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  • : Le blog de Jean-Loup
  • Le blog de Jean-Loup
  • : Engagé, depuis plusieurs décennies dans une démarche visant à lutter contre tous les processus d'exclusion, de discrimination et de ségrégation socio-urbaine, je suis persuadé que si nous voulons « construire » une société reposant sur un véritable Vivre Ensemble. Il nous faut savoir, donner du sens au sens, prendre le temps de la concertation et faire des propositions en adéquation avec les besoins de nos concitoyens.
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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 14:27

"Rien de grand ne peut se faire, rien qui dure ne peut se construire, qui ne soit fondé sur l'écoute, le dialogue et l'action.La politique, c'est la voie du dialogue, du dialoguo profondi, la voie du consensus, la voie du compromis et la voie de la modération, qui n'est pas de la faiblesse. C'est parce qu'Aristide Briand a choisi l'écoute, le dialogue, le respect, l'action que la loi de 1905 n'a pas été la curiosité politique d'une saison, mais qu'elle a traversé le temps pour venir jusqu'à nous".

Aujourd’hui, aveuglées par un discours de plus en plus politiquement correct (où affleure parfois la pensée unique), qui confond tolérance et laisser-faire et/où respect et renoncement, nos « élites » en oublient de défendre l’une des valeurs centrales de notre démocratie : la laïcité.

Laïcité qui, à mon sens, incarne, peut être à elle seule, la République, notre bien commun.

Et, si il est vrai, que les temps de crise que nous traversons actuellement ne sont pas sans rappeler ceux où vivait l’ermite de Patmos, époque de trouble, de violence, de désarroi. Il est, tout aussi exact, que nous nous devons envers et contre tout, de maintenir une certaine idée de l’homme et de la société, de défendre des valeurs sans lesquelles toute vie humaine serait vaine et dérisoire : valeurs de liberté, de justice, de loyauté, de dignité humaine et de fraternité.

La Laïcité est un sujet sur lequel nous ne pouvons, nous ne devons pas nous abstenir de dire (haut est fort) ce qu’elle représente de peur de nous aventurer sur une terre inconnue et /ou en terrain hostile.

Au contraire, nous nous devons de revendiquer la Laïcité comme héritage. C’est parce qu’elle fait partie notre héritage nous avons le devoir de la préserver pour le transmettre à notre tour.

Nous avons même l’obligation d’en comprendre le sens pour saisir celui de notre démarche humaniste et militante car La laïcité n’est pas un principe, c’est une conséquence de la liberté de conscience qui permet à tous et chacun de choisir les chemins de son épanouissement personnel et spirituel.

Le principe, c’est l’affirmation qu’il y a un sens plutôt que l’absurde. Quel est ce sens ?

A l’évidence les hommes le cherchent, ils le cherchent par des voies scientifiques, par des voies religieuses ou par des voies philosophiques. Mais, tous affirment la foi dans le sens de la vie. Alors, la réponse laïque (qui est avant tout une réponse de compassion à l’égard des limites de notre propre entendement) est de dire qu’aucune voie ne peut être fermée à l’homme dans sa tentative de dépassement.

De fait :

la laïcité ; fruit de nos doutes, déchirements, renoncements et de nos aveuglements, ne « juge pas, ne condamne pas, ni ne rejette », car, elle est à la fois un « poing serré et une main tendue , une limite et une ouverture, une mise en garde et une invitation »,

la laïcité, plaçant la liberté au cœur de la foi, c’est aussi le refus de toute doctrine étatique, politique, syndicale, partisane, tribale, familiale, à laquelle on serait obligatoirement tenu d’adhérer en faisant abstraction de sa propre conscience, en abdiquant son droit au choix.

Alors, soyons clairs ! La laïcité, ce n’est pas combattre l’idée de Dieu, c’est refuser de l’enrôler au service de nos pseudo débats, de nos différends, de nos polémiques et de nos luttes, y compris celles qui consistent à le nier, et même si l’on a pas la foi.

La laïcité, telle que nous la concevons, ce n’est pas de considérer comme Auguste Comte que la théologie ou la métaphysique sont des conceptions d’âges révolus, ou que la religion n’est, comme a pu l’écrire Marx, que « le soupir de la créature opprimée, l’esprit d’un monde sans esprit, l’âme d’une époque sans âme » A proprement parler, parce que pour nous la laïcité est par essence méthodique/méthodologique, nous n’avons pas à juger d’une aspiration humaine qui, quoique l’on dise, n’est pas prête de s’éteindre tant elle correspond justement à un besoin d’élévation et de spiritualité .

Aussi, parfaitement laïques, nous ne pouvons avoir de haine, de mépris, voire d’indifférence à l’égard du phénomène religieux.

Ce contre quoi, en revanche, j’estime que nous devons nous mobiliser avec force et vigueur, c’est la prétention de certains religieux à vouloir cantonner la spiritualité à la seule religion d’abord, à vouloir ensuite la limiter à leur seule religion et enfin à vouloir la confiner dans la seule interprétation qu’ils donnent de leur propre religion.

Ainsi, nous pouvons nous définir, sans nous contredire, et à juste titre, comme étant à la fois déistes, spiritualistes et laïques. Cette conception, nous pouvons facilement l’expliquer. Il nous reste à l’appliquer dans notre vie quotidienne.

Ainsi, nous pouvons dire « Le but n’est pas le but. Le but, c’est le chemin »

Ainsi, nous pouvons avoir une authentique démarche, non point d’alibi de la bonne conscience, mais de vérité dans le combat contre toutes les exclusions, les ségrégations et toutes les idéologies extrémistes.

Jean-Loup DUJARDIN

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 10:29

Dimanche 11 janvier, s’est exprimée dans un immense élan collectif la prise de conscience qu’une société désunie est une société désarmée. Mais ce mouvement, pour être durable, doit s’organiser et impliquer chacun d’entre nous, bien au-delà de notre conception actuelle de la démocratie qui privilégie l’action politique en négligeant l’action citoyenne.

C’est pourquoi si l’on ne veut pas décevoir, le moment est venu de changer de paradigme en faisant de l’action politique le levier de l’action citoyenne, comme nous y invite le Pacte républicain qui projette la liberté et l’égalité vers la fraternité.

C’est nécessaire pour tous les habitants que la déliquescence du lien social et l’effacement des repères fragilisent à tous les âges de la vie. C’est tout particulièrement nécessaire pour les habitants des quartiers ghettoïsés où l’action des pouvoirs publics ne sera décisive que si elle s’accompagne d’une mobilisation de toutes les énergies disponibles, de toute la société.

Ce qui requiert de cesser d’appréhender la diversité comme un handicap pour en faire un atout déterminant de la réussite collective dans un monde de plus en plus métissé.

C’est à ces conditions que l’on pourra répondre efficacement au besoin de sécurité qui s’exprime légitimement. Car peut on croire qu’il puisse y avoir durablement de la sécurité sans fraternité, comme d’ailleurs de la fraternité sans sécurité?

C’est l’interdépendance des deux qui peut vaincre la peur.

D’ailleurs, la fraternité n’est pas gravée au fronton des mairies de France par hasard mais parce qu’elle a vocation à imprégner la réalité de la vie locale. Et c’est possible car nos concitoyens n’ont pas seulement le mérite de savoir se rassembler pour dire non à la barbarie. Ils savent également innover pour faire échec à l’indifférence, au repli sur soi et à la haine qui en résulte, même si leurs démarches restent trop souvent anecdotiques faute d’encouragement de toutes les autorités. Une illustration de plus d’un immense déficit de volonté politique, qui favorise la résurgence des appartenances d’origine faute de projet de société fédérateur.

C’est pourquoi nous appelons solennellement les plus hautes autorités de l’État, mais aussi les responsables locaux, à affirmer avec force leur intention d’inscrire le volet fraternité de la République dans leurs toutes premières priorités. Et, nous les appelons, pour répondre concrètement aux attentes de nos concitoyens, à bâtir sans attendre des plans d’action ambitieux sur le terrain éducatif, culturel, social, économique…

L’objectif étant notamment de favoriser toutes les dynamiques individuelles, associatives ou institutionnelles aptes à construire de nouvelles relations d’écoute, d’entraide et de respect entre les cultures, les âges et les territoires. Et pour que chacun se sente concerné, il s’agit de promouvoir sans ambiguïté l’importance de rapports harmonieux entre droits et devoirs, entre liberté individuelle et responsabilité collective, entre diversité culturelle et unité nationale. Une exigence qui doit permettre de remettre en cause nos comportements et nos modes de fonctionnement, pour déboucher sur des résultats concrets dans la revitalisation de la cohésion sociale et du vivre ensemble.

