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  • : Le blog de Jean-Loup
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  • : Engagé, depuis plusieurs décennies dans une démarche visant à lutter contre tous les processus d'exclusion, de discrimination et de ségrégation socio-urbaine, je suis persuadé que si nous voulons « construire » une société reposant sur un véritable Vivre Ensemble. Il nous faut savoir, donner du sens au sens, prendre le temps de la concertation et faire des propositions en adéquation avec les besoins de nos concitoyens.
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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 15:08

Une page est à tourner sur le dialogue social à la française : il est urgent de passer à des modes de relations totalement différents.

Les économistes s’accordent unanimement pour considérer que la qualité du dialogue social est un facteur clé de la compétitivité de l’économie d’un pays, tout particulièrement dans le contexte de cette économie mondialisée dans laquelle nos entreprises se trouvent plongées. Les pays où le dialogue social fonctionne bien, c’est-à-dire où les débats entre les représentants du monde des salariés et ceux du monde patronal se mènent dans un esprit constructif, procurent à leurs entreprises, et tout spécialement à celles exposées à la concurrence internationale, la possibilité d’être flexibles et de s’ajuster, en permanence, aux nécessités du marché. Avec un bon dialogue social, patrons et salariés parviennent à s’accorder sur l’analyse des difficultés auxquelles les entreprises de leur pays se trouvent à un moment donné confrontées, et ils sont alors à même de s’entendre sur les dispositions à prendre pour assurer le succès de celles-ci. Le dialogue social doit bien fonctionner, à la fois au niveau des branches d’activité et, aussi, évidemment, au niveau des entreprises elles-mêmes, chaque entreprise constituant en fait un cas particulier avec des problèmes spécifiques à régler.

Un dialogue social français inexistant

L’économie française, depuis l’apparition au milieu du XIXème siècle de la révolution industrielle, souffre d’un handicap sévère : l’absence de dialogue social, du moins d’un dialogue social s’effectuant dans un climat de bonne entente entre salariés et patrons, et ce en raison du succès particulier qu’ont eu dans notre pays les thèses de Karl Marx, avec la publication en 1848 du « Manifeste du Parti Communiste ». Cette absence de dialogue social qui caractérise la France a fait classer ce pays au 137ème rang, sur 144 pays examinés par le Forum de Davos, pour ce qui est de « La qualité de la coopération dans les relations de travail ». Et un sociologue connu, comme Alfred Grosset, qui a enseigné à Sciences Po Paris, n’a pas hésité à affirmer dans le journal Libération du 29 janvier 2015, à propos des tentatives faites par François Hollande pour dynamiser le dialogue social en France : « Il ne faut pas renouveler le dialogue social en France, il faut simplement le créer ».

On en est donc là ! La France présente, en effet, la caractéristique particulière d’être une société où les partisans du marxisme déterminés à modifier l’ordre social par la voie révolutionnaire ont, dès le début de la création des syndicats, tenté de prendre le pas sur ceux qui, tout en adhérant aux mêmes thèses, ont opté pour la voie réformatrice. En sorte que très tôt on a eu d’un coté les partisans de la voie tracée par la Troisième Internationale avec les thèses de Lénine, et de l’autre les « socialistes », conduits par des leaders comme Jaurès, puis ensuite Léon Blum, partisans d’un combat à mener par des voies démocratiques. Mais toujours, dans l’un et l’autre cas, il s’est agi, et c’est ce qu’il est important de prendre en compte, de faire triompher les thèses marxistes de la lutte des classes.

Une histoire du syndicalisme fortement marquée par la lutte des classes

Il faut se remémorer, en effet, pour bien comprendre les raisons pour lesquelles le dialogue social fonctionne mal en France, les éléments fondamentaux de la thèse développée par Marx, philosophe qui a affirmé dans son manifeste que : « L’histoire des sociétés humaines jusqu’à nos jours n’est rine d’autre que l’histoire de la lutte des classes ». Pour le marxisme, la lutte des classes est ainsi une vérité historique. Il s’agit de lutter contre le patronat pour parvenir à une société idéale où l’on se sera débarrassé du travail salarié, ceci en passant par une dictature du prolétariat.

Le droit syndical fut reconnu en 1884, et la Confédération Générale du Travail, la CGT, fut créée en 1895 par une unification du mouvement syndical français. Cette grande organisation syndicale a été fortement influencée, dès l’origine, par les anarcho-syndicalistes. Au Congrès de Limoges, ville où naquit la CGT, il a été affiché que le syndicalisme avait vocation à « préparer l’émancipation intégrale qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste ». Il y eut, ensuite, au Congrès confédéral de la CGT, en 1906, la Charte d’Amiens, dont l’article 2 dit explicitement que la vocation de cette organisation syndicale est « la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat ». Cette charte a toujours constitué la référence théorique du syndicalisme en France. Elle est, en somme, son ADN. Elle a assigné au syndicalisme un double objectif : défense des revendications immédiates des travailleurs et lutte pour une transformation d’ensemble de la société, et ce en toute indépendance des partis politiques, avec comme moyen d’action la grève générale. Cette prise de position à l’égard des partis politiques est demeurée par la suite l’une des caractéristiques qui a différencié le syndicalisme français du syndicalisme des pays du Nord de l’Europe, et tout particulièrement du syndicalisme allemand qui, lui, est un syndicalisme où s’est opérée dès les origines une étroite symbiose entre le parti socialiste, le SPD, et le mouvement syndical. Une différence donc tout a fait fondamentale par rapport au syndicalisme français.

Ensuite, en 1919, se créa la CFTC, syndicat chrétien fidèle à la doctrine sociale de l’Église catholique. Puis, avec les très importantes grèves de 1920, l’opposition entre réformistes et révolutionnaires se développa, en sorte qu’en 1921 s’opéra, à Tours, une scission au sein de la SFIO qui donna naissance au Parti Communiste Français. Et, au sein de la CGT, se produisit alors une séparation entre le courant communiste qui prit son indépendance en créant la CGTU (CGT Unitaire), et le courant plus modéré, d’obédience socialiste, qui resta fidèle à la charte d’Amiens.

Par la suite, en 1948, au lendemain de la seconde guerre mondiale, il y eut une nouvelle scission au sein de la CGT, les adhérents refusant la mainmise du parti communiste sur ce syndicat, créant la CGT-FO. Et, en 1960, intervint aussi, au sein de la CFTC, une scission qui donna lieu à la création de la CFDT.

Ainsi donc le mouvement syndical français se trouva-t-il progressivement morcelé. Néanmoins, les influences marxistes demeurèrent toujours très fortes, partout : en 1936 il y eut fusion entre la CGT et la CGTU puis le Front Populaire prit corps avec une alliance de toutes les forces de la gauche, ce qui valut au monde du travail bon nombre d’avancées sociales importantes. Le gouvernement de Léon Blum dut négocier avec le monde ouvrier l’évacuation de toutes les usines occupées par les grévistes, et il y en eut un nombre considérable, contre l’octroi d’avantages sociaux extrêmement importants : semaine de 40 heures, congés payés, et mise en place des Conventions Collectives….. C’est ce que l’on appela les accords de Matignon.

Et une influence toute particulière du communisme

Il y eut, ensuite, du fait du rôle important que joua le parti communiste français dans la résistance, et de la victoire éclatante de l’URSS sur l’Allemagne nazie, une influence très forte du PCF sur toute la vie politique française. Au 26ème Congrès de la CGT, en 1946, cette organisation syndicale, qui comptait 5 millions d’adhérents, se trouva dominée par les communistes. Et les premiers gouvernements constitués au lendemain de la guerre comptèrent des ministres communistes. Par la suite, on vit l’influence des communistes décliner régulièrement, mais, néanmoins avec François Mitterrand et son Programme commun de la gauche, les communistes en 1981 revinrent à nouveau au pouvoir, quatre ministères leur étant concédés dans le gouvernement Mauroy.

Ainsi, depuis la Révolution bolchevique de 1917 jusqu’à une période relativement récente, les communistes ont-ils joué un rôle important dans la vie politique de la France et tout particulièrement dans les luttes menées par le monde ouvrier contre le patronat. Les thèses marxistes pénétrèrent profondément les esprits, non seulement dans le monde ouvrier, mais aussi dans une bonne partie de la société y compris dans l’intelligentsia française.

Avec la chute de l’Union Soviétique, en 1991, l’influence des communistes dans la vie politique française déclina, évidemment, au point qu’elle s’est à présent fortement restreinte. Mais le tissu social français n’en reste pas moins sourdement imprégné par le marxisme, les patrons étant vus davantage comme des exploiteurs des salariés que comme des créateurs de richesses. Et l’on sait que, dans leur tréfonds, les Français, généralement, n’aiment guère les riches. Les syndicats français ont ainsi toujours refusé de prendre de quelconques responsabilités dans la gestion des entreprises, préférant limiter leur rôle à s’arcbouter sur la défense des acquis sociaux et à revendiquer, en permanence, de nouvelles avancées sociales.

Tout est à reprendre

On se retrouve ainsi, aujourd’hui, en France dans une situation particulière : un mouvement syndical éclaté entre plusieurs organisations qui se font en fait concurrence, des syndicats très peu représentatifs du fait que le taux de syndicalisation est extrêmement faible dans notre pays, de l’ordre de 3% à 4 % seulement dans le secteur marchand, alors que l’on a des taux de 70% à 80% dans les pays nordiques, des syndicats par trop portés par des idéologies et incapables de fonctionner avec les seules cotisations de leurs adhérents, des syndicats bénéficiant, par conséquent, de financements importants de la part de la collectivité, et des dirigeants syndicaux qui sont des permanents par trop soucieux de leur propre carrière. Aussi, pour compenser les insuffisances du dialogue social, l’État s’est-il octroyé au cours du temps le rôle d’animateur du dialogue social, et aussi de partenaire, au titre de ses responsabilités en matière de cohésion sociale et de sauvegarde de l’intérêt général.

On a abouti, ainsi, à un code du travail de quelque 3.600 pages, fait d’une accumulation de textes législatifs et réglementaires pour les salariés sous contrat de travail de droit privé. Ce code constitue pour les entreprises un corset d’une rigidité extrême. Sa complexité et son ossification constituent un frein très puissant à l’embauche et au développement des entreprises, tout particulièrement des jeunes entreprises encore très fragiles au plan financier, et dont les dirigeants ont à consacrer toute leur énergie à se forger des avantages compétitifs plutôt qu’à se plier à des réglementations paralysantes et très chronophages, qui, s’ils ne les respectent pas scrupuleusement, peuvent leur coûter très cher.

La situation dans laquelle se trouve la France en matière de dialogue social est donc à la fois absurde et intenable. Les syndicats sont dans une culture de confrontation, une confrontation « rarement dénuée d’arrières pensées politiques » nous dit le journaliste Gabriel Vedrenne dans une chronique récente d’Europe 1. Il serait donc urgent de pouvoir y remédier car il y va du bon fonctionnement de nos entreprises dans un monde devenu on ne peut plus concurrentiel.

Les pouvoirs publics en ont d’ailleurs pris conscience. Ainsi Nicolas Sarkozy avait-il déclaré, au début de son mandat en 2007 : « Je souhaite que les cinq prochaines années soient celles d’une revitalisation profonde du dialogue social ». Et François Hollande a mis en œuvre dès son arrivée au pouvoir un processus dit de « modernisation », ou encore de « dynamisation », du dialogue social, consistant à organiser chaque année un grand rendez-vous entre les partenaires sociaux pour les contraindre à négocier sur des thèmes déterminés, dans le cadre de « Grandes conférences sociales » qui se tiennent chaque année au Conseil Économique et Social à Paris. La dernière Grande Conférence s’est tenue les 7 et 8 juillet 2014. Elle a réuni quelque 300 personnes invitées à débattre sur sept grands thèmes différents. Il s’en est suivi, selon la procédure fixée par la loi Larcher du 31 janvier 2007, une note d’instruction adressée par le ministre du Travail aux 8 partenaires sociaux autorisés par l’arrêté du 31 mars 1966 à débattre (cinq organisations salariées et trois patronales), leur fixant les trois thèmes sur lesquels allait porter cette année la négociation : renforcer la qualité du dialogue social, améliorer l’effectivité du droit à la représentation des salariés, et valoriser le parcours des délégués syndicaux. Il fut fixé aux partenaires sociaux un délai de quatre mois pour aboutir à des accords précis, ceux-ci devant donner lieu à la promulgation d‘une nouvelle loi par le Parlement en début d’année 2015. À défaut d’entente entre les parties, le gouvernement indiquait qu’il s’autoriserait à déterminer lui-même le contenu de la loi à promulguer.

Comme la presse l’a révélé, la CGT et FO quittèrent dès le second jour les bancs de la Grande Conférence de juillet, et les négociations entre les partenaires sociaux qui durèrent quatre mois débouchèrent, en décembre 2014, sur un échec. Le gouvernement tint donc ses engagements et le ministre Rebsamen entreprit de préparer un projet de loi qui fut soumis à l’examen de l’Assemblée Nationale le 26 mai dernier. L’intitulé de ce projet de loi choisi par le ministre fut le suivant : « Ameliorer l’efficacité et la qualité du dialogue social au sein de l’entreprise ».

Toutes les améliorations apportées de cette manière au dialogue social en France, au fil des années, ne résolvent en rien le problème : ce ne sont jamais que des améliorations de détail, des ajustements à la marge qui laissent la situation du dialogue social en France en l’état. Des lois se rajoutent indéfiniment aux lois, et le caractère des relations existant entre les représentants du monde salarié et ceux du patronat ne s’en trouve en rien modifié.

L’Allemagne et les Pays Bas, deux exemples pour nourrir notre réflexion

Il est donc urgent de passer à des modes de relations totalement différents : une page est à tourner sur le dialogue social à la française, un système qui n’est ni le modèle travailliste à l’anglaise ni le modèle social démocrate à l’allemande. Pour ce faire, on pourrait soit s’inspirer de l’expérience des Allemands où le dialogue entre représentants du monde salarié et représentants du patronat a toujours bien fonctionné, soit copier le modèle néerlandais.

Comme on le sait, les Allemands en sont arrivés à ce que l’on dénomme la « cogestion » dans les entreprises, en 1951 : dans ce système, les représentants des salariés et ceux du patronat, dans les entreprises de plus de 2.000 personnes, se trouvent représentés à égalité dans un « Conseil de surveillance », le président, obligatoirement issu des actionnaires, ayant une double voix. Et c’est ce Conseil de surveillance qui nomme les membres du directoire. Ainsi, les représentants des salariés disposent-ils de pouvoirs sur la détermination de la stratégie de l’entreprise, sur les décisions d’investissement, sur les projets de restructuration, etc. Ce système qui associe étroitement les représentants du personnel à la gouvernance des entreprises modifie totalement la nature des relations existant dans un pays entre les salariés et les patrons. Ceux-ci œuvrent, en somme, en commun pour créer de la valeur ajoutée et ils décident, ensemble, de la manière de se répartir les profits.

Le système hollandais est tout différent. Il fonctionne parfaitement depuis l’accord de Vassenaar de 1982, car il est fondé sur un principe de confiance entre des partenaires animés du souci de trouver des consensus. Ce dispositif fonctionne avec deux structures différentes : la Fondation du Travail (STAR) d’un côté, et le Conseil Économique et Social de l’autre (SER). La Fondation du Travail est un lieu de concertation bipartite où se mènent des travaux en vue de conclure des arrangements et des accords collectifs : elle formule régulièrement des recommandations qui sont faites au gouvernement. Le Conseil Économique et Social, le SER, est, lui, un organisme tripartite dont le rôle est de conseiller le gouvernement. Il est constitué de 33 membres : 11 côté employeur, 11 côté salariés, et 11 experts indépendants nommés par la Couronne. Les recommandations formulées par le Star sont soumises pour avis au SER et ces avis sont pratiquement toujours suivis par le gouvernement. On est donc avec le système néerlandais dans un processus efficace de recherche en permanence de compromis.

Il faudrait donc qu’à l’occasion d’une prochaine élection présidentielle il soit dit qu’en France on va enfin tourner la page sur la manière de faire fonctionner le dialogue social. Le futur président proposerait aux syndicats de salariés et aux syndicats patronaux d’abandonner le Code du travail actuel en échange de la mise en place, soit du système allemand soit du système néerlandais : en somme, un deal « donnant donnant ». Le nouveau code du travail se bornerait à fixer par la loi quelques principes fondamentaux en matière de droit du travail, laissant les partenaires sociaux fixer eux-mêmes par des accords bipartites les dispositions qu’ils adoptent ensemble pour régir les relations de travail dans les entreprises, au niveau tant des branches que des entreprises elles-mêmes.

Cette révolution est à faire si possible à l’occasion des futures élections présidentielles de 2017. L’économie française, si ces réformes pouvaient se réaliser, s’en trouverait totalement métamorphosée

C.Sicard

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18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 15:15

Lorsque nous tentons de définir ce qu'est l’humilité en « politique » où ce qu'elle devrait...pourrait être, force est de constater que nous nous trouvons face à des approches multidimensionnelles et/ou multifactorielles.

Car, le mot Humilité à la particularité d’associer le social à l’esprit en entretenant une confusion entre humilité et modestie. Tout comme l’approche Politique peut être politicienne et platonicienne.

De fait, pour rester dans le domaine de la spiritualité que je souhaite avoir dans ce billet, je dirai :

  • Que l’humilité est une démarche alors que la modestie pourrait n’être qu’un état,
  • Que l’humilité est une prise de conscience de l’espace à parcourir,
  • Que l’humilité c’est prendre la dimension de l’être par rapport au UN au Tout, c’est donc de … relativiser.

De tous temps, les Humanistes qui ne sont pas des êtres désincarnés et qui ne vivent pas seulement dans le ciel des idées mais dans des cités, se sont toujours efforcées, avec plus ou moins de succès et plus ou moins de bonheur, de répondre aux problèmes que pouvait poser les situations historiques dans lesquelles ils se trouvaient, c’est-à-dire de répondre à des problèmes d’ordre social et politique.

Les Humanistes sont des êtres étranges, singuliers et uniques, qui se questionnent et essaient de répondre à moultes interrogations.

Et, s’il est vrai que nous ne devons pas négliger les problématiques sociétales et que nous devons essayer de leur donner des réponses/solutions.

Il est tout aussi exact que c’est à la seule condition que l’animal politique et l’animal professionnel se souviennent qu’il est aussi un animal raisonnable.

C’était déjà la grande leçon de Socrate, c’était la leçon de Descartes, c’était aussi la leçon que nous a laissée le Siècle des Lumières

Ce qui signifie, qu’aucun humaniste ne peut se dire humble s’il ne vit pas cet abaissement intérieur qui conduit à mettre en relation - l’homme et l’univers, l’homme et le néant, le chaos et l’ordre.

L'Humilité est avant tout une façon d'être, une façon de se comporter.

La nature humaine a parfois tendance à se survaloriser. Pour réfréner cette tendance, l'Homme doit cultiver l'Humilité, seul rempart à l'hypertrophie de son ego.

Ceci ne signifie-t-il pas pour l’humaniste de s'imposer des limites, de les accepter, voire de les transcender.

D’ailleurs, n’est-il pas écrit : « Qui s'élève sera abaissé – Qui s'abaisse sera élevé ».

Passage d’un état à un autre, qui permet de comprendre qui on est. Cheminement qui fait que l’on passe de la connaissance de soi à la conscience de soi.

La méthode Cartésienne « je pense donc je suis » donne au JE toute sa dimension introspective du SOI et du MOI. Elle met en évidence la nécessaire quête de connaissance dont le but sera de « nous rendre comme maître et possesseurs de la nature ». C’est toute la démarche des lumières

Par contre, la démarche humaniste est avant tout d’appréhender ce que nous sommes de notre origine à notre destination future.

Signifier le travail introspectif, exprimer le désir de perfectionnement, désigner la volonté de construction de notre temple intérieur ne revient-il pas à symboliser l’Être. Car, c’est là que réside

  • la compréhension entre le temporel et l’intemporel,
  • l’appréhension de la matrice de sa vie spirituelle.

Mais, faut il encore pour y parvenir être attentif.

Notre esprit, trop souvent endormis dans la facilité de la matérialité et de la rationalité, ne demande qu’à s’éveiller à une juste prise de conscience.

L’humilité est le principe même de l’action !

Apprendre pour Comprendre, Comprendre pour Agir !

Quel sens donner à notre Vie si ce n’est vivre ce que nous sommes, comprendre que rien n’est acquis, qu’il faut tout remettre en question et admettre que nous sommes le microcosme de l’univers.

Ce constat n’est pas difficile. Ce qui l’est, en revanche, c’est de l’admettre ouvertement.

N’est ce pas en cela que l’on appréhende ce l’on est.

N’est ce pas par l’union de l’esprit, de l’âme et du corps que nous pourrons franchir le rubicond pour aborder l’autre rive

L’humilité antichambre des « perfections ». C’est ainsi que humilité et fil à plomb confondus nous amènent à comprendre quels sont les leviers de nos convictions, de nos croyances ou de nos rejets, cette conscience situe immanquablement nos limites et les efforts pour les dépasser.

Traiter de l'humilité en « politique », c'est toucher à un point sensible de notre égo.

Et, nous oblige à sonder des profondeurs qui touchent à notre intimité enfouie et inconsciente. Par un travail tenace et suivi sur nous, rendre conscients des aspects inconnus de nous-mêmes. Laisser de côté ce ramassis, cet écheveau égoïste et ombrageux de nos souhaits personnels, nos phantasmes/fantasmes, nos ambitions, nos espoirs et nos appréhensions et nous mettre en accord avec les tendances, souvent opposées, de notre inconscient.

En prenant conscience de notre face cachée, de notre côté obscur, nous passons d’une conscience immédiate des choses à une conscience qui se réfléchit et réduisons ainsi notre part inconnue en nous. N’est ce pas la voie pour passer de l’ombre à la lumière.

Notre inconscient, peuplé de personnages qui se révèlent au moyen du langage symbolique, nous montre le chemin pour nous accomplir par cette connaissance de notre vie inconsciente. « Faire en sorte que l’inconscient et la conscience apprennent à vivre en paix l’un avec l’autre. Est la condition du bonheur » nous apprend Jung,

C’est ici que le fameux « connais-toi toi-même » prend toute sa signification voulant dire que nous devons en toute humilité, accepter nos limites, nos possibilités, notre condition.

C'est une attitude délicate et respectueuse dans laquelle on n'a pas besoin de prouver qu'on existe.

L’humilité nous donne l’occasion d’un nouveau regard afin d’arrêter d’être aveuglés par l’illusion !

L’humaniste est, « un néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du néant, un milieu entre rien et tout ».

Alors, nous militants sociaux-libéraux soyons :

  • de ceux qui permettent à la politique de retrouver ses droits et devoirs, en même temps que ses enjeux. Car la politique doit être humble, la politique n’est pas là pour changer la vie Elle est là pour maintenir ou améliorer ce qui la rends possible. La politique n’est pas là pour rendre heureux ; elle est là pour combattre ce qui nous empêche de le devenir ou de le rester : la misère, l’oppression, l’injustice, le chômage, l’insécurité,
  • des Femmes et des Hommes Politique Humbles, Porteurs d’Espoirs et de Sens.
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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 07:35

« Je n’ai rien dit »… par Martin Niemöller

« Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas catholique.

Et, puis ils sont venus me chercher.

Et il ne restait plus personne pour protester. »

Biographie rapide de ce pasteur.

« Au moment de la montée en puissance du pouvoir nazi, qui noyaute peu à peu l’Église allemande, le pasteur Martin Niemöller, pourtant partisan du régime hitlérien et ancien commandant des Corps francs, appelle les pasteurs hostiles aux mesures antisémites à s’unir au sein d’une nouvelle organisation, le « Pfarrernotbund (de) », la « Ligue d’urgence des pasteurs », qui respecterait les principes de tolérance énoncés par la Bible et la profession de foi réformatrice. Cet appel a un grand écho : à la fin de l’année 1933, 6 000 pasteurs, soit plus d’un tiers des ecclésiastiques protestants, ont rejoint ce groupe dissident.

La « Ligue d’urgence des pasteurs », soutenue par des protestants à l’étranger, adresse au synode une lettre de protestation contre les mesures d’exclusion et de persécution prises envers les Juifs et envers les pasteurs refusant d’obéir aux nazis. Malgré les protestations, Martin Niemöller est déchu de ses fonctions de pasteur et mis prématurément à la retraite au début du mois de novembre 1933. Mais la grande majorité des croyants de sa paroisse décide de lui rester fidèle, et il peut ainsi continuer à prêcher et à assumer ses fonctions de pasteur.

Niemöller est arrêté en 1937 et envoyé au camp de Sachsenhausen. Il est ensuite transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau. »

La liberté est l’affaire de chaque citoyen.

La liberté ne se discute pas. Elle ne se tronçonne pas, elle ne se coupe pas en tranche, elle n’est pas à géométrie variable. Elle existe totalement ou elle n’existe pas. La liberté contrôlée est à la liberté ce que la Canada dry est à l’alcool. Pourquoi vous parler de cela ?

Parce qu’aujourd’hui je voulais présenter un article et un reportage qui, j’en suis persuadé, alimenteront votre réflexion personnelle.

Je fais partie de ceux qui pensent que l’Europe est un grand danger pour chacun de nos peuples et que cette Europe des europathes ne peut que nous amener les plus grands malheurs. Je pense que ce point de vue est d’une immense logique. Cela tient en deux raisons essentielles. La première c’est que celui qui connaît l’histoire sait que toutes les nations, tous les pays et tous les Empires à travers l’histoire n’ont pu se créer, devenir et exister qu’en massacrant ceux qui préexistaient.

Les États-Unis d’Amérique, que l’histoire politiquement correcte aime aduler comme le phare de la liberté, ne se fondent que sur le génocide conscient, prémédité et parfaitement assumé de la population indienne. Il s’agit juste de dizaines de millions de morts. Chez nous, la France ne pourra atteindre la taille qu’on lui connaît ainsi que son unité qu’en massacrant les potentats régionaux, qu’en supprimant les langues et les cultures régionales, qu’en annihilant tous ceux qui pouvaient souhaiter une autonomie locale loin du pouvoir parisien des rois de France. L’histoire de l’unité de la France s’écrit en lettres de sang dans les livres.

Je ne fais point ici de morale. Je ne me sens coupable de rien, ni des crimes des premiers européens massacreurs d’indiens, repris de justice qui deviendront les Américains apporteurs de démocratie au monde entier à notre époque (ce qui fait bien rire jaune évidemment), ni de tous les autres génocides.

Non, ce que je veux juste dire c’est que la volonté farouche des partisans de l’Europe de créer les États-Unis d’Europe ne pourra conduire qu’à la suppression plus ou moins violente de ce qui préexiste à l’Europe fédérale, à savoir les États-nations. Vous devez comprendre qu’il ne peut pas y avoir d’Europe fédérale tant qu’il existe des États-nations. La coexistence des deux est impossible et c’est une véritable guerre qui se déroule et cette guerre pour l’avenir de l’Europe est de moins en moins idéologique. Tous les jours, vous pouvez constater l’ambition des structures européennes à prouver leur existence, l’Europe veut devenir un empire, et comme tous les empires elle devient agressive et violente. Les peuples d’Europe sont évidemment les premières victimes (demandez aux Ukrainiens, mais aussi aux Grecs) de même que la liberté.

La deuxième raison qui explique mon rejet de cette Europe-là c’est qu’elle est la négation de la représentativité, de la démocratie et de la liberté.

Personne ne contrôle l’Europe!

Aucun peuple, aucune institution, aucun parlement, aucune nation ne contrôle l’Europe. Ceux qui nous dirigent sont même appelés des commissaires (comme à la plus belle des époques soviétiques). Aucun n’est élu. Ils sont tous soumis à la corruption. Bénéficient d’immunités hallucinantes. Leurs intérêts ne sont pas ceux des peuples. D’ailleurs ils ne sont d’aucun peuple.

Vous devez comprendre qu’un État fédéral c’est un État permettant d’organiser les conditions de la plus grande des corruptions. Ce qui arrive aux États-Unis d’Amérique se passe déjà dans les États pas encore unis d’Europe.

Lorsque le peuple français refuse par son vote la constitution européenne et certaines « avancées », nos politiques ont nié notre vote pour quand même faire ce qu’ils souhaitaient faire. Ce fut le premier grand déni de démocratie. Et comme dans ce poème qui débute cet article, nous n’avons rien dit.

Alors depuis, les europathes, nos dirigeants, ceux qui savent mieux que nous ce qui sera très bon pour eux, s’appliquent consciencieusement à réduire nos libertés, à restreindre notre implication citoyenne pour mieux nous détruire, pour mieux nous isoler. Cela se passe ici et là-bas. Aux USA comme en Europe, en France et ailleurs. C’est un mouvement mondial de restriction des libertés individuelles reposant en grande partie sur la nécessité de « lutter contre le terrorisme » en vous empêchant de payer en espèces plus de 1 000 euros, tout en laissant le droit aux étrangers et aux non-résidents fiscaux en France de payer eux… jusqu’à 10 000 euros en espèces. Il n’y a donc aucune volonté de lutter contre la terreur mais bien de terroriser le citoyen, ce qui n’a rien à voir.

Je vous propose donc un article de La Tribune qui est tout sauf un journal fasciste et complotiste intitulé « Quand le « gendarme » des écoutes fusille la loi sur le renseignement de Valls ».

Vous y apprendrez, pour ceux qui auront le courage de le lire, que « le président de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS) Jean-Marie Delarue estime que le projet de loi sur le renseignement comporte des dérives portant atteinte aux libertés individuelles ».

« Qui gouverne ? »… un film d’Arte

Oui c’est bien cela, Arte, une chaîne publique… donc pas fasciste ni complotiste non plus. Je pense que l’on a encore le droit le citer un article de La Tribune ou encore un reportage d’Arte.

Bref, c’est un film de Flore Vasseur assez dérangeant…

« Qui gouverne ? Comment préserver l’intérêt général quand, partout, l’argent semble remplacer le vote ? Larry Lessig dénonce sans relâche l’emprise des intérêts privés sur la démocratie américaine. Professeur de droit et d’éthique à Harvard, conseillé d’Obama en 2008, il connaît tous les rouages de Washington. Il a décidé de se rebeller pour sauver l’intérêt général. »

Cela se passe évidemment aux États-Unis. Pourtant, tout le monde comprendra à quel point il est non seulement aisé mais indispensable de faire le parallèle entre la corruption endémique qui touche les institutions de l’État fédéral américain et ce qui se passe dans les différents cénacles européens.

Et pourtant, comme dans ce poème que j’ai utilisé pour commencer cet article, nous ne disons rien. Nous abdiquons notre rôle de citoyen. Nous renonçons à défendre notre liberté. Nous ne disons rien. Alors je l’écris.

Il est déjà trop tard, préparez-vous.

Charles SANNAT

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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 07:24

Laïcité : un modèle à défendre !!!

Le 7 janvier, trois mots marquaient les esprits. Le 11 janvier, ces trois mots (« Nous sommes Charlie ») étaient considérés comme l’expression symbolique d’un signe de ralliement unanime se voulant défendre la liberté d’expression et les valeurs de la république.

Pour autant, quelques jours après, les attentats, le signe de ralliement « unanime » ne l’était plus vraiment! En effet, au sein de certains établissements scolaires (et en d’autres lieux), la minute silence faisait du bruit et s’heurtait à des réticences, des perturbations voire des refus.

Immédiatement, les médias n’ont pas manqué de se pencher sur ces incidents. En expliquant avec force (passagère), qu’ils étaient révélateurs d’un malaise profond dans différentes communautés, et, surtout, qu’ils étaient l’expression d’une remise en cause de La Laïcité,.

Force était, dés lors, de constater, que notre incapacité collective à poser les mots sur nos maux (non pas pour stigmatiser, mais, pour apporter des solutions à nos problèmes) avait certainement contribué à cette remise en cause. Force était de constater, que depuis plusieurs années nos « édiles » médiatiques (journalistes, politiques et « experts ») s’étaient enfermées dans un discours conçu comme politiquement correct, où affleurait en permanence la pensée unique. Certaines choses ne devant pas être dites ni écrites, comme si le déni de dénomination valait déni d’existence. Aveuglées, d’ailleurs, par une bien pensante qui confond tolérance et laisser-faire, qui confond respect et renoncement, nos édiles en oubliaient de défendre l’une des valeurs centrales de notre République : la laïcité.

Mais, les temps que nous traversons, qui sans exagérer, sont pas sans rappeler ceux où vivait l’ermite de Patmos, époque de trouble, de violence, de désarroi, notre rôle n ‘est-il pas, envers et contre tout, de maintenir une certaine idée de l’homme et de la société, de maintenir des valeurs sans lesquelles toute vie humaine serait vaine et dérisoire : valeurs de liberté, de justice, de loyauté, de dignité humaine et de fraternité.

La laïcité est, donc (dés lors), un sujet sur lequel nous n’avons pas à nous abstenir de peur de nous aventurer sur une terre inconnue et en terrain hostile.

Nous, nous devons même de revendiquer la laïcité comme un héritage, et, parce qu’elle fait partie notre héritage nous avons le devoir de la préserver pour le transmettre à notre tour.

Nous avons même l’obligation d’en comprendre le sens pour saisir celui de notre démarche humaniste et militante, car :

  • La laïcité n’est pas un principe, c’est une conséquence de la nécessaire liberté de conscience qui permet à tous et chacun de choisir les chemins de son épanouissement personnel. Le principe, c’est l’affirmation qu’il y a un sens plutôt que l’absurde. Quel est ce sens ? A l’évidence les hommes le cherchent, ils le cherchent par des voies scientifiques, par des voies religieuses ou par des voies philosophiques. Mais, tous affirment la foi dans le sens de la vie. Alors, la réponse laïque (qui est avant tout une réponse de compassion à l’égard des limites de notre propre entendement) est de dire qu’aucune voie ne peut être fermée à l’homme dans sa tentative de compréhension et de dépassement.
  • La laïcité n’est pas une doctrine, c’est une méthode et ce n’est qu’une méthode. Et en ce sens, elle ne promet pas le salut. Elle n’ouvre la voie à aucune rédemption. Elle ne fournit aucun prêt-à-porter intellectuel et moral. Elle ne donne pas de solutions aux interrogations de l’homme ; elle lui donne la possibilité de la chercher. La laïcité c’est aussi le refus de toute doctrine étatique, politique, syndicale, partisane, tribale, familiale, à laquelle on serait obligatoirement tenu d’adhérer en faisant abstraction de sa propre conscience, en abdiquant son droit au choix
  • La laïcité «est une approche de droit politique/constitutionnel (nous dit Pena Ruiz). Elle met en jeu un idéal universaliste d’organisation de la cité et le dispositif juridique qui en rend possible la réalisation concrète. Ce dispositif est celui de la séparation, qui émancipe l’ensemble des institutions publiques, et tout d’abord l’État, des Églises, tout en libérant celles-ci de toute ingérence politique. Le mot qui désigne le principe, laïcité, fait référence à l’unité du peuple, en grec le laos, telle qu’elle se comprend dès lors qu’elle se fonde sur trois exigences indissociables : la liberté de conscience, irréductible à la seule « liberté religieuse », qui n’en est qu’une version particulière, l’égalité de traitement de tous les citoyens quelles que soient leurs convictions ou leurs options spirituelles, et la visée de l’intérêt général, du bien commun à tous, comme seule raison d’être de l’Etat. Pour donner à ces trois valeurs une garantie institutionnelle forte, la laïcité affranchit la sphère publique de toute emprise exercée au nom d’une religion ou d’une idéologie particulière. Elle la préserve ainsi de tout morcellement pluriconfessionnel ou communautariste, afin que tous les hommes puissent s’y retrouver.

La laïcité, ce n’est donc ni l’anti religion, ni une conception à géométrie variable.

Et, soyons encore plus clairs ! La laïcité, ce n’est pas combattre l’idée de Dieu, c’est refuser de l’enrôler au service de nos pseudo débats, de nos différends, de nos polémiques et de nos luttes, y compris celles qui consistent à le nier si l’on a pas la foi.

Mais, si cela dérange certains et surtout ceux qui refusent le débat contradictoire argumenté, des catholiques, des protestants, des juifs et des musulmans, etc. ;sont et peuvent être aussi laïques que des athées ou des agnostiques.

Car, la laïcité, telle que nous la concevons voire la vivons , ce n’est pas de considérer comme Auguste Comte que la théologie ou la métaphysique sont des conceptions d’âges révolus, ou que la religion n’est, comme a pu l’écrire Marx, que « le soupir de la créature opprimée, l’esprit d’un monde sans esprit, l’âme d’une époque sans âme » A proprement parler, parce que pour nous la laïcité est par essence méthodique, nous n’avons pas à juger d’une aspiration humaine qui, quoique l’on dise, n’est pas prête de s’éteindre tant elle correspond justement à un besoin d’élévation et de spiritualité .

Aussi, parfaitement laïques, nous n’avons ni haine, ni mépris, et encore moins d’indifférence à l’égard des religions.

Ce contre quoi, en revanche, nous nous mobiliserons avec force, c’est la prétention de certains religieux à vouloir cantonner la spiritualité à la seule religion d’abord, à vouloir ensuite la limiter à leur seule religion et à vouloir enfin la confiner dans la seule interprétation qu’ils donnent de leur propre religion.

Dés lors, nous pourrons nous définir, sans nous contredire, et à juste titre, comme étant à la fois des croyants, des spiritualistes et des laïques. Cette conception, nous pouvons (plus que) facilement l’expliquer. Il nous reste, toutefois, à l’appliquer et la vivre quotidiennement.

Dés lors, nous pourrons dire « Le but n’est pas le but. Le but, c’est le chemin »

Dés lors, nous pourrons avoir une authentique démarche, non point d’alibi de la bonne conscience, mais de la vérité dans le combat contre les discriminations, les exclusions, les ségrégations et toutes les idéologies extrémistes.

Dés lors, nous pourrons refuser la pensée unique, la langue de bois et le pseudo politiquement correct, refuser l’autocensure, refuser la peur de l’Autre,

Dés lors, nous pourrons réagir, contre l’obscurantisme, le terrorisme, le nihilisme, l’intolérance, réagir pour affirmer notre réelle volonté de Vivre Ensemble, réagir pour refuser le piège des amalgames et les idéologies politiques et religieuses.

Dés lors, nous pourrons ensemble élaborer un projet de société porteur de valeurs sociétales dans lesquelles nous nous reconnaitrons.

Et, si il est vrai que trois mots ont pu à un instant « T » laisser penser qu’ils pouvaient être un signe de ralliement républicain. Il est plus qu’exact, que les trois mots inscrits sur les frontons de nos mairies ; Liberté – Égalité – Fraternité, sont, eux seuls, l’expression de la Devise de notre République. Devise qui exprime les principes et les valeurs de la France. Devise qui signifie le signifiant; la France est une République une - indivisible et laïque; Devise qui explicite que la France est le pays des droits de l’homme, de la séparation des Églises et de l’État, Devise qui affirme que la France c’est un cadre constitutionnel et juridique précis, Devise qui revendique que la France est le pays de la Liberté d’expression, de la Liberté de pensée, que la France c’est l’humanisme, la tolérance, le respect de tous et chacun.

Prendre la mesure des valeurs républicaines, les faire respecter permettra sans nul doute d’appréhender et de comprendre que la Laïcité, ce n’est pas le combat contre « telle église », mais l’éducation des convictions et l’acceptation de la pluralité et de l’authenticité des idées rationnellement construites dans une neutralité de débat.

Jean-Loup DUJARDIN

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 15:43

Doit-on rendre le vote obligatoire ? Voilà une grande question alors que l’abstention risque d’être massive aux prochaines élections… D’ailleurs s’agit-il des cantonales ? Des régionales ? Des départementales ? D’ailleurs va-t-on voter en nouvel euro pour les anciennes régions ou en nouveau franc pour les nouvelles régions… ou inversement ? Car finalement on ne sait plus très bien ce qu’en haut nos mamamouchis nous préparent !

S’ils nous préparent de nouvelles amendes et là NON !

Je sais, nos ancêtres se sont battus corps « zet » âme pour que l’on ait le droit de vote, alors ça serait bien de voter… Sauf que, sauf que, sauf que… soyons ... Ne soyons pas contre tout par définition mais essayons juste tout de même d’aligner quelques éléments de réflexion en dehors des cris politiquement corrects poussés par toute la bien-pensance cucul-gnangnante de notre pays.

Voter légitime, le système politique au même titre qu’acheter légitime, le système de consommation !

Cette comparaison est primordiale car on touche ici à l’essentiel de ce débat. On se fiche bien comme d’une guigne de savoir que Jean Moulin s’est fait trucider par la Gestapo pour assurer notre liberté et l’émergence du programme du CNR (le Conseil national de la résistance), héritage sur lequel l’ensemble de notre classe politique « pisse » consciencieusement dessus. D’ailleurs, ce grand républicain, Thomas Thévenoud, n’est-il pas toujours député de notre auguste Assemblée nationale ? Voilà un très beau symbole (il faut comprendre l’inverse mais je ne souhaite pas de procès en diffamation).

Bref, je dis souvent, j’écris régulièrement à partir de la blague de Coluche que « pour qu’un truc ne se vende pas, il suffit qu’on l’achète pas » ! Et le système économique de consommation inique que l’on nous propose s’effondrerait de lui-même et sur lui-même.

D’une façon identique, ne pas voter peut être vu (sans pour autant que je fasse mien ce raisonnement) comme une manière de refuser par son action de vote le système politique actuel.

Comment peut-on mettre à l’amende des citoyens refusant de voter pour une caste refusant elle-même de payer ses impôts comme n’importe quel citoyen sous prétexte d’amnésie fiscale ? Comment des députés, incapables de faire le ménage dans leurs rangs, peuvent-ils avoir l’outrecuidance de proposer une loi pénalisant mes compatriotes refusant de légitimer ce système ? Comment cela peut-il seulement leur venir à l’esprit ?

Parce qu’ils feront tout pour sauvegarder LEUR système !

Voilà la logique de cette proposition de François de Rugy, le coprésident du groupe écologiste à l’Assemblée nationale qui va déposer un projet de loi pour lutter contre l’abstention !

L’abstention chez les gens de gôche c’est ce qui fait la montée du FN. Pour que le FN ne monte pas, ce n’est pas les problèmes qu’il faut régler… non… il faut forcer les gens de gôche à aller voter à gôche !!

Et je trouve ce raisonnement absolument et résolument consternant de bêtise.

Cela démontre particulièrement bien la panique de nos mamamouchis face à la montée inexorable d’une droite nationaliste pour les uns, extrême pour les autres.

Le problème n’est pas de rendre le vote obligatoire… et il ne faut pas s’imaginer que cela changera quoi que ce soit aux scores issus des urnes. Le vrai problème c’est de s’attaquer aux véritables problèmes des Français. Tout le reste n’est que bavardages inutiles.

Encore une fois, certains se réjouiront, d’autres s’en plaindront, je veux juste attirer l’attention de tous et de nos mamamouchis frappés d’autisme généralisé sur le fait que ce n’est pas en pénalisant ou en criminalisant leurs propres électeurs ou leurs propres sympathisants qu’ils se feront aimer, et l’effet obtenu risque d’être contre-productif ! Refuser de voter est aussi une forme de vote, un vote de défiance à l’égard d’une classe politique qui ne s’occupe plus depuis bien trop longtemps du sort du peuple de France.

Je suis ébahi par autant de crétinerie collective.

PS :

« L’Assemblée nationale est toujours otage de Thomas THÉVENOUD qui est toujours député. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 15:21

Messieurs, les femmes sont mystérieuses mais ces 25 choses pourraient vous aider à les comprendre et même vous étonner ! Quoi que nous sommes persuadés qu'il y a des choses dont certaines d'entre vous mesdames ne sont pas au courant non plus...

On vous laisse le découvrir !

1. Toutes les 90 secondes, une femme meurt pendant la grossesse ou l'accouchement.

2. 40 000 femmes américaines seraient allergiques à la semence masculine

3. Une femme peut tomber enceinte 5 à 8 jours après avoir fait l'amour.

4. En moyenne, une femme peut garder un secret pendant 47 heures et 15 minutes.

5. La femme dit environ 20 000 mots par jour, soit 13 000 mots de plus qu'un homme.

6. En moyenne, au Royaume-Uni, une femme possède durant toute sa vie 111 sacs à main.

7. Une femme de grande taille a plus de chances d'avoir un cancer qu'une femme petite.

8. Une femme qui ronfle pendant la grossesse aura probablement de petits bébés.

9. Les femmes ont plus de papilles gustatives que les hommes.

10. Les femmes passent plus de 4 ans de leur vie à avoir leurs règles

11. La femme qui a subi la première greffe de l'utérus du monde est tombée enceinte en 2013.

12. Le cœur des femmes bat plus rapidement que celui des hommes.

3. 40 % des femmes américaines sont actuellement enceintes

14. Au lieu des douleurs à la poitrine, les crises cardiaques subies par les femmes provoquent des nausées, de l'indigestion et des douleurs aux épaules.

15. Les hommes étaient les premiers à porter des talons hauts. La femme a ensuite commencé à les porter pour avoir l'air plus masculine.

16. La plus jeune femme à avoir divorcé avait 10 ans.

17. Les hommes mentent 6 fois par jour, deux fois plus que les femmes.

18. Les femmes pleurent entre 30 et 64 fois par an alors que les hommes pleurent entre 6 et 17 fois.

19. Les femmes passent presque un an de leurs vies à décider quelle tenue porter.

20. 40 % des naissances aux USA viennent de femmes célibataires.

21. En Russie les femmes sont 9 millions de plus que les hommes.

22 Au Royaume Uni une femme a en moyenne 19 paires de chaussures mais n'en porte que 7.

23. Les femmes de la Rome Antique utilisaient la sueur des gladiateurs pour se faire belles et avoir un meilleur teint.

24. L'odeur des nouveaux-nés excite les femmes de la même façon que la drogue excite un toxicoman.

25. Les 20 femmes les plus riches du monde (sauf une) ont hérité de leur argent par leur mari ou par leur père.

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 13:35

Hier à l'occasion de la Journée de la Femme, une Gente Dame m'a transmis le document ci-dessous. L'humour au rendez-vous ...

Messieurs, les femmes sont mystérieuses mais ces 25 choses pourraient vous aider à les comprendre et même vous étonner ! Quoi que nous sommes persuadés qu'il y a des choses dont certaines d'entre vous mesdames ne sont pas au courant non plus...

On vous laisse le découvrir !

1. Toutes les 90 secondes, une femme meurt pendant la grossesse ou l'accouchement.

2. 40 000 femmes américaines seraient allergiques à la semence masculine

3. Une femme peut tomber enceinte 5 à 8 jours après avoir fait l'amour.

4. En moyenne, une femme peut garder un secret pendant 47 heures et 15 minutes.

5. La femme dit environ 20 000 mots par jour, soit 13 000 mots de plus qu'un homme.

6. En moyenne, au Royaume-Uni, une femme possède durant toute sa vie 111 sacs à main.

7. Une femme de grande taille a plus de chances d'avoir un cancer qu'une femme petite.

8. Une femme qui ronfle pendant la grossesse aura probablement de petits bébés.

9. Les femmes ont plus de papilles gustatives que les hommes.

10. Les femmes passent plus de 4 ans de leur vie à avoir leurs règles

11. La femme qui a subi la première greffe de l'utérus du monde est tombée enceinte en 2013.

12. Le cœur des femmes bat plus rapidement que celui des hommes.

3. 40 % des femmes américaines sont actuellement enceintes

14. Au lieu des douleurs à la poitrine, les crises cardiaques subies par les femmes provoquent des nausées, de l'indigestion et des douleurs aux épaules.

15. Les hommes étaient les premiers à porter des talons hauts. La femme a ensuite commencé à les porter pour avoir l'air plus masculine.

16. La plus jeune femme à avoir divorcé avait 10 ans.

17. Les hommes mentent 6 fois par jour, deux fois plus que les femmes.

18. Les femmes pleurent entre 30 et 64 fois par an alors que les hommes pleurent entre 6 et 17 fois.

19. Les femmes passent presque un an de leurs vies à décider quelle tenue porter.

20. 40 % des naissances aux USA viennent de femmes célibataires.

21. En Russie les femmes sont 9 millions de plus que les hommes.

22 Au Royaume Uni une femme a en moyenne 19 paires de chaussures mais n'en porte que 7.

23. Les femmes de la Rome Antique utilisaient la sueur des gladiateurs pour se faire belles et avoir un meilleur teint.

24. L'odeur des nouveaux-nés excite les femmes de la même façon que la drogue excite un toxicoman.

25. Les 20 femmes les plus riches du monde (sauf une) ont hérité de leur argent par leur mari ou par leur père.

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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 09:32


La France est en retard. La lenteur du déploiement de la e-Santé en France devient inquiétante, alors que les impératifs économiques sont déjà là. La digitalisation de la santé est pourtant certainement l’une des solutions les plus radicales à cette hémorragie financière persistante, et qui ne peut que s’aggraver dans les années à venir, sous le double impact du vieillissement de la population et de l’inflation des maladies chroniques. Les technologies sont là, les mentalités pas encore, puisqu’il semble quasi- impossible de passer de l’expérimentation à la généralisation, alors qu’il nous faut basculer du curatif au préventif, apprendre à décloisonner hôpital et médecine de ville, et viser une nouvelle transversalité de la chaine de santé, largement facilitée précisément par la révolution digitale.

Blocages défensifs, crispations corporatistes, carence de compétences, - de management surtout-, se conjuguent pour contrarier ces mutations majeures, plus certainement que l’argument traditionnel du manque de ressources financières. Et l’absence d’impulsion politique au plus haut niveau ne fait que rajouter à la difficulté.

Quant aux nouvelles et prometteuses filières industrielles de la télémédecine et de l’imagerie médicale notamment, induites par la vague du numérique, elles manquent singulièrement, elles-aussi, de perspectives volontaristes à moyen terme.

Cette révolution digitale, ici encore, est une fabuleuse opportunité pour résoudre l’un des enjeux majeurs, au même titre que l’éducation, auxquels le pays est confronté.
Il fallait le savoir, il reste à le vouloir.

Et si soudain les Barbares faisaient imploser nos si chers systèmes de santé qui peinent tant à se réinventer ? Révolution venue de l’extérieur sous la pression d’intérêts économiques majeurs, à cause d’inerties fautives. Les spécialistes de Google travaillent actuellement à grand frais à des lentilles oculaires susceptibles de mesurer le taux de glucose dans les larmes, donc d’agir comme une précieuse vigie pour les diabétiques tout en corrigeant la myopie. Auparavant, la tentaculaire plateforme avait réussi à débaucher les deux plus importants responsables de la R&D des laboratoires Roche pour de bien mystérieux chantiers. Calico (California Life Company), sa nouvelle filiale centrée sur la santé, est dirigée par Arthur Levinson, président du conseil d’administration de Genentech qui travaille sur la vieillesse et les maladies associées. “Nous pouvons améliorer des millions de vies”, prévoit Larry Page, directeur général de Google.

A terme, on peut se demander si la mobilisation d’une telle puissance par des acteurs très agiles ne va pas très sensiblement bouleverser la donne du monde de la santé. “La digitalisation de la santé est un phénomène mondial, porté par des acteurs aux moyens financiers “presque” sans limite (Google, Amazon, Apple) et qui vont promouvoir leurs visions de la e-santé”, constate Frédéric Panchaud, directeur du secteur assurance et protection sociale chez Viseo.

En France, c’est actuellement un monde de 220 milliards - 3 fois le budget de l’Education nationale - où 64 % des dépenses sont consommées par 7 % de la population. Ces 11,8 % du PIB, financés à 77 % par l’assurance maladie, progressent chaque année plus rapidement que ce dernier. Son déficit – plus de 6 milliards – devrait doubler d’ici à 2020. Reste à trouver le remède de cheval. Le digital en est un. Si le patient l’accepte. Gilles Babinet, “Digital Champion” français auprès de la Commission européenne, est sceptique : “Numérique : la fin du système de santé publique.” Mais ce nouveau monde risque de se faire sans la France. En cause : “[…] nos politiques de santé, le conservatisme inexplicable des régulateurs à l’égard des possibilités d’usage des données médicales […].”

Les patients, eux, au sens plus général, y sont plutôt favorables si l’on en croit divers sondages : ainsi, en mai 2014, 52 % des Français utilisent ou ont déjà utilisé au moins un outil numérique de prévention en santé, près de trois quarts des utilisateurs (70 %) d’outils numériques sont prêts à s’équiper durablement et à y consacrer en moyenne 14,40 euros par mois. Plus d’un tiers des plus de 65 ans sont même prêts à y consacrer plus de 20 euros par mois (enquête OpinionWay pour Microsoft France sur les attentes et perceptions des Français). Les entrepreneurs sont enthousiastes, c’est l’un des domaines qui voient le plus de start- up se créer et ce secteur de l’e-santé connaîtra une croissance de 4 à 7 % par an dans les prochaines années.

De la médecine curative à la médecine préventive

Ce tsunami n’épargne rien, bousculant les habitudes, déplaçant surtout violemment le curseur de la médecine curative vers la médecine préventive grâce à un impressionnant ensemble de données, de capteurs et d’indicateurs. Le smartphone va devenir un formidable auxiliaire de santé. Novartis travaille déjà à un outil de télémonitoring permettant la prévention de crises cardiaques... Et ce qui est en train de se passer dans nombre d’entreprises américaines n’a vraiment plus rien d’un signal faible.

“L’hospitalo-centrisme, règle cardinale structurante du système de santé français, ne rend pas des plus aisés son adaptation, son changement de paradigme induit par l’invasion massive du digital ”

Les assurances privés payées pour leurs salariés sont coûteuses pour les entreprises. Mais les assureurs, puissants préconisateurs dans la chaîne économique, baissent leurs tarifs si les salariés utilisent des moyens de prévention réduisant les risques pour leur santé. Parmi ceux-ci, ces objets connectés évaluant leur hygiène de vie. Pour faire des économies, les entreprises offrent donc à leurs salariés ces petits appareils – bracelets et autres surveillants. Avec un débat qui pointe : faut-il imposer ce cadeau ou laisser libre le choix des salariés ? Jusqu’où imposer des mesures pour sauvegarder leur santé ? Cas de figure emblématique des stimuli que pourrait susciter cette médecine préventive bientôt omniprésente. Ces champs si peu explorés de la prévention devraient apporter des solutions économiques autant qu’humaines aux grands chantiers inflationnistes d’avenir comme la dépendance liée au vieillissement de la population ainsi que le développement des grandes maladies chroniques (diabète, hypertension artérielle, insuffisance rénale, maladies cardiaques).

Deux grands responsables de cette hémorragie financière. Avec pour objectif des pouvoirs publics de réaliser des économies tout en répondant aux évolutions de notre société : développer l’ambulatoire et sortir l’hôpital des murs. Ce que va permettre la télémédecine qui a un cadre juridique depuis la loi HPST de 2009 (Hôpital, patients, santé, territoires). 256 projets et services en cours. Mais l’hospitalo-centrisme, règle cardinale structurante du système de santé français, ne rend pas des plus aisés son adaptation, son changement de paradigme induit par l’invasion massive du digital.

Imagerie médicale et suivi à distance des patients

Deux avancées potentielles permettraient d’y mettre un garrot, selon Didier Tabuteau, responsable de la chaire Santé à Sciences-Po : “Le domaine largement le plus avancé est celui de l’imagerie médicale permettant l’envoi du cabinet du radiologue à l’hôpital ou à celui du médecin. Cela permet de gagner un temps considérable, avec une puissance thérapeutique remarquable notamment dans le domaine chirurgical. Ensuite le suivi à distance des patients notamment atteints de maladies chroniques grâce à la télémédecine permet des avancées très importantes. On assiste à de nombreuses initiatives dans ce domaine de consultation à distance, ce qui permet de remédier aux déserts médicaux.”

D’ores et déjà, le suivi à distance des patients par le biais de la télémédecine permettrait d’économiser des myriades de journées d’hospitalisation. Ainsi, le CHU de Nîmes l’utilise pour que certains généralistes puissent bénéficier à distance du conseil de spécialistes. Mais comme le souligne le livre blanc de Syntec sur ce domaine : “Actuellement, en France, les premières prises en charge de solutions et services de télésuivi en cardiologie et dans le respiratoire sont encore peu développées. Elles sont très polarisées sur du “device management” (remontée d’alertes sur des matériels communiquants ou monitorage de l’observance aux dispositifs) et n’intègrent pas de véritable démarche de “patient management”.”

La difficulté à trouver des critères communs, la diversité des projets rendant les comparaisons compliquées n’ont pas encore permis la définition d’un modèle, la mise en place de standards. Sans eux, l’industrialisation à grande échelle est impossible et les projets de télémédecine resteront à leur phase pilote. Il reste d’autres questions à régler. “La télémédecine implique de repenser la pratique médicale et de déléguer certaines tâches à d’autres professionnels de santé. Par exemple, de nombreux services de télédermatologie permettent de surveiller plaies et escarres des patients. Une infirmière à domicile va envoyer des photos, via une tablette, à un dermatologue qui donnera ses instructions pour faire un pansement. Comment rémunérer ces professionnels de santé ? A l’acte, au forfait ? Qui désigner comme coordinateur dans le cadre d’un parcours de soins d’un patient chronique ?”, interroge Béatrice Falise-Mirat, directrice des affaires publiques et réglementaires d’Orange Health .

La France, qui selon le livre blanc de Syntec dispose d’atouts solides pour développer cette filière créatrice d’emplois, “doit déployer de nouveaux cadres organisationnels associés à des modèles économiques viables pour les 200 acteurs de la chaîne de valeur. Il y a urgence, s’alarme le rapport, car dans d’autres pays, des modèles commencent à être mis en œuvre avec succès, et permettent l’essor de nouveaux marchés ainsi que des créations d’emplois à un rythme soutenu.” Tous les rapports sectoriels font d’ailleurs état de taux de croissance annuels à deux chiffres pour les activités de télésuivi médical dans les pays développés dans les prochaines années. Et certains Etats ont déjà pris une position politique volontariste, affichant leur ambition de jouer un rôle de premier plan.

Le trésor (inexploité) de la donnée médicale

Avec des conséquences sans comparaison, la médecine prédictive et la génomique personnelle vont bouleverser la donne. Ainsi le décodage du génome, passé de 10 000 dollars à 1 000, n’en coûtera bientôt plus que 100. Les milliards d’informations gérées par l’assurance maladie, même anonymisées, constituent un trésor peu accessible aux chercheurs. Nous sommes les champions mondiaux des données médicales. Le système national d’information inter-régimes d’assurance maladie regroupe les données de santé et de consommation médicale d’un peu plus de 60 millions d’individus. Chaque année, 1,2 milliard de feuilles de soin sont traitées dans l’une des plus vastes bases mondiales à laquelle seule l’assurance maladie a accès. Trésor inexploité. La sécurisation excessive des données est à ranger dans le même tiroir que celui d’un principe de précaution surdosé. Les fichiers médicaux ne sont pas vraiment exploités.

L’exploitation des données des patients est essentielle. Quelles valeurs ont-elles ? A qui appartiennent-elles ? Actuellement elles ne sont absolument pas valorisées. Le rapprochement de données biologiques, cliniques, de comportements d’achat de médicaments ou de produits permet de déceler des contre-indications, de diagnostiquer des affections. Leur valeur devient essentielle pour le dépistage préventif, l’anticipation et la réorganisation de l’offre de soins.

Cela suppose un data mining généralisé sur des données anonymisées facilitant un impressionnant suivi des pathologies. Les épidémies sont parfois détectées avant les réseaux classiques grâce au recueil des données émises par les patients par leurs consultations sur Internet. La tendance est omniprésente : le digital ouvre grandes les promesses de la médecine prédictive, utilisant les data pour évaluer les probabilités d’être atteint par telle ou telle affection. En santé, l’open data est devenu un must.

Frilosités et réticences en tous genres

Si le principe d’une plus grande ouverture des données de santé ne semble plus faire débat – la pharmacovigilance aurait permis d’épargner nombre de victimes du Mediator -, la démarche d’ouverture – quelles solutions légales, réglementaires, organisationnelles ; quelles catégories de données ouvrir et avec quelle granularité – reste matière à expérimentation dans laquelle la France fait preuve d’une certaine frilosité.

Serait-ce en raison de la possibilité d’un suivi amélioré de la performance des acteurs du système de santé – médecins, personnels soignants, etc. -, de la qualité de leur pratique, individuelle et collective ? Ce qui provoque de nombreuses réticences. Tous les rapports – parlementaires, professionnels - sont unanimes pour reconnaître des avancées plus marquées dans d’autres pays – Royaume-Uni, Allemagne, Singapour – de ces méthodes stimulant l’autonomisation du patient et l’innovation.

“La cartographie des données montre que la France dispose d’une exceptionnelle richesse d’informations médico-administratives, actuellement inaccessibles aux citoyens à quelques exceptions près”

Malgré quelques atouts. La cartographie des données montre que la France dispose d’une exceptionnelle richesse d’informations médico-administratives, actuellement inaccessibles aux citoyens à quelques exceptions près. “Les soins à distance transforment singulièrement le travail des pros de la santé. Cela induit des changements d’organisation et de modèle économique à la plus grande échelle”, note Pierre Leurent, responsable du secteur Santé à Syntec numérique.

Ils supposent également des investissements sur le temps long dont on a encore du mal à évaluer la rentabilité alors que les gestions actuelles sont plutôt orientées court terme. Mais l’argent n’est rien face aux exigences et contraintes des transformations organisationnelles si gourmandes en management.

Les grandes technologies – imagerie médicale, télémédecine, exploitation des données – sont mûres depuis plus d’une dizaine d’années. Perfectionnées depuis, elles font l’objet de multiples expérimentations mais butent sur l’obstacle de la généralisation. Car cette dernière remet brutalement en cause le rôle des médecins, des infirmiers, des pharmaciens, dont le métier va devoir évoluer vers de nouvelles missions. Ces monopoles structurés en silos ont bien du mal à changer de pratique : comment motiver un médecin généraliste de passer d’une relation de proximité avec ses patients, à une relation à distance via de la téléconsultation ? Comme le note Cédric O’Neill, pharmacien et fondateur de 1001Pharmacies : “Il existe aussi des freins économiques : un professionnel de santé achète quand il s’installe une patientèle. Cette patientèle est définie par les patients qui habitent à proximité du professionnel de santé. Or, les nouvelles technologies remettent en cause ces notions de proximité géographique. En effet, avec la télémédecine, je suis capable de consulter un médecin à l’autre bout de la France, et non le médecin de proximité.”

Le politique en panne, la France en retard

Aussi, dans ces domaines naissants, la France accuse-t-elle un inquiétant retard. Pour plusieurs raisons : cette organisation si compartimentée du secteur de la santé – hôpitaux, médecine de ville, généralistes/spécialistes –, sans compter un véritable tabou, ce blocage psychologique concernant les données médicales individuelles comme l’a prouvé l’échec récurrent sur 15 ans du dossier médical personnel. Véritable “Titanic”de l’informatisation des données médicales des Français. En outre, les données c’est le pouvoir, voilà ce qui explique ces rétentions qui freinent la mise en œuvre de solutions permettant de mesurer l’efficience du corps médical. Ces outils digitaux sont très précieux mais se heurtent aux réticences des praticiens qui voient soudain l’efficience de leurs actes mesurée. Mieux : les évolutions indispensables des métiers percutent les qualifications, chamboulent les compétences traditionnelles. Exigeant des infirmières spécialisées de très haut niveau, des doubles compétences.

Pour passer à la transversalité, clé de tant d’enjeux essentiels, il faut deux choses : un intégrateur au plus haut niveau qui puisse orchestrer harmonieusement les contributions de nombre d’acteurs - laboratoires pharmaceutiques, opérateurs de télécom, industriels, professionnels du public à statut très réglementé et privés. Donc veiller à l’interopérabilité des solutions. Et, par ailleurs, une forte impulsion du politique pour faire bouger les lignes. Le système de santé français est orphelin des deux. On cherche toujours le grand intégrateur meneur de jeu au-delà des incantations. Quant au pouvoir d’impulsion du politique, si l’on en croit le responsable de Syntec informatique,“il y a beaucoup de bureaucratie mais peu d’actions d’envergure. Un symbole, il n’y a pas un directeur au cabinet du ministre de la Santé chargé de ce dossier, nous n’avons pas d’interlocuteur.”

Donc en dessous, le corps réglementaire, particulièrement puissant, n’est pas forcément très moteur. Euphémisme. Pour les industriels, les solutions globales ne sont possibles que si les marchés sont clairement définis ; or ils pilotent actuellement surtout dans le brouillard avec des trajectoires encore bien floues pour le moyen terme.

“En outre, les quelques longueurs d’avance des Etats-Unis s’expliquent aisément par un marché homogène quand, en Europe, il faut compter avec les normes et règlements de 28 marchés !”, explique Patrick Bucheler, associé Roland Berger responsable “health care”. S’y ajoute ce paradoxe générationnel : les plus agiles numériquement – les 35/45 ans – sont ceux qui ont le moins besoin de l’e-santé tandis que ceux qui justifient le plus le digital et ses objets connectés, les 75/85 ans, en sont les moins familiers.

Le préventif à défricher, le curatif à réinventer

Sans compter cette difficulté à identifier cette nouvelle chaîne de valeur induite par des financements privés et publics mais surtout, ces nouvelles frontières entre ce si prometteur préventif à défricher et ce curatif à réinventer. “II y a une réelle difficulté à rapprocher le préventif facilité par toutes ces nouvelles technologies avec l’hôpital, la médecine de ville, les médicaments, tous conçus exclusivement pour soigner. D’autant plus que ces missions relèvent de plusieurs ministères”, remarque Matthieu Soulé, “strategic analyst” de l’Atelier BNP Paribas qui prévoit l’hyperpersonnalisation des médicaments grâce au dosage, la généralisation de l’autodiagnostic comme le recours massif à des machines permettant au médecin de dégager du temps pour l’écoute et le conseil. Sans oublier de toutes nouvelles pratiques comme le partage et l’échange sur une pathologie donnée par une communauté de patients.

Le hic économique

Le seul hic est économique. On est absolument incapable de mesurer l’impact et chiffrer sérieusement le ROI de tels investissements comme le note Frédéric Panchaud (Viseo) : à titre d’exemple, en France circulent les chiffres d’une économie de 2,5 milliards d’euros par an en appliquant la télésurveillance aux patients souffrant des quatre principales maladies chroniques (diabète, insuffisance cardiaque, insuffisance rénale et hypertension artérielle).

Au même moment, une étude de Catherine Henderson de la London School of Economics sur la télémédecine semble démontrer son faible rapport coût-efficacité. Cette étude constate une baisse de 12 % des coûts d’utilisation du système de soins (hospitalisations, consultations). Mais largement compensés par les coûts des équipements et de la télétransmission (qui devraient toutefois logiquement diminuer avec la diffusion de la technologie), ce qui aboutit à un coût global plus élevé de 10 %. D’autant plus que le qualitatif y a une part au moins aussi grande que les considérations financières.

“Le plus formidable gisement d’économies est bien le chantier de la digitalisation de la santé. Il suppose tant de remises en cause, d’abandon d’habitudes, de remises à plat des organisations, de compétences nouvelles que seule une forte impulsion du politique pourra faire évoluer la situation.”

On ne compte plus les colloques, rapports et conventions qui ont été consacrés à ces multiples leviers de transformation du secteur. Les sociétés de services informatiques françaises font partie des meilleures au monde. Et pourtant. Partout dans le monde (NH Hospital, NH britanniques), les hôpitaux se digitalisent à rythme soutenu. Partout, la gestion des rendez-vous, les échanges de données des patients entre services, le stockage des données sont totalement dématérialisés. Les tout derniers hôpitaux ouverts en France – CHU de Toulouse, Sud Francilien) ignorent ces transformations. L’heure est certes plutôt à la contraction des dépenses qu’aux investissements et pourtant ! Le plus formidable gisement d’économies est bien le chantier de la digitalisation de la santé. Il suppose tant de remises en cause, d’abandon d’habitudes, de remises à plat des organisations, de compétences nouvelles que seule une forte impulsion du politique pourra faire évoluer la situation.

Chiffres clés

La santé c’est :
11,8 % du PIB soit 220 milliards d’€
financés à 77 % par l’Assurance maladie. Ces dépenses progressent chaque année plus rapidement que le PIB et l’Assurance maladie accuse un déficit de 8,3 milliards d’euros en 2011.
50 000 spécialistes libéraux consultent en ville.
11 % des généralistes français présentent leurs activités sur le Web (96 % en Finlande).
4 millards : le coût des transports des malades, autant que les analyses de laboratoires.

La télémédecine c’est :
110,8 M € d’investissements en 2010 en France.
200 à 300 M € le marché de la télésanté
80 à 140 M € : le marché de la télémédecine
200 entreprises

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 11:38

Yanis Varoufakis, S’adresse Directement Aux Français

Une fois encore, je ne puis résister à l'envie de partager un article lu dans la presse. Aujourd'hui, une interview, à lire, à analyser, à méditer, parue dans le Contrarien matin. Bonne lecture, gageant que notre regard sera plus prospectif et porteur de sens pour construire ensemble une Europe plus juste.

Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !

Si le ministre des finances de la Grèce s’adresse à vous aujourd’hui et de façon exclusive par Le Contrarien c’est que d’une part il se définit lui-même comme un contrarien mais surtout, vous avez été tellement nombreux mes chers lecteurs à acheter son livre (Le Minotaure Planétaire) que cela est remonté jusqu’à lui ! Lorsque j’ai demandé à son éditeur s’il était possible d’interviewer Monsieur Varoufakis, je ne m’attendais pas à ce que cela puisse fonctionner. Pourtant dimanche dernier alors que je mangeais une fameuse omelette de la mère Poulard avec mon épouse et mes enfants en train de se gaver de crêpes au Mont Saint-Michel, le téléphone sonne. C’est l’éditeur : « Varoufakis est séduit par l’idée de donner une interview aux Contrariens ». J’ai déjà trop parlé écoutons donc ce qu’il a à dire à notre communauté de contrariens!

Charles Sannat : Vous vous définissez vous-même comme un «contrarien». Pouvez-vous nous en dire plus ?

Yanis Varoufakis : Dans un monde où le paradigme dominant fait obstacle au partage de la prospérité, à la justice et à la liberté, il incombe à ceux qui tiennent ces principes pour fondamentaux de s’opposer au prêt-à-penser. S’opposer aux opinions et aux règles juste pour le principe de s’opposer ne rime à rien et est dangereux. Mais s’opposer à ce qui sape systématiquement les valeurs sur lesquelles repose une société civilisée est un devoir moral.

CS : Vu de France, on a l’impression que dans les négociations en cours entre l’Europe et la Grèce on n’est d’accord sur rien et que les institutions européennes sont intraitables. Est-ce une impression ou la réalité ?

YF : Il y a forcément des points sur lesquels nous sommes d’accord. En effet, il est dans l’intérêt de tous en Europe, y compris de celui de nos créanciers, que la Grèce retrouve une croissance nette. A mes yeux, le problème semble être que l’inflexibilité de l’Europe quant à la politique qu’elle mène vient de ce qu’elle est résolue, ce que l’on peut comprendre, sans pour autant trouver cela judicieux, à ne pas admettre que le « remède » appliqué depuis cinq ans n’a fait qu’aggraver une situation déjà très mauvaise.

CS : L’Europe est-elle devenue une entreprise punitive, une Europe père-fouettard, non seulement pour la Grèce mais par voie d’extension, à terme, pour tous les pays de la zone euro qui sont dans la difficulté.

YF : Actuellement, mon travail consiste à établir des relations au sein d’une Europe qui place les règles au-dessus de la logique macroéconomique et qui considère l’arrangement actuel comme bien plus important que d’imaginer comment l’Europe et la zone euro devraient être conçues pour bien fonctionner. Ces efforts de rapprochement sont importants parce que sans eux des millions d’Européens souffrent inutilement tandis que « l’Europe » devient impopulaire parmi les Européens, ce qui ne profite qu’aux ultranationalistes et aux sectaires.

CS : Lorsque j’analyse la situation économique de la Grèce (et je ne suis pas le seul à penser ainsi), la dette grecque n’est tout simplement pas remboursable. La notion de remboursement de la dette semble être un point d’achoppement dans les négociations en cours. Pourtant, nous savons tous qu’elle n’est pas remboursable. Qu’est-ce que cela cache, alors que la priorité devrait être de résoudre d’urgence la crise humanitaire que connaît votre pays ?

YF : Ce qui est peut-être le plus triste dans tout ceci est que, en fait, tout le monde est d’accord. On me dit constamment que le mot « décote » [en anglais, haircut, c.-à-d. l’annulation pure et simple d’une partie de la dette - NdT] est politiquement toxique mais, en même temps, on me dit que nos créanciers seraient prêts à discuter d’un allongement substantiel de la maturité de la dette avec une réduction concomitante des taux d’intérêt – ce qui revient en fait à une… décote substantielle. Il est étrange que lorsque nous faisons une contre-proposition consistant à émettre des obligations indexées sur le PIB nominal, qui offriraient à nos créanciers un rendement potentiellement supérieur, celle-ci soit rejetée. La seule explication à ce mystère est que la question de la dette n’a pas grand-chose à voir avec… la dette elle-même, que notre dette est une « variable de contrôle », comme disent les mathématiciens, dans le contexte d’un exercice de « planification » dont l’objectif est de maximiser l’autorité politique sur les nations déficitaires. S’il y a une autre explication, je serais ravi de l’entendre.

CS : Vous défendez aujourd’hui l’idée de maintenir la Grèce dans la zone euro. Nos économies étant hétérogènes, en l’absence d’un mécanisme d’harmonisation, je pense pour ma part que l’euro est condamné. Alors, pourquoi faut-il selon vous rester dans la zone euro ?

YF : Parce que je ne peux pas imaginer un mécanisme par lequel nous pouvons dissoudre la zone euro sans que cela déclenche une crise massive qui écrasera encore un peu plus les dépossédés et tous ceux qui ont supporté le plus lourd fardeau de la crise de l’euro. La zone euro peut-elle être stabilisée sans infliger de souffrance supplémentaire pour cause d’austérité ? Je le pense, et c’est pourquoi, avec Stuart Holland et James Galbraith, nous nous sommes tellement investis dans notre Modeste proposition pour résoudre la crise de l’euro.

CS : Personne ne veut être le fossoyeur de l’euro. Pourtant, la Grèce pourrait être la première à en sortir. Que pensez-vous de cette hypothèse ?

YF: En novembre dernier, Mario Draghi a dit que pour que l’euro soit un succès dans quelque pays que ce soit il doit être un succès dans tous les pays. Je pense qu’il a raison. Dans ce contexte, toute tentative de se servir du « Grexit » comme d’une menace ne fait que déstabiliser une zone euro déjà fragile, et constitue par conséquent une manœuvre d’une effrayante irresponsabilité.

CS : Selon vous, en cas de rupture entre les pays faibles et les pays forts de la zone, ne pensez-vous vous pas que la sortie de l’Allemagne serait plus efficace, les autres pays conservant alors l’euro sans l’Allemagne ?

YF : Dans le cas hypothétique d’une fragmentation de la Zone euro, il ne fait aucun doute que la sortie d’un pays excédentaire est de loin préférable à celle d’une nation déficitaire. Lorsqu’un pays jouissant d’un excédent de sa balance des opérations courantes quitte une union monétaire, sa monnaie s’apprécie alors que les capitaux affluent vers son économie. Ce rééquilibrage compense les pertes encourues par la dépréciation des actifs dans les pays qui restent dans l’union. Bien qu’il existe un risque de récession, à cause de l’augmentation du taux de change et de la perte résultante de marchés, la situation qui en résulte est acceptable en comparaison à l’implosion qu’engendrerait la sortie de l’union des pays déficitaires, leur monnaies se dévaluant massivement et eux étant poussés au défaut sur les dettes privées et publiques libellées en euro. Ceci dit, toute sortie de nations excédentaires ou déficitaires, en particulier à un moment où l’Europe est en déflation et que les investissements sont historiquement bas, provoquerait partout de très graves problèmes. Voilà pourquoi je dis que nous avons l’obligation de réparer l’euro, en particulier ceux d’entre nous qui critiquent sa conception !

CS : L’un des points essentiels de l’accord intérimaire signé avec l’Eurogroupe est la lutte contre l’évasion fiscale. Pensez-vous vraiment être en mesure de faire rentrer l’impôt ?

YF : Oui. Nous manquons peut-être d’expérience gouvernementale mais, croyez-moi, nous sommes déterminés. Notre grande force est que nous ne sommes les obligés de personne. Aucun d’entre nous, pour financer sa campagne électorale, n’a reçu le moindre euro de la part des intérêts particuliers auxquels nous allons nous attaquer. Cependant, ce qui est crucial pour régler ce problème est que nos partenaires européens nous offrent du temps et de l’espace pour mener à bien cet objectif en relative tranquillité.

CS : Vu de France, pour beaucoup, la Grèce l’a bien cherché. Personnellement, je considère que l’on peut tous être grecs et que ce qui arrive à votre peuple pourrait arriver au nôtre.

YF : La logique de la punition collective est absolument effroyable. Elle est bannie en temps de guerre et devrait être bannie en temps de paix. A moins que le peuple français ne comprenne qu’il n’y a rien de tel qu’un Grec « typique », penser de cette manière ne peut que nourrir les stéréotypes visant les Français, les Allemands ou les Italiens – autant d’idées reçues qui nous empêchent de penser intelligemment, en tant qu’Européens, quant aux véritables causes de la crise. Avant 2008, l’argent s’écoulait en quantités phénoménales des pays excédentaires vers les pays déficitaires. Cet afflux d’argent provoqua des bulles qui ont ensuite éclaté. Et lorsque celles-ci ont éclaté, les pays déficitaires se sont retrouvés engloutis sous des montagnes de dettes impossibles à servir, avec un PIB nominal en réduction et des politiques d’austérité qui ont encore un peu plus réduit les revenus avec lesquels ces dettes, anciennes ou nouvelles, auraient pu être remboursées. C’est pourquoi la Grèce se trouve là où elle en est actuellement et c’est aussi pourquoi la France est à la peine. Se retourner vers les stéréotypes comme explication ne peut que nous empêcher de comprendre les causes de notre crise commune.

CS : Quelle est la véritable situation sociale en Grèce et pensez-vous que nous pourrions faire partie des prochains sur la liste ?

YF : Privation et pauvreté absolue, ce qui est très difficile à mesurer pour qui habite en Europe du Nord ou en Europe centrale. En outre, la classe moyenne est en état d’asphyxie économique totale. Je vous donne un seul exemple : sur les 5 millions de Grecs actifs, 3,5 millions ont des arriérés vis-à-vis de l’Etat pour des sommes inférieures à 3000 euros – et ils ne peuvent pas les rembourser.

CS : Depuis plusieurs semaines, des dizaines de milliards d’euros quittent la Grèce. D’importantes quantités d’or physique sont achetées par les Grecs. Cela est-il le présage d’une sortie ordonnée de la Grèce de la zone euro, au moment où Ambrose Evans-Pritchard du Telegraph, rapporte que certaines personnes dans « les milieux artistiques » font circuler des ébauches de nouveaux billets libellés en drachmes (et pas uniquement pour épater la galerie) ? Doit-on s’attendre à une sortie de la zone euro dans les prochains mois ?

YF : Le gouvernement précédent a mené sa campagne en utilisant la tactique de la peur qui consiste à « promettre » que s’ils devaient perdre les élections, les banques fermeraient une semaine plus tard et la sortie de la Grèce de l’euro s’ensuivrait. Faut-il s’étonner que lorsqu’un gouvernement en place brandit un tel épouvantail les gens aient peur ? Et lorsqu’en outre des voix similaires s’élèvent en Europe – certaines d’entre elles parmi les autorités constituées – il est aisé de faire en sorte que cette peur grandisse et grandisse encore. Mais faites une pause un moment et pensez au coût immense d’un « Grexit », non seulement pour nous les Grecs, mais pour tous ceux qui sont impliqués dans l’aventure. Cela vaut-il la peine juste pour empêcher notre gouvernement d’avoir la chance d’éliminer les oligarques et les corrompus ? Je ne le pense pas. C’est pourquoi j’en appelle à mes amis français pour qu’ils résistent à cette grossière violation de la logique et des principes démocratiques.

CS : On voit bien année après année l’incapacité de la France à respecter les objectifs budgétaires et de dette fixés par l’UE. Vous avez rencontré Michel Sapin. Que faudrait-il pour qu’un axe majeur Paris-Athènes puisse émerger ?

YF : Une France plus forte.

CS : Enfin, Avez-vous un message particulier à adresser au peuple français?

YF : Je pense en avoir un : il est temps que l’on se remette à rêver d’Europe comme d’un lieu où la prospérité se partage, plutôt que d’une cage de fer dans laquelle une majorité d’Européens se sentent étouffés et trahis. Si notre nouveau gouvernement est liquidé, la France ne parviendra pas à sauver l’idée d’une Europe qui concorde avec le triptyque «Liberté – Egalité – Fraternité».

Voilà donc un texte réalisé pour nous, pour vous, particulièrement riche et qui j’en suis sur nous permettra à tous d’enrichir notre réflexion pour les prochains jours. Le sujet de fond c’est évidemment quelle Europe pour le peuple européen!

C’est également tout cela le message de Yanis Varoufakis, tout cela sans oublier une sagesse évidente. Non, il ne cherche pas à renverser la table mais à nous inciter collectivement à nous lever pour changer l’Europe car oui, tout le monde parle de changer l’Europe… Néanmoins, pour le moment, c’est l’Europe qui nous change. Alors il est temps, grand temps, que nous, le peuple d’Europe, prenions en main notre destin.

Charles SANNAT

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 09:30

Ce matin une amie m’a envoyé (dans le cadre de mes recherches sur l’obscurantisme et la radicalisation) le texte de cette chanson…

Vous reconnaissez ???

Je suis sûr que vous en avez déjà rencontré !!!

L'opportuniste

Je suis pour le communisme

Je suis pour le socialisme

Et pour le capitalisme

Parce que je suis opportuniste

Il y en a qui contestent

Qui revendiquent et qui protestent

Moi je ne fais qu'un seul geste

Je retourne ma veste, je retourne ma veste

Toujours du bon côté

Je n'ai pas peur des profiteurs

Ni même des agitateurs

J'fais confiance aux électeurs

Et j'en profite pour faire mon beurre

Il y en a qui contestent

Qui revendiquent et qui protestent

Moi je ne fais qu'un seul geste

Je retourne ma veste, je retourne ma veste

Toujours du bon côté

Je suis de tous les partis

Je suis de toutes les patries

Je suis de toutes les coteries

Je suis le roi des convertis

Il y en a qui contestent

Qui revendiquent et qui protestent

Moi je ne fais qu'un seul geste

Je retourne ma veste, je retourne ma veste

Toujours du bon côté

Je crie vive la révolution

Je crie vive les institutions

Je crie vive les manifestations

Je crie vive la collaboration

Non jamais je ne conteste

Ni revendique ni ne proteste

Je ne sais faire qu'un seul geste

Celui de retourner ma veste, de retourner ma veste

Toujours du bon côté

Je l'ai tellement retournée

Qu'ell' craque de tous côtés

A la prochaine révolution

Je retourn' mon pantalon

Jacques Dutronc

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