élections. Un énième enfumage. Un énième enterrement du libéralisme.

 

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 15:07

Comparaison des programmes de Fillon et de Macron : qui sera le plus "libéral" ? Voici un point de vue.

Après de multiples rebondissements, François Fillon est désormais le seul et l’unique candidat du parti LR. Avec le soutien inconditionnel de quelques journalistes, dont certains n’ont pas hésité à lui organiser un dîner, François Fillon dispose d’un atout non négligeable pour relayer son credo : il faut avoir le courage de « casser la baraque ». Mais son programme « casse »-t-il vraiment la baraque ?

LE PROGRAMME DE FRANÇOIS FILLON EN ÉCONOMIE

Jusqu’au 10 mars 2017, la présentation du programme de François Fillon n’était en rien renversante, contrairement au poids des mots. Elle s’apparentait à un livret scolaire dans lequel prédominait son diagnostic sur la situation. Du livret de 109 pages Pour Vous aux explications par thèmes sur son site de campagne, de nombreuses redondances littéraires se succédaient avec, de temps à autre, un cadre pour illustrer quelques propositions. Quant à l’essentiel des propositions « pour redresser la France », les plus significatives demeuraient sans explication :

  • aucune précision sur la répartition entre les charges (et lesquelles) et les impôts dans les 40 milliards au profit des entreprises, ni la période, pas plus que sur la structure qui remplacerait le RSI,
  • omission des modalités de mise en place sur la franchise de TVA pour les commerçants, artisans, et auto-entrepreneurs, sachant que pour toute réduction d’un taux TVA il faut un accord de l’Union européenne en raison de la part versée à l’UE et qu’il s’agit d’un impôt de consommation redevable par le consommateur à l’État, même si l’artisan, le commerçant ou autres en font la collecte (=peut-on juridiquement « franchiser » d’une taxe le collecteur de cette taxe ?),
  • le non remplacement des départs à la retraite des 500 000 fonctionnaires ne précisait pas quel secteur de la fonction publique serait impacté (=aucun diagnostic) et ne s’accompagnait pas d’une réforme profonde des institutions de l’État en vue de recentrer ses fonctions à un rôle purement régalien.

Par ailleurs, la fameuse suppression des 35 heures ne concernait que la fonction publique, puisque dans le privé il s’agissait de « lever le verrou » par des accords d’entreprise, un procédé qui existe déjà. Or, sans une loi sur la suppression des 35 heures, ces 39 heures ne pourraient être imposées comme une durée légale à la seule fonction publique. Et la retraite à 65 ans, avec un chômage des seniors déjà alarmant, ne risquait pas de faciliter le financement des retraites.

En résumé, le programme de François Fillon en matière d’économie était volontairement provocateur par les chiffres annoncés et les éléments de langage, mais il était superficiel. Prétendre augmenter le pouvoir d’achat avec le rétablissement de l’allocation familiale pour tous et la suppression de la cotisation d’assurance maladie, alors qu’en contrepartie il y avait une hausse de TVA de 2 points sur les taux supérieurs, démontrait l’absence d’analyse d’impact réel.

C’est peut-être pour ces raisons et d’autres, comme éviter la fuite des électeurs du centre vers Emmanuel Macron, que François Fillon a supprimé le 10 mars la présentation de ce programme sur son site de campagne, dont ont été extraites les données du tableau ci-dessous. Il annonce à cette date la « Présentation du projet présidentiel à venir prochainement », six semaines avant les élections.

 

Propositions de François Fillon sur son site de campagne

Entreprise-Commerce-Artisanat

  • baisse de l’impôt des sociétés de 33,3% à 25% + baisse des charges (lesquelles ?)= 40 milliards
  • remplacement du RSI par la création d’une nouvelle caisse pour les indépendants
  • franchise de TVA pour les commerçants, les artisans, auto-entrepreneurs, jusqu’à 50.000 euros de CA pour les services et de 120.000 CA pour les achat-reventes « ce qui augmentera de façon mécanique leur revenu » ( ce ne sont pas des ménages, alors dans les 40 milliards ?)

Salariés

  • suppression de la cotisation assurance maladie sur les salaires
  • un jour de délai de carence pour le secteur public

Ménages

  • rétablissement des allocations familiales pour tous

Pour l’ensemble

  • suppression de l’ISF
  • prélèvement unique sur les revenus du capital de 30%
  • hausse de TVA de 2 points sur les 2 taux supérieurs (de 10% à 12% et de 20% à 22%)
  • âge légal de la retraite à 65 ans + harmonisation graduelle des régimes de retraite, publics et privés, et suppression des régimes spéciaux de retraite.

Divers

  • revenir aux 39 heures dans la fonction publique pour une économie de plus de 500.000 postes de la fonction publique par le non remplacement des départ à la retraite
  • « lever le verrou » des 35 heures par accord d’entreprise ou de branche
  • réforme Code du travail avec maintien du socle de droits et de règles + priorité aux accords d’entreprise et de branches professionnelles
  • allocation chômage 75% + dégressif

À la lecture des programmes, François Fillon n’avait plus le monopole sur certaines mesures, telles que la baisse de l’impôt sur les sociétés et les capitaux, les accords d’entreprise et le Code du travail. Emmanuel Macron fait ces mêmes propositions. De plus, contrairement à François Fillon, Emmanuel Macron propose, et maintient, des mesures bien plus concrètes et novatrices (du moins en rapport aux précédents quinquennats) pour un système social-démocrate, parmi lesquelles se trouvent :

  • l’exonération de la taxe d’habitation offrant un impact réel sur 80% des foyers taxés avec indirectement un véritable contrôle sur certaines hausses abusives, puisque compensée par l’ensemble des contribuables au travers de l’État et donc contrôlée par celui-ci,
  • l’assurance chômage universel qui encourage réellement la prise de risque, notamment des auto-entrepreneurs, des artisans, des commerçants, des chefs d’entreprises TPE et PME, et des agriculteurs,
  • un système de retraite à points qui permet non seulement de supprimer les régimes spéciaux, d’optimiser la gestion des retraites (= réduction des coûts administratifs) et d’offrir une transparence sur les droits acquis, mais de plus il permet à tout un chacun d’augmenter à souhait sa contribution et de choisir le moment le plus opportun de départ à la retraite (avant ou après l’âge de légal de la retraite) le tout avec l’État comme garant et non des sociétés privées.

 

A SUIVRE

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 20:06

 

Décembre 2012, un drame secouait le monde des journalisme : Jean-Baptiste Malet découvrait le monde du travail très manifestement sur un malentendu. Mars 2017, rebelote tragique : des journalistes découvrent que, dans le monde réel, faire de la politique au lieu de collecter des informations comporte parfois des risques, surtout lorsqu’ils ont abondamment miné le terrain auparavant.

L’article de référence sera produit par FranceInfo, cette indispensable chaîne « d’informations »que tout le monde réclamait. Dans ce dernier, on découvre, effaré, le nouveau calvaire des petits Albert Londres de la France profonde, les risques insensés que prennent chaque jour les futurs Hemingway et autres Blaise Cendrars du 21ème siècle.

Et ce n’est pas joli joli : à la violence des combats en Syrie, à la tension à peine soutenable des reportages sur des otages en milieu djihadiste se sont succédé les interviews trottoir sur militants locaux et les questions à chaud au candidat présidentiel en goguette, et au lieu d’un parcours de santé, c’est à une véritable guérilla urbaine qu’il faut faire face à présent dans laquelle aucun coup, aucune bassesse, aucune limite ne sera envisagé ni même toléré.

En quelques paragraphes circonstanciés, la situation est décrite, horrible dans son aspect le plus brut : des militants sont méchants avec des journalistes et pire encore, ces militants sont fillonistes.

La lecture est dure, insoutenable parfois dans la précision chirurgicale des exactions ignobles perpétrées sur les journalistes qui, héroïquement, se sont aventurés dans ces jungles modernes de meetings de droite où se sont, très rapidement, radicalisés les centristes de droite, où œuvrent en sous-main les sections d’assaut séguinistes révolutionnaires, où les escadrons de la mort estrosiens sévissent sans frein.

