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  • : Le blog de Jean-Loup
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  • : Engagé, depuis plusieurs décennies dans une démarche visant à lutter contre tous les processus d'exclusion, de discrimination et de ségrégation socio-urbaine, je suis persuadé que si nous voulons « construire » une société reposant sur un véritable Vivre Ensemble. Il nous faut savoir, donner du sens au sens, prendre le temps de la concertation et faire des propositions en adéquation avec les besoins de nos concitoyens.
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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 17:04

Contrairement aux affirmations des candidats à l’élection présidentielle, l’alignement des travailleurs détachés sur les conditions sociales françaises n’empêchera pas le travail détaché.

 

 

La dernière grosse blague à la mode est d’affirmer (le débat télévisé de mardi l’a montré à nouveau) qu’il faut supprimer le système du travail détaché qui permet, depuis 1996, de faire travailler des travailleurs polonais en France, pour une durée limitée, avec un salaire français mais des cotisations sociales polonaises (on me pardonnera ce raccourci in concreto du sujet).

On a tous bien compris les arguments : il faut protéger les salariés français (qui rêvent tous, c’est bien connu, de faire le boulot qu’on confie aux Polonais) contre cette invasion dangereuse fondée sur un dumping social.

Présenté de cette façon, le débat est comprimé dans une seringue du même ordre que l’ubérisation et ses méfaits : alors vous avez le choix entre une société qui protège, qui prévoit, qui équilibre, qui partage, et, de l’autre côté, un repaire de vautours profiteurs qui mettent en danger des siècles d’acquis, de construction collective, de bien-être. Que préférez-vous ? Que les coupables lèvent le doigt.

SUPPRIMER LE TRAVAIL DÉTACHÉ, UNE BOMBE À RETARDEMENT

Maintenant, si on retourne le problème, chacun va comprendre les petits mensonges par omission véhiculés par les candidats qui s’empressent de réclamer la fin du travail détaché (et les raisons pour lesquelles il faut par avance ranger cette annonce de campagne dans les volumineuses archives des promesses non tenues).

Je ne relèverai même pas, ici, qu’aucun président de la République n’a le pouvoir de s’opposer à l’application d’une directive européenne sur son sol sans remettre en cause l’État de droit.

La seule véritable option qui existe est d’annoncer une renégociation de la directive, ce qui prendra le temps que ça doit prendre, sauf à expliquer aux Français que nous programmons un Frexit.

Mais supposons… imaginons que, dans un délai miraculeux, le candidat qui triomphe en mai 2017 obtienne tout de suite une remise en cause de la directive. Le voilà donc en train d’expliquer à ses partenaires européens qu’un travailleur d’un État-membre doit être soumis aux cotisations sociales de l’État qui l’accueille pour une mission de courte durée.

Cela signifie quoi ? qu’il va ouvrir des droits sociaux dans cet État d’accueil ? qu’il va devenir l’un des allocataires de son système de sécurité sociale ? qu’il perd temporairement ses droits sociaux dans son pays d’origine ?

Oui, bien sûr, supprimer le travail détaché au sens où les candidats à la présidentielle l’entendent signifie effectivement rattacher le travailleur en question au système de protection sociale du pays d’accueil. De cette façon, on harmonise les cotisations sociales et on évite le dumping.

L’EFFET CACHÉ SUR LES COMPTES SOCIAUX

On poursuit le raisonnement. Donc, un maçon polonais ou slovène ou bulgare, lorsqu’il vient sur un chantier en France, va consommer de la protection sociale en France. Il aura droit à nos remboursements maladie très généreux, à nos hôpitaux dont les personnels passent leur temps à pleurnicher sur le manque de moyens (en oubliant toujours de parler de leurs jours de congé pléthoriques) mais qui font rêver n’importe quel ouvrier d’Europe de l’Est.

Et comme la bêtise de la lutte contre le travail détaché sera poussée jusqu’au bout, il aura même droit au régime invalidité de sa convention collective en France.

Bref, pour le dire de façon cynique, ceux qui pensent que les cotisations sociales non payées par les travailleurs détachés en France sont une charge sans contrepartie ne tarderont pas à faire la triste expérience de leur incompétence, puisqu’ils sont en train de promouvoir l’ouverture de notre système de protection sociale au mauvais risque.

Qui sont en effet les travailleurs détachés ? Ceux qui, chassés par la misère de leur propre pays, acceptent des emplois ingrats, pénibles, épuisants, et mal payés en France. Et brutalement, on va leur dire : finalement, vous aurez les mêmes droits que les travailleurs français quand vous viendrez travailler chez nous, même pour six mois ou un an.

Ah ! ah ! mais c’est sûr que le gars, il fera tout pour ne pas retourner se faire soigner les yeux ou les dents en Pologne, en Bulgarie ou en Grèce. Il va en profiter pour récupérer la totale aux frais des cotisants français. Et pour un euro de cotisation versée par le travailleur détaché, on aura droit à deux euros de dépense de notre Chère Sécurité Sociale  déjà exsangue du fait de sa mauvaise gestion.