Et pour illustrer au plus vite cette ambition, il pourrait, par exemple, être organisé dès cette année une semaine nationale de la Fraternité au cours de laquelle toutes les autorités et forces vives des territoires engageraient de nouvelles démarches en ce sens. Une semaine qui, loin d’être un nouveau terrain de jeu pour communicants, pourrait constituer la première étape symbolique de ce grand projet de société qui, seul, peut empêcher l’embrasement. C’est lorsqu’il se situe sur ce terrain-là que notre pays redevient la terre de lumières qui le grandit et nous grandit.

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 12:20

Que pensez-vous de ce que nous vivons autour du choc « Charlie Hebdo » ?

Il faut partir du fait générateur qui est le terrorisme. La France a déjà connu, dans un passé récent, des vagues de terrorisme. Mais elles n’étaient pas de la même nature. Je vois deux différences profondes.

La première différence est que les vagues de terrorisme des années 1980 et 1990 étaient principalement destinées à faire pression sur la politique internationale de la France, qu’il s’agisse du conflit israélo-palestinien ou de l’Algérie. Aujourd’hui, les terroristes cherchent aussi à faire pression sur la France par rapport à ses engagements militaires à travers le monde, mais ils poursuivent plus largement un objectif de conquête politico-religieuse à l’échelle mondiale, ce qui est nouveau, appuyé sur une idéologie politico-religieuse qui est ancienne.

La deuxième différence, c’est que les terroristes venaient jusqu’ici le plus souvent de l’extérieur. Aujourd’hui, l’islam radical s’appuie principalement sur des musulmans qui vivent en France, et sont même de nationalité française. Les jeunes sont radicalisés en France, font leurs armes à l’étranger puis reviennent en France pour combattre. C’est un élément-clé de la stratégie terroriste en France : mener une guerre de l’intérieur qui s’appuie sur des troupes déjà sur le sol français.

Selon vous, quelle est la stratégie de ces terroristes ?

Leur stratégie est de semer le chaos, de provoquer un état de choc global de notre société, pour créer une fracture irrémédiable entre les musulmans français et le reste de la population. Ils commettent donc des attentats pour faire grimper à son paroxysme la peur de l’islam et l’hostilité envers l’islam, jusqu’à la psychose, à un point tel que les musulmans ressentent cette hostilité, y compris, si possible, en raison de représailles contre la communauté musulmane. Il nous faut donc impérativement éviter les délires identitaires agressifs.

Ils misent sur l’aspect très communautaire de la religion musulmane pour gagner l’opinion musulmane. Celle-ci, se sentant en terrain hostile, se communautariserait toujours davantage et serait mûre pour d’abord éprouver de la sympathie pour le djihadisme, ensuite leur apporter un soutien. Cela ne signifie pas qu’une majorité des millions de musulmans qui vivent en France deviendrait terroriste – dans une guerre les combattants sont toujours minoritaires -, mais les islamistes pourraient recruter de jeunes musulmans sur un terreau de plus en plus favorable et évoluer, dans les quartiers musulmans, en terrain ami. Je ne dis pas qu’ils vont réussir, mais je pense que c’est leur projet.

Pour accentuer ce processus de séparation des musulmans de la communauté nationale, il y a un autre aspect qui est la guerre culturelle. Il s’agit de séparer toujours davantage culturellement les musulmans de la culture française. Pour cela, ils s’appuient sur la décomposition de la culture française pour en faire un parfait repoussoir pour tout bon musulman. Plus la société française est athée, libertaire, permissive, consumériste, sans repères, vide de sens, et en faillite éducative, plus la fracture culturelle grandit avec les musulmans. Je crois que cet aspect des choses est majeur dans le défi auquel nous sommes confrontés. Ce n’est pas le « choc des cultures », mais le « choc des incultures » comme dit François-Xavier Bellamy.

Alors, pourquoi Charlie Hebdo ?

C’est ce que l’on nomme la guerre psychologique. Il y deux choses : le choix de la cible et les moyens employés. Les moyens visent à provoquer l’état de choc : l’utilisation d’armes de guerre, l’exécution froide des journalistes de Charlie Hebdo, et celle bien sûr d’un policier achevé à terre. C’est le complément idéal de l’état de choc mondial volontairement créé par la diffusion de vidéos des horreurs commises au Proche-Orient par l’Etat islamique. Il faut que ça fasse barbare. Plus nous les voyons comme barbares, mieux ils se portent. La deuxième chose, c’est le choix de la cible, Charlie Hebdo. A mon avis, c’est un choix parfaitement pensé.

Charlie Hebdo est honni par l’opinion musulmane, les musulmans n’ont pas besoin d’être islamistes pour détester Charlie Hebdo. En attaquant Charlie Hebdo, les terroristes veulent désensibiliser les musulmans à la compassion pour les victimes. Cette action psychologique vise notamment les jeunes musulmans qui, comme beaucoup de jeunes de leur génération, sont de plus en plus désensibilisés à la violence par les films, les jeux vidéo et tout ce qu’ils voient à la télévision. Nous avons vu cette semaine, par exemple dans les écoles de Seine-Saint-Denis, que cette action psychologique fonctionne à merveille. Dans certaines écoles, il a été très difficile d’organiser ou de faire respecter la minute de silence.

Ensuite, en attaquant Charlie Hebdo, les islamistes provoquent une sympathie généralisée pour Charlie Hebdo dans l’opinion publique française. Charlie devient le symbole de la France et la décomposition culturelle s’accélère : la France c’est Charlie et Charlie c’est la France. Dimanche, la France de Saint Louis, de Napoléon, de de Gaulle, d’Aragon et Hugo est devenue « Charlie », ce qui est une régression culturelle. A partir de là, dans le meilleur des cas le jeune musulman est poussé à faire une quenelle à la France, geste de mépris et de défi très populaire dans la jeunesse des banlieues, dans le pire des cas on fabrique les futurs jeunes djihadistes.

D’une certaine manière, nous n’avons pas affirmé ce que nous sommes vraiment…

En effet, nous avons affirmé l’inverse de ce que nous sommes. L’article 4 de la déclaration des droits de l’homme dit que « la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ». C’est un principe fondamental puisqu’il est dans notre document de référence fondamental. Il y a deux ans, le plus grand nombre était d’accord pour critiquer la parution des caricatures parce qu’elles étaient jugées insultantes, blessantes. L’insulte est une violence et la violence nuit à autrui, la violence nuit à celui qui la subit. Bien évidemment, la liberté d’expression est un bien précieux, mais il n’y a pas de liberté absolue dans une société. Nous piétinons donc nos propres principes dits « fondateurs » en disant qu’il y a, en quelque sorte, un droit à l’insulte. La déclaration des droits de l’homme dit l’inverse ! Comment voulez-vous faire respecter des principes que nous piétinons ?

Ensuite, devons-nous accepter, pour nous-mêmes, cette régression culturelle qui veut que « La France c’est Charlie », qui veut que le poids symbolique de nos valeurs, de notre identité et de notre unité repose sur Charlie ? Luz, un dessinateur de Charlie, a expliqué dans les Inrockuptibles que cette charge symbolique que l’on met sur Charlie Hebdo était à côté de la plaque.

Vous êtes en train de nous expliquer que nous avons fait exactement ce qui convient aux terroristes islamistes ?

Absolument. Au départ, il y a une excellente intention : dire sa compassion envers des victimes d’un assassinat terrible et inacceptable, dire son refus de la violence et du terrorisme. Mais le slogan « Je suis Charlie » est venu donner à ce bel élan un contenu hystérique à contre-emploi : la France c’est Charlie et Charlie c’est la France. Ensuite il y a eu la marche, ce bel élan populaire de citoyens qui ont besoin de se rassembler pour dire leur refus du terrorisme et rendre hommage à nos morts. Cet élan a été récupéré par une caste politico-médiatique décrédibilisée qui y a vu l’occasion de se refaire la cerise sur l’affaire Charlie Hebdo. En état de choc, on fait n’importe quoi, on est manipulable, le cerveau sur-sensibilisé jusqu’à l’hystérie est disponible à la manipulation. La broyeuse médiatique est passée par là et la France a défilé avec comme slogan « Je suis Charlie », comme image des caricatures insultantes et comme symbole suprême le crayon qui manie l’insulte. En gros, la caste politico-médiatique est parvenue à donner l’image d’un peuple réuni autour des valeurs, non pas de la France, mais des valeurs vides de sens de leur caste : ce que la propagande politique et télévisuelle a nommé « nos valeurs », « notre modèle », « notre mode de vie ». Le terme même de « marche républicaine » est insuffisant. La question n’est pas celle de la forme de gouvernement, acceptée par le plus grand nombre, mais celle de la France. La France est d’abord un pays, pas une forme de gouvernement.

La marche était donc une mauvaise idée selon vous ?