On apprend ainsi que lors d’un meeting enfiévré, le carré presse, situé au milieu d’un rassemblement de militants, probablement encadrés par de jeunes fillonistes en chemises brunes portant drapeaux à sourcils gammés, va vivre un moment « étonnant » puisque, d’un coup, « Il y a eu une vague de sifflets contre les journalistes. »

Plus loin, on découvre avec horreur que certains soutiens officiels de Fillon n’hésitent pas à sortir l’une des pires injures qui puisse être, à peine un cran en dessous de « facho » qu’on n’entend pourtant jamais ni sur les plateaux télé, ni dans aucune tribune, jamais : une journaliste se fait ainsi traiter de « collabo ». L’impact est insupportable pour la journaliste qui ne pourra qu’en faire part à ses confrères.

Mais il y a pire : les tensions sont telles que les journalistes n’arrivent plus à faire leur travail puisque, tenez-vous bien, les gens refusent maintenant de répondre à leurs questions. Il semble qu’a complètement disparu l’attrait du gros micro mou, jadis aimant puissant qui permettait au journaliste d’attirer n’importe qui en lui posant des questions puissamment pertinentes.

Et le reste de l’article ne laisse aucun doute : c’est un véritable fossé, que dis-je, un canyon d’ampleur biblique qui s’est ouvert entre les journalistes et les hordes « fanatisées » de militants de droite. La France vient d’entrer dans une ère nouvelle où le Front National n’est plus seul à répandre la peur et à nourrir le ventre fécond des heures les plus sombres de notre vivre ensemble.

Au-delà de ce constat, l’article, bien qu’écrit par les scribouillards habituels déjà pas du tout biaisés, réussit quand même le pari de fournir quelques informations intéressantes, comme par exemple ceci :

D’affables et courtois, certains militants sont devenus hostiles, méfiants voire agressifs à l’encontre des journalistes.

Étonnant puisqu’on apprend que des militants, alors qu’ils étaient affables et courtois jusqu’à présent, sont maintenant excédés par l’attitude de certains journalistes. Rassurez-vous quand même : si le constat est ferme et définitif, le questionnement sur un tel cheminement de la part de ces gens auparavant affables n’a pas lieu.

Jusqu’à présent, notons que la violence n’est guère plus que verbale. Un peu plus loin, toutefois, c’est le drame :

C’était au moment où Fillon est arrivé. Un homme m’a attrapé, tordu le bras puis a voulu prendre mon micro avant de finalement me pousser.

Au moins avons-nous ici un cas (unique certes, mais clair) de violence (inouïe) sur un journaliste, par un individu totalement et indubitablement filloniste qui s’avérera un peu plus loin être un élu. Un politicien qui se laisse aller à des violences, voilà qui ne surprendra que les plus naïfs. Au-delà de cet exemple, force est de constater que l’ensemble des plaintes et autres chouinements de journalistes constituent essentiellement une variation sur le thème si délicieusement mignon des sentiments heurtés, des blessures sentimentales, psychologiques ou de conviction qu’un cerfa (déclaration de blessure) peut justement enregistrer et permet de couvrir amplement.

En somme, le journalisme sur terrain hostile n’a qu’à bien se tenir.

Bien évidemment, on ne doit pas s’affranchir de conclure qu’il est globalement stupide et inexcusable de s’en prendre physiquement à des journalistes. Le libéral qui ne sommeille pas en moi se doit de rappeler que rien n’excuse la violence physique sur des individus qui font leur travail, même si c’est de façon alternative. Bien évidemment.

Mais jusqu’à preuve du contraire et en prolongement de ce qu’on observe, envoyer paître des journalistes reste aussi tout à fait légal. Les siffler aussi, même si ce n’est pas très agréable pour eux. Ça fait même partie de la liberté d’expression que ces derniers devraient s’empresser de défendre et non utiliser à géométrie variable. Plus à propos, en fait d’agression filloniste, on trouve surtout une poignée de cas (et encore, je suis gentil) qu’on pourra retrouver pour tous les partis et pour différentes équipes de journalistes.

En revanche, je trouve extraordinaire la capacité de cette profession ou, en tout cas, des spécimens rapportés par l’article, à complètement occulter leur part de responsabilité dans ce retour de bâton : ces derniers observent que l’attitude des militants et sympathisants a fondamentalement changé, pouf, d’un coup, à la suite d’un travail tout à fait exemplaire de la presse, mais surtout, surtout, n’essayent pas de comprendre pourquoi, n’essayent pas d’expliquer, se contentent de condamner et de ne surtout rien corriger à leur attitude.

Pourtant, il suffira de se reporter au CSA pour comprendre l’ampleur de l’hypocrisie et l’ironie de la situation : la presse ayant consciencieusement pilonné le candidat de droite se retrouve à devoir le laisser tranquille pour s’occuper du vaste néant de gauche ou des bateleurs des extrêmes pour compenser. Difficile de croire en un traitement impartial devant une telle différence entre les candidats. Difficile de corroborer l’idée d’une presse neutre qui aurait correctement fait son travail devant les témoignages nombreux d’un changement brutal des attitudes du peuple face à elle. Difficile d’oublier la méfiance toujours grandissante des citoyens envers la presse.

Eh oui : à force d’afficher leur mépris pour une partie du peuple, celle qui ne vote ou ne pense pas comme il faut, à force de tenter de manipuler tout le monde, de faire de la propagande au lieu d’informer, les journalistes subissent un retour de bâton. Pour nos petits flocons de neige journalistiques, il est plus que temps de chouiner sur leurs sentiments blessés.

 

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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 16:42

Le socialisme consiste à faire la générosité avec l’argent des autres. Les autres c’est nous, et l’argent, c’est le nôtre.

Julien Dray est un éléphanteau du PS, un éléphanteau qui aime son confort et que sa montre (en général une Rolex achetée à New York lors de week-ends de ventes privées organisées par la marque) donne la bonne heure.

Je le comprends, moi qui, à ma main, suis équipé d’une «ICE Watch » plaqué inox à tout de même 70 €, ce que j’ai trouvé déjà pas donné. M’enfin, comme elle est étanche, je me suis dit qu’elle ferait bien l’affaire pour barboter à la piscine avec les jumeaux et prendre ma douche le matin.

Bon, je ne connais pas le modèle de bagnole de Julien Dray, grand socialiste devant l’éternel, mais moi qui roule en Dacia, je peux vous certifier qu’il n’est pas utile de gagner 9 000 euros par mois pour se payer une Dacia. Ou alors une par mois, mais il est vrai de petite taille et sans clim ni direction assistée.

Pour Julien Dray, un député a donc besoin au minimum de 9 000 balles par mois…

Je précise que ce n’est pas moi qui le dis, mais Julien lui-même : « Soyons sérieux, si on veut régler le problème de la corruption, un député a besoin de 9 000 euros net par mois. »

J’aime beaucoup le « soyons «sérieux» ». Ben évidemment mes chers sans-dents, un député c’est évidemment 9 000 minimum… Bon, moi je pense qu’on aurait pu arrondir à 10 000, 10 000 au moins c’est tout rond.

Loin de moi l’idée du « pauvrisme ». Je ne demande pas à un député, ou un ministre, d’être smicard à 1149,O7€net par mois , mais non, un député n’est pas obligé de gagner 9 000 euros.

D’ailleurs, j’ai une autre idée pour lutter contre la corruption des députés. Il suffit que tous les députés soient tout simplement inspectés, audités, contrôlés et surveillés de façon tellement étroite que les tricheurs iront se chercher un autre boulot.

Le bien public, le bien commun et le bénévolat !

Chaque jour, des millions de Français travaillent souvent dur, pour moins de 9 000 euros. Largement moins même. Le salaire médian est de l’ordre de 1650€ par mois

Mais sans même parler de cela, chaque jour des millions de nos concitoyens donnent du temps à leurs semblables gratuitement, sans attendre de retour si ce n’est quelques sourires et de la gratitude.

Ils sont bénévoles.

Ils sont engagés.

Ils sont altruistes.

Ils poursuivent un objectif plus élevé appelé « le bien commun ».

Combien d’associations gérées pour rien ?

Combien de clubs sportifs fonctionnent pour « rien » ?

Cette déclaration de Julien Dray, avec dernièrement le soutien de Charles de Courson, est une insulte au peuple de France, à ses fonctionnaires, pompiers, policiers ou infirmières, à ses salariés du public comme du privé, à tous ces bénévoles y compris des maires de petites communes qui ne gagnent rien, si ce n’est « qu’il en faut bien un pour faire tourner la boutique ».