UN PETIT OUBLI SUR LES « ALLÈGEMENTS DE CHARGES »

On s’amuse par avance de cette pelote que nous déroulons sans hâte. L’histoire du dumping sur les emplois à faible qualification (ceux très majoritairement concernés par le travail détaché) est en effet une sorte de serpent de mer en France.

Quand j’étais à l’ENA (il y a quinze ans), je suivais des cours où l’on nous présentait des tableaux très bien faits sur le coût d’un pêcheur à Saint-Pierre-et-Miquelon (sous Sécurité sociale française) et sur le coût de son homologue Nord-américain. On comprenait tout de suite pourquoi l’activité de pêche à Saint-Pierre n’avait aucune chance de se développer.

C’est pour cette raison qu’on a inventé les allègements de charges sous 1,6 SMIC. Mes petits camarades de l’ENA me soutiennent encore aujourd’hui mordicus que le manque de compétitivité français, dû au coin « socio-fiscal », ne porte que sur les bas salaires.

Continuons sur le travail détaché : donc, l’alignement des travailleurs détachés sur les cotisations sociales françaises, sachant qu’il concernera des emplois majoritairement rémunérés au SMIC… ne rapportera rien à la Sécurité sociale. Mais il causera des dépenses, et des compensations de droit financées par l’impôt. Et voilà comment une mesure destinée à protéger les salariés français sera en réalité financées par les contribuables français.

Redisons-le, les milliards « d’allègements de charges » concédés aux entreprises sont compensés par l’État, c’est-à-dire par le contribuable, et essentiellement par des taxes sur les salaires. Donc, ce sont les employeurs de France qui paieront les cotisations des travailleurs détachés, officiellement alignés sur les cotisations françaises.

LES VRAIES RAISONS DU TRAVAIL DÉTACHÉ

Supposons que tout ceci advienne. Le travail détaché disparaitra-t-il pour autant ? Ce sera le moment de vérité. Entre un maçon français et un maçon polonais, à coût égal, qui l’employeur français choisira-t-il ?

Tous les employeurs connaissent déjà la réponse. Le maçon polonais qui, sachant qu’il a droit à la Sécurité sociale française en travaillant en France, se précipitera pour venir, avec sa motivation, son ardeur à la tâche, son envie de faire. C’est le grand tabou français.

Mais ceux qui recrutent sont bien placés pour savoir que la « protection » dont les salariés français bénéficient du fait des innombrables inventions légales, réglementaires, conventionnelles, les disqualifie dès lors qu’ils sont mis en concurrence avec des salariés étrangers non contaminés par cet état d’esprit délétère.

Mais, laissons les syndicalistes français nourris à la langue de bois tirer ce constat par eux-mêmes : l’alignement des travailleurs détachés sur les conditions sociales françaises n’empêchera pas le travail détaché.

Bien au contraire. Et il faudra avoir l’honnêteté de s’interroger sur l’employabilité de nos ressortissants baignés dans une atmosphère de « luttes », d’acquis sociaux et de protection toujours plus importante.

COMMENT LA FRANCE PRÉPARE SON PROPRE SUICIDE

Reste à expliquer comment se passera la renégociation de la directive sur le travail détaché. Outre les contreparties que tous les pays qui font une utilisation intelligente de cette directive (comme l’Allemagne, qui fait baisser les coûts de ses filières les plus concurrentielles, notamment agro-alimentaires, de cette façon) demanderont, certains se frotteront les mains. Ils feront écrire noir sur blanc au nouveau Président français qu’un salarié français détaché en Pologne ou en Bulgarie relève désormais de la Sécurité sociale polonaise ou bulgare.

Quelle chance pour les employeurs français qui veulent délocaliser. Ils pourront désormais négocier les opérations de détachement à bas prix, sur le mode du : « où tu vas faire ce job en Bulgarie pendant six mois, pour un salaire bulgare, protection sociale comprise, ou tu pars ».

On s’en délecte par avance.

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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 14:45

Deuis quelques jours, toutes les options semblent possibles pour la présidentielle, d’un Le Pen – Macron à un Fillon – Le Pen ou un Fillon – Mélenchon !

 

À deux semaines du premier tour de l’élection présidentielle, les sondages se suivent et se ressemblent, actant tous un resserrement net des écarts entre les leaders historiques (Marine Le Pen & Emmanuel Macron) et les challengers (François Fillon au premier chef et, éventuellement, Jean-Luc Mélenchon). Au point de rendre tous les scénarios possibles pour le second tour.

QU’ANNONCENT LES SONDAGES SUR LA PRÉSIDENTIELLE ?

Si l’on prend la dernière livraison des sondages BVA, le duel annoncé avec insistance par les médias entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron reste d’actualité, puisqu’ils sont tous deux à 23%. Mais en baisse notable en une semaine, -1% pour Le Pen, -2% pour Macron. À l’inverse, les challengers François Fillon et Jean-Luc Mélenchon restent stables ou montent, à 19% tous les deux. Seul BVA met Mélenchon aussi haut (16% environ pour les autres instituts) mais avec les marges d’erreurs, 4 candidats peuvent rêver d’accéder au second tour.

Si l’on analyse la sûreté du choix mesurée par l’Ifop pour Fiducial, les électeurs de Marine Le Pen et de François Fillon sont les plus convaincus d’aller voter pour leur candidat, à respectivement 85% et 74%. À l’inverse, ils ne sont que 62% à être certains de leur choix pour Emmanuel Macron, le même niveau que pour Jean-Luc Mélenchon.