Non, c’était une bonne chose dans l’élan initial. Il aurait peut-être fallu faire une marche blanche, sans slogans ni pancartes, une marche citoyenne, de société civile. Une marche avec pour seul contenu le refus du terrorisme et l’hommage rendu aux victimes. Nous aurions alors gagné une bataille psychologique. Or, dimanche, nous avons perdu une bataille culturelle et psychologique. Ce qui s’est passé est grave et beaucoup de gens ne s’en rendent pas compte parce qu’une propagande sans précédent dans l’histoire de la France contemporaine a été diffusée par la télévision et démultipliée sur les réseaux sociaux comme un réflexe pavlovien. Nous sommes guidés et informés par des irresponsables, des aveugles qui guident des aveugles. Il est temps d’ouvrir les yeux.

Que pouvons-nous faire ?

Tout d’abord mener la guerre sans faiblesse sur le sol même de France contre les terroristes, avec nos services spécialisés et nos moyens policiers. Ensuite, il faut contrer l’adversaire sur les points-clés de sa stratégie : éviter la psychose et garder calme et sang-froid, éviter autant que possible les attitudes agressives et hostiles envers les musulmans, les représailles. Il y en a eu, pour le moment légères. Nous devons ensuite entrer dans la lutte d’influence sur l’opinion musulmane, essayer de nous gagner l’opinion musulmane avant que les islamistes ne la gagnent. Nous devons stopper notre décomposition culturelle et redécouvrir ce que nous sommes vraiment, c’est-à-dire Hugo plutôt que Charlie. Et nous devons, sur cette base commune, nous battre sur le terrain éducatif et culturel. Nous avons tout investi dans le social dans les banlieues, à fonds perdus. Nous devons essayer de transmettre aux jeunes musulmans ce qu’est la France, faire aimer la France aux jeunes musulmans et à leurs parents. Demandez à Jean-François Chemain, Xavier Lemoine ou Camel Bechikh si c’est possible de réduire la fracture culturelle, ils vous diront que oui. C’est leur expérience concrète, pas une idée abstraite. A Montfermeil, ils ont proposé une offre éducative avec les cours Alexandre Dumas. C’est le prototype d’écoles qu’il faudrait étendre sur tout le territoire. Ce qui réussit aujourd’hui à petite échelle, il faut le faire à grande échelle.

Est-il encore temps ?

Je ne sais pas, mais partons du principe que oui, il est encore temps. Travaillons avec cœur, détermination et amour. Toute victoire commence par un premier pas, partons à la conquête des cœurs !

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Published by Jean-Loup Dujardin - dans asnieres politique
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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 15:10

Une amie m'a envoyé une très belle lettre qui s'adresse à Cabu, Wolinski, Charb et Tignous.A lire et a méditer

Bien que je sois prêtre et que cet état par le passé vous débectait, permettez-moi de vous appeler par vos prénoms et non par vos noms de guerre. Une façon comme une autre de me sentir votre frère. Certes, vous demeurez Cabu, Wolinski, Charb et Tignous, dessinateurs de profession, crayonneurs d’idées, trublions de vie politique, insulteurs de justes et de coupables, souvent drôles et méchants sous le crayon vulgaire et obsessionnellement blasphémateur du sacré, mais à mon esprit éduqué par le Christ à dépasser les apparences, vous apparaissez plus grands que votre œuvre, plus grands que vos dessins offerts aux combats rétrécis de la terre. Seule la bonté personnelle qualifie un être et l’ennoblit jusqu’à la moelle, je le crois, et pour cela, je mourrais. Tout le reste n’appartient qu’à la petite histoire qui finit sous le dégueuloir conventionnel des hommages et des récompenses accordés entre hommes, au gré des intérêts particuliers et des partis. Bah ! que tout cela est bas !

Aujourd’hui, préoccupé par plus haut, maintenant que la vie n’est plus un mystère pour vous puisque vous connaissez la vérité tout entière (et Dieu sait si cette connaissance doit désormais susciter en vous non plus votre humour mais votre joie), je viens vous demander un petit coup de main pour la France. Ne me le refusez pas.

Amis, auriez-vous la gentillesse de dire un mot au créateur du monde afin qu’il continue de juger avec indulgence ses enfants d’en bas qui le rejettent ou qui prétendent le défendre en tuant leurs semblables ? Faites cela pour nous, je vous en supplie ! Que le Ciel n’abandonne pas la terre, et que les hommes comprennent enfin que travailler à la mort de Dieu dans les consciences ou tuer au nom de Dieu revient à massacrer l’homme lui-même ! Pourriez-vous aussi de vos lumières actuelles éclairer nos intelligences de manière à ce que nous empruntions les chemins par lesquels on peut enrayer les fusils les plus huilés ?

Je vous avoue qu’une chose me surprend depuis votre entrée dans la vie éternelle : c’est la glorification unanime de la liberté d’expression que vous auriez honorée magnifiquement jusqu’à mourir pour elle ! Je dirais plus sobrement que vous avez exprimé librement ce que vous pensiez sans jamais vous préoccuper des effets collatéraux que l’expression de VOTRE vérité pouvait créer dans les esprits. C’est ainsi. Pourtant, dans les relations humaines, et en particulier dans la vie conjugale, familiale, et même amicale, nous ne lâchons pas ce que nous pensons sans exercer un certain discernement à la seule fin de ne pas blesser inutilement nos proches. Et cela devrait valoir aussi pour les lointains.

La raison de cette retenue n’est pas à chercher bien loin, elle appartient à l’univers de l’amour qui tout simplement ne désire pas blesser. Cette retenue dans le langage, cette réserve bienveillante n’est pas une faiblesse, elle est une intelligence qui protège les liens et qui, en évitant de faire monter le sang à la tête de l’adversaire potentiel, empêche par rebond de le faire jaillir de la tête d’un autre. Cette réserve, tout homme peut la vivre, elle est vraiment à la portée de tous, sauf de l’extrémiste qui donne aux idées plein pouvoir y compris à l’irrespect qui, paraît-il, gagne la partie.

Le président de la République n’a pas cessé ces derniers jours d’appeler le peuple français à la vigilance. Encore une idée bien abstraite !

Que faut-il donc faire ? Rester chez soi ? Faire des provisions ? Lire le Coran ? Souscrire à un abonnement à Charlie Hebdo ? J’aurais préféré qu’il demandât humblement à tous les Français de calmer le jeu de la haine en les suppliant de ne plus blesser la conscience d’autrui au nom d’une liberté d’expression pas assez réfléchie, autrement dit, en nous invitant tous à prendre la résolution de respecter profondément les croyances qui sont chères à des millions de personnes. C’est à ce prix que la paix fera son lit.

Chers Jean, Georges, Stéphane et Bernard, votre mort ignominieuse me fait une peine immense et je voudrais qu’elle ne soit pas inutile. Vos caricatures ne méritaient pas de vous tuer, mais elles l’ont fait. D’une certaine façon, vous avez touché de votre humour grinçant les régions les plus viscéralement haineuses de la nature humaine assoiffée de justice et de vengeance, et par là, vous avez provoqué l’avénement de la barbarie. Parce que votre nature était saine, je veux le croire, parce que vous cherchiez sans doute à votre manière le bien commun, parce que vous considériez la liberté d’expression comme un droit devant s’exprimer sans état d’âme, parce que vous étiez au fond restés des enfants qui dessinaient comme tous les enfants tout en jouant à mettre le feu, vous avez oublié la permanence de la cruauté humaine quand elle se met au service d’une cause jugée absolue. Vous avez touché à de l’intouchable, et en réponse, vous qui étiez intouchables de par votre dignité d’homme, vous avez été plus que touchés, abattus en plein cœur.

Au-delà de toutes les décisions politiques qui seront prises, je l’espère, pour contrecarrer les actes terroristes, intercédez pour nous, chers Cabu, Wolinski, Charb et Tignous, rendez-nous intelligents et respectueux des croyances d’autrui pour que la France se distingue encore par sa hauteur civilisatrice.

Un dernier point qui me tient à coeur : si vous croisiez au Ciel les trois petits enfants qui, lors de l’affaire Merah, ont été assassinés sauvagement, embrassez-les pour moi, et partagez avec eux la gloire qui est la vôtre aujourd’hui. Eux n’ont pas eu droit à une journée de deuil national ni à une manifestation d’envergure. Mais que pouvons-nous y faire ? Ces enfants ne disposaient que de leurs prénoms, ils n’avaient pas de noms de guerre, et ils ne défendaient pas la liberté d’expression ni la cause de certains politiques ! Qu’importe ! Seule la bonté personnelle qualifie un être et l’ennoblit jusqu’à la moelle, je le crois. Pour cela, je mourrais.

Allez, chers Cabu, Wolinski, Charb et Tignous, soyez dans la joie de Dieu, continuez votre vie, et éclairez-nous maintenant de vos clartés.

signé: Père Zanotti-Sorkine Prêtre catholique, écrivain, compositeur et chanteur De l'amour en éclats

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Published by Jean-Loup Dujardin - dans asnieres politique Parti radical
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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 14:47

En cette période troublée, on l'on s'interroge sur ce que l'Ecole doit dire ou ne pas dire, sans doute est-il important d'en revenir aux fondamentaux, et relire la lettre aux instituteurs de Jules Ferry, vielle de plus de 130 ans, et qui pourtant dit tout :

Paris, le 17 novembre 1883

Monsieur l’Instituteur,

L’année scolaire qui vient de s’ouvrir sera la seconde année d’application de la loi du 28 mars 1882. Je ne veux pas la laisser commencer sans vous adresser personnellement quelques recommandations qui sans doute ne vous paraîtront pas superflues après la première année d’expérience que vous venez de faire du régime nouveau. Des diverses obligations qu’il vous impose, celle assurément qui vous tient le plus à cœur, celle qui vous apporte le plus lourd surcroît de travail et de souci, c’est la mission qui vous est confiée de donner à vos élèves l’éducation morale et l’instruction civique : vous me saurez gré de répondre à vos préoccupations en essayant de bien fixer le caractère et l’objet de ce nouvel enseignement ; et, pour y mieux réussir, vous me permettrez de me mettre un instant à votre place, afin de vous montrer, par des exemples empruntés au détail même de vos fonctions, comment vous pourrez remplir à cet égard tout votre devoir et rien que votre devoir.

La loi du 28 mars se caractérise par deux dispositions qui se complètent sans se contredire : d’une part, elle met en dehors du programme obligatoire l’enseignement de tout dogme particulier, d’autre part elle y place au premier rang l’enseignement moral et civique. L’instruction religieuse appartient aux familles et à l’église, l’instruction morale à l’école.

Le législateur n’a donc pas entendu faire une œuvre purement négative. Sans doute il a eu pour premier objet de séparer l’école de l’église, d’assurer la liberté de conscience et des maîtres et des élèves, de distinguer enfin deux domaines trop longtemps confondus, celui des croyances qui sont personnelles, libres et variables, et celui des connaissances qui sont communes et indispensables à tous. Mais il y a autre chose dans la loi du 28 mars : elle affirme la volonté de fonder chez nous une éducation nationale et de la fonder sur des notions du devoir et du droit que le législateur n’hésite pas à inscrire au nombre des premières vérités que nul ne peut ignorer.

Pour cette partie capitale de l’éducation, c’est sur vous, Monsieur, que les pouvoirs publics ont compté. En vous dispensant de l’enseignement religieux, on n’a pas songé à vous décharger de l’enseignement moral : c’eût été vous enlever ce qui fait la dignité de votre profession. Au contraire, il a paru tout naturel que l’instituteur, en même temps qu’il apprend aux enfants à lire et à écrire, leur enseigne aussi ces règles élémentaires de la vie morale qui ne sont pas moins universellement acceptées que celles du langage et du calcul.

En vous conférant de telles fonctions, le Parlement s’est-il trompé ? A-t-il trop présumé de vos forces, de votre bon vouloir, de votre compétence ? Assurément il eût encouru ce reproche s’il avait imaginé de charger tout à coup quatre-vingt mille instituteurs et institutrices d’une sorte de cours ex professo sur les principes, les origines et les fins dernières de la morale. Mais qui jamais a conçu rien de semblable ? Au lendemain même du vote de la loi, le Conseil supérieur de l’instruction publique a pris soin de vous expliquer ce qu’on attendait de vous, et il l’a fait en des termes qui défient toute équivoque. Vous trouverez ci-inclus un exemplaire des programmes qu’il a approuvés et qui sont pour vous le plus précieux commentaire de la loi : je ne saurais trop vous recommander de les relire et de vous en inspirer. Vous y puiserez la réponse aux deux critiques opposées qui vous parviennent. Les uns vous disent : Votre tâche d’éducateur moral est impossible à remplir. Les autres : Elle est banale et insignifiante. C’est placer le but ou trop haut ou trop bas. Laissez-moi vous expliquer que la tâche n’est ni au-dessus de vos forces ni au-dessous de votre estime, qu’elle est très limitée et pourtant d’une très grande importance, — extrêmement simple, mais extrêmement difficile.

J’ai dit que votre rôle en matière d’éducation morale est très limité. Vous n’avez à enseigner à proprement parler rien de nouveau, rien qui ne vous soit familier comme à tous les honnêtes gens. Et quand on vous parle de mission et d’apostolat, vous n’allez pas vous y méprendre : vous n’êtes point l’apôtre d’un nouvel évangile ; le législateur n’a voulu faire de vous ni un philosophe, ni un théologien improvisé. Il ne vous demande rien qu’on ne puisse demander à tout homme de cœur et de sens. Il est impossible que vous voyiez chaque jour tous ces enfants qui se pressent autour de vous, écoutant vos leçons, observant votre conduite, s’inspirant de vos exemples, à l’âge où l’esprit s’éveille, où le cœur s’ouvre, où la mémoire s’enrichit, sans que l’idée vous vienne aussitôt de profiter de cette docilité, de cette confiance, pour leur transmettre, avec les connaissances scolaires proprement dites, les principes mêmes de la morale, j’entends simplement de cette bonne et antique morale que nous avons reçue de nos pères et que nous nous honorons tous de suivre dans les relations de la vie sans nous mettre en peine d’en discuter les bases philosophiques.

Vous êtes l’auxiliaire et, à certains égards, le suppléant du père de famille ; parlez donc à son enfant comme vous voudriez que l’on parlât au vôtre ; avec force et autorité, toutes les fois qu’il s’agit d’une vérité incontestée, d’un précepte de la morale commune ; avec la plus grande réserve, dès que vous risquez d’effleurer un sentiment religieux dont vous n’êtes pas juge.

Si parfois vous étiez embarrassé pour savoir jusqu’où il vous est permis d’aller dans votre enseignement moral, voici une règle pratique à laquelle vous pourrez vous tenir : avant de proposer à vos élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s’il se trouve, à votre connaissance, un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu’il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire ; sinon, parlez hardiment, car ce que vous allez communiquer à l’enfant, ce n’est pas votre propre sagesse, c’est la sagesse du genre humain, c’est une de ces idées d’ordre universel que plusieurs siècles de civilisation ont fait entrer dans le patrimoine de l’humanité. Si étroit que vous semble, peut-être, un cercle d’action ainsi tracé, faites-vous un devoir d’honneur de n’en jamais sortir, restez en deçà de cette limite plutôt que de vous exposer à la franchir : vous ne toucherez jamais avec trop de scrupule à cette chose délicate et sacrée, qui est la conscience de l’enfant. Mais une fois que vous vous êtes ainsi loyalement enfermé dans l’humble et sûre région de la morale usuelle, que vous demande-t-on ? Des discours ? Des dissertations savantes ? De brillants exposés, un docte enseignement ? Non, la famille et la société vous demandent de les aider à bien élever leurs enfants, à en faire des honnêtes gens. C’est dire qu’elles attendent de vous non des paroles, mais des actes, non pas un enseignement de plus à inscrire au programme, mais un service tout pratique que vous pourrez rendre au pays plutôt encore comme homme que comme professeur.

Il ne s’agit plus là d’une série de vérités à démontrer mais, ce qui est tout autrement laborieux, d’une longue suite d’influences morales à exercer sur de jeunes êtres, à force de patience, de fermeté, de douceur, d’élévation dans le caractère et de puissance persuasive. On a compté sur vous pour leur apprendre à bien vivre par la manière même dont vous vivez avec eux et devant eux. On a osé prétendre pour vous à ce que d’ici quelques générations les habitudes et les idées des populations au milieu desquelles vous aurez exercé attestent les bons effets de vos leçons de morale. Ce sera dans l’histoire un honneur particulier pour notre corps enseignant d’avoir mérité d’inspirer aux Chambres françaises cette opinion, qu’il y a dans chaque instituteur, dans chaque institutrice, un auxiliaire naturel du progrès moral et social, une personne dont l’influence ne peut manquer en quelque sorte d’élever autour d’elle le niveau des mœurs. Ce rôle est assez beau pour que vous n’éprouviez nul besoin de l’agrandir. D’autres se chargeront plus tard d’achever l’œuvre que vous ébauchez dans l’enfant et d’ajouter à l’enseignement primaire de la morale un complément de culture philosophique ou religieuse. Pour vous, bornez-vous à l’office que la société vous assigne et qui a aussi sa noblesse : poser dans l’âme des enfants les premiers et solides fondements de la simple moralité. Dans une telle œuvre, vous le savez, Monsieur, ce n’est pas avec des difficultés de théorie et de haute spéculation que vous avez à vous mesurer ; c’est avec des défauts, des vices, des préjugés grossiers. Ces défauts, il ne s’agit pas de les condamner — tout le monde ne les condamne-t-il pas ? — mais de les faire disparaître par une succession de petites victoires obscurément remportées. Il ne suffit donc pas que vos élèves aient compris et retenu vos leçons, il faut surtout que leur caractère s’en ressente : ce n’est pas dans l’école, c’est surtout hors de l’école qu’on pourra juger ce qu’a valu votre enseignement.

Au reste, voulez-vous en juger vous-même dès à présent et voir si votre enseignement est bien engagé dans cette voie, la seule bonne : examinez s’il a déjà conduit vos élèves à quelques réformes pratiques. Vous leur avez parlé, par exemple, du respect dû à la loi : si cette leçon ne les empêche pas, au sortir de la classe, de commettre une fraude, un acte, fût-il léger, de contrebande ou de braconnage, vous n’avez rien fait encore ; la leçon de morale n’a pas porté.

Ou bien vous leur avez expliqué ce que c’est que la justice et que la vérité : en sont-ils assez profondément pénétrés pour aimer mieux avouer une faute que de la dissimuler par un mensonge, pour se refuser à une indélicatesse ou à un passe-droit en leur faveur ?

Vous avez flétri l’égoïsme et fait l’éloge du dévouement : ont-ils, le moment d’après, abandonné un camarade en péril pour ne songer qu’à eux-mêmes ? Votre leçon est à recommencer.

Et que ces rechutes ne vous découragent pas. Ce n’est pas l’œuvre d’un jour de former ou de réformer une âme libre. Il y faut beaucoup de leçons sans doute, des lectures, des maximes écrites, copiées, lues et relues ; mais il y faut surtout des exercices pratiques, des efforts, des actes, des habitudes. Les enfants ont en morale un apprentissage à faire, absolument comme pour la lecture ou le calcul. L’enfant qui sait reconnaître et assembler des lettres ne sait pas encore lire ; celui qui sait les tracer l’une après l’autre ne sait pas écrire. Que manque-t-il à l’un et à l’autre ? La pratique, l’habitude, la facilité, la rapidité et la sûreté de l’exécution. De même, l’enfant qui répète les premiers préceptes de la morale ne sait pas encore se conduire : il faut qu’on l’exerce à les appliquer couramment, ordinairement, presque d’instinct ; alors seulement la morale aura passé de son esprit dans son cœur, et elle passera de là dans sa vie ; il ne pourra plus la désapprendre.

De ce caractère tout pratique de l’éducation morale à l’école primaire, il me semble facile de tirer les règles qui doivent vous guider dans le choix de vos moyens d’enseignement.

Une seule méthode vous permettra d’obtenir les résultats que nous souhaitons. C’est celle que le Conseil supérieur vous a recommandée : peu de formules, peu d’abstractions, beaucoup d’exemples et surtout d’exemples pris sur le vif de la réalité. Ces leçons veulent un autre ton, une autre allure que tout le reste de la classe, je ne sais quoi de plus personnel, de plus intime, de plus grave. Ce n’est pas le livre qui parle, ce n’est même plus le fonctionnaire, c’est pour ainsi dire le père de famille dans toute la sincérité de sa conviction et de son sentiment.

Est-ce à dire qu’on puisse vous demander de vous répandre en une sorte d’improvisation perpétuelle sans aliment et sans appui du dehors ? Personne n’y a songé, et, bien loin de vous manquer, les secours extérieurs qui vous sont offerts ne peuvent vous embarrasser que par leur richesse et leur diversité. Des philosophes et des publicistes, dont quelques-uns comptent parmi les plus autorisés de notre temps et de notre pays, ont tenu à honneur de se faire vos collaborateurs, ils ont mis à votre disposition ce que leur doctrine a de plus pur et de plus élevé. Depuis quelques mois, nous voyons grossir presque de semaine en semaine le nombre des manuels d’instruction morale et civique. Rien ne prouve mieux le prix que l’opinion publique attache à l’établissement d’une forte culture morale par l’école primaire. L’enseignement laïque de la morale n’est donc estimé ni impossible, ni inutile, puisque la mesure décrétée par le législateur a éveillé aussitôt un si puissant écho dans le pays.

C’est ici cependant qu’il importe de distinguer de plus près entre l’essentiel et l’accessoire, entre l’enseignement moral qui est obligatoire, et les moyens d’enseignement qui ne le sont pas. Si quelques personnes, peu au courant de la pédagogie moderne, ont pu croire que nos livres scolaires d’instruction morale et civique allaient être une sorte de catéchisme nouveau, c’est là une erreur que ni vous, ni vos collègues, n’avez pu commettre. Vous savez trop bien que, sous le régime de libre examen et de libre concurrence qui est le droit commun en matière de librairie classique, aucun livre ne vous arrive imposé par l’autorité universitaire. Comme tous les ouvrages que vous employez, et plus encore que tous les autres, le livre de morale est entre vos mains un auxiliaire et rien de plus, un instrument dont vous vous servez sans vous y asservir.

Les familles se méprendraient sur le caractère de votre enseignement moral si elles pouvaient croire qu’il réside surtout dans l’usage exclusif d’un livre même excellent. C’est à vous de mettre la vérité morale à la portée de toutes les intelligences, même de celles qui n’auraient pour suivre vos leçons le secours d’aucun manuel ; et ce sera le cas tout d’abord dans le cours élémentaire. Avec de tout jeunes enfants qui commencent seulement à lire, un manuel spécial de morale et d’instruction civique serait manifestement inutile. À ce premier degré, le Conseil supérieur vous recommande, de préférence à l’étude prématurée d’un traité quelconque, ces causeries familières dans la forme, substantielles au fond, ces explications à la suite des lectures et des leçons diverses, ces mille prétextes que vous offrent la classe et la vie de tous les jours pour exercer le sens moral de l’enfant.

Dans le cours moyen, le manuel n’est autre chose qu’un livre de lectures qui s’ajoute à ceux que vous possédez déjà. Là encore, le Conseil, loin de vous prescrire un enchaînement rigoureux de doctrines, a tenu à vous laisser libre de varier vos procédés d’enseignement : le livre n’intervient que pour vous fournir un choix tout fait de bons exemples, de sages maximes et de récits qui mettent la morale en action.

Enfin, dans le cours supérieur, le livre devient surtout un utile moyen de réviser, de fixer et de coordonner ; c’est comme le recueil méthodique des principales idées qui doivent se graver dans l’esprit du jeune homme.

Mais, vous le voyez, à ces trois degrés, ce qui importe, ce n’est pas l’action du livre, c’est la vôtre. Il ne faudrait pas que le livre vînt en quelque sorte s’interposer entre vos élèves et vous, refroidir votre parole, en émousser l’impression sur l’âme de vos élèves, vous réduire au rôle de simple répétiteur de la morale. Le livre est fait pour vous, non vous pour le livre. Il est votre conseiller et votre guide, mais c’est vous qui devez rester le guide et le conseiller par excellence de vos élèves.

Pour vous donner tous les moyens de nourrir votre enseignement personnel de la substance des meilleurs ouvrages, sans que le hasard des circonstances vous enchaîne exclusivement à tel ou tel manuel, je vous envoie la liste complète des traités d’instruction morale et civique qui ont été, cette année, adoptés par les instituteurs dans les diverses académies ; la bibliothèque pédagogique du chef-lieu de canton les recevra du ministère, si elle ne les possède déjà, et les mettra à votre disposition. Cet examen fait, vous restez libre ou de prendre un de ces ouvrages pour en faire un des livres de lecture habituelle de la classe ; ou bien d’en employer concurremment plusieurs, tous pris, bien entendu, dans la liste générale ci-incluse ; ou bien encore, vous pouvez vous réserver de choisir vous-même, dans différents auteurs, des extraits destinés à être lus, dictés, appris. Il est juste que vous ayez à cet égard autant de liberté que vous avez de responsabilité. Mais quelque solution que vous préfériez, je ne saurais trop vous le redire, faites toujours bien comprendre que vous mettez votre amour-propre, ou plutôt votre honneur, non pas à faire adopter tel ou tel livre, mais à faire pénétrer profondément dans les jeunes générations l’enseignement pratique des bonnes règles et des bons sentiments.

Il dépend de vous, Monsieur, j’en ai la certitude, de hâter par votre manière d’agir le moment où cet enseignement sera partout non seulement accepté, mais apprécié, honoré, aimé, comme il mérite de l’être. Les populations mêmes dont on a cherché à exciter les inquiétudes ne résisteront pas longtemps à l’expérience qui se fera sous leurs yeux. Quand elles vous auront vu à l’œuvre, quand elles reconnaîtront que vous n’avez d’autre arrière-pensée que de leur rendre leurs enfants plus instruits et meilleurs, quand elles remarqueront que vos leçons de morale commencent à produire de l’effet, que leurs enfants rapportent de votre classe de meilleures habitudes, des manières plus douces et plus respectueuses, plus de droiture, plus d’obéissance, plus de goût pour le travail, plus de soumission au devoir, enfin tous les signes d’une incessante amélioration morale, alors la cause de l’école laïque sera gagnée, le bon sens du père et le cœur de la mère ne s’y tromperont pas, et ils n’auront pas besoin qu’on leur apprenne ce qu’ils vous doivent d’estime, de confiance et de gratitude.

J’ai essayé de vous donner, Monsieur, une idée aussi précise que possible d’une partie de votre tâche qui est, à certains égards, nouvelle, qui de toutes est la plus délicate ; permettez-moi d’ajouter que c’est aussi celle qui vous laissera les plus intimes et les plus durables satisfactions. Je serais heureux si j’avais contribué par cette lettre à vous montrer toute l’importance qu’y attache le gouvernement de la République et si je vous avais décidé à redoubler d’efforts pour préparer à notre pays une génération de bons citoyens.

Recevez, Monsieur l’instituteur, l’expression de ma considération distinguée.

Le Président du Conseil,
Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts,
Jules Ferry

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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 11:59

Le 11 janvier, nous étions prés de quatre millions à participer à la marche républicaine. Nous étions prés de quatre millions (plus tous ceux qui nous accompagnaient via les médias radio/télé) pour :

  • exprimer notre attachement aux Valeurs de la République,
  • entonner la Marseillaise,
  • exprimer notre Solidarité,
  • défendre la Liberté d’expression / la Liberté de pensée,
  • dire Non à l’obscurantisme et à la terreur.

Après le temps de l’émotion et des larmes, après avoir laisser le temps au temps (laisser retomber la poussière) pour que les « choses » deviennent plus claires. Est venu le temps de se poser des questions non pas pour stigmatiser tel ou tel mais pour apporter des réponses à nos interrogations et des solutions à nos problèmes avant que ces derniers nous apportent de nouveau des larmes.

Et, si il est vrai, qu’il est essentiel en toutes circonstances de garder un esprit critique. Il est tout aussi exact, qu’il nous faut éviter l’écueil de la critique systémique/systématique générant des déclarations intempestives, des analyses à l’emporte pièce, des polémiques politiciennes stériles et clivantes.

C’est pourquoi, tout en prenant le temps nécessaire à l’analyse et à la recherche de réponses adaptées aux problématiques posées. Il, nous faut :

  • affirmer notre détermination à lutter contre le terrorisme, l'indignation ne saurait suffire ; avoir de la détermination pour s’engager dans une guerre que l'on se décide enfin à nommer,
  • éviter la confusion, le déni, l’égarement, les amalgames, les postures politiciennes, les réactions pulsionnelles,
  • engager le combat contre l’incurie des uns et le laxisme des autres,
  • mettre des mots sur les maux, sortir de l'épuisant décalage entre les mots et la réalité qu’elle que soit la thématique posée : l’ «école de la république », les quartiers, les jeunes, l’antisémitisme, l’islamophobie, la citoyenneté, l’exclusion sociale, la politique, le vivre ensemble,
  • refuser l’euthanasie généralisée de la pensée ; refuser la pensée unique, la langue de bois et le pseudo politiquement correct, refuser l’autocensure, refuser la peur de l’Autre,
  • réagir, contre l’obscurantisme, le terrorisme, le nihilisme, l’intolérance, réagir pour affirmer notre réelle volonté de Vivre Ensemble, réagir pour défendre nos valeurs d’humanisme, de fraternité et de laïcité, réagir en refusant le piège des amalgames et des idéologies politiques et religieuses.
  • signifier le signifiant; la France est une République une, indivisible et laïque; la France est le pays des droits de l’homme, la France c’est « Liberté, Egalité, Fraternité », la France c’est la séparation des Églises et de l’État, la France à un cadre constitutionnel et juridique précis, la France c’est la Liberté d’expression et de penser, la France c’est l’humanisme, la tolérance, le respect de tous et chacun.

Il est certain que le chantier est important, mais, ne nous leurrons pas si nous voulons des réponses/« remède » à la situation (défi sociétal), nous ne pourrons en faire l’économie.

Si, le 11 janvier, des hommes et femmes, de confession et d’horizon différent, ont entonné ensemble La Marseillaise, c'était pour dire haut et fort leur Solidarité aux victimes, leur Union dans l’adversité, leur Amour de la France.

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 09:42

Blessé À L'Ame !!! Je Suis CHARLIE ....

Je Suis Charlie… c'est pour moi :

  • une injonction à nos Consciences,
  • une injonction pour partager notre Émotion,
  • une injonction pour ouvrir les yeux et crier halte à la Barbarie,
  • une injonction pour protéger les valeurs de notre République,
  • une injonction pour permettre à tous et chacun de Vivre Ensemble,
  • une injonction pour lutter contre les Marchands d’Illusion,
  • une injonction pour donner du Sens au Sens.

En une époque qui n’est pas sans rappeler celle où vivait l’ermite de Patmos, époque de crise, de trouble, de violence, de désarroi, notre rôle est, envers et contre tout, de défendre des repères et des valeurs sans lesquelles toute vie humaine serait vaine et dérisoire.

Aujourd’hui, je suis blessé à l’Ame, mais je suis aussi en colère.

En colère contre notre incapacité collective à poser les mots sur nos maux non pas pour stigmatiser tel ou tel mais pour apporter des solutions à nos problèmes avant que nos problèmes nous apportent les plus grands malheurs.

En colère contre l’euthanasie généralisée de la pensée étouffée par un politiquement correct devenu fou. En colère contre les Ediles/Elites et tous ces dirigeants qui nous mentent constamment aussi bien économiquement, politiquement que socialement.

En colère car l’incurie nous rapproche chaque jour un peu plus de l’abîme et cet abîme, ne nous y trompons pas, sera collectif là encore quelle que soit notre couleur de peau, notre origine, notre religion et/ou notre « communauté » d’appartenance.

Blessé à l’Ame, car depuis plusieurs années j’explique qu'il est de plus en plus délicat de pratiquer l’humour et de critiquer les pouvoirs (religieux ou autres). Que des humoristes tels que ; Coluche, Desproges, Le Luron ne pourraient plus ce moquer, aujourd'hui, de ces prétendus pouvoirs.

Blessé à l’Ame, car depuis plusieurs mois …, j’avertis, met en garde de la montée des tensions dans les quartiers. Averti sur les dangers que cela fait peser sur l’unité de notre pays. Je suis blessé à l’Ame d’avoir eu raison et d’avoir vu ce que j’ai vu hier.

Blessé à l’Ame, car depuis plusieurs …. J’explicite mon sentiment que nous étions dans un processus de passage de liberté d’expression bâillonnée à l’autocensure ; la peur envahissant les individus, la pensée unique et la langue de bois devenant générales.

Aujourd’hui, il nous faut réagir.

Réagir pour dire notre émotion, notre colère et notre détermination à défendre nos valeurs d’humanisme, de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité.

Réagir en refusant le piège des amalgames et des idéologies politiques et religieuses.

Souvenons-nous du 7 janvier 2015 et protégeons notre République!

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 17:12

Je Suis Charlie… c'est pour moi :

  • une injonction à nos Consciences,
  • une injonction pour partager notre Émotion,
  • une injonction pour ouvrir les yeux et crier halte à la Barbarie,
  • une injonction pour protéger les valeurs de notre République,
  • une injonction pour permettre à tous et chacun de Vivre Ensemble,
  • une injonction pour lutter contre les Marchands d’Illusion,
  • une injonction pour donner du Sens au Sens.

En une époque qui n’est pas sans rappeler celle où vivait l’ermite de Patmos, époque de crise, de trouble, de violence, de désarroi, notre rôle est, envers et contre tout, de défendre des repères et des valeurs sans lesquelles toute vie humaine serait vaine et dérisoire.

Aujourd’hui, je suis blessé à l’Ame, mais je suis aussi en colère.

En colère contre notre incapacité collective à poser les mots sur nos maux non pas pour stigmatiser tel ou tel mais pour apporter des solutions à nos problèmes avant que nos problèmes nous apportent les plus grands malheurs.

En colère contre l’euthanasie généralisée de la pensée étouffée par un politiquement correct devenu fou. En colère contre les Ediles/Elites et tous ces dirigeants qui nous mentent constamment aussi bien économiquement, politiquement que socialement.

En colère car l’incurie nous rapproche chaque jour un peu plus de l’abîme et cet abîme, ne nous y trompons pas, sera collectif là encore quelle que soit notre couleur de peau, notre origine, notre religion et/ou notre « communauté » d’appartenance.

Blessé à l’Ame, car depuis plusieurs années j’explique qu'il est de plus en plus délicat de pratiquer l’humour et de critiquer les pouvoirs (religieux ou autres). Que des humoristes tels que ; Coluche, Desproges, Le Luron ne pourraient plus ce moquer, aujourd'hui, de ces prétendus pouvoirs.

Blessé à l’Ame, car depuis plusieurs mois …, j’avertis, met en garde de la montée des tensions dans les quartiers. Averti sur les dangers que cela fait peser sur l’unité de notre pays. Je suis blessé à l’Ame d’avoir eu raison et d’avoir vu ce que j’ai vu hier.

Blessé à l’Ame, car depuis plusieurs …. J’explicite mon sentiment que nous étions dans un processus de passage de liberté d’expression bâillonnée à l’autocensure ; la peur envahissant les individus, la pensée unique et la langue de bois devenant générales.

Aujourd’hui, il nous faut réagir.

Réagir pour dire notre émotion, notre colère et notre détermination à défendre nos valeurs d’humanisme, de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité.

Réagir en refusant le piège des amalgames et des idéologies politiques et religieuses.

Souvenons-nous du 7 janvier 2015 et protégeons notre République!

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 08:45

Un article qui nous fait la démonstration que nous pouvons éviter de nous enfoncer dans la confusion des idées et la pauvreté de la réflexion. Merci au Contrarien Matin qui chaque jour nous fait un décryptage satirique et sans concession de l'actualité financière . Jean-Loup DUJARDIN

Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !

Aujourd’hui, l’information s’est télescopée donnant une image assez nauséeuse du fonctionnement de notre société dite démocratique et forcément jûûûste depuis que les gentils socialos sont au pouvoir. Du goudron et des plumes… je crois que je vais créer une société de vente par internet d’un kit révolutionnaire (rigolo) évidemment composé de 50 grammes de goudron et 1 kilo de plumes pour la symbolique bien sûr… On pourrait appeler ça « dugoudronetdesplumes.com » vu que ces derniers temps des coups de pieds aux fesses se perdent…

Loto illégal : 100 000 € d’amende et six mois de sursis pour « mamie Yvette »

Alors cette mamie qui organisait des lotos, de façon illégale semble-t-il, vient de subir la force de notre justice en étant condamnée à 6 mois de prison avec sursis et 100 000 euros d’amende ce jeudi par le tribunal d’Arras.

Yvette Bert est âgée de 76 ans, vit en maison de retraite et gagne 650 euros de pension de retraite. D’après l’enquête, elle aurait bien reversé l’ensemble des sommes gagnées à une organisation caritative et il n’y aurait pas eu d’enrichissement personnel.

Mais c’est vrai qu’en ce bas monde, les sans-dents illettrés voyageant en car que nous sommes doivent être surveillés de près, pensez donc, si tout le monde commence à se débrouiller pour trouver des sous pour alimenter les organisations caritatives, l’État pourrait vite devenir et se sentir inutile, surtout vu ce qu’il nous coûte.

Mamie Yvette passera donc peut-être, si elle continuait ses lotos ou si elle ne peut pas payer les 100 000 euros d’amende (avec 650 euros par mois, cela va être assez compliqué pour elle), quelques mois en prison. Yvette menace la société française dans ses fondements et il faut la neutraliser. Ce fut fait par une justice qui n’a pas tremblé devant un tel danger.

Le (nouveau) président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, est le plus grand escroc de l’évasion fiscale en bande organisée… Il vient d’avoir une promotion !

Au même moment, un secret de polichinelle vient d’être éventé, à savoir les méthodes d’optimisations fiscales des grandes multinationales qui font tout ce qu’elles peuvent pour payer le moins d’impôts possible, un peu comme notre mamie Yvette sauf que dans ce cas-là, ce n’est pas pour alimenter une association caritative du coin et cela se compte en centaines de milliards de dollars par an.

D’un côté, on fait la chasse au petit peuple de sans-dents fraudeurs, qu’il soit Français ou… Grecs, mais l’on oublie consciencieusement de dire que les grandes entreprises, celles qui détruisent le plus l’emploi, l’environnement et les sociétés civiles ne paient presque rien et certainement pas leur part, tout reposant sur la tonte du mougeon (l’hybride du mouton tondu et du pigeon plumé que sont devenus tous les citoyens du monde « libre »).

Le chef de cette bande d’escrocs, permettant à tous la plus grande évasion fiscale jamais organisée et durant des années, vient d’avoir une superbe promotion puisqu’il vient d’être nommé (il n’y a aucune élection démocratique en Europe au suffrage universel direct sauf pour le Parlement qui ne sert à rien) à la tête de la Commission européenne, son boulot consistant à défendre les intérêts de ses amis à savoir les grosses boîtes et en aucun cas les peuples d’Europe, composés de mamies et papys Yvette, d’hommes et de femmes, de jeunes et de vieux, d’enfants, en un mot… d’êtres humains, les siens, ceux son troupeau, troupeau qu’il est censé dans le cadre des principes du bien commun protéger, choyer.

Juncker au centre d’un scandale fiscal impliquant 340 multinationales

« Les accords fiscaux secrets passés entre des centaines de firmes et le Luxembourg, afin de soustraire des milliards d’euros à l’impôt, ont forcément été couverts par le président de la Commission européenne.

Quarante médias internationaux s’appuyant sur des documents obtenus par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) viennent de révéler l’existence d’accords fiscaux secrets entre le Luxembourg et 340 multinationales, dont Apple, Amazon, Ikea, Pepsi ou Axa.Ces accords, qui permettent à ces firmes de minimiser leurs impôts, représentent des milliards d’euros de recettes fiscales perdues pour les États où ces entreprises réalisent des bénéfices, selon l’ICIJ et ses médias partenaires, dont Le Monde en France, The Guardian au Royaume-Uni, leSüddeutsche Zeitung en Allemagne, l’Asahi Shimbun au Japon. Ils ont été passés entre 2002 et 2010, soit à une période où Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne depuis le 1er novembre, était aux commandes du Luxembourg.
Ministre des Finances du Grand Duché du 14 juillet 1989 au 23 juillet 2009, il a également été son Premier ministre durant près de 19 ans, du 20 janvier 1995 au 4 décembre 2013. Non seulement M. Juncker ne pouvait ignorer les pratiques mises à jour par l’ICIJ, mais aux postes qu’il occupait il les organisait.

On savait que le Luxembourg était le Duché de l’évasion fiscale. L’intérêt de l’enquête de l’ICIJ est d’en expliquer le mécanisme, révélant par la même la complicité du pouvoir politique luxembourgeois. La pratique du « tax ruling », mise à jour dans cette enquête de six mois baptisée « Luxembourg Leaks » ou « LuxLeaks », est légale. Elle permet à une entreprise de demander à l’avance comment sa situation sera traitée par l’administration fiscale d’un pays, et d’obtenir certaines garanties juridiques. Les groupes concernés réalisent ainsi des milliards d’euros d’économies chaque année grâce à la création d’une filiale, d’une holding ou au déplacement d’un siège social sur le territoire du Grand-Duché. Avec pour but de payer le moins d’impôt possible. »

« Les 28 000 pages d’accords fiscaux secrets auxquels l’ICIJ a eu accès concernent 340 grandes entreprises – notamment Apple, Amazon, Verizon, AIG, Heinz, Pepsi, Ikea – et proviennent tous du grand cabinet de conseil et d’audit PricewaterhouseCoopers (PwC). Ils ne concernent donc que les entreprises clientes de PwC. Et le Luxembourg n’entend pas renoncer à la pratique du « tax ruling » : Elle « fait partie de notre patrimoine et nous voulons la perpétuer dans le respect des règles », déclarait son ministre des Finances, Pierre Gramegna, dans Le Monde du 29 octobre. Avant d’ajouter, non sans cynisme : « Le maintien d’une certaine compétitivité, loyale, entre les États dans le domaine fiscal est indispensable. »

Il n’y a là aucun scandale inconnu et j’ai toujours dit et répété à l’envi que le débat sur l’évasion fiscale des citoyens était de la foutaise en terme de chiffres. Nous sommes, nous autres les citoyens d’en bas, de bien piètres voleurs. Les vrais voleurs, eux, non seulement souvent n’ont pas affaire à la justice, voire siège toujours à l’Assemblée nationale (hein mon Toto, voir en bas), mais se trouvent dans les plus hautes sphères du monde politique et des affaires.

Je suis pour l’Europe des peuples, pas l’Europe des voleurs et des europathes

Vous devez comprendre avec cette histoire que l’Europe est un problème. Un vrai. Un cadre antidémocratique favorisant les petits arrangements entre amis loin du contrôle des peuples et des justices nationales d’une petite caste de profiteurs gangrenée par la corruption massive s’est organisé au fil du temps.

Cette Europe n’a aucun intérêt à protéger les peuples. Plus vous perdez, plus les europathes gagnent à titre personnel.

Il faut que cette Europe-là nous la cassions, nous la rejetions, nous la combattions car elle est l’incarnation même de la négation du droit des peuples et de la démocratie.

Ne vous laissez pas abuser par les discours complètement crétins et lénifiants du type « l’Europe c’est beau, c’est la paix », « sans l’Europe point de survie, nous sommes trop petits », « l’Europe c’est la prospérité », etc., etc.

Ces discours-là sont ceux de ces élites européennes qui font tout pour protéger leurs intérêts, n’en croyez pas un mot.

Tout est organisé au profit des multinationales y compris l’entrée en Europe d’un pays comme la Pologne avec son salaire à 360 euros par mois… Comment voulez-vous que cela fonctionne bien ? Évidemment que cela marche mal mais c’est une volonté, c’est fait exprès. L’objectif n’est pas que vous soyez heureux, l’objectif est que vous soyez tondus, ruinés, réduits en quasi-esclavage financier.

J’espère que Mamie Yvette ira vite en prison parce que vraiment, quel danger cette femme. Sinon bénissons saint Juncker… L’Europe c’est bien, sinon t’es un facho qui nous rappelle les heures les plus sombres de notre histoire et à l’idéologie nauséabonde, ou alors tu es un activiste ultraviolent d’un groupuscule d’estrèèème gôche. Répète encore après moi, allez, tous ensemble, « l’Europe c’est bien »… Et toi, au fond, je te vois, tu n’as pas l’air d’y croire, plus fort : « L’Europe c’est bien ! »

Il est déjà trop tard. Préparez-vous et restez à l’écoute.

À demain… si vous le voulez bien !!

Charles SANNAT

« L’Assemblée nationale est toujours otage de Thomas THÉVENOUD qui est toujours député. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

(Pour protester pacifiquement et avec humour, n’hésitez pas à reprendre cette formule en bas de tous vos mails, de vos articles ou de vos publications, il n’y a aucun droit d’auteur !!)

Source Le Parisien pour la Mamie embastillée. Ps ce n’est pas sa photo illustrant cet édito car je n’ai pas les droits d’image et pas de quoi les acheter. J’espère que vous comprendrez ma logique d’illustration gratuite et libre de droit pour un Contrarien Accessible à toutes et tous sans distinction de revenus! Merci pour votre bienveillance.

Le scandale Juncker…. c’est ici, c’est gonflé, et nous les pauvres couillons nous devons payer encore plus pour compenser… et si le Luxembourg remboursait tout le monde?

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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 08:09

Ce n’est pas faute de dire, re-dire et répéter qu’il n’y a plus aucune façon facile de sortir de la crise depuis plusieurs années. Il n’y a aucune bonne solution. Aucune. On peut relancer l’économie en imprimant des billets qui finiront tôt ou tard par ne plus rien valoir du tout. C’est l’hyperinflation (à ne pas confondre avec le concept d’hyperfellation de Rachida Dati, experte elle aussi… en nouveaux concepts).

On peut aussi réduire les dépenses, réduire les aides sociales, réduire la dette, réduire le nombre de fonctionnaires, etc. Mais il ne faut pas se leurrer. Dans un pays où la dépense publique représente plus de 57 % de PIB, réduire ce qui permet de faire presque 60 % de notre PIB c’est évidemment courir vers une catastrophe économique. Un tel programme d’austérité ne peut que déboucher sur la contraction de notre économie comme l’a parfaitement montré et démontré l’exemple grec ou, dans une moindre mesure, l’exemple portugais ou italien. C’est la déflation.

Dans tous les cas, vos économies finiront par s’envoler, vos boulots par être perdus, vos pensions de retraite ne seront plus versées (déflation/insolvabilité) ou ne vaudront plus rien en pouvoir d’achat (hyperinflation). Vous serez ruinés, nous serons tous ruinés (sauf ceux qui détiennent un peu d’or, d’argent métal, un plan épargne boîtes de conserve et évidemment leur lopin de terre avec potager et poulailler qui, eux, s’en sortiront un peu moins mal).

Alors avec un tel discours, évidemment, on me prend pour un « fou », un « imbécile », « un malade mental » ou encore, insulte suprême, « un pessimiste ».

Lorsqu’un homme politique me donne un peu raison dans ses propos, vous comprendrez donc qu’en tant que grand incompris évidemment il m’est difficile de ne pas y faire allusion. Mais là, aujourd’hui, cette fois, oui mes braves amis contrariens de la première heure, nous tenons presque notre revanche. Nous pourrons avec une telle phrase parader dans nos dîners de famille la tête haute… ce qui fait longtemps, trop longtemps. N’y voyez aucune joie malsaine. Honnêtement, et vu ce qui va nous débouler dessus, j’aurais vraiment avoir tort. Mais nous n’avons pas tort. Nous avons raison. Nous sommes juste un peu en avance sur la compréhension des conséquences à terme que nous aurons à affronter par rapport à une masse de nos concitoyens qui préfèrent le « mensonge qui rassure » à la « vérité qui dérange ». C’est vrai que c’est plus apaisant.

Alors le gros lot d’aujourd’hui nous est offert (d’ailleurs pour une fois qu’il nous offre un truc celui-là, profitons-en parce qu’il va vite nous prendre) par le président de la République lui-même ! Oui ! En personne. Et il commence enfin à nous expliquer que nous allons tous couiner. Bon, il le dit de façon un peu plus élégante certes, mais en langage cru de contrarien de la France d’en bas, cela se traduit parfaitement bien avec le terme « couiner ». Ça va couiner dans les chaumières et pas qu’un peu mes braves, mes courageux lecteurs.

Hollande : il n’y a « pas de plan d’économie qui soit indolore »

Le grand mamamouchi de la quéquette remettait donc aujourd’hui les grands prix de « l’audace créatrice » devant une foule de grands mamamouchis du grand patronat (qui ne crée aucun emploi mais c’est une autre histoire). Et il a eu cette phrase remarquable que nous devons remarquer :

« Si vous n’entendez pas crier c’est que nous ne faisons pas d’économie. Donc vous voyez, vous entendez. »

Comprenez : les hurlements que vous entendez sont des couinements destinés à augmenter en intensité dans les mois qui viennent. Il a aussi rajouté :

« Il n’y a pas de plan d’économie qui soit indolore. »

Comprenez par-là que ça va vraiment couiner très très fort, parce que si Valls, notre Manu national, est allé dire bonjour à la grosse Bertha d’outre-Rhin, il a tout de même reçu une belle fessée de la part d’Angie qui s’est dite « impressionnée par son programme de réforme et qu’elle lui souhaitait… bonne chance ». En d’autres termes, c’est le coup de pied de l’âne.

Les Zallemands ne veulent rien entendre…

« Ya… grosse réforme d’abord après on ferra… » Pas sympa avec Manu la Bertha. Bon, cela dit, on a tué les Grecs et les Espagnols à petit feu depuis 2007 alors si c’est pour ouvrir les vannes maintenant de la création monétaire, on aurait vraiment dû le faire il y a… 7 ans. Conclusion : les Zallemands seront inflexibles et vraisemblablement jusqu’au bout.

«Il n’y a pas de plan d’économie qui soit indolore. Sinon ça aurait déjà été fait. Les économies forcément sont douloureuses, il n’y a aucun secteur qui peut accepter de voir un certain nombre de ses habitudes, parfois de ses financements être remis en cause… » Oh que oui que ça va couiner. J’en reviens à Mamamouchi 1er là.

Mais, il se veut « optimiste ». Important d’afficher de l’optimisme, même si je considère que, par les temps qui courent, les « zoptimistes béats » sont au mieux des naïfs et au pire des crétins jouant à l’autruche pour ne pas avoir à affronter la dure réalité des faits. Mais bon, en ce bas monde et jusqu’à notre effondrement total qui se rapproche à grand pas au fur et à mesure où notre dette augmente (plus de 2 000 milliards d’euros au dernier pointage).

Bref, le roi Zizi (d’ailleurs j’espère que Julie va bien) a « insisté sur la nécessité de faire ces économies de manière juste, de manière efficace, de manière innovante ».

Hahahahahahaha petite traduction contrarienne, des couinements à venir suite à cette simple phrase :

Économies justes = classes moyennes laminées et prestations familiales dans l’arrière-train.

Manière efficace = on baisse le montant des chèques versés et on augmente celui des prélèvements. Simple. Efficace.

De manière innovante = on va vous créer tout plein de taxes nouvelles pour vous faire les poches mais elles seront justes, comme par exemple pour vous protéger des accidents de la route ou encore pour sauvegarder l’environnement. Important l’environnement. Pas le droit d’être contre. Pareil avec les accidents de la route. Difficile de dire « ben heu, moi, je suis pour qu’on soit plus nombreux à mourir en bagnole… » (Essayez pour voir en dîner en famille, je pense que vous allez être bien reçus.)

Voilà mes amis, nous entrons, après deux ans et demi de fausse croyance, dans une fausse reprise dans le pire de la crise qui est bien toujours devant nous et pas derrière…

Ça va donc couiner, et très fort, et en France quand ça couine trop fort, ça se termine mal… en général !

Charles SANNAT

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