Oui c’est une insulte.

Une insulte car actuellement, un député gagne plus de 5 000 euros, et c’est essentiel qu’ils ne soient pas trop coupés des réalités de leurs administrés. Ils votent les lois. Qu’elles soient bonnes!

La politique est devenue un métier qui doit rapporter au lieu d’être une vocation pour servir.

Je crois qu’il est bon de rappeler un principe de bon sens.

Tout ne s’achète pas.

Tout ne doit pas être rémunéré.

Celui qui fait le choix de servir les autres le fait rarement uniquement par appât du gain.

Ce pays tourne non pas parce que des hommes politiques le dirigent mais parce que partout, des hommes et des femmes, qui gagnent tellement moins que 9 000 euros, sont chaque jour à leur poste.

Celui qui veut être député ne doit pas l’être parce que la soupe est bonne et la cantoche aussi !

Il doit être député pour servir.

Servir les autres.

Servir le peuple.

Se mettre au service du bien commun.

S’il veut être riche, qu’il aille faire autre chose, une chose qui ne sera pas aux frais des contribuables que nous sommes.

 

 

 

 

 

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 09:40

Un mal carabiné étreint la France, il semble s’étendre chaque jour plus loin, plus profondément. C’est à l’occasion dun rebondissement politique qu’on en découvre toute l’ampleur, même si ce rebondissement tient plus du vieux ressort usé de matelas trop vieux que d’une véritable révolution idéologique : François Bayrou, le rien au milieu du néant, décide de rejoindre Emmanuel Mao Tsé Cron, le vide propulsé par un feu d’artifice.

 

On ne peut retirer à l’actuel maire de Pau un certain sens du spectacle, puisque cela fait plusieurs semaines qu’il distillait de rares informations aux journalistes au sujet de son implication millimétrée dans la campagne présidentielle. De ce point de vue, on ne pourra s’empêcher de noter ni sa proximité avec Emmanuel Macron, lui aussi tenant d’une communication savamment dosée pour attirer à lui toutes les caméras et les micros, ni l’évidence que ces deux hommes visent le centre, celui du nombril où, justement, tout le monde regarde et où ils peuvent se montrer…

C’est donc réussi : quelques heures durant, François Bayrou pourra à nouveau goûter au plaisir de la célébrité. Renonçant ainsi à ce qui aurait été une quatrième candidature de à l’élection présidentielle après 2002, 2007 et 2012, il s’est offert à Emmanuel Macron dans une proposition dont les exigences sont suffisamment ridicules pour ne pas être prises en compte.

 

Il réclame ainsi une véritable alternance, ce qui permettra au poisson pilote de François Hollande, auquel Bayrou avait apporté son soutien en 2012, de continuer les magnifiques performances socialistes qu’on a pu observer jusqu’à présent, tant on a du mal à voir le moindre changement des orientations Hollandesques. Soulignons qu’il veut aussi que le programme d’Emmanuel Macron « comporte en priorité une loi de moralisation de la vie publique, en particulier de lutte déterminée contre les conflits d’intérêts ».

 

Rappelons que le programme d’Emmanuel Macron, auquel Bayrou semble maintenant souscrire, n’a été vu par personne et que ses grandes lignes, traits vaporeux de fumée légère dans un brouillard épais de locutions ampoulées, n’ont guère laissé de traces concrètes dans l’esprit des gens. Conclusion : soit Bayrou a eu un accès privilégié au Graal macronesque, soit notre aimable bulot s’est engagé sur l’air chaud que tout le monde connaît déjà.

 

Seulement voilà : il y a quelque chose de triste voire pathologique dans cette quasi-déclaration de tendresse du vieux Bayrou au jeune Macron dans ce qui ressemblerait presque à un passage de témoin s’il n’y avait pas la myriade de vieilles peaux socialistes se bousculant déjà dans l’ombre de Macron.

Pour l’observateur extérieur, celui qui regarde la vie politique française avec un minimum de recul et de bonnes archives internet, il devient difficile d’ignorer les trous de mémoire béants qui semblent se développer chez les uns et les autres. Tout se passe comme si, à mesure qu’internet permet de conserver toujours plus de traces du passé, ce dernier soit ignoré de façon croissante par nos élites politiques dont le diagnostic médical semble tous les jours plus sombre.

Il n’y a pas six mois, en septembre 2016, Bayrou, pas moins en possession de ses moyens (ou pas plus, c’est selon ?) qu’aujourd’hui, expliquait ce quil pensait du candidat Mao Tsé Cron qui n’était pour lui qu’un « hologramme » (non, il ne parlait pas de Mélenchon qui n’illustrerait le propos que bien plus tard) et qu’il estimait propulsé par « les forces de l’argent », qu’il y avait derrière lui des grands intérêts financiers, apparemment incompatibles avec les fonctions présidentielles. Pour tout dire, Bayrou trouvait en Mao Tsé Ccron des airs de « bulle de savon », d’un « homme sans densité ».

 

Derrière Emmanuel #Macron il y a des gds intérêts financiers incompatibles ac l'impartialité exigée par la fonction politique#BourdinDirect

08:52 - 7 Sept 2016

Toujours en septembre 2016, pour Bayrou, Macron était bien ce conseiller de François Hollande, directement responsable du résultat économique catastrophique observé partout en France.

 

Emmanuel #Macron est le principal responsable de la politique économique de François #Hollande depuis quatre ans. Pour quel résultat ? #QDI

21:30 - 21 Sept 2016

 

En décembre 2016, Macron proposait bêtement que les jeunes travaillent plus pour gagner moins, et ça, Bayrou, on ne la lui fait pas, ni à l’endroit, ni à l’envers. Que nenni.

La première mesure annoncée par E. #Macron est de proposer que les jeunes travaillent plus pour gagner moins. #le79inter

08:49 - 7 Déc 2016

 

Mais voilà.

Arrive février 2017. La maladie a progressé. La mémoire flanche. La fermeté, la solidité, la morale, l’indispensable séparation de l’État et des puissances occultes de l’argent tous azimuts, tout ça, ce sont des notions adaptables, un peu floues et qui méritent un peu de souplesse. Macron n’est plus le candidat de ces forces. C’est un petit gars qui fait 20% dans les sondages, qui attire des micros et des caméras et donc c’est oublié : il faut que « nous dépassions nos intérêts personnels et partisans pour construire l’avenir que la France mérite », n’est-ce pas.

Et puis après tout, on a bien soutenu le maître en 2012, on peut bien soutenir l’élève en 2017, non ? Quelle différence ?

On pourrait trouver triste cette perte de mémoire pour le pauvre Bayrou. Le mal est plus profond : il touche aussi Emmanuel Mao Tsé Cron puisque ce dernier, en septembre, répondait aux petites saillies, de celui qui vient tout juste de le rejoindre au milieu de bisous humides. Pour Mao Tsé Cron, Bayrou n’était que « le clapotis de la décadence ».

 

Là encore, cela n’a pas duré six mois puisqu’une fois février 2017 atteint, la bulle de savon sans densité est rejointe par le clapotis de la décadence et aucun des deux ne semble se souvenir de l’autre. L’étreinte semble belle mais à bien y regarder, elle ressemble à celle de deux vieux grabataires qui se tomberaient dans les bras, ayant parfaitement oublié qu’une semaine avant, ils s’étaient mutuellement juré une mort violente suite à un différend sur la quantité de compote reçue au goûter.

 

Malheureusement, ce mal qui touche régulièrement les politiciens serait supportable s’il ne s’étendait pas, chaque jour, bien au-delà.

Que dire de cette amnésie étendue qui s’empare des journalistes lorsqu’il s’agit de rappeler le passé rempli de volte-faces, de trahisons et de compromis douteux qui forment l’essentiel de la carrière politique de Bayrou ? Où est passée la mémoire des médias lorsqu’il s’agit de rappeler, en plateau et au candidat Macron, qu’il est directement responsable du foirage économique hollandesque, étant son premier conseiller puis un type directement aux manettes ? Pourquoi ces journalistes à la mémoire affûtée pour retrouver les émoluments et cascades financières du couple Fillon font-ils preuve d’une telle amnésie lorsqu’il s’agit du patrimoine ou des sources de financement de la campagne de Macron ?

Mais tout ceci n’est que broutille. Il y a bien pire : il y a cette cécité intellectuelle, cette amnésie permanente de toute une partie du peuple français qui, malgré ces retournements de veste invraisemblables, malgré les casseroles des uns et les affaires des autres, malgré les coups de poignard et les paroles données aussi vite oubliées, malgré tout, iront voter pour ces individus, ces êtres en perdition et ce système en déliquescence avancée.

La France, est un pays merveilleux où nous sommes tous atteints d’amnésie et nous découvrons tous les jours que nos édiles politiques sont de nouveaux amis.

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Published by Jean-Loup Dujardin - dans politique alternative
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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 10:36

Le programme d'Emmanuel Mao Tsé Cron n'est ni libéral, ni centriste : il est clairement social-démocrate, à la suite des idées de François Hollande et Manuel Valls.

 

On nous avait promis, sous le sceau de la supposée complexité de la pensée de Mao Tsé Cron  (ce qui revient à dire, avec morgue et suffisance, que sa prétendue intelligence serait inaccessible au citoyen), monts et merveilles, clarifications transcendantales et reformes révolutionnaires, à l’occasion du dévoilement (au sens christique du terme ?) du programme.

Outre que nombre de ces mesures avaient été en réalité égrenées au cours des dernières semaines (dont les plus ineptes, on citera ici pour titillez les esprits libéraux assez retors pour soutenir Mao Tsé Cron, la nationalisation de l’UNEDIC ou encore la possibilité pour tout démissionnaire de vivre en percevant des allocations chômage), la déception nous a envahi quand nous avons pu enfin découvrir la philosophie générale de ce programme et son – fragile – chiffrage.

Force est de constater, à l’aune de ces éléments, que ce programme n’est pas social-libéral ou même centriste : il est clairement social-démocrate, dans la lignée de ce que François Hollande, Manuel Valls (oui car malgré la comédie sur le renouvellement, il était bien conseiller économique puis ministre de ces deux hommes), et Mao Tsé Cron lui-même n’ont pas pu faire aboutir durant le quinquennat qui s’achève. Il apparaît ainsi qu’En Marche et son arche d’alliance avec Bayrou sont de plus en plus une répétition sous stéroïdes d’Hollande 2012.

 

UN CHIFFRAGE CONTESTABLE

Cette continuité est évidente pour qui analyse un tant soit peu le fameux chiffrage du projet : les grandes masses financières correspondent point pour point aux objectifs de Valls, Mao tsé cron et Hollande au cours des prochaines années, parfois annoncées pour un horizon 2022. Cette similarité rend d’ailleurs suspect le véritable exercice de chiffrage par Pisani-Ferry, qui n’a probablement pas eu lieu au cours de son court mois de service pour En Marche. L’ancien directeur de France Stratégie (think tank officiel du gouvernement, avec lequel j’ai eu le plaisir de travailler sur les problématiques de dette européenne) s’est contenté de ressortir des cartons ses anciennes recommandations récupérées par François Hollande.

Des exemples de ces fameux chiffres, égrenés depuis plusieurs années par nos hauts fonctionnaires rocardiens sans qu’on connaisse le détail de ces arbitrages ? La réduction des charges de 20 milliards d’euros. Ce chiffre magique correspond en fait à une grande partie du pacte de compétitivité qui a pris la forme du CICE ; après sa mise en œuvre, nos énarques se sont aperçus que cette ubuesque usine à gaz, qui prenait la forme d’une créance fiscale, ne fonctionnait pas. Il apparaît donc logique de la convertir en baisse de charges pérenne… même si cette baisse a déjà eu lieu. Magnifique effet d’affichage à prévoir pour une efficacité quasi-nulle, surtout si la conversion est étalée sur plusieurs années.

RECYCLAGE DES SOLUTIONS DE FRANÇOIS HOLLANDE

La réduction des dépenses publiques fournit un autre exemple du recyclage des mesures hollandaises. MaoTsé Cron nous annonce 60 milliards de baisse de la dépense publique (3 points de PIB pour passer en un quinquennat de 57% à 54% du PIB en dépense publique) : là encore, il s’agit exactement du chiffrage de Valls et Hollande pour 2022, avec 10 milliards pris sur les collectivités locales, 10 milliards d’euros sur l’assurance chômage grâce à des (sic) « reformes structurelles » (l’indemnisation même pour les démissionnaires n’entraînerait-elle pas plutôt un boom de ces dépenses ?), près de 15 milliards en faisant de petites économies « naturelles » d’organisation (sans que rien ne prouve le réalisme de ces mesures qui de toute façon ne sont pas appliquées depuis cinq ans) sur la sécurité sociale et l’hôpital.

On se refuse à tout changement de paradigme sur la gestion de l’État pour mettre en exergue certaines mesures d’austérité dont la récurrence dans le débat public ont peut-être prouvé la vacuité… Sur ce point, on ressort la vieille théorie sur le non remplacement du départ à la retraite de certains fonctionnaires pour annoncer 120 000 fonctionnaires de moins en cinq ans.

UN PROGRAMME D’INVESTISSEMENT PUBLIC INSENSÉ

Le programme sur la dépense publique et la croissance devient véritablement insensé quand Maà Tsé Cron parle de 50 milliards d’euros d’investissement public (2,5% du PIB…) qui ne sont pas vraiment des investissements, sans faire sourciller aucun journaliste économique. En comptabilité privée ou publique, un investissement donne naissance à un bien immobilisé : infrastructure, immeuble, usines. Les règles d’imputation des dépenses du secteur public local ont par exemple été précisées par la circulaire interministérielle du 26 février 2002, qui énonce les critères de distinction entre les dépenses de fonctionnement et les dépenses d’investissement.

Or le programme ne comprend pas 50 milliards d’euros d’investissement en infrastructures numériques, en actifs de production d’énergie ou autres : il s’agit essentiellement de dépenses de fonctionnement (salaires) dans l’éducation, la formation (sans revoir la gabegie de la formation professionnelle) : ces dépenses de fonctionnement annihilent pour partie les 60 milliards d’économies annoncées et feront in fine augmenter la sphère publique. Avec la pente naturelle des dépenses, le quinquennat Macron verra allègrement la dépense publique franchir le seuil de 60% du PIB et la dette exploser au-delà de 100% du PIB.

MÊME ARBITRAGES QUE MANUEL VALLS

 

Sur la fiscalité des entreprises, Mao Tsé Cron reprend exactement les derniers arbitrages de Valls : une supposée baisse progressive de l’impôt sur les sociétés de 33% à 25% à la fin du quinquennat… un vœu pieux pour lequel nombre d’entrepreneurs attendent un plan complet et surtout un financement des mesures.

Enfin, Macron a décidé, au nom de son opposition factice entre rente et innovation, de concentrer ses attaques sur limmobilier ( comme il ne connaît pas et/ou a peu été sur le terrain, ce dirigeant politique ne s’est pas aperçu que nombre des créations récentes d’emplois en France devaient plus à la construction qu’aux start-ups) : simplifier l’ISF est un objectif louable en faisant sortir le patrimoine professionnel, mais si on se contente de garder tous les actifs immobiliers, on ne résout pas le problème de tous ces propriétaires subitement assujettis à l’ISF avec la flambée des prix de l’immobilier.

 

UN EXERCICE DE DÉMAGOGIE

 

Il aurait mieux valu étudier un impôt séparé sur l’immobilier résidentiel de luxe. Ses vagues projets de taxation de la valeur locative sont bien sûr liberticides et détruiront les épargnants ayant fini de payer leur prêt immobilier. Enfin, son idée de supprimer la taxe d’habitation pour 80% des Français est un exercice honteux de démagogie :

a) Il est toujours facile de supprimer les impôts des autres, puisqu’il s’agit d’une ressource des collectivités locales, et non de l’État (qu’il commence par proposer un vrai programme de réduction de la dépense publique).

b) Comme pour l’impôt sur le revenu, le top 20% des payeurs de cette taxe n’est pas véritablement constitué de nantis mais plutôt de la classe moyenne, qui va devoir assumer le coût de cette taxe pour les 80% restant de la population. Monsieur Mao Tsé Cron, qui a financé l’achat de son premier bien immobilier par un prêt du millionnaire Hermand, ne se rend pas compte des efforts consentis par cette classe moyenne pour devenir propriétaire.

Le détail des mesures du programme de Mao Tsé Cron rappelle aussi que le candidat parait incapable de s’extirper de certaines contradictions ou incohérences : juxtaposer certaines de ces déclarations de ministre ou de candidat avec les non-arbitrages de son programme sur certains points ne laissera pas d’étonner. Sur les 35h ? Le 9 Novembre 2016, le candidat s’attaque aux 35h : « quand on est jeune, 35h, ce n’est pas long, il faut donc plus de souplesse et de flexibilité »avant de préciser le 11 décembre : « la durée du travail restera à 35 heures ». Sur les allocations chômage ? Le 9 novembre 2016 : « quand vous avez un taux de chômage à 10%, la dégressivité des allocations est une mesure injuste », avant de dire le 30 Janvier « la dégressivité fait partie des mesures dont les partenaires sociaux devront discuter ». Vraiment ? Alors même que l’UNEDIC serait nationalisée sous Mao Tsé Cron ? Comment réconcilier ces deux déclarations avec son programme ?

Nous ne nous attarderons pas ici sur la vacuité du programme de Mao Tsé Cron sur les questions régaliennes et de sécurité : alors que les zones de non-droit, les manifestations violentes, les ignominies terroristes, les attaques quotidiennes contre les forces de l’ordre se multiplient, il n’est nul besoin de regarder au-delà de l’économie pour être inquiet d’un quinquennat Mao Tsé Cron. Sur le champ économique, tant d’incohérences et d’impréparation laisse présager cinq ans d’immobilisme et de souffrances supplémentaires pour les Français, dans la lignée du quinquennat d’Hollande.

 

 

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 08:29

Mao Tsé Cron n’a toujours pas de programme, mais Bayrou (qui n’en a pas davantage) se rallie à lui. Le ralliement de Bayrou à Mao Tsé Cron intervient le jour même où ce dernier avait promis le chiffrage de son programme.

 

COMMENT MACRON A FAIT OUBLIER SON (NON)-CHIFFRAGE

Tout d’abord on dira bravo l’artiste ! Toujours pas de programme et toujours pas de chiffrage. Visiblement… le chiffrage n’était pas prêt. Mais personne ne s’en est rendu compte puisque, astucieusement, l’attention des observateurs a été monopolisée par l’opération Bayrou, très téléphonée.

Bayrou a teasé les médias sur sa (non) candidature pour finalement faire une offre de services à Mao Tsé Cron, qui était trop heureux d’amuser la galerie avec ce nouveau coup de théâtre.

Du coup, on ne sait toujours pas combien coûte le non -programme de Mao Tsé Cron. Lui-même ne doit pas plus le savoir. Mais on s’en fout, après tout : l’enjeu est bien d’arriver au pouvoir, pas de dire comment on l’exercera. Sur ce dernier point, il suffira de suivre le mode d’emploi envoyé par Bruxelles.

POUR L’INSTANT, LE REVIREMENT DE BAYROU EST EFFICACE

Le coup de théâtre, avant-hier, suscité par François Bayrou, a en tout cas permis à Emmanuel Mao Tsé Cron de booster sa popularité dans les réseaux sociaux.

Désormais, la somme des indices favorables à Hamon et Mao Tsé Cron est supérieure à celle de Marine Le Pen.

On y verra l’effet positif direct de l’élargissement progressif de l’assiette des deux candidats à gauche pour Hamon et à droite pour Mao  Tsé Cron, qui marginalise de fait Jean-Luc Mélenchon et François Fillon.

Toute la question est de savoir quelle sera la durée de vie de cette embellie.

Il est probable que, tôt ou tard, Mao Tsé Cron cherche à sortir de l’ambiguïté sur ses idées. Comme on le sait, ces sorties se font toujours au détriment de celui qui en prend l’initiative. Dans le cas du duo Mao Tsé Cron-Bayrou, on imagine (il y en a déjà) les tiraillements internes qui interviendront sur pas mal de sujets. Tiens, au hasard, l’autonomie des établissements dans l’éducation ! On s’en amuse par avance.

L’avantage, pour Mao Tsé Cron, est qu’il a choisi un partenaire qui n’a pas d’idée fixe. L’inconvénient est qu’il n’a pas non plus de scrupule.

LE GOUVERNEMENT DES JUGES SERVIRA-T-IL MARINE LE PEN ?

Parallèlement, la justice française fait du zèle et convainc une fois de plus les candidats qu’il ne faudrait surtout pas s’aviser de lui donner plus de moyens que ceux dont elle dispose. De façon hallucinante, après avoir choisi de mettre une épée de Damoclès au-dessus de la tête de Fillon (qui, naïf, s’est précipité dans le piège au mois de janvier), la voici toute occupée à déstabiliser Marine Le Pen. Ou à chercher à le faire. La cheffe de cabinet de la candidate, Catherine Griset, vient donc d’être mise en examen pour recel d’abus de confiance, à deux mois de la présidentielle.

Est-ce bien raisonnable ? On en pense ce qu’on en voudra, mais tout est parti d’une enquête de l’Office européen de lutte anti-fraude ouverte en 2014. L’enquête s’est terminée très opportunément en juillet 2016. C’est le 26 juillet 2016 que l’OLAF a transmis ses éléments à la justice française. Pourquoi cette justice s’empare-t-elle du dossier quelques semaines avant les élections alors qu’elle dispose de ces éléments depuis plus de six mois ?

Dans tous les cas, les enquêteurs ne pourront nier qu’ils ignoraient l’approche du scrutin présidentiel. Cette affaire est quand même extrêmement maladroite et montre comment les enquêteurs prennent (au mieux) d’importants risques vis-à-vis de l’opinion, et manifestent (au pire) leur parfaite incompréhension des ressorts qui portent le Front National au pouvoir.

 Le fonds de commerce de Marine Le Pen repose sur la dénonciation d’une Europe technocratique qui écrase la volonté populaire. L’apparente partialité de la justice (même si elle est imaginaire), qui agit à la suite d’une procédure européenne, ne peut que nourrir les convictions de ceux qui ne demandaient plus qu’à être convaincus.

 

 

 

 

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 16:05

Un psycho-pédagogue témoigne : à quoi ressemblent les écoliers aujourd'hui ? Pourquoi l'école primaire n'est plus adaptée à leurs besoins.

 

 Si vous vous étiez retrouvé en panne d’avion en plein milieu du désert, aviateur chargé du transport de courrier entre la métropole et des colonies, vous êtes-vous jamais demandé ce que vous auriez répondu à un gosse sorti de nulle part qui vous aurait demandé de lui dessiner un mouton ?

J’ai souvent essayé de me mettre à la place de cet aviateur.

Et j’ai imaginé trois scénarios possibles, bien différents de celui décrit par Saint-Exupéry.

J’ai pensé, tout d’abord, à une réponse autoritaire en adéquation avec la situation : « Tu vois pas que je suis dans la galère avec cette foutue panne de moteur ? Alors, fous-moi la paix avec ton mouton et sa cage pourrie… Et passe-moi plutôt la clé de 13 ! » (les puristes diront que 13, c’est petit pour un avion.).

J’ai ensuite imaginé une réponse teintée d’un paternalisme un peu désuet : « Qu’est-ce que tu fais à encore traîner dans les dunes à cette heure-ci ? Dépêche-toi de rentrer, ta mère va s’inquiéter. »

Et puis, j’ai imaginé une réponse pédagogique : « Pourquoi tu ne les dessinerais pas toi-même ce mouton et sa cage ? Tu en tirerais beaucoup de satisfaction et de fierté. Tu ne sais pas dessiner ? Ce n’est pas grave. Ce que tu fais, même si ce n’est pas totalement abouti, aura toujours plus de valeur que ce que tu feras faire par d’autres. Et puis, dessiner, ça s’apprend et tu auras une vraie volonté d’apprendre à dessiner pour pouvoir améliorer ton mouton ! »

Célestin Freinet n’aurait certainement pas renié cette réponse car, hormis le fait qu’un gosse de l’âge du Petit Prince n’a rien à faire seul dans les dunes, il s’agit bien là de la seule vraie réponse capable de faire grandir l’enfant.

En effet, c’est la seule réponse qui concentre les trois composantes de ce que devrait être n’importe quel système éducatif : le « faire par soi-même », le « comprendre pourquoi on le fait » et le « comprendre que pour le faire, j’ai besoin de tel ou tel outil, de telle ou telle connaissance ».

Et si vous combinez ces trois composantes avec l’idéologie des MJC « L’éducation Citoyenne par la culture », il y a fort à penser que vous amorcez un début de sauvetage de l’humanité…

RE-FORMER L’ÉCOLE ET NE PAS SE CONTENTER DE LA RÉFORMER

S’il y a une chose que je supporte de moins en moins, lorsque l’on parle de l’École primaire française, c’est la notion de « spécificité ». Un maître (ou plutôt à 85 % une maîtresse) pour un niveau de classe, c’est la spécificité de l’École primaire française.

L’enseignement pluri-disciplinaire des « Maîtres d’Écoles », c’est la spécificité de l’École primaire française.

Demande-t-on à La Poste de ne pas vendre de produits bancaires ou de la téléphonie mobile sous prétexte que la spécificité de La Poste française c’est d’acheminer, à bon port de préférence, des lettres et autres colis postaux ?

Demande-t-on à la SNCF de ne pas organiser des transports en autobus ou en taxis entre deux gares ou de ne pas assurer un accompagnement des jeunes voyageurs sous prétexte que la spécificité de la SNCF c’est d’amener sans encombres et dans un délai donné des utilisateurs d’un point A à un point B ?

Alors, la spécificité de l’École primaire française, y’en a marre !

Hormis le fait que l’enseignant n’est plus un instituteur mais un professeur des Écoles, pour le reste rien n’a vraiment changé depuis ce vieux Jules Ferry (ou alors les évolutions se sont faites dans le mauvais sens !).

Cette remarque en fera bondir plus d’un, anciens ministres, chercheurs en pédagogie et en enseignement, pédopsychiatres et j’en passe (voire des meilleurs), mais la vérité c’est que l’École d’aujourd’hui n’est guère différente, si ce n’est sur la forme et encore, de celle de nos grands-parents.

Or, c’est bien là que le bât blesse. Nos chers ministres désireux de laisser une empreinte qui finalement s’estompe aussi rapidement qu’elle est apparue, comme la trace laissée sur le sable disparaît aussitôt qu’une vague vient la recouvrir (finalement le seul ministre dont on se souvienne encore 135 ans après qu’il eut exercé ses fonctions n’est-il pas Jules Ferry lui-même ?), ont tenté des réformes qui ne suffisent plus à transformer un système éducatif qui n’est plus d’actualité et qui n’est plus en adéquation avec ce que sont les « jeunes d’aujourd’hui ».

Pour donner un exemple, un des derniers éléments de la réforme Vallaud-Belkacem a consisté à remplacer le terme « C.O.D » (Complément d’Objet Direct) par le terme « Prédicat » !

C’est dire si on est loin d’une véritable refondation !

Il est vrai que les résistances sont fortes et nombreuses. Il est vrai que l’idée de proposer une école totalement nouvelle sur le fond comme sur la forme fait peur.

Je me souviens avoir évoqué l’idée auprès de mes collègues de proposer à notre hiérarchie un essai de fonctionnement de type collège – puisque la configuration de notre École Élémentaire le permettait – à savoir que chacun des six enseignants puisse s’octroyer l’enseignement de 2 matières (en lien avec des affinités, des compétences spécifiques ou un cursus scolaire personnel particulier) pour toutes les classes, du CP au CM2.

Mais chacun y est allé de son « Et la spécificité de l’École Primaire Française ? Tu en fais quoi ? » Ou bien alors : « Ah, non ! Moi, ce système me convient très bien ! » (et aux enfants, alors, convient-il ?)

Ce sont ces mêmes enseignants qui se plaignent de ce que « le sport et moi, ça fait 2 ! » ou bien « Je ne suis absolument ni mathématiques ni matières scientifiques ».

 Mais je le crie haut et fort, il y va de l’avenir de notre société et peut-être même de l’humanité…

 

LE CONSTAT D’UNE ÉCOLE PRIMAIRE INADAPTÉE

Voir le verre à moitié vide ou à moitié plein n’est pas qu’une question d’optimisme ou autre truc de ce genre.

Il s’agit avant tout de logique et de prévoyance. Celui qui voit le verre à moitié vide ne sera jamais démuni et passera son temps à surveiller une baisse de niveau – simplement due à un phénomène physique tout naturel nommé évaporation – qui, si elle devenait critique, provoquerait une réaction instantanée visant à prévenir la catastrophe.

Celui qui voit le verre à moitié plein, comme le lièvre de la fable, se laissera distancer et aura bien du mal à combler la distance qui le sépare de son adversaire, prenant même le risque de ne jamais le rattraper.

À l’heure où 150 milliards de mails sont échangés chaque jour, il paraît inconcevable d’attendre tranquillement de voir « comment ça va évoluer » pour agir.

Preuve en est la révolte des chauffeurs de taxis parce qu’on n’a pas su juger de l’importance que prenaient les « uberpop » et autres VTC.

Penser que le tout numérique à l’école serait LA solution, LA parade à l’évolution sociétale des élèves est une erreur.

  • Ce serait comme refouler des touristes à l’entrée du Château de Versailles en leur disant : « Vous trouverez sur internet des visites virtuelles du Château qui feront parfaitement l’affaire ! ».
  • Ce serait comme dire à un funambule : « Dorénavant, tu feras le même numéro mais … sans le fil ! ».
  • Ce serait élever le numérique et l’informatique au rang de despotes qui asservissent ceux qui les utilisent plutôt de que les considérer, ni plus ni moins, comme des outils qu’il faut apprendre à utiliser à bon escient. Passer au tout numérique serait éloigner de manière dangereuse (c’est déjà ce qui se produit) les utilisateurs, et en particulier les enfants des écoles, de la réalité. Trop éloignés de la réalité, ils se rapprocheraient d’une réalité, quelle qu’elle soit, bonne ou mauvaise (les hommes qui laissent leur nom dans les livres d’Histoire sont soit des génies et des bienfaiteurs soit des ordures finies ou des criminels de toutes sortes).
  • Ce serait plus ou moins précipiter notre civilisation vers sa fin annoncée, un peu comme le laxisme, l’anarchie et une sorte de conception virtuelle du monde ont amené un certain nombre de civilisations à leur décadence : « Un point commun à nombre d’empires en décadence semble être une perte du sens du réel au profit de règles formelles qui finissent par ne plus être bien distinguées de la réalité. ».

 

Il serait tout aussi dangereux de continuer de fonctionner en distinguant « ZEP » et, par opposition, même si on ne le dit jamais, « ZENP » (Zone d’Éducation Non Prioritaire). Pour exemple, lors d’une animation pédagogique liée aux Arts de la Rue, alors que je demandais quelles étaient les actions possibles en termes de collaboration « écoles élémentaires-conservatoire national des arts de la rue », on m’a répondu que les collaborations en question étaient déjà fixées et qu’elles concernaient les écoles de ZEP et les Maisons de Quartiers.

Il n’y a pas à avoir des zones d’éducation prioritaires ou non, il faut simplement des zones d’éducation sur un pied d’égalité quant aux objectifs, à la configuration et aux moyens.

Déshabiller Pierre pour habiller Paul n’a jamais empêché personne de se geler les miches ! Sous prétexte de favoriser les milieux qui ne le sont naturellement pas, on crée une stigmatisation, positive certes mais stigmatisation tout de même et aussi dangereuse que n’importe quel autre type de stigmatisation.

CRÉER ET ENTREPRENDRE DÈS L’ÉCOLE PRIMAIRE

Il est donc essentiel de faire cohabiter le « progrès » que représentent l’informatique, internet et la domotique – je mets le mot entre guillemets car je me demande si le « progrès » a toujours cette belle connotation de truc permettant d’améliorer la condition humaine tel qu’on le concevait au 19ème siècle et dans les deux premiers tiers du 20ème siècle– avec une réalité qui, plutôt de s’effacer derrière des écrans ou des téléphones portables doit se montrer fièrement et durablement.

La réalité c’est, par exemple, prendre conscience que créer et entreprendre font partie intégrante du nouveau modèle économique et que le désir de créer et d’entreprendre doit être au cœur d’un nouveau système pédagogique.

De deux chômeurs, celui qui a le plus de chances de s’en sortir est bien celui qui aura la capacité à rebondir et à entreprendre.

Il est fini le temps où à la question : « À quoi ça va me servir ce que j’apprends à l’école ? », on pouvait se contenter de répondre : « Oh ! Tu verras ça plus tard. Et puis, tu sais, il faut apprendre plein de trucs au départ même si y’en a certains dont tu ne te serviras jamais ! ».

Aujourd’hui, on doit être capable de répondre « du tac au tac » : « Ça , ça sert à …. Ça, ça sert pour … Et puis tu sais quoi ? Eh bien, on va s’en servir ! » C’est pour cela que l’école du futur, qui ne doit pas être une école futuriste, doit combiner : une approche des nouvelles technologies visant à faire de l’enfant un utilisateur intelligent et réfléchi des technologies en question. Lui permettre d’acquérir, dès le plus jeune âge, des capacités d’analyse sur le rôle que doivent avoir ces technologies et sur la place qu’elles doivent occuper. Lui apprendre les utiliser en tant qu’outils de connaissance et de communication. des situations (dès le plus jeune âge) de créations de toutes sortes et des conceptions de projets qui seraient autant d’occasions d’acquérir des compétences qui, de ce fait, seraient associées à une réalité.

L’enfant ne doit plus être exclusivement spectateur (car les meilleurs spectateurs font rarement les meilleurs acteurs !) Tout cela en n’oubliant pas que malgré tout, pour un enfant de dix ans, pourtant gavé à Facebook, aux jeux vidéos et aux images violentes, une plante qui sort de terre, un poussin qui casse la coquille pour s’en extirper, un personnage qui s’anime parce qu’on l’a dessiné dans différentes positions sur un petit carnet dont on fait défiler les feuillets ou les bulles produites par la réaction chimique d’un acide sur un bout de calcaire, tout cela (se produisant sous ses yeux) relève encore du miracle.

  • Oui, cela demandera beaucoup de travail pour imaginer des procédés permettant d’intégrer à ces projets le plus grand nombre des connaissances actuellement référencées dans des programmes (qu’il faudra certainement accepter de réviser à la baisse au profit de compétences manuelles et artistiques actuellement absentes desdits programmes).
  • Oui, cela demandera de revoir totalement l’organisation de la journée, de la semaine et de l’année scolaire ainsi que la gestion du personnel.
  • Oui, cela demandera à ouvrir l’École à encore plus de partenariats.

 

À QUOI POURRAIT RESSEMBLER L’ÉCOLE PRIMAIRE DE DEMAIN ?

 

Je ne prétends pas, en quelques pages, construire les programmes qu’il faudrait rédiger pour re-former l’École. J’entends simplement tenter de jeter dans la mare, oh même pas un pavé, un petit caillou me satisferait amplement.

Chaque école devrait posséder un espace d’expérimentation et de création artistique, culturelle et technologique. Cet espace pourrait également s’envisager hors des locaux scolaires, devenant ainsi un espace public où peuvent se côtoyer les enfants et d’autres personnes (autres éducateurs, autres enfants – des handicapés mentaux ou des autistes par exemple – , retraités désireux de transmettre un savoir, …)

Il serait proposé aux élèves, chaque année, et, ce, depuis la maternelle, un ou plusieurs projets liés aux domaines de créations cités ci-dessus avec un objectif de diffusion à l’aboutissement du projet (distribution d’un livre conçu par des élèves, exposition hors des murs de l’école, réalisation et projection d’un film ou mise en ligne, vente du produit technique réalisé, … ce ne sont là que quelques exemples)

L’école pourrait s’ouvrir à des partenariats divers (scolaires et non scolaires) afin que l’aboutissement des projets soit le fruit non pas de l’école seule mais d’un ensemble d’acteurs.

Des projets pourraient, en amont, être conçus de façon à trouver des ouvertures vers les connaissances culturelles et scolaires définies comme étant le gage de former les citoyens de demain, capables de s’intégrer et dans la société et dans la République.

Des moyens pourraient être mis en œuvre dans tous les établissements scolaires, de façon équitable, sans distinction de configuration sociétale afin de favoriser la réalisation des projets.

Les technologies modernes pourraient être utilisées comme outils permettant l’aboutissement des projets et comme outils d’accession à la connaissance (utilisation de la réalité virtuelle pour aborder l’histoire de France par exemple en recréant la guerre des tranchées, l’atelier de Léonard de Vinci, le siège d’Alésia, …)

 

 

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 13:25

Une partie de la presse accueille le programme économique d'Emmanuel Mao Tsé Cron  de manière flatteuse. À y regarder de plus près, il y manque l'essentiel.

Les preuves de l’inimitié qui lie une certaine  gauche à l’économie en général et aux réalités quotidiennes en particulier sont légion. Mais en ces temps d’élection présidentielle, avec le risque toujours plus fort de voir un(e) Président(e) élu(e) sur un programme économique étatique, il est utile de les décortiquer. Ainsi en est-il du programme économique d’Emmanuel Mao Tsé Cron, que l’Obs s’empresse de présenter, avec comme introduction flatteuse et un peu rapide : « fini le flou ».

Sans doute l’Obs se force-t-il de parler chiffres, car il s’agit de son candidat fétiche.

Mais tout de même, dans ce programme, ne manque-t-il pas justement l’essentiel ?

Est-ce l’Obs qui n’y attache aucune importance ?

Ou est-ce le candidat qui n’en parle pas ?

Quoi qu’il en soit, ce déséquilibre est encore une fois symptomatique du pathos de la gauche Bobos française (les Gracques exceptés)…

DES ÉCONOMIES CHIFFRÉES MAIS SANS AUCUN DÉTAIL SUR LES MOYENS D’Y PARVENIR

 

S’engager à réduire la dépense publique de 3 points de PIB en cinq ans, soit 60 milliards d’euros d’économies (« par rapport à la hausse naturelle des dépenses » n’oublie-t-il pas toutefois d’ajouter) c’est formidable, et c’est sans doute un minimum.

Mais le plus important n’est-il pas la façon de s’y prendre ? Comment en effet réduire le train de vie faramineux et asphyxiant de l’État sans générer du chômage supplémentaire, des émeutes de fonctionnaires dans la rue, voire une chute de la qualité des services publics ?

Emmanuel Mao Tsé Cron qui ne souhaitait pas citer, ni même s’engager, sur des chiffres consent à le faire. Mais là n’est pas la difficulté. Chacun sait que le diable se cache dans les détails. Et des détails de cet ampleur-là méritent un peu plus qu’une profession de foi, fût-elle agrémentée de nombres.

Par quel miracle l’un des membres d’un gouvernement qui n’a vraiment pas brillé par ses économies (hausse des impôts concomitante à une hausse de la dette sans qu’aucun résultat économique ne s’améliore par ailleurs !) pourrait-il sauver de telles sommes ?

Les citoyens sont en droit d’exiger de telles explications.

UNE BAISSE DE LA FISCALITÉ MAIS SANS AUCUN DÉTAIL SUR LES MOYENS DE LA COMPENSER

 

Il en est exactement de même sur les engagements du candidat Mao Tsé Cron quant à la baisse de la fiscalité. La précision des données chiffrées qu’il nous sert (fiscalité sur les entreprises qui passerait de 33,3% à 25%, volume de la baisse des impôts sur les ménages de 10 milliards, etc.) n’a d’égal que le vide absolu concernant la façon dont ces baisses seront absorbées et/ou compensées par l’État.

Compte tenu de la situation de l’hexagone, maintenir un pareil flou sur de telles promesses est tout simplement indécent.

AUCUN CHANGEMENT EN MATIÈRE DE SOCIAL

Il y a certes un progrès puisque le candidat Mao Tsé Cron, en lieu et place d’ajouter au concert de promesses en tout genre, s’engage seulement à maintenir la protection sociale existante. Mais tout de même, celle-ci n’est-elle pas devenue ruineuse ? Le spectre de la faillite de la Sécurité sociale ne serait-il qu’une affabulation d’esprits mal tournés ?

Le fait que la France représente 15% des transferts sociaux de la planète mais seulement 3,5% de son industrie et 1% de sa population ne mériterait-il pas qu’une large part du programme économique se consacre à la façon d’assurer dans le temps un écart aussi vertigineux ?

Or, là non plus, le candidat n’entre pas dans les détails et se cantonne aux aspects positifs de ses engagements. Encore une fois, faire plaisir avec des promesses ne constitue pas une preuve de respect des citoyens.

Il s’agit maintenant de proposer une politique, en toute transparence, afin d’interrompre autant que faire se peut le déclin économique de notre pays.

 

ÉDUCATION ET GOUVERNANCE PAR-DESSUS LA JAMBE

Le candidat Mao Tsé Cron ne s’était pas penché sur ces deux domaines, à croire que cela n’est pas important.

Le recul régulier et solide de la France dans les classements internationaux de type PISA, les problèmes relatés un peu partout concernant le vrai niveau des élèves sur les fondamentaux, la pénurie de certaines formations professionnelles, tout cela ne mérite-t-il pas la meilleure attention ?

 

ET QUID DE LA RELANCE DE NOTRE COMPÉTITIVITÉ ÉCONOMIQUE ?

Aucun chapitre n’est consacré à ce domaine (et ce n’est semble-t-il pas la faute de l’Obs), ce qui est, avouons-le, totalement renversant. Le déclin français ne manque pourtant pas de momentum, et chaque année les comparatifs macro-économiques nous le rappellent, que ce soit en PIB per capita, en nombre de chômeurs, en nombre de citoyens sous le seuil de la grande pauvreté, en parts de marché industriel, etc.

Dans un pays en sérieuse difficulté, ne pas prévoir ce volet est tout simplement scandaleux. Pourquoi ? Parce que c’est le domaine qui permet à lui seul la réalisation de toutes les autres promesses. Sans une amélioration de nos résultats économiques, il nous sera impossible de conserver le même niveau de protection sociale (que nous nous offrons déjà en empruntant !). Sans une amélioration de notre compétitivité, nous ne pourrons pas réaliser dans des délais normaux et à un coût non prohibitif les économies sur le train de vie de notre État obèse. Sans une amélioration de notre tissu industriel et de nos positions sur les marchés les plus dynamiques, nous ne pourrons pas briser la spirale négative qui frappe notre nation : échec scolaire, échec professionnel, chômage, précarité et même délinquance…

 

DES BOBOS GAUCHOS TOUJOURS AUSSI ÉTRANGÈRS AU MONDE DES ENTREPRISES

C’est tellement risible, c’est tellement grotesque. Et pourtant, c’est tellement vrai : la gauche bobo n’a toujours pas assimilé d’où vient l’argent.

Pour elle, le revenu disponible, la richesse, en un mot, le gâteau à se partager est à l’abri de la concurrence internationale, et de la lassitude des entrepreneurs qui prennent des risques pour le gagner (et qui peuvent aller voir ailleurs). La gauche bobo en est encore à une époque où les frontières sont fermées, les choses sont stables, les riches sont riches, les pauvres sont pauvres, et où il n’est que question d’arbitrer, de transférer, de répartir. Mais cette époque du planisme est terminée.

La taille du gâteau disponible ne cesse de diminuer. Sans la remise en marche de la compétitivité de nos entreprises, le pays ne pourra que poursuivre son appauvrissement relatif (la planète s’enrichit, pas la France) et constater jour après jour l’implosion de son tissu social.

Pour quelle raison ne serions-nous pas capables d’engager les réformes ad hoc comme l’ont fait plusieurs pays (l’Angleterre, l’Allemagne…) autour de nous ?

La Suède, pour prendre l’exemple d’un pays épris de protection sociale et d’équité, ne l’a-t-elle pas fait avec succès ?

De toute évidence, en n’abordant pas les problèmes structurels de l’hexagone, le programme économique d’Emmanuel MaO Tsé Cron se positionne dans la droite ligne social-démocrate française, celle qui nous a tant fait de mal depuis une trentaine d’année par son rejet des solutions socio-libérales.

 

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 13:02

 

Dans la perspective de la présidentielle à venir, ne pas nuire est un objectif de salut public qui doit s’imposer à tous après cinq années calamiteuses qui ont mis la France à genoux.

Mais comme si cela ne suffisait pas, et alors que nous sommes proches de la catastrophe finale sous l’effet conjugué des programmes délirants de Marine Le Pen, Benoit Hamon et de Jean-Luc Mélenchon, la Droite Républicaine et le Centre ont fait le choix de s’enfermer dans une forteresse assiégée, parfaitement illisible, pour ne pas dire intolérable, aux yeux des Français.

 

Premièrement, François Fillon doit cesser de se prévaloir de son succès à la Primaire car il ne peut écarter l’idée que l’épreuve injuste à laquelle il est confronté aujourd’hui, connue avant la primaire, aurait probablement consacré son échec.

 

Deuxièmement, il ne pouvait pas sans contradiction déclarer le 26 janvier 2017 qu’il ne serait pas candidat s’il était mis en examen et contester ensuite la compétence du Parquet National Financier alors même que ses avocats s’étaient empressés de déposer des pièces entre ses mains dès les premiers jours et que lui-même souhaitait que la justice agisse avec célérité !

 

Troisièmement, il ne devait pas davantage présenter des excuses lors de sa conférence de presse du 6 février en déclarant que sa faute était certes regrettable mais qu’elle était légale, au risque de transformer son attrition en provocation.

 

Quatrièmement, il ne devait pas utiliser l’argument du calendrier pour faire taire les voix qui s’interrogeaient au sein de son camp. De ce point de vue nul ne doute que dès le 25 février il déposera une avalanche de parrainages pour ficeler sa candidature.

 

Cinquièmement, il aurait dû s’interdire de se prévaloir de la thèse d’un complot pour affirmer qu’il s’en remettrait désormais au seul suffrage universel au risque de mettre en péril son camp alors qu’aujourd’hui 65% des Français souhaitent qu’il se retire.

 

Il est donc urgent de sortir de cette impasse en prenant en compte que la situation à laquelle sont confrontés la Droite et le Centre ne relève pas de la morale mais de la politique.

 

* *

*

Confrontées à des incertitudes, les instances représentatives des Républicains et du Centre doivent d’urgence reprendre la main en anticipant une réflexion sur les législatives.

 

Sauf surprise majeure du Front National ou du Parti Socialiste, il semble aujourd’hui que la deuxième place se jouera entre François Fillon et Emmanuel Macron.

 

Nous aurons ainsi un Président élu par défaut ou un Président élu pour moitié par adhésion et pour moitié par défaut, or, l’un et l’autre, pour des raisons différentes auront du mal à obtenir ultérieurement une majorité parlementaire.

 

En effet, François Fillon vainqueur de la présidentielle, nos concitoyens aux législatives seront tentés de corriger sa victoire puisque le danger Le Pen aura été écarté, comme ils ne manqueront pas de sanctionner ceux qui au-delà de la solidarité d’appareil se seront illustrés par des palinodies caricaturales et partisanes.

 

Emmanuel Macron vainqueur, les électeurs de la Droite et du Centre mécontents de l’échec de François Fillon, dans un souci d’efficacité, exprimeront probablement un vote utile en sa faveur, pour autant, Emmanuel Macron aura beaucoup de difficultés à investir des candidats représentatifs et crédibles pour constituer une majorité.

 

Dès lors, la Droite Républicaine et le Centre doivent aborder la présidentielle avec un nouveau visage qui, s’il est moins pertinent pour assurer la présence au second tour et gagner la présidentielle, sera le plus à même pour sauvegarder une représentation parlementaire significative.

 

Au sein de l’opposition républicaine quatre personnalités sont de nature à incarner le renouveau : François Baroin, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez.

 

Elles ne manquent pas de talent, elles ont de l'expérience et elles se sont comportées loyalement pendant cette période de tumulte médiatique.

 

Elles doivent par conséquent se concerter pour offrir une alternative car l'objection des délais ne leur est pas opposable.

 

Chacun se souvient du groupe des Rénovateurs en 1989 qui renoncèrent à leur projet alors que leurs premiers travaux avaient reçu un écho très favorable des Français.

 

Chacun sait que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Les appareils persisteront-ils dans leur aveuglement ? Les nouveaux talents renonceront-ils à renverser la table par prudence ou par calcul ? Choisiront-ils de se transformer en jeunes suiveurs d'un mouvement qui à peine créé vient déjà de prendre un coup de vieux ?

 

Dès lors, et si rien ne change le résultat de la présidentielle engendrera vraisemblablement des coalitions instables et une nouvelle cohabitation pénalisante pour notre pays. Une fois de plus, nous serons encore loin de la rencontre entre un peuple et un homme conformément à nos institutions.

 

 

Patrice Gassenbach

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