 

CE QUI POURRAIT BOULEVERSER L’ÉLECTION DANS LES PROCHAINES SEMAINES

Jamais sous la Ve République les sondeurs ne se sont trompés sur l’affiche du second tour à une distance aussi courte du premier tour (en prenant en compte les marges d’erreur bien sur). Autant dire que les probabilités d’un duel Macron – Le Pen au second tour restent majoritaires.

Mais… ce scrutin est aussi inédit, dans le sens où aucun des deux candidats en tête actuellement n’est issu des partis de gouvernement historiques en France, et aucun ne se réclame des deux camps classiques en France, la droite et la gauche. Tous deux représentent un saut dans l’inconnu qui pourrait effrayer beaucoup de votants.

Enfin, les sondeurs n’ont pas de point de comparaison pour redresser aussi finement que d’habitude leurs résultats. Cela n’invalide pas totalement les sondages, mais cela invite à prendre ces sondages avec un peu plus de prudence et de distance que d’habitude.

3 RISQUES EN VUE POUR EMMANUEL MACRON

La position d’Emmanuel Macron semble la plus précaire entre les deux candidats en tête actuellement. S’il a perdu 2 points en une semaine, c’est même 3 points en 15 jours selon BVA. Cela alors que le candidat bénéficie d’un alignement des planètes idéal, avec un candidat PS quasiment d’extrême gauche et un candidat LR englué dans les affaires. Il est aussi selon le même sondeur le candidat le plus souvent choisi « par défaut », par 33% de ses électeurs potentiels contre 23% pour la moyenne des candidats.

Les résultats électoraux des derniers mois, du Brexit à Donald Trump en passant par la « droitisation » de l’électorat en France ne plaident pas non plus pour lui, comme le notait très bien le journaliste Éric Dupin sur Slate : Emmanuel Macron est de facto le candidat des diplômés, des gens qui gagnent bien leur vie, des Parisiens, etc., de la France privilégiée en somme. Cet électorat qui a perdu dans la bataille Remain contre Leave pour le Brexit, cet électorat qui préférait Hillary Clinton à Donald Trump, etc. Même dans l’hypothèse d’un duel Le Pen – Macron au second tour, il y a fort à parier que la victoire facile annoncée à Macron par tous les médias depuis des mois ne sera pas si facile que ça.

Enfin, plus le scrutin se rapproche, plus la question des idées devient importante.

UNE POLARISATION DE L’ÉLECTORAT EN BONNE VOIE

Autre élément qui pourrait rebattre toutes les cartes de la présidentielle, les électeurs reviennent à leurs camps historiques : si François Fillon progresse, c’est surtout que ses électeurs « naturels » (sympathisants des Républicains) lâchent progressivement Emmanuel Macron et retournent à leur vote historique de centre droit. Il regagne du terrain chez les sympathisants LR, au détriment d’Emmanuel Macron. À 72% des intentions de vote chez les sympathisants LR, il fait une progression marquée de +5%. À cet égard, les soutiens de moins en moins voilés d’une large partie du PS à Macron semblent peser négativement sur ses intentions de vote.

Les militants fillonistes usent et abusent ainsi de l’argument, comme par exemple la page Facebook « Ridicule TV » animée par des soutiens du candidat LR et qui attaque régulièrement Macron comme héritier direct de François Hollande, avec un certain succès (1,4 million de vues pour cette vidéo) :

De même, une autre page anti Macron, « Emmanuel Micron », attaque l’ancien ministre de Hollande sur la base de ses soutiens majoritairement à gauche, jusqu’au PCF (Robert Hue) :

ET MÉLENCHON ALORS ?

Suite aux débats télévisés, la hausse de J-L Mélenchondans les sondages est indéniable. Mais peut-elle suffire pour perturber le duo (voire le trio) de tête Le Pen – Macron – Fillon ?

 

 L’exercice de prédiction est de haute voltige mais différents éléments plaident contre cette théorie. Au premier chef le fait qu’il faudrait que Mélenchon prenne au moins 3% à Benoît Hamon pour arriver aux niveaux des deux premiers. Ce qui mettrait Benoît Hamon à 5% des suffrages, un niveau difficilement concevable. Enfin, à 59% de sûreté dans le choix, l’électorat de Jean-Luc Mélenchon est le plus instable des 4 premiers candidats selon BVA. Il a donc bien plus à perdre qu’à gagner dans les jours qui vont précéder le 1er tour…

 

Une seule chose est sûre, les Français nous réservent des surprises, et ne devraient pas accepter si facilement le duel vendu avec insistance par Saint-Germain-des-Prés depuis des mois ! Fin du suspense dans deux semaines…

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 08:31

Il ne suffit pas pour choisir un candidat à une élection présidentielle de regarder une sinistre farce télévisée rassemblant les onze prétendants.

 

L’étalage médiatique des pratiques financières parlementaires a tellement perturbé la campagne présidentielle que son niveau est désormais proche de zéro. Le dernier débat rassemblant les onze candidats a permis d’atteindre le fond, du moins espérons-le.

Confusion, agressivité destinée à exister médiatiquement, superficialité des propos, tout y était. Personne ne sait si ce sont les chaines de télévision qui entraînent les politiciens dans ce spectacle de mauvais goût ou si les politiciens utilisent la télé pour ne pas être oubliés.

Mais il s’agit bien de spectacle et non d’information. Devant son écran, le public attend la faute de l’un, l’attaque de l’autre, comme si le plateau était une arène romaine. Les jeux du cirque sont devenus moins sanglants mais n’ont pas disparu.

GAUCHE ET LIBERTÉ

Dans une société libre, la politique doit se garder de ressembler à un spectacle. Sa place doit être limitée mais éminente. Limitée car l’envahissement normatif et financier de la société globale par le politique conduit à une sorte de tyrannie qui ne dit pas son nom.

Pour la gauche, on le sait, « tout est politique » car la démocratie consiste à construire un modèle qui sera imposé à l’ensemble des citoyens au nom du principe de majorité.

Démarche potentiellement totalitaire à laquelle adhère clairement Philippe Poutou, Nathalie Artaud et même Benoît Hamon  voire Jean-Luc Mélenchon,. Chacun d’entre eux propose de violenter la société actuelle pour l’emmener vers un avenir  hypothétique.

DROITE ET RÔLE LIMITÉ DU POLITIQUE

Pour la droite, au contraire, la société existe en dehors du politique. Le rôle des politiciens consiste à gérer l’existant, à le faire évoluer souplement et avec un minimum de contraintes imposées d’en haut par le pouvoir.

Les politiciens ont davantage pour rôle d’accompagner les évolutions qui prennent naissance dans le corps social que de proposer des modèles théoriques à expérimenter. François Fillon se rattache à cette conception.

L’exemple historique du mariage homosexuel en France permet de concrétiser cette idée. Instaurer l’union civile des homosexuels, au-delà même du PACS, aurait sans doute rencontré des oppositions assez limitées.

Instituer un « mariage pour tous » en brutalisant tous ceux pour lesquels le mariage a un fort contenu religieux ne peut que créer des ruptures et des conflits.

Il est possible d’accorder des droits nouveaux, donc de faire progresser la liberté, en respectant les convictions profondes de nombreux citoyens. Trop pressée d’imposer des modèles théoriques, la gauche a beaucoup de mal à l’admettre.

GÉRER LES CONFLITS, TROUVER DES COMPROMIS

S’il doit rester limité, le rôle des politiciens n’en est pas moins éminent car nos sociétés complexes doivent trouver des compromis pour exister.

Voilà bien la fonction essentielle des gouvernants d’aujourd’hui : parvenir à concilier des aspirations et des intérêts divergents, anticiper les conflits et, s’ils surviennent malgré tout, savoir arbitrer pacifiquement.

Une vision globale et synthétique claire est nécessaire pour cela, mais aussi une expérience qui ne s’acquiert qu’avec le temps et la pratique gouvernementale.

Si Donald Trump se heurte à tant d’oppositions et suscite tant de réactions négatives, c’est bien parce qu’il lui manque la culture et l’expérience.

 

En France, Emmanuel Macron possède incontestablement la culture nécessaire pour gouverner, mais l’expérience lui fait défaut.

CRITÈRES GÉNÉRAUX DE CHOIX

Il ne suffit pas pour choisir un candidat à une élection présidentielle de regarder une sinistre farce télévisée rassemblant les onze prétendants. Il ne suffit pas non plus d’examiner minutieusement les programmes de chacun et de les comparer, exercice utile mais insuffisant. Il faut répondre à quelques questions simples, très générales mais essentielles :

1. Quel est le projet souhaitable ? Nouveau modèle de société ou gestion rigoureuse et pragmatique ? Politique envahissante (ambitieuse diront certains) ou politique modeste (cautionnant l’existant diront certains) ?

2. Quel est le gouvernant le plus apte ? Deux qualifications de base sont nécessaires : la maîtrise de tous les grands sujets politiques et économiques (la culture) et une expérience de l’exercice du pouvoir (le savoir-faire).

3. Face à une situation grave et imprévue (troubles sociaux, terrorisme de masse), un dirigeant doit être capable de faire face. Son action passée constitue un indicateur.

4. Enfin, question essentielle : faut-il voter utile ? Faut-il, au contraire, voter pour protester ou se faire plaisir ? La sociologie politique est cruelle et certains candidats n’ont aucune chance de devenir Président. Voter pour eux, est-ce renoncer à avoir une influence ?

Ces critères de choix ne sont certainement pas suffisants, mais ils permettent de faire un tri efficace. Bien sûr, les notions d’expérience, de culture politique, de capacité de réaction face à l’imprévu comportent une part de subjectivité. On peut, par exemple, considérer que Macron ou Hamon ont suffisamment d’expérience ou non. Sans la subjectivité, tout serait vraiment simple.

 

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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 16:55

Et si les électeurs aimaient Jean-Luc Mélenchon seulement pour son agressivité et son insolence ?

Depuis la nuit des temps, les hommes aiment assister à des combats de gladiateurs et hurlent de plaisir lorsque l’empereur lève son pouce, en attendant le verdict de vie ou de mort ; l’issue finale des combats étant toujours cette dernière, à laquelle les participants étaient préparés. Ils saluaient d’ailleurs les empereurs par ces mots : Ave imperator, morituri te salutant ! (ceux qui vont mourir te saluent).

De nos jours, dans les pays qui autorisent la peine de mort, les exécutions sont publiques, car elles permettent aux victimes d’obtenir la réparation et assouvir leur désir de vengeance. Ce droit des victimes est consacré par les lois et assuré par la société.

CANALISER LA VIOLENCE AUTREMENT

Aujourd’hui, cette violence inhérente à l’homme est canalisée autrement : les sports de combat, les corridas, les jeux vidéo, la lecture de polars, les séries télévisées retraçant des enquêtes criminelles, les chants nationalistes lors des matches de football, les peplums glorifiant les exploits des gladiateurs.

Elle est la seule explication à la montée fulgurante de François Bayrou dans les sondages à l’occasion de l’élection présidentielle en 2002, après qu’il ait giflé un enfant lui ayant fait les poches devant les caméras. C’est également cette soif de violence qui explique le récent succès de  Jean-Luc Mélenchon dans les sondages, au détriment de deux autres partis légitimes de l’extrême gauche aux candidats fort sympathiques.

LES PEUPLES ONT LES DIRIGEANTS QU’ILS MÉRITENT

Un proverbe oriental dit que les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent. Les électeurs voteront donc pour le candidat qui leur ressemble.

C’était très éloquent dans le cas de Nicolas Sarkozy, le symbole par excellence de la culture des masses : au vin il préfère le Coca-Cola ; plutôt que la musique classique, il apprécie Chimène Badi, Calogero ou encore l’émission The Voice ; cinéphile, il éprouve sans doute une préférence pour les films en 3D, au lieu de se rendre au musée.

La mondialisation a contribué à la démocratisation de la culture, où la culture des masses prend sa revanche sur celle des élites. Ainsi, le livre de Dan Brown, Da Vinci Code, est truffé d’erreurs historiques et semble être une version quasi contrefaite du célèbre roman du sémiologue italien Umberto Eco, Le nom de la rose.

RESSEMBLER À SES ÉLECTEURS

Et pourtant, cet ouvrage n’est lu que dans les cercles intellectuels, alors que le film, reprenant uniquement l’enquête criminelle, a eu un important public. Le livre, lui, a été un best-seller mondial, son auteur a utilisé des phrases courtes, sans jeux de mots, faciles à comprendre pour le plus grand nombre. Tout le monde ne peut pas être sémiologue et saisir la subtilité.

Pour être élu, le candidat idéal doit donc ressembler à ses électeurs, être un « homme du peuple » et apporter la réponse à leurs aspirations les plus profondes.

Et si les électeurs aimaient Jean-Luc Mélenchon seulement pour son agressivité et son insolence ?

AGRESSIVITÉ ET INSOLENCE

Quelle différence existe-t-il entre les phrases « Casse-toi pauvre con » et « Dégage, dehors ! » ? La première, prononcée par Nicolas Sarkozy lors du Salon de l’agriculture, a fait couler beaucoup d’encre, car il était alors le chef de l’État ; la deuxième, prononcée par Jean-Luc Mélenchon lors d’une conférence de presse en 2012 et adressée à un militant lui posant la question de savoir pourquoi Marine Le Pen ne s’était pas exprimée à la Fête de l’Humanité, n’a pas fait beaucoup de bruit ; il n’était alors qu’un simple candidat à la présidentielle. Les deux phrases sont pourtant très similaires.

Le sigle de La France Insoumise, la lettre φ (phi) issue de l’alphabet grec, évoque la philosophie et l’érudition de son fondateur, aimant citer Shakespeare lors de ses discours. « Je suis le bruit et la fureur », martèle-t-il, assumant son « goût pour le conflit » et voulant réformer la France à sa manière… en oubliant que ces célèbres mots de Macbeth se terminent par « … qui ne signifient rien ». La France a-t-elle besoin d’un président philosophe, lorsqu’il vaut mieux embaucher un expert-comptable pour redresser ses comptes publics ?

LE PROGRAMME DE LA FRANCE INSOUMISE

Quid du programme de La France Insoumise ? Il repose sur le protectionnisme économique, la nationalisation de « biens communs : l’air, l’eau, l’alimentation, le vivant, la santé, l’énergie, la monnaie » ainsi qu’une copie du Glass Steagall Act datant de 1932 pour contrôler la finance ; des mesures testées par le passé dans les pays autoritaires qui ont fait faillite derrière le Rideau de fer. Seul le droit de révoquer un élu semble être une avancée démocratique, et mériterait le soutien des Français.

Beaucoup d’électeurs de Jean-Luc Mélenchon ne voteront pas pour lui parce qu’ils sont convaincus par ses idées. Ils le feront pour le simple plaisir de le voir dans l’arène moderne de l’hémicycle ou du parlement européen, tel un gladiateur, insulter les Eurodéputés et les chefs d’États étrangers pour montrer enfin au monde entier que la France est toujours, n’est-ce pas, une grande puissance.

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Published by Jean-Loup Dujardin - dans asnieres centriste @PartiRadical
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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 15:36

Le débat pour la présidentielle d'hier soir démontre deux choses : notre pays est bien malade, et les politiciens qui prétendent le soigner sont pour la plupart eux mêmes des grands malades voire des charlatans.

 

Hier soir, les 11 candidats à l’élection présidentielle se sont affrontés sur les plateaux de télévision, sous la houlette plus ou moins bienveillante de la fine fleur du journalisme français.

Ce débat au format inédit, à la fois difficile à gérer en termes de temps de parole, d’échanges, en raison du nombre de candidats et sa durée (environ 4 heures !) ne pouvait aboutir qu’au pire. Et ça n’a pas manqué !

7 MOMENTS SURRÉALISTES

1. Jean-Luc Mélenchon cite Karl Marx, et regarde avec empathie les Trotskistes qui déroulent leur texte à ses côtés. Nous voilà de retour dans un amphi de fac de lettres en compagnie des différentes sectes et agitateurs de cafétéria qui confondent romantisme boutonneux et totalitarisme sanglant.

2. Le même Mélenchon apparaît presque comme un modéré au milieu des différents représentants de l’extrême gauche : Arthaud, Poutou, mais aussi Hamon parfois, Cheminade souvent, Asselineau par inadvertance et Dupont-Aignan par opportunisme.

3. Un consensus semble s’être dégagé contre les banques parmi la plupart des candidats, même si, dans le détail, ils avaient du mal à se déterminer par le véritable ennemi à abattre ( l’Europe, le secteur privé, la mondialisation, etc.) : les banques, une fois de plus comme par magie, sont devenues le bouc émissaire commode.

Par exemple, Nicolas Dupont-Aignan se sert de leur mauvaise réputation pour accuser le candidat Macron, qui vient de la banque Rothschild, d’avoir démantelé les entreprises françaises (?).

Rappelons pour mémoire qu’il s’agit d’un moyen constant utilisé par la classe politique pour se défausser de ses responsabilités : depuis plus de 40 ans, ce n’est pas la finance apatride et vagabonde qui nous pousse à la banqueroute, aux emprunts toxiques et au refinancement des banques en faillite, mais bien le même personnel politique.

4. Philippe Poutou, le représentant d’une des « sectes » trotskistes présentes sur le plateau de télévision1 n’a pas compris qu’il n’était pas dans un bistrot, et que les propos de comptoir en économie, en politique ou sur les candidats ne convenaient pa à un débat visant à la magistrature suprême.

5. La présence de Jacques Cheminade au milieu de ce beau monde nous a rappelé que les Trotskistes n’avaient pas le monopole du discours groupusculaire à tonalité gauchiste (et à la limite du complotisme quand il s’agissait de parler des États-Unis).

6. Le social-démocrate Benoît Hamon s’est fait discret, et n’a semblé vouloir jouer que sur les trois cordes usées d’un PS coincé dans les années 80 : l’antiracisme, la dépense publique et « J’aime les fonctionnaires ». Ça ne marchait déjà plus à la fin des années 90, ça ne pouvait pas marcher en 2017.

7. Que diable faisait Jean Lassalle, à la fois aérien et incompréhensible, au milieu de tout cela ?

L’impression générale laissée par les échanges entre candidats est un instantané des problèmes politiques, économiques et sociaux graves que rencontre notre pays aujourd’hui : la surenchère dans les promesses de dépenses publiques, qu’elles se justifient par le populisme, les différentes espèces de protectionnisme, la fossilisation des services publics ou encore la défense de la sacro-sainte protection sociale a fait presque oublier le principal.

FAILLITE ET DETTE PUBLIQUE

Le pays est en faillite et la taille de la dette publique ne s’effacera pas magiquement, sauf peut-être dans les discours de Mélenchon ,  Poutou ou Le Pen. En d’autres termes, à écouter les politiques, l’économie française n’est pas en crise, l’argent coule à flots, pas d’inquiétude, il suffit d’aller se servir là où il se trouve. Le terrorisme et la crise de l’ordre public sont des problèmes tellement mineurs qu’un candidat a même proposé de désarmer les policiers…

Pour l’historien intéressé par les solutions politiques qui ont toutes été testées, et qui ne fonctionnent pas, la soirée fut riche en enseignements : démocratie directe, mandats impératifs, plébiscites ripolinés en « 49. 3 citoyen », retour au modèle social des années 60 ou encore nationalisations massives.

Nos candidats ont tous en tête la France d’hier, ou même d’avant-hier.

Ce débat, du début jusqu’à la fin, planait totalement à des années-lumière des réalités sociales et économiques du XXIe siècle.

La crise de notre modèle social et politique est aussi celle de la sélection de ses élites politiques.

Pour le prochain débat, sil y a prochain débat, surtout Ne réglez pas votre poste de télévision, vous êtes bien en 2017, et pas quelque part dans les années 30…

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 15:10

SUITE Article 

 

Propositions d’Emmanuel Macron sur son site de campagne

Entreprise-Commerce-Artisanat

  • baisse de l’impôt des sociétés de 33,3% à 25%
  • suppression du RSI
  • remplacement du CICE par une baisse des cotisations patronales de 6 à 10 points
  • « Emplois francs » : embauche issue des quartiers prioritaires – CDI de 15.000 euros/an pendant 3 ans et CCD de 5.000 euros/an pendant 2 ans
  • assurance chômage universelle (artisans, commerçants, etc.)

Salariés

  • exonération des cotisations sociales des heures supplémentaires
  • baisse des cotisations salariales (?)
  • smicards bénéficiaires de la prime d’activité : prime + 100 euros par mois
  • un jour de délai de carence pour le secteur public

Ménages

  • exonération de la taxe d’habitation pour 80% des ménages

Pour l’ensemble

  • impôt sur la Fortune immobilière au lieu de l’ISF
  • prélèvement unique sur les revenus du capital de 30%
  • augmentation de la CSG de 1,7 point sauf pour petites retraites, bénéficiaires d’exonération, allocations chômage (constitutionnalité à déterminer )
  • convergence fiscale diesel/essence +12 milliards de recettes prévues
  • âge légal de la retraite à 62 ans + système universel régime des retraites (modèle Suédois)

Divers

  • maintien des 35 heures mais négociation d’entreprise ou à défaut par branches professionnelles
  • réforme du Code du travail avec maintien du socle de droits et de règles + priorité aux accords d’entreprise ou à défaut des branches professionnelles
  • gestion allocation chômage par l’État
  • non renouvellement de 120.000 postes dont 70.000 fonction territoriale, sur les 500.000 départs à la retraite prévus sur 5 ans

Le programme de François Fillon jusqu’au 10 mars et celui d’Emmanuel Macron sont tous deux des variantes du système social-démocrate, mais le premier est une continuité du système existant avec des calculs comptables à la louche et le second tente de le moderniser et de créer un équilibre entre liberté et sécurité.

Toutefois, dans ce duel opposant deux systèmes sociaux-démocrates, le programme économique de François Fillon ne répondait à l’exaspération ambiante que par la rhétorique, en ciblant les fonctionnaires, sans pour autant remettre en cause leur statut, et en fustigeant les contraintes existantes avec des « arrêtons d’emmerder les Français ! ». Il ne fournissait pas les solutions nécessaires avec une véritable réorganisation des fonctions de l’État, ni même des mesures audacieuses pour les ménages et les entreprises.

Mais peut-être le retrait de son projet initial de son site de campagne augure-t-il quelques modifications substantielles ? Emmanuel Macron lui servirait-il de muse pour affiner son projet ? Auquel cas, l’insistance de François Fillon et des siens à réclamer le programme d’Emmanuel Macron révélerait leur intention d’y puiser l’inspiration dont ils étaient dépourvus.

Quoi qu’il en soit, François Fillon aurait fait preuve de courage, si son programme économique avait été plus clair et en phase avec une privatisation des domaines non régalien jusqu’à présent réservés à l’État (sécurité sociale, système des retraites, éducation et formation, etc.).

Là, il n’était que le candidat d’une social-démocratie à la Sarkozy, sans l’impétuosité de ce dernier. Il voulait privatiser une partie de la Sécurité sociale et ensuite il s’est rétracté. Il voulait réduire de moitié le « millefeuille territorial » « en ramenant le nombre d’échelons de collectivité territoriale de 4 à 2 » et il s’est rétracté, une fois de plus, dans son « grand oral » face à l’Assemblée des départements de France en affirmant :

Je suis convaincu que les exigences de simplification et contraintes financières qui pèsent sur notre pays nous conduirons inéluctablement à cette réorganisation. Peut-on la conduire aujourd’hui dans le contexte que je viens d’évoquer avec les nouvelles régions, avec l’exaspération des élus devant l’instabilité institutionnelle et financière qui fragilise toutes les politiques de long terme ? Ma réponse est non. D’autant que je fais le choix dans mon projet d’un choc de compétitivité qui mobilisera sans doute toutes les énergies au début du quinquennat. Je propose donc de changer de logique, de ne plus imposer des réformes venus d’en haut, mais de permettre aux territoires de s’organiser librement dans un cadre général.

LE PROJET DE SOCIÉTÉ DE FRANÇOIS FILLON

Non seulement le programme de François Fillon jusqu’au 10 mars ne parvenait pas à « casser la baraque » au niveau économique, mais de plus il renforçait l’omnipotence de l’État, y compris dans le contrôle de certaines libertés individuelles par un sacerdoce républicain exacerbé.

La République n’était plus un régime, une organisation du pouvoir. Elle devenait une doctrine morale de la citoyenneté. Le port du tablier à l’école, le retrait des allocations familiales aux parents dont les enfants commettent des manquements répétés, la période temporaire de contrôle par l’État du culte musulman, afin qu’il soit compatible avec les règles de la République, la suppression de l’enseignement des langues et des cultures d’origine, la responsabilité pénale à partir de 16 ans, puis pour les entreprises « un cadre légal qui leur permettra d’imposer un code de laïcité », étaient autant de mesures visant à établir un culte républicain.

Mais ce projet était en concurrence directe avec celui de Marine Le Pen qui va bien au-delà. Quant au domaine exclusivement régalien, Marine Le Pen et Emmanuel Macron sont bien plus explicites, voire parfois plus complets, que ne l’a été François Fillon.

Croyant récupérer des électeurs de Marine Le Pen, François Fillon a endossé le rôle de prêcheur du culte républicain, a sacralisé l’identité nationale, a entretenu un ostracisme de salon, a désiré imposer sa vision conservatrice de la société, et s’est victimisé tout en plagiant outrancièrement des formules populistes. Il a fini par devenir le ventriloque de Marine Le Pen auprès des sympathisants et militants LR. Il ne manquait plus que les crèches en mairie et le père Noël à l’église pour sanctifier le culte républicain.

À tant marteler qu’il faut « casser la baraque », François Fillon a oublié de ciseler son projet afin de proposer un nouveau modèle. Il a refusé le libéralisme. Il s’est contenté d’exploiter son expérience de tacticien de la politique, des éléments de langage acquis durant ses 36 années dans les couloirs du pouvoir, dont 5 années comme chef de gouvernement sous la présidence de Sarkozy. Ses années d’expérience ont déjà donné la preuve de leur efficience : le retour du parti socialiste au pouvoir.

Formaté à la dichotomie droite/gauche et aux calculs électoraux, il s’est évertué à séduire des électeurs de Marine Le Pen, tout en épargnant celle-ci sur la teneur de son système socialiste et nationaliste, puis à décrédibiliser Emmanuel Macron en le reléguant à gauche, voire au « hollandisme », ou en formulant des propos dénigrants à son égard après avoir déclaré en février : « Si Emmanuel Macron veut venir dans mon gouvernement, je ne suis pas contre. »

Cela étant, de nombreux électeurs peuvent adhérer à la conclusion de François Fillon : « Arrêtons d’emmerder les Français. » Il aura tout au moins réussi à contenir les voix discordantes de son parti et de l’UDI, puis à les rassembler par des investitures.

Par ailleurs, à six semaines des élections, il n’hésite pas à tout effacer de son site de campagne pour présenter un programme présidentiel, comme si le projet Fillon n’en était plus un. Il renouvelle sa campagne avec d’un côté les « sarkozistes » en garde rapprochée et de l’autre il « juppéisera » très certainement son programme économique en contrepartie d’une annonce sur Twitter d’Alain Juppé : « J’envoie ce matin mon parrainage à F. Fillon. » D’un côté, François Fillon se « lepenise » davantage et de l’autre il se « macronisera ».

En cas de second tour, à l’instar de Sarkozy avec la taxe sur les transactions financières, il pourrait tout autant s’inspirer de Mélenchon et de sa proposition sur les œuvres tombées dans le domaine public et publiées par des maisons d’édition pour financer les auteurs. Et, là il toucherait le fond de la vacuité politicienne en révélant son incapacité à forger par lui-même un véritable programme. Le plagiat n’est vraiment pas un signe de courage politique.

À force de caviarder les propositions fortes de son programme à des fins électoralistes, il ne restera plus qu’un prospectus politicien qui pourrait se résumer à : « Vous voulez l’alternance ? Alors, votez François Fillon, car il est de droite. » (QUE de DROITE pas du CENTRE)  pour accéder au pouvoir suprême ne peut en aucun cas « casser la baraque ». De toute évidence, en stratégie politique, Emmanuel Macron fait office de visionnaire face à lui. Il se présente comme candidat du progressisme anticipant de ce fait un François Fillon apparemment disposé à calquer sur lui et à accentuer le conservatisme et quelques axes réactionnaires pour emboîter le pas à Marine Le Pen. François Fillon mise sur des méthodes d’apparatchik pour gagner les élections. Un énième enfumage. Un énième enterrement du libéralisme.

 

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 15:07

Comparaison des programmes de Fillon et de Macron : qui sera le plus "libéral" ? Voici un point de vue.

Après de multiples rebondissements, François Fillon est désormais le seul et l’unique candidat du parti LR. Avec le soutien inconditionnel de quelques journalistes, dont certains n’ont pas hésité à lui organiser un dîner, François Fillon dispose d’un atout non négligeable pour relayer son credo : il faut avoir le courage de « casser la baraque ». Mais son programme « casse »-t-il vraiment la baraque ?

LE PROGRAMME DE FRANÇOIS FILLON EN ÉCONOMIE

Jusqu’au 10 mars 2017, la présentation du programme de François Fillon n’était en rien renversante, contrairement au poids des mots. Elle s’apparentait à un livret scolaire dans lequel prédominait son diagnostic sur la situation. Du livret de 109 pages Pour Vous aux explications par thèmes sur son site de campagne, de nombreuses redondances littéraires se succédaient avec, de temps à autre, un cadre pour illustrer quelques propositions. Quant à l’essentiel des propositions « pour redresser la France », les plus significatives demeuraient sans explication :

  • aucune précision sur la répartition entre les charges (et lesquelles) et les impôts dans les 40 milliards au profit des entreprises, ni la période, pas plus que sur la structure qui remplacerait le RSI,
  • omission des modalités de mise en place sur la franchise de TVA pour les commerçants, artisans, et auto-entrepreneurs, sachant que pour toute réduction d’un taux TVA il faut un accord de l’Union européenne en raison de la part versée à l’UE et qu’il s’agit d’un impôt de consommation redevable par le consommateur à