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  • : Le blog de Jean-Loup
  • Le blog de Jean-Loup
  • : Engagé, depuis plusieurs décennies dans une démarche visant à lutter contre tous les processus d'exclusion, de discrimination et de ségrégation socio-urbaine, je suis persuadé que si nous voulons « construire » une société reposant sur un véritable Vivre Ensemble. Il nous faut savoir, donner du sens au sens, prendre le temps de la concertation et faire des propositions en adéquation avec les besoins de nos concitoyens.
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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 15:07

Suite de l'article 

 

LA PROSPÉRITÉ FRANÇAISE SE DÉLITE

C’est pourquoi tous les gouvernements de notre pays se sont appliqués avec constance et aveuglement à l’accroître. Il en découle que la société française n’est ni juste, ni unie, ni fraternelle et que sa prospérité se délite.

La seule véritable moralisation consisterait à mettre fin à un système qui repose sur ce principe de « spoliation légale » :« Tu ne voleras pas ».

 

La France traverse une période matérielle et morale difficile. Les Français ne font plus confiance aux hommes politiques et des fissures sociales creusées par 70 ans de socialisme deviennent des failles béantes.

Le déplacement de la responsabilité a faussé l’opinion populaire. Le peuple, accoutumé à tout attendre de l’État, ne l’accuse pas de trop faire, mais de ne pas faire assez. Il le renverse et le remplace par un autre, auquel il ne dit pas : Faites moins, mais : Faites plus; et c’est ainsi que l’abîme se creuse et se creuse encore. (Services privés, service public, F. Bastiat, 1864).

 

Les valeurs et la culture qui ont forgé leur pays sont mises à mal. Beaucoup désespèrent de sortir par le haut de cette situation. Or dans un tel contexte, les idées de Frédéric Bastiat gagneraient à être connues et mises en œuvre.

Il écrit :

Se conserver, se développer, c’est l’aspiration commune à tous les hommes, de telle sorte que si chacun jouissait du libre exercice de ses facultés et de la libre disposition de leurs produits, le progrès social serait incessant, ininterrompu, infaillible. (La Loi,1850).

 

Quand l’État entrave « le libre usage des facultés, la libre disposition des produits et des biens », il sort de son rôle. La Loi est pervertie, c’est la spoliation légale ou socialisme. Il est impossible de bâtir une société juste sur la spoliation.

SPOLIATION ET VIOLENCE

La spoliation ne peut engendrer que la violence. Frédéric Bastiat écrit :

On se plaint des tendances révolutionnaires des hommes. Assurément on n’y réfléchit pas. Quand on voit, chez un grand peuple, les services privés envahis et convertis en services publics, le gouvernement s’emparer du tiers des richesses produites par les citoyens, la loi devenue une arme de spoliation entre les mains des citoyens eux-mêmes, parce qu’elle a pour objet d’altérer, sous prétexte de l’établir, l’équivalence des services; quand on voit la population et le travail législativement déplacés, un abîme de plus en plus profond se creuser entre l’opulence et la misère, le capital ne pouvant s’accumuler pour donner du travail aux générations croissantes, des classes entières vouées aux plus dures privations; quand on voit les gouvernements, afin de pouvoir s’attribuer le peu de bien qui se fait, se proclamer mobiles universels, acceptant ainsi la responsabilité du mal, on est étonné que les révolutions ne soient pas plus fréquentes, et l’on admire les sacrifices que les peuples savent faire à l’ordre et à la tranquillité publique (…) autant de causes de désordre, autant de ferments révolutionnaires. (Services privés, service public, 1850)

La philosophie de Frédéric Bastiat appartient à la pensée libérale classique française. Il a éclairé et rénové l’économie politique du XVIIIème et XIXème siècles puis fécondé la science économique moderne. Frédéric Bastiat est régulièrement présenté comme le précurseur de l’École Autrichienne d’Économie.

LE LIBÉRALISME DÉNATURÉ

Cette pensée libérale est très mal connue, mais surtout, ce qui est bien plus grave, profondément dénaturée dans notre pays. Pour éviter de subir les foudres des bien-pensants, fort peu de gens se réclament de sa philosophie de liberté, d’initiative et de responsabilité individuelles et d’État limité à ses fonctions régaliennes.

La méconnaissance des idées libérales, leur altération et leur mépris par les gouvernements successifs sont la cause de la régulière dégradation de la situation de la France. Mettre fin à la spoliation légale pour fonder une société juste et prospère était l’objectif de Frédéric Bastiat.

L’objet du Cercle Frédéric Bastiat est de faire connaître cet économiste français. Il a un rôle à jouer, celui d’éclaireur des électeurs et des politiciens. Plus il y aura de personnes convaincues des bienfaits de la liberté de choix et de la responsabilité individuelle, plus nous aurons de chance d’orienter notre pays vers une société de justice et de prospérité.

CONGRÈS LIBÉRAL À SAINT PAUL-LÈS-DAX

Le Cercle organise les 22, 23 et 24 septembre 2017 à Saint Paul-lès-Dax, le 8ème Weekend de la Liberté, sur la thématique :

 

« Les 100 jours sous le regard de Frédéric Bastiat. Laissez faire ou se laisser faire ? ».

 

Quel chemin aura pris notre pays en septembre prochain ? Quelles en seront les conséquences ? Quel sera le niveau de confiance du pays envers ses dirigeants ? Le gouvernement et les députés, à l’inverse de leurs prédécesseurs, s’attaqueront-ils à la spoliation légale ? Réduiront-ils l’État providence ? Restaureront-ils les fonctions régaliennes ? Quelles solutions pour un avenir meilleur ? Tout au long du week-end les intervenants pourront répondre à la question en fil rouge : élections 2017, dernière chance avant la révolution ?

L’ÉTAT RÉEL DE LA FRANCE

Chaque participant au week-end de la Liberté pourra, grâce à des conférences de haut niveau, analyser les orientations et réalisations du gouvernement. Les conférenciers ne sont pas tous libéraux mais ils connaissent l’état réel de la France. Ils savent les remèdes qui pourraient être mis en place, car tout n’a pas été essayé. Ils analyseront ce début de quinquennat avec un regard neuf et original.

Frédéric Bastiat promeut le libre-échange. Pour lui ce n’est pas seulement un élément capital de la prospérité humaine, c’est aussi et peut être surtout le facteur fondamental de la paix entre les Hommes. La paix ne se limite pas à l’absence de guerre, c’est l’harmonie entre les êtres humains. Pour atteindre cette l’harmonie il faut mettre fin à la spoliation légale. C’est Juste et cela va bien au-delà de l’économie.

 

Tous les intérêts légitimes sont harmoniques. Tous ceux qui adopteront ce point de départ : les intérêts sont harmoniques, seront aussi d’accord sur la solution pratique du problème social : s’abstenir de les contrarier et de déplacer les intérêts. Il ne faut pas étendre artificiellement la solidarité de manière à détruire la responsabilité ; en d’autres termes, il faut respecter la liberté. (À la jeunesse française, 1850).

 

Moralité, respect des Droits naturels, prospérité et justice, c’est tout un :

« Tu ne voleras pas »

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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 15:01

Quel chemin aura pris notre pays en septembre prochain ? Quelles en seront les conséquences ? Quel sera le niveau de confiance du pays envers ses dirigeants ?

 

Quand on regarde ce qui s’est déroulé lors des élections présidentielles et législatives de 2017, on constate que l’économie est passée à l’arrière-plan des programmes électoraux. Ceux-ci étaient convenus et parfois très succincts.

La souffrance des Français, leur rejet des politiciens, leur immense espoir de changement et les déboires judiciaires de son principal adversaire ne sont pas des facteurs économiques, mais ils ont entraîné le succès d’Emmanuel Macron.

LA MORALE, VOILÀ CE QUI A ÉTÉ AU PREMIER PLAN DES DÉBATS

Cela en dit long sur le désarroi des Français. Ils ont pris acte de l’échec économique de l’État depuis 70 ans, de l’État stratège comme de l’État bâtisseur : 6 millions de chômeurs, plus de 2000 milliards de dette publique, des prélèvements obligatoires atteignant, en 2016, 44,2% des richesses produites et, en 2016 toujours, 56,2% du PIB consacré aux dépenses publiques, une protection sociale, soins comme retraites, en faillite, aucun budget équilibré depuis 1974, etc.

Les Français n’attendent même plus des politiciens une quelconque utilité ou efficacité, mais simplement qu’ils aient, puisque donneurs de leçons, un minimum de moralité.

LE TOUT EST DE SAVOIR CE QU’EST LA MORALITÉ

Emmanuel Macron a engagé trois « grandes réformes » : celle de l’éducation, celle du Code du travail et (mine de rien) celle de la fiscalité, en particulier locale avec la suppression sélective de la taxe d’habitation, « compensée » par l’augmentation de la CSG.  En vérité ce ne sont que de simples modifications de paramètres, de simples changements des règlements qui régissent la vie des Français.

En complément de celles-ci le Président a décidé de « moraliser » la vie politique. Cette loi de moralisation est la conséquence directe de la très providentielle « affaire Fillon. » C’est donc une loi de circonstance.

Comme tous ses prédécesseurs, Emmanuel Macron est un étatiste, c’est-à-dire qu’il pense que la loi fait la morale et que l’État dit le droit et fait la loi.

Pour Frédéric Bastiat, économiste français du XIXème siècle, l’État n’a rien de moral : « L’État,c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. » (L’État, 1848). Le Fisc et l’URSSAF sont de fidèles et efficaces serviteurs de l’État mais ils n’ont rien à voir avec la morale. Les systèmes policiers et judiciaires appliquent la politique de l’État et, partant de là, n’ont rien à voir non plus avec la morale.

ALORS, QU’EST-CE QUE LA MORALE ?

Le Larousse en donne cette définition :

Science du bien et du mal, théorie des comportements humains, en tant qu’ils sont régis par des principes éthiques.

 

Pour Frédéric Bastiat la morale est que l’État, comme les individus, respectent les Droits Naturels individuels : la Liberté, la Propriété, la Personnalité.

Quand la loi et la Force retiennent un homme dans la Justice, elles ne lui imposent rien qu’une pure négation. Elles ne lui imposent que l’abstention de nuire. Elles n’attentent ni à sa Personnalité, ni à sa Liberté, ni à sa Propriété. Seulement elles sauvegardent la Personnalité, la Liberté et la Propriété d’autrui. Elles se tiennent sur la défensive ; elles défendent le Droit égal de tous. Elles remplissent une mission dont l’innocuité est évidente, l’utilité palpable, et la légitimité incontestée. (…) Le but de la Loi est d’empêcher l’Injustice de régner. (La Loi, 1850).

 

Pour Jacques de Guenin fondateur du Cercle,

La morale libérale est une morale altruiste : elle enseigne le respect de la liberté de l’autre. Vouloir qu’un individu soit libre, c’est s’interdire d’obtenir quoi que ce soit de lui par la tromperie, le vol ou la coercition. S’il veut rallier quelqu’un à ses idées, le libéral n’utilise pas d’autres moyens que l’exemple ou la discussion. S’il veut obtenir d’un autre un bien ou une prestation quelconque, il ne procède que par un échange librement consenti  (Logique du libéralisme, 2006).

 

C’est le contraire de ce que fait l’État, qui moralise par la contrainte.

C’est le contraire de ce que fait l’État, qui ne procède que par la spoliation légale.

 

LA SPOLIATION, MÊME LÉGALE, N’A RIEN DE MORAL

 

Pour en arriver là il a fallu pervertir la loi. Bastiat dénonce :

La loi pervertie ! La loi — et à sa suite toutes les forces collectives de la nation, — la Loi, dis-je, non seulement détournée de son but, mais appliquée à poursuivre un but directement contraire ! La Loi devenue l’instrument de toutes les cupidités, au lieu d’en être le frein ! La Loi accomplissant elle-même l’iniquité qu’elle avait pour mission de punir ! (La Loi, 1850).

 

La perversion de la loi engendre la spoliation légale :

La chimère du jour est d’enrichir toutes les classes aux dépens les unes des autres ; c’est de généraliser la Spoliation sous prétexte de l’organiser. Or, la spoliation légale peut s’exercer d’une multitude infinie de manières ; de là une multitude infinie de plans d’organisation : tarifs, protection, primes, subventions, encouragements, impôt progressif, instruction gratuite, Droit au travail, Droit au profit, Droit au salaire, Droit à l’assistance, Droit aux instruments de travail, gratuité du crédit, etc. Et c’est l’ensemble de tous ces plans, en ce qu’ils ont de commun, la spoliation légale, qui prend le nom de Socialisme. (La Loi, F. Bastiat,1850)

 

Un fois cela posé on constate que tous les hommes politiques français sont adeptes de la spoliation légale. Seul varie ensuite le niveau de spoliation qu’ils veulent imposer aux populations ; elle est la justification de leur existence, d’où l’intérêt qu’ils ne cessent de lui porter.

 

A suivre 

 

 

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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 16:06

Macron parviendra-t-il à rompre le consensus objectif droite-gauche en faveur de l’immobilisme ? Plusieurs facteurs lui sont favorables, espérons qu’il sache en faire bon usage.

 

Les rodomontades médiatiques auxquelles se heurte  E Macron et son gouvernement relèvent d’une tradition bien établie. Il faut critiquer et prétendre être plus clairvoyant que le prince pour capter l’attention. Mais en prenant un peu de distance, tout devient simple.

Macron cherche à libéraliser en douceur la société française (droit du travail, réduction des dépenses publiques, etc.). Il se heurte tout simplement aux politiciens traditionnels de gauche et de droite. Les anciens clans ne lâchent pas prise. Le rabâchage journalistique de lieux communs éculés n’est que leur relais.

QUEL EST LE DEGRÉ DE NOTRE SERVITUDE ?

Quand certains analystes regrettent, avec le plus grand sérieux, le désengagement de l’État (par exemple dans les collectivités locales), on se perd en conjectures sur le sens exact de leur propos.

Jamais dans notre histoire l’État n’a été aussi puissant, aussi dirigiste, aussi interventionniste. Les données quantitatives sont à cet égard sans ambiguïté. Inutile de les rappeler, chacun sait que le nombre de fonctionnaires  est au plus haut, les dépenses publiques et les prélèvements obligatoires également.

Alors, pourquoi des gens sérieux et respectables, universitaires, journalistes, écrivains, colportent-ils dans les médias que la puissance publique est en retrait ? Ils confondent bien souvent le rêve et la réalité, leurs aspirations et l’analyse objective de l’existant.

La puissance publique n’a jamais reculé. Bien au contraire, elle n’a cessé de croître et de prendre en charge des problèmes nouveaux depuis le début du XXe siècle (santé, vieillesse, chômage, éducation, etc.).

Si  Friedrich Hayek écrit La route de la servitude en 1944, c’est bien parce que la croissance de l’État et le recul de l’autonomie individuelle posaient déjà problème. Nous n’avons jamais quitté cette route et nous ne savons pas exactement quel est le degré actuel de notre servitude.

LA LIBERTÉ SURVEILLÉE DE GAUCHE

La gauche se garde de chiffrer le futur. Jusqu’à quel niveau de prélèvements obligatoires une société demeure-t-elle libre ? 50% du PIB ? 60%, 70% ? Mystère. Cela n’empêche pas les partis de gauche de réclamer toujours plus de socialisation et par suite de dépenses publiques.

La démocratie se résume donc pour la gauche à déposer périodiquement un bulletin de vote dans une urne mais en aucun cas à laisser le maximum d’initiative à l’individu.

Si la collectivité a été dûment mandatée par un vote des citoyens, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Il est paradoxal de prétendre qu’une société reste libre lorsqu’une liasse de cerfa1 est nécessaire pour entreprendre quoi que ce soit. La liberté prônée par la gauche est une liberté étroitement surveillée.

FAUT-IL RÊVER DE LIBÉRALISME DOCTRINAL OU MAÎTRISER LE MONSTRE ÉTATIQUE ?

Pour autant, la droite de gouvernement n’a jamais remis sérieusement en cause l’État-providence. Il est tout à fait improbable qu’elle le fasse tant qu’une croissance économique, même faible, maintiendra l’opulence des pays riches.

Le mot opulence pourra choquer, mais par rapport aux niveaux de production et de consommation de nos sociétés voici seulement un demi-siècle, il s’agit bien de cela. Malgré la lourdeur des structures publiques, nous n’avons j’aimais été aussi riches.

Les libéraux qui réclament un recul massif du rôle de l’État prêchent dans le désert par manque de réalisme. Ils seraient bien inspirés de modifier leur angle d’attaque et d’évoquer le risque croissant que représente l’immixtion de l’État dans tous les domaines de la vie.

Au lieu de rêver au retour d’un libéralisme doctrinal probablement révolu, il conviendrait de mettre l’accent sur les dangers futurs d’un monstre étatique surpuissant : danger politique par étouffement démocratique de la liberté, danger économique par perte d’efficacité.

LES MARCHEURS DEVRONT MARCHER DROIT

En s’opposant à Macron, gauche et droite rejouent l’acte précédent de l’histoire politique française : neutraliser toute capacité de déblocage pour défendre des intérêts électoraux. Macron parviendra-t-il à rompre ce consensus objectif droite-gauche en faveur de l’immobilisme ? Plusieurs facteurs lui sont favorables : la quasi-disparition du Parti socialiste, les dissensions internes aux Républicains, la démagogie de plus en plus brutale de Mélenchon , la faiblesse intellectuelle du Front national.

Mais un appareil politique solide et discipliné est nécessaire pour gouverner efficacement. De ce point de vue, tout reste à faire. Il ne faudrait pas que de petites chapelles s’érigent dans la cathédrale de LREM. Voilà bien ce qui a perdu les socialistes et ce qui rend inaudible LR.

Il est souhaitable de discuter librement en famille, mais moralement condamnable d’aller porter ses querelles sur la place publique. Les Marcheurs seraient bien inspirés de marcher droit ou, du moins, de présenter des rangs parfaitement alignés lorsqu’ils défilent publiquement.

Car, à l’évidence, un social-libéralisme modéré et pragmatique représente le seul espoir de faire bouger la société française.

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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 12:49

Comment faire réfléchir en développant une analogie un peu rapide.

 

Pour ses opposants, le libéralisme est souvent comparé à une volonté de laisser le « renard libre dans le poulailler libre ». Cette comparaison simpliste est profondément fausse pour plusieurs raisons, qui tiennent à l’incompréhension du sens de libéralisme ou de liberté.

« L’un des mythes français les plus tenaces consiste à considérer que la coopération sociale, c’est-à-dire en fait la coopération entre les individus, n’est pas possible si elle n’est pas organisée par le centre, c’est-à-dire par l’État. Seul, dit-on couramment, l’État est capable d’avoir une vision d’ensemble, une vision à long terme, seul il peut concilier des intérêts qui sont opposés et promouvoir par conséquent une vision du « bien commun ». Sans son intervention la société serait anarchique, elle conduirait à la guerre de tous contre tous, à la domination des forts sur les faibles, à cette étrange liberté du « renard libre dans le poulailler libre ». Ces vagues idées, indéfiniment ressassées, véhiculées dans l’enseignement français, reproduites par certains journalistes en mal d’imagination, sont en réalité fondées sur une confusion intellectuelle si patente qu’elle ne peut être que malhonnête. Elle consiste à assimiler l’existence d’inégalités entre les individus à l’existence d’effets de domination. »(Pascal SalinLibéralisme, 2000)

 

Généalogie de l’expression

Malgré sa fausseté totale, l’expression du « renard libre dans le poulailler libre » a été employée par de nombreux auteurs en raison de son efficacité. Elle est attribuée à Henri Lacordaire. Parfois c’est, faussement, à Jean Jaurès, à Lamennais ou à Karl Marx qu’elle est attribuée.

De très nombreux auteurs de droite et de gauche reprennent cette expression à leur compte pour attaquer le libéralisme sous un angle (qu’ils croient) éthique :

« La liberté que l’État bourgeois est chargé de garantir, c’est la liberté laissée aux forts d’écraser les faibles, au riche de dire au pauvre : « tu gagneras mon pain à la sueur de ton front ». Un diplomate définissait admirablement ce libéralisme : la morale du renard libre dans le poulailler libre. » (Roger Garaudy, Le communisme et la morale)

« Les abus du capitalisme sauvage, les crises économiques, les affrontements sociaux ont suffi pour démontrer que le libéralisme à l’état spontané (« le renard libre dans le poulailler libre ») est générateur d’exploitation, d’injustice, de désordre et d’anarchie. »(Louis O’Neill, Initiation à l’éthique sociale, 1925)

Une confusion entre libéralisme et loi de la jungle

Le libéralisme, en tant que système politique, ne s’abstient pas de règles à faire respecter. Ces règles sont le respect de l’individu et de sa propriété. Un système fonctionnant selon la loi du plus fort, comme celui du renard dévorant les poules, n’est absolument pas libéral. Pour assurer le respect des droits de chacun, le système libéral fonctionne avec un droit et des tribunaux chargés d’appliquer ce droit.

Les antilibéraux confondent volontairement libéralisme et loi de la jungle dans laquelle par exemple, des multinationales, toujours en lien avec des représentants d’un État, spolient des individus de multiples façons (réglementations, protectionnismemonopoles, etc.). Et cela, ce n’est pas le libéralisme mais un système clientéliste et étatiste, fondé justement sur le dévoiement de l’autorité de l’État.

Le renard, pas plus que le politicien corrompu ne sont donc libéraux. La protection de l’individu et de sa propriété fait partie des fonctions régaliennes dévolues à l’État par les minarchistes et les libéraux classiques. Ainsi, le philosophe franco-suisse Benjamin Constant d’écrire à propos de ce rôle de l’État qu’il doit non seulement l’assurer mais aussi l’assurer efficacement : « Il ne faut pas d’État hors de sa sphère, mais dans cette sphère, il ne saurait en exister trop. »

Si l’on reste sur le plan métaphorique, au-delà du fantasme bien ancré dans les cerveaux sur le supposé pouvoir des riches, la comparaison faite par les antilibéraux est tout aussi absurde. Dans un poulailler, qui est le véritable ennemi si ce n’est l’éleveur qui engraisse ses poules pour mieux leur prendre le fruit de leur ponte ou les manger ensuite ? Cet éleveur, c’est l’État, et non autrui.

« La liberté [le laissez-faire] s’oppose explicitement et exclusivement à la seule méthode connue du renard dans le poulailler : la coercition, la contrainte physique. Dans le poulailler, le renard serait bien inoffensif, si ses moyens d’action se limitaient à la persuasion, à la publicité ou à « l’esclavage du salariat ». Qui est davantage renard dans le poulailler ? La poule qui devient chef d’entreprise, ou l’État dont la seule méthode propre d’action est justement celle des bêtes sauvages, la force ? Avec la plus méchante des multinationales, vous pouvez choisir de n’avoir aucune relation : vous vous passerez de ses produits et elle n’obtiendra pas un sou de vous. Puis essayez de faire la même chose avec l’État : refusez ses services et cessez de payer l’impôt. Vous verrez qui a le pouvoir dans le poulailler. » (Pierre LemieuxDu Libéralisme à l’anarcho-capitalisme)

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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 12:43

Avec Emmanuel Macron, le PS et LR doivent changer leur logiciel sous peine d’être totalement discrédités.

La longue séquence électorale française qui s’achève a fait l’objet de commentaires abondants. Mais en définitive, que conclure de cet épisode politique totalement inattendu ? Quatre constatations s’imposent :

  • L’émergence d’une troisième force qui remplace la bipolarisation traditionnelle.
  • Le pragmatisme de Macron et de La République en Marche (LREM).
  • Une opposition principalement constituée par les extrêmes.
  • Les mêmes problèmes fondamentaux subsistent et devront être traités.

DE LA BIPOLARISATION À LA « TROISIÈME FORCE »

L’accession au pouvoir d’Emmanuel Macron, avec une majorité parlementaire forte, représente une évolution politique importante. Sous la IIIeRépublique (1871-1940) ainsi que sous la IVe (1946-1958), un régime parlementaire pur avait été choisi. Des gouvernements de coalition gouvernaient le pays. Les élections législatives étaient les élections reines qui déterminaient les partis pouvant participer à la coalition gouvernementale.

En 1958, le général de Gaulle avait voulu abandonner ce « régime des partis » qu’il abhorrait. Il renforça l’exécutif en instaurant un régime semi-présidentiel comprenant un Président de la République « au-dessus des partis » et un Premier ministre, chef du gouvernement et responsable devant l’Assemblée Nationale. Ces nouvelles institutions conduisirent à une bipolarisation droite-gauche, surtout à partir de 1962, date de la première élection du Président au suffrage universel direct.

Macron vient de rompre avec cette bipolarisation. Sa majorité composite comporte des élus de droite et des élus de gauche. Elle ressemble furieusement à la « troisième force » de la IVe République, coalition gouvernementale regroupant la SFIO, les démocrates-chrétiens et des libéraux modérés. Les anciens partis de gouvernement (PS et LR) se réclamant du clivage droite-gauche sont considérablement affaiblis. Cette évolution est logique dans un contexte où les repères idéologiques se sont estompés. Depuis plusieurs décennies, si les clans politiques opposés se réclamaient de la droite ou de la gauche pour conquérir le pouvoir, l’exercice du pouvoir aboutissait à des politiques assez proches.

LE MACRONISME EST UN PRAGMATISME

Le macronisme est donc d’abord un constat politique simple que beaucoup de citoyens ressentaient intuitivement : pourquoi jouer à être adversaires politiques quand il est possible de trouver des compromis sur presque tous les sujets ? L’aspect factice, les outrances théâtrales des campagnes électorales n’amusaient plus grand monde, sauf peut-être leurs acteurs. « Prenons acte de cette réalité » nous a dit Macron, « traitons les problèmes ensemble au lieu de penser exclusivement à gagner la prochaine élection ».

La prise du pouvoir par Emmanuel Macron, qui est un centriste, représente ainsi une victoire du pragmatisme sur les scories idéologiques dont se réclamaient encore le PS et LR pour exister, mais sans plus y croire. Macron prétend représenter « la droite et la gauche » ; cela veut bien dire que l’on prend à chaque camp ce qui correspond à une analyse pertinente de notre époque. En reprenant le vieux clivage pour se faire bien comprendre, on peut considérer que Macron est de gauche culturellement mais de droite économiquement. Mais avec modération dans les deux cas.

L’OPPOSITION DES EXTRÊMES

L’opposition vraiment affichée se réduit pour l’instant au front Mélenchon-Le Pen. Le Front National (FN) et La France Insoumise (LFI) jouent tout simplement la carte 2022. Leurs leaders sont des politiciens ultra-traditionnels qui ne jurent que par l’exacerbation des clivages politiques. Ils vouent un culte au conflit politique et social qui est leur fonds de commerce électoral. Mais on se perd en conjectures sur ce que pensent vraiment Jean-Luc Mélenchon et Marine le Pen car ces deux leaders sont certainement très au-dessus de leur verbiage politicien, ce qui n’est pas vraiment à leur avantage. En effet, la tactique politique prévaut pour eux en toutes circonstances. Résoudre les problèmes du pays par le dialogue entre sensibilités politiques différentes est au-dessous de leur dignité. En paraphrasant Alfred de Vigny, on pourrait admettre que pour ces gens-là seule la politique est grande, tout le reste est faiblesse.

Et pour faire de la petite politique ultra-traditionnelle, il suffit de stigmatiser le pouvoir en place pour l’affaiblir et se positionner pour l’élection suivante. Le cynisme politicien le plus classique anime donc aussi bien Mélenchon que Le Pen. Nous pouvons nous attendre à toutes les surenchères électoralistes de leur part.

Le PS et LR sont en voie de restructuration et il faut attendre pour apercevoir leur avenir. Pour l’instant, rien à remarquer à leur sujet sinon leur sidération face au tsunami qui les a emportés et l’écartèlement du positionnement par rapport à Macron, certaines personnalités le soutenant, d’autres non.

NOS PROBLÈMES SUBSISTENT

Bien entendu, une évolution politique, même historique, ne modifie en rien les problèmes majeurs que nous devons traiter : accumulation de déficits publics formant une dette considérable, rigidité excessive du droit social, fonctionnarisation à outrance tant au niveau de l’État que des collectivités locales, construction européenne à l’arrêt, agressions idéologico-religieuses violentes de l’Islam radical.

Mais l’accession au pouvoir d’une large coalition de sensibilités politiques diverses regroupées en un seul mouvement permet d’affaiblir l’opposition. Or, cette opposition, qu’elle soit de gauche ou de droite, s’est toujours mal comportée par le passé. Elle pensait principalement à battre l’adversaire au pouvoir en l’affaiblissant et se désintéressait scandaleusement de l’intérêt général. Le PS et LR trouvent donc aujourd’hui ce qu’ils ont longtemps cherché sans en avoir vraiment conscience : le discrédit le plus complet.

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 06:18

Ces gens ne se connaissaient pas il y a quelques mois ; ils n’ont en commun que leur bonne volonté, leur espoir de renouveau et leur chef. Dimanche prochain, ils entreront à l’assemblée nationale et soutiendront le gouvernement Macron.

 

Je ne suis pas fâchée de voir toute cette affaire se terminer prochainement. Toute cette affaire ? Le paquet électoral 2017 comprenant l’élection présidentielle et ses répliques législatives.

Tout ceci nous occupe depuis des mois et des mois et s’est décliné en pas moins de deux tours de primaire de droite, deux tours de primaire de gauche, deux tours de présidentielle et pour l’instant un tour de législatives.

 

Si le début de la séquence fut « complètement dingue » nous faisant bondir de coup de théâtre en coup de tonnerre, avec la candidature Macron , la sélection Fillon, puis la renonciation Hollande, suivie de la sélection Hamon sur fond d’affaire Fillon, la suite fut assez rapidement pliée en faveur de Macron, malgré une remontée de Mélenchon en dernière ligne droite et une chute fracassante de Le Pen juste devant l’obstacle.

CE QUI DEVAIT ARRIVER ARRIVA

Au final, on attendait Macron – Le Pen et on a eu Macron – Le Pen. Puis on attendait Macron et on a eu Macron. Depuis la présidentielle, l’éventualité d’une majorité absolue pour La République en Marche (LREM) s’est renforcée tous les jours, et le parti du Président aura bel et bien sa majorité pour gouverner, une majorité non seulement absolue mais pour ainsi dire insolite et insolente, surtout pour un parti qui existe depuis un an seulement.

 

Le premier tour des élections législatives 2017 qui s’est joué dimanche 11 juin dernier a tout d’un livre des records. Les partis traditionnels se retrouvent soit laminés comme jamais (PS) soit profondément amoindris (LR). Les partis extrêmes qui ont côtoyé le vainqueur à quelques points au moment de la présidentielle reviennent à leur étiage habituel et leur impact législatif sera des plus modestes (FN et FI).

HÉCATOMBE À DROITE COMME À GAUCHE

On ne compte plus les personnalités politiques de droite ou de gauche séchement battues dès  le premier tour ou en ballottage très défavorable pour le second. Certains l’ont pris avec humour (ou plus exactement ont eu le prix de l’humour politique) d’autres moins, mais de toute façon ne soyons pas trop tristes pour eux, leurs conditions de chômage ou de retraite ne seront pas franchement difficiles.

Finalement, la France a été submergée par deux raz-de-marée : dans les urnes, celui de La République en Marche qui promet d’envahir l’Assemblée Nationale dès dimanche prochain ; et hors des urnes, celui de l’abstention qui relativise considérablement la macron-mania qui s’est emparée du pays en apparence. Ainsi, les 32 % des suffrages exprimés réunis par LREM et le Modem deviennent 16 % un fois ramenés à l’ensemble des inscrits. Même opération pour tous les autres partis, naturellement.

TAUX D’ABSTENTION RECORD

Plus haut niveau jamais enregistré pour une telle élection depuis le début de la Ve République, l’abstention a en effet atteint 51,30% des 47,6 millions d’électeurs inscrits.

Il est toujours difficile de faire parler les abstentionnistes, même si les partis et les candidats les moins bien placés pour le second tour ont tendance à y voir une réserve de voix qui corrobore en tout point leur analyse de la situation politique de la France. C’est d’ailleurs un thème qui occupe généralement la plus grande partie des soirées électorales, chaque politicien affirmant à la télévision qu’il a entendu les électeurs, qu’il a entendu les abstentionnistes et qu’à partir de maintenant, on va voir ce qu’on va voir.

Dans le cas présent, plus d’un électeur sur deux n’a pas jugé utile d’apporter son soutien formel à Emmanuel Macron, ni à aucun autre candidat. Soit qu’il n’en voulait aucun, soit qu’il s’en fichait complètement, ou soit qu’il ait jugé inutile de se déplacer compte-tenu du fait qu’après la présidentielle, l’affaire semblait pliée en faveur de LREM, ce qui ne le dérangeait pas plus que ça.

LA FIN D’UNE LONGUE SÉQUENCE POLITIQUE

C’est cette dernière interprétation que le Premier ministre a retenue au soir du premier tour. Dans la forte abstention de dimanche, il voit la conséquence d’un processus électoral certainement un peu long et lassant doublé de la démobilisation d’une partie de l’électorat pour lequel « l’élection du Président de la République a clos le débat ».

Je dois dire que j’ai trouvé l’allocution dEdouard Philippe très réussie. Dans un langage clair et posé, bien loin des expressions contournées d’un Hollande, il a fait les remerciements d’usage, puis les concessions d’usage à l’abstention et aux partis adverses, pour ensuite revendiquer la victoire, rappeler les politiques mises en route par le gouvernement (moralisation de la vie politique, adaptation du droit aux nouvelles exigences de notre sécurité) et confirmer qu’il avait présenté un calendrier aux partenaires sociaux pour moderniser le droit du travail. Il a conclu sur les « nouveaux visages » qui formeront la nouvelle Assemblée :

 

Malgré l’abstention, le message des Français est sans ambiguïté : pour la troisième fois consécutive, vous avez été des millions à confirmer votre attachement au projet de renouvellement, de rassemblement et de reconquête du Président de la République.

Dimanche prochain, l’Assemblée nationale incarnera le nouveau visage de notre République, une République forte, une République rassemblée, une République attentive aux besoins de chacun, la République française.


Tout ceci est fort bien dit. Tout ceci est très digne et donne une haute idée de l’État et du gouvernement. Reste à savoir ce que l’on doit comprendre exactement sous les termes très policés employés.

CES INCONNUS QUI DÉBOULERONT À L’ASSEMBLÉE

Aujourd’hui, je m’interroge sur les « nouveaux visages ». Je m’interroge sur tous ces députés connus (entre autres :  a Asnières sur Seine nen déplaise a ceux qui font semblant le candidat LREM est connu et même bien connu comme Strausskanien) ou inconnus qui vont débouler en nombre à l’Assemblée. À écouter certains témoignages, il y a de quoi être inquiet.

 

On comprend qu’Emmanuel Macron a réussi à faire surgir et à incarner un immense désir de renouveau, qu’il a infusé dans ses discours de campagne calibrés comme une sorte d’illusion lyrique enivrante qui lui a permis de rassembler autour de lui des personnes de tous horizons politiques, géographiques et sociaux.

 

Des personnes lassées des vieux partis qui se disputent le pouvoir depuis 40 ans sans résultats tangibles, des personnes qui ont « envie de faire quelque chose », qui ont envie que « ça bouge ». Des personnes qui pour beaucoup n’ont jamais fait de politique et qui maintenant, grâce à lui ont envie de « faire de la politique autrement ».

Ce désir de renouveau, ce désir de printemps éternel, s’il ne représente que 32 % des votants et 16 % des inscrits, c’est bien dans toute la France qu’on le retrouve, dans la France des villes et la France des champs, à l’est comme à l’ouest, dans les bastions de gauche comme dans les bastions de droite.

QUI SERONT LES NOUVEAUX ?

Pas très élevé en nombre de voix – LREM et le modem auraient obtenu le score le plus faible à un premier tour de législatives pour un parti présidentiel depuis 1981 – mais premier partout ou presque, d’où le raz-de-marée à l’Assemblée.

Écoutons par exemple Marie Sara, ex-torera et candidate LREM en ballottage favorable face à Gilbert Collard (FN) dans la 2eme du Gard. Sollicitée directement par Emmanuel Macron pour se présenter, elle a accepté avec joie car elle brûle de pouvoir défendre cette terre, la Camargue, qui lui a tant donné.

Interrogée sur la notion de « politique autrement », elle répond qu’elle veut se mettre au service des gens de sa région parce qu’elle les aime, et pour ce qui est de la mesure emblématique d’Emmanuel Macron, elle souligne l’immense espoir qui s’est levé avec lui et les dossiers d’agriculture rurale et de biodiversité de la Camargue.

Elle n’est ni à gauche ni à droite, elle est En Marche ! pour la Camargue et semble ignorer totalement que si un député est désigné localement, sa mission consiste à représenter la France entière et à voter les lois pour toute la nation.

 

Écoutons maintenant Fabienne Colboc, candidate également en ballottage favorable, dans la 4eme Indre et Loire. Entendons-nous bien : il est évidemment très intimidant de passer à la télévision pour la première fois, surtout quand on est complètement novice en politique.

Mais on s’attend tout de même à ce que les candidats aient un petit peu réfléchi à leurs thèmes de campagne, on s’attend à ce qu’ils aient préparé leurs interventions. Ce ne fut manifestement pas le cas de Fabienne Colboc qui bafouille beaucoup, comme pour chercher au fond de sa mémoire les éléments de langage du programme Macron.Bouquet final à propos de l’objectif de faire baisser la part du nucléaire dans l’électricité à 50 % à l’horizon 2025 comme le prévoit la loi de transition énergétique de Ségolène Royal, reprise par Macron et Hulot:

Fabienne Colboc : Je pense que le plan peut être tenu à partir du moment où il y a de l’investissement qui peut être donné pour que cette nouvelle énergie (les renouvelables) soit mise en place.
 

Question : Mais il vient d’où, l’argent ?
Fabienne Colboc : Ben, c’est de l’investissement …

 

Je sais aussi que parmi les plus de 400 candidats LREM qui vont entrer à l’Assemblée, beaucoup sont très expérimentés, ou disposent d’expériences préalables, qui les préparent peut-être mieux à tenir rapidement leur rôle de député. Je pense au mathématicien Cédric Villani, dont le soutien antérieur à Anne Hidalgo laisse cependant perplexe, ou à l’ancien patron du raid par exemple mais et peut être surtout à tous ces élus ayant ou ayant eu des mandats sans compter les conseillers et assistants parlementaires.

UNE MAJORITÉ NOVICE ET HÉTÉROCLITE

On voit cependant à travers ces exemples, qui ne sont pas isolés, que la majorité qui s’annonce sera très novice et très hétéroclite. Macron lui-même s’inquiétait récemment du raz-de-marée qui pourrait rendre sa majorité difficile à tenir.

Ces gens ne se connaissaient pas il y a quelques mois ; ils n’ont en commun que leur bonne volonté, leur espoir de renouveau et leur chef ; ils mettent un point d’honneur à n’être ni de gauche ni de droite, ou alors soit de gauche soit de droite ; de son côté, Emmanuel Macron n’a dévoilé son programme que tardivement et au compte-gouttes.

À partir de là, deux solutions : soit des divergences ne manqueront pas d’apparaître à mesure que les textes seront connus dans tous leurs détails – et ce sera la pagaille ; soit au contraire, compte-tenu de leur inexpérience, Macron arrivera à tenir ses députés et disposera pour cinq ans d’une majorité docile et d’un pouvoir colossal.

Dans cette dernière configuration, il n’y a plus qu’à espérer qu’il saura en faire un bon et bel usage dans le sens de plus de liberté et plus de prospérité pour toute la France, loin des piétinements timides qui caractérisent généralement les socio-démocrates tels que lui.

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 10:38

 

La CSG est un impôt simple qu’Emmanuel Macron s’apprête à compliquer.

Ni droite, ni gauche En marche fiscale souhaite augmenter la CSG de 1,7 point. Pour se démarquer d’En marche, François Baroin, désormais représentant des Républicains, critique cette mesure.

Les contribuables atterrés constatent que l’attelage « charrue devant les bœufs » est le système préféré des politiciens français qui – faute d’idées – tentent ainsi de galvaniser un électorat passablement décapé par l’impôt.

Je dis « charrue devant les bœufs » car autant nous aimons discuter de façon tatillonne des impôts, autant nous n’aimons pas discuter de ce qu’ils financent, à savoir les dépenses publiques.

TOUJOURS PLUS D’IMPÔTS, AVANT DE DISCUTER DE LA DIMINUTION DES DÉPENSES

Dans un pays où 57% de l’activité est sous l’emprise de l’État, il semblerait plus judicieux de discuter de la diminution des dépenses plutôt que de savoir comment organiser les recettes (qui de toute façon sont insuffisantes et c’est pour cela qu’il y a en plus un déficit).

Pour une fois, dans cette chronique, moi aussi, je vais pratiquer l’attelage inversé et ne pas vous parler de capitalisme de copinage, de subventions-taxations-perversions, des gâchis d’argent public, d’investissements… mais d’impôt.

En préambule : je suis incroyante. Je ne souscris pas au miracle de Saint Fisc.

Je vous rappelle le principe du miracle de Saint Fisc :

 

L’argent privé corrompt, l’argent public soulage. C’est pourtant rigoureusement le même, mais qui s’est transformé en se bonifiant par le miracle de Saint Fisc.

L’argent public est propre car il est collecté par des fonctionnaires au-dessus de tout soupçon et réparti pour le « bien public » par des politiciens qui ne veulent que le bonheur de leurs électeurs, c’est-à-dire le peuple.

Si comme moi, vous êtes mécréant, vous pouvez choisir. Soit vous estimez que l’impôt n’est qu’une forme de vol légal et vous vous y opposez. Vous acceptez la prison. Ou bien vous achetez une île déserte ; vous commettez des actes terroristes sur le continent pour réclamer votre indépendance ; une fois cette indépendance obtenue, vous vivez selon vos principes en repoussant fermement un éventuel abordage des croyants de Saint Fisc sur vos côtes.

Soit vous estimez que limpôt nest quune forme de vol mais que ce vol est – comme la mort – inéluctable car vous souhaitez conserver des rapports dits sociaux avec les autres bipèdes.

LA CSG, CE MERVEILLEUX IMPÔT QUI RAPPORTE

Dans ce cas, la CSG qui s’appelle « Contribution Sociale Généralisée » est un merveilleux impôt qui mérite bien son adjectif. Cet impôt rapporte 20 Mds€ de plus que l’impôt sur le revenu, lequel n’est payé que par 45% des contribuables et atteint rapidement des taux confiscatoires de 45%.

Les trois merveilleuses qualités de la CSG :

  • Universelle, elle s’applique à tous et à tout (salaires, primes, indemnités, pensions, allocations de chômage, revenus fonciers, revenus mobiliers…).
  • Simple, pas de seuil, pas de déduction, pas de dérogation, pas de passe-droit.
  • Taux unique de 7,5%.

Certes, on peut lui trouver un défaut : prélevé à la source, cet impôt devient indolore. C’est comme si un pickpocket vous faisait les poches, à vous et à tous les occupants d’un wagon. Pas de stress, pas de douleur et le partage d’un mauvais traitement le rend plus supportable. Avec l’impôt sur le revenu, un racketteur vous met un rasoir sous la gorge pour vous demander votre portefeuille tandis que les autres occupants du wagon – à qui on ne demande rien – font mine d’être très absorbés par leur journal.

L’idéal serait une CSG déclarative : chacun constaterait ainsi l’effort de l’impôt et que rien n’est gratuit. Mais arrêtons de rêver.

EN MARCHE VERS LA COMPLICATION

Emmanuel Macron souhaiterait à nouveau tout compliquer et pratiquer 9,2% pour les revenus d’activité, 9,9% pour les revenus de placement et 8,3% pour les revenus de retraite.

Parallèlement, il offre quelques gâteries aux salariés sous forme d’allègement de cotisations sociales. Si bien que le résultat serait plutôt positif pour cette catégorie de contribuables. Certes, pas pour ceux qui ont des revenus de leur épargne, mais ce sont des « riches », donc minoritaires et les politiciens de droite comme de gauche recherchent avant tout des voix. Et évidemment, pas pour les retraités… Ça tombe bien, justement, les jeunes votent davantage pour En Marche que les vieux, plus statiques.

De ce fait, la droite se pose en défenseur des retraités plumés. Voilà un sujet de campagne capable de conduire l’électorat vers le bulletin électoral souhaité par le promoteur de chacune des variantes de la taxation.

En attendant, cela permet de ne surtout pas parler du déficit, du rôle de l’État, des économies budgétaires, des retraites, du monopole de l’assurance-maladie, des gabegies d’EDF, d’Areva, de la SNCF, des portiques écotaxes, des irresponsables-non-coupables…

Mais puisqu’il faut parler impôt, Camarade-contribuable, moi je dis : vive la CSG ! Fusionnons-la avec l’impôt sur le revenu, adoptons un taux unique et simplifions. Par pitié, surtout, simplifions.

Certains terminent de remplir leur déclaration de revenu. Vous y avez probablement gâché quelques heures de vos loisirs. En faisant votre sacrifice à Saint Fisc, pensez à mettre aussi un cierge à Sainte Rita, patronne des causes perdues.

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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 20:44

La « Révolution » promise par le président de la République a peu de chances d’être pérenne si elle n’entraîne par la majorité du peuple dans son sillage.

 

Nul ne peut nier que la recomposition politique ne soit « en marche ». Le processus ne fait certes que commencer mais déjà les analystes, conscients de l’ampleur des changements à l’œuvre, osent un parallèle avec 1958. Toutefois, la comparaison avec l’émergence de la République des républicains dans les années 1880 permet sans doute mieux d’en mesurer l’importance et peut-être d’en apercevoir les limites.

RECOMPOSITION POLITIQUE

Au moment du vote des lois constitutionnelles en 1875, un jeune député venu de la gauche, Léon Gambetta, a saisi la nécessité d’une recomposition politique. Il a compris en effet qu’une entente est possible entre les républicains, pourvu qu’ils modèrent certains de leurs principes, et une fraction de la droite d’autant que celle-ci est profondément divisée entre orléanistes, légitimistes et bonapartistes. Gambetta entend ainsi attirer du côté de la République une partie de la droite orléaniste, lasse des atermoiements des monarchistes et sans grande sympathie pour leur politique d’ordre moral.

Opération réussie : la droite se scinde, des orléanistes adoptent la forme républicaine du régime et rallient le camp républicain soudé, à partir de la crise du 16 mai 1877, autour des valeurs qui vont le définir pour longtemps, la laïcité et le parlementarisme. La question sociale est oubliée et d’ailleurs selon Gambetta « il n’y a pas de question sociale », la question nationale aussi : « la Revanche, pensons-y toujours, n’en parlons jamais » disait le même Gambetta.

Le régime, socialement conservateur, saura se défendre contre l’extrême gauche socialiste et, culturellement libéral, contre la droite cléricale et nationaliste. Le socle politique et idéologique de la République est appelé à durer, la droite monarchiste est marginalisée, l’extrême gauche se rallie ou pèse peu.

MACRON HÉRITIER OU FOSSOYEUR DU SOCIALISME ?

En 2017, à l’âge de Gambetta dans les années 1870, Emmanuel Macron, héritier – ou fossoyeur ? – d’un socialisme en ruines a réussi à regrouper derrière lui et son parti la gauche réformatrice et une partie de la droite libérale autour de la construction européenne et des valeurs du libéralisme.

Macron, comme Gambetta avant lui, a compris la nécessité d’acter la disparition de certains clivages d’un autre âge. Du coup, comme dans les années 1880, la conjonction des centres est de nouveau d’actualité et la République en marche, le parti du Président, pourrait bien jouer le rôle de « parti pivot » (S. Berstein) jadis dévolu au parti radical et radical socialiste.

Au passage la Cinquième République, après six décennies de bipolarisation gauche/droite, fait une fois encore la preuve de sa faculté d’adaptation. Mais l’orléanisme étant au pouvoir la question sociale est oubliée comme sous la Troisième République, abandonnée aux extrêmes, la question identitaire aussi.

La synthèse politique macronienne n’est donc pas sans rappeler la synthèse gambettiste et comme le souligne Laurent Bigorgne, « Emmanuel Macron ne doit pas son élection à un accident » . Aura-t-elle pour autant la même postérité que celle de son illustre aîné ?

RECOMPOSITION SOCIOLOGIQUE

Gambetta et les républicains opportunistes en fondant la République ont, pour reprendre la thèse de F FURET, terminé la Révolution. Celle-ci, selon la célèbre formule de Prévost-Paradol avait certes « fondé une société mais elle cherchait encore sa forme de gouvernement ».

Or, la grande habileté des républicains c’est non seulement d’avoir bâti un modèle politique acceptable par les Français en mettant de côté certains de leurs dogmes, ce qui leur a valu leur surnom d’opportunistes, mais de lui avoir donné une assise sociologique solide : la France rurale, majoritaire jusqu’en 1931, bientôt protégée par les tarifs Méline et celle des classes moyennes urbaines, professions libérales ou fonctionnaires.

A ces deux France, la République promet, par l’école, l’ascension sociale et c’est en ce sens qu’il n’y a pas pour Gambetta de question sociale ; à ces deux France, la République apporte l’ordre social et la paix, non sans une solide culture patriotique, ciment de la nation.

Mieux, Léon Gambetta lui-même, dans son discours de Grenoble en 1872, annonce l’arrivée au pouvoir de « couches sociales nouvelles » – il était fils d’épicier – et la Troisième République a été celle des avocats avant d’être celle des professeurs.

QUELLES COUCHES SOCIALES NOUVELLES POUR LE MACRONISME ?

L’élite dirigeante est le miroir de la base sociologique du régime. Le « modèle républicain » de la Troisième République analysé par Serge Berstein, c’est donc la rencontre cohérente d’un système politique et d’une société.

Or, en 2017, si l’on voit bien l’habileté politique et l’opportunisme d’E Macron, on ne voit guère en revanche, pour l’instant, l’arrivée de « couches sociales nouvelles » au pouvoir ; plutôt le maintien en place d’une élite technocratique, un monde fermé et peu représentatif de la « France dans ses profondeurs » (de Gaulle).

On ne voit pas davantage où se situe la base sociologique du régime ou plutôt la France qui joue ce rôle semble circonscrite à celle des métropoles ; la « France périphérique » (C. Guilluy), laissée de côté, ne s’y retrouve guère.

Plus grave, l’orléanisme au pouvoir théorise même parfois son abandon – en 2011, un rapport de Terra Nova, un think tank proche du Président, préconisait l’oubli par la gauche de gouvernement des classes populaires -.

Une chose est sûre, la « Révolution » promise par le président de la République a peu de chances d’être pérenne si elle n’entraîne par la majorité du peuple dans son sillage. Remettre les institutions en marche n’a en effet pas grand sens si la majorité des citoyens ne s’y reconnaissent pas.

Pour retourner la formule de Prévost-Paradol, la France macronienne a peut-être trouvé sa forme de gouvernement, il lui reste à fonder une société nouvelle qui concilie modernité et solidarité. Une tâche sans doute autrement plus ardue.

 

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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 17:14

 

Le score État-moralisateur de l’Institut Économique Molinari montre l’inefficacité des politiques prohibitives pour améliorer les conditions sanitaires.

 

 

L’Institut Molirani  vient de publier la deuxième édition de son indicateur des Etats moralisateurs dans l’Union Européenne.

Cet indicateur se concentre sur les interdits en lien avec l’alimentation, l’alcool et le tabac au sens large. En somme, on mesure ici dans quelle mesure l’État vous « veut du bien » par une inflation réglementaire en faveur de la dissuasion de la consommation des produits légaux et de l’imposition d’un surcoût aux consommateurs.

DES ÉTATS DE PLUS EN PLUS MORALISATEURS

De tous les pays de l’Union européenne, seuls 6 pays ont enregistré des scores plus faibles que l’an passé, traduisant un assouplissement des interdits et/ou de la fiscalité. Il s’agit de la Belgique, du Danemark, de l’Estonie, de la Finlande, de Malte et de la Suède.

La Directive Européenne sur les Produits du Tabac aura été et sera, au fil de son application, particulièrement néfaste. Les cigarettes électroniques sont aussi en ligne de mire, malgré leurs bénéfices sanitaires évidents , preuve que le souci de la santé du citoyen n’est pas forcément au premier plan dans les démarches étatiques.

L’alcool n’est pas en reste : d’une manière générale, la situation reste stable mais certains pays tendent à pousser en direction d’un plus grand contrôle de la consommation, notamment par l’introduction de biais tarifaires.

QUELLE EFFICACITÉ ?

Puisque l’État vous veut du bien, il devrait s’intéresser à l’efficacité des politiques qu’il met en place et ce d’autant plus qu’il est connu que prohibitions et réglementations excessives nuisent aux plus pauvres et justifient donc l’existence d’un marché noir . On constate pourtant que le score État-moralisateur global ne présente aucune corrélation avec l’espérance de vie. Espérance de vie en fonction du score État-moralisateur global.

Plus précisément, il n’y a pas non plus de corrélation de ce score avec le taux de prévalence du tabagisme, ni avec la consommation d’alcool par personne, qu’elle soit modérée ou volontairement excessive

ON NOUS VEUT DU BIEN ?

Au risque de tomber dans le travers souvent reproché aux libéraux qui consisterait à placer l’économie en tête des priorités, on constate pourtant qu’il existe une corrélation bien plus marquée entre espérance de vie et PNB.

 

Espérance de vie en fonction du PNB.

Alors non, on ne vous veut pas du bien. Non, rien ne justifie les politiques de fiscalité et de réglementation comportementales. Non, on ne peut pas aller contre la liberté des individus de mener leur existence comme bon leur semble.

Bien sûr, il est connu que la consommation de tabac, d’alcool ou de sucreries est mauvaise pour la santé mais les faits sont têtus : les politiques prohibitives et collectives menées n’ont qu’un effet marginal sur le comportement des individus.

Si l’État vous voulait vraiment du bien, il penserait à vos libertés. À vos libertés économiques d’abord, parce qu’elles sont le seul moyen d’enrichir ses habitants et parce que cet enrichissement est partout et en toutes époques directement corrélé à l’amélioration des conditions sanitaires.

Ces conditions sanitaires améliorées, quelle nécessité pourrait-il y avoir d’attenter à vos libertés individuelles ? Dans un monde libéré, les individus savent arbitrer par eux-mêmes entre plaisirs et dangers.

Ils ne sont pas emprisonnés dans la gangue ouateuse de l’État nounou, car enfin, qui est mieux placé qu’un individu éclairé par un débat contradictoire et des arguments objectifs pour arbitrer entre ce qui lui nuit et ce qui lui bénéficie ?

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8 juin 2017 4 08 /06 /juin /2017 07:26

On doit reconnaître à Emmanuel Macron un mérite : celui de sortir la France d’une prison dans laquelle elle s’était enfermée depuis des décennies : un bipartisme dégénéré.

 

Jusqu’à présent, chaque échéance électorale nationale opposait deux groupes de rivaux bien identifiés qui se paraient avec complaisance de l’appellation de « partis politiques ».

En effet leur harmonie était très insuffisante tant sur le plan des programmes de gouvernement que pour leur hiérarchie interne, dans les débats préélectoraux ou après qu’ils ont accédé au pouvoir.

Malgré ces insuffisances, les campagnes électorales donnaient le change avec le concours de tous les médias, heureux d’orchestrer une dramaturgie assez spectaculaire pour attirer un public nombreux. Attrait au demeurant bien surprenant car l’issue du combat était presque toujours la même : le rival du Président sortant était élu.

PAS DE BÉNÉFICE DE LA RÉÉLECTION AU SUFFRAGE UNIVERSEL

Exceptionnellement, les électeurs réélurent le Président sortant mais c’était toujours après une cohabitation, pour déjuger le Premier ministre démissionnaire. Ce fut le cas en 1988 et en 2002.

Ainsi en définitive, aucune politique générale, aucun gouvernement, aucun leader n’a bénéficié depuis 1969 d’une réélection au suffrage universel ou d’une confirmation.

Ceci est la conséquence logique de la médiocrité des gouvernements qui se sont succédé et n’ont pas apporté la preuve de leur réussite. Mais on ne saurait s’en tenir à une conclusion aussi sommaire.

Ni les hommes politiques, ni les citoyens ne sont des imbéciles. Si nos politiques se sont laissés enfermer dans cette prison, c’est qu’ils y avaient intérêt. La situation de la France est en vérité bien banale.

LA FIN DU DUOPOLE ?

Les deux grands partis « de gouvernement » ont formé un duopole. Ils se sont succédé au pouvoir sans surprise. Au fond, s’ils rataient une élection, il fallait juste qu’ils conservent toutes les chances de gagner la suivante et de revenir au pouvoir pour profiter de la situation très gratifiante de l’exécutif dans la Vème République.

Au pire, ne pas manquer deux échéances successives. Donc, ne pas entreprendre de changements trop profonds, puisque leurs résultats ne seraient pas visibles avant la prochaine échéance.

Donc faire des mesures catégorielles, des réformes sociétales et de la communication, car c’est rapide et visible. Ce sont des marqueurs, comme on dit, mais quel rapport avec les graves maux dont souffre la France ? Aucun, souvent, mais c’était trop compliqué de s’attaquer à ces derniers. Les réformettes éloignent moins du pouvoir.

CONTRE LES PARTIS DEVENUS RENTIERS

Pire encore, mais moins apparent peut-être, les élus et, autour d’eux, ceux qui aspiraient à les aider ou à leur succéder dans chaque parti, ont adopté un comportement de rentier caractéristique de celui des mauvaises entreprises.

Celui où plaire au chef est plus important que de gagner de nouveaux clients. Puisque le fonds de commerce est assuré aujourd’hui ou dans cinq ans, ils ne remuent pas trop la barque. Les recettes apprises à l’ENA ou à Sciences Po font l’affaire. Ils attendent patiemment leur tour.

Le traitement que vient d’infliger Macron au Parti socialiste est donc un sacré coup de pied dans cette funeste fourmilière.

OUVERTURE À LA SOCIÉTÉ CIVILE

L’arrivée de candidats de la société civile (c’est-à-dire de citoyens qui ne sont pas aujourd’hui des politiciens professionnels) va – nous l’espérons – changer ces comportements de rentiers, puisque les nouveaux venus n’ont pas encore de rente à défendre.

Certes, il ne faut pas être trop optimiste. La recherche de rente étant inhérente à la nature humaine, la prison peut se reformer dans sa forme habituelle de duopole ou d’une autre manière, pire encore, par le monopole des grands corps pourvus par les meilleurs élèves de l’ENA, à commencer par celui des Inspecteurs des Finances.

Le Front national peut rendre ici un grand service en étant un acteur crédible. Mais ce serait un comble si la droite, en principe attachée à la liberté, faisait dans l’avenir moins bien que Macron en ne mobilisant pas pour les diverses élections les dizaines de milliers de simples citoyens réunis au sein du Conseil de la société civile animé par Pierre Danon, et coauteurs du projet de François Fillon  (a l'époque pas encore l'otage de Sens Commun). La droite peut, elle aussi, ébranler la prison. Pourquoi ne l’a-t-elle pas fait la première ?

 

La partie n’est donc pas terminée mais saluons la première étape et souhaitons que tous s’en inspirent pour consolider cette petite révolution.

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Published by Jean-Loup Dujardin - dans politique centriste asnieres @PartiRadical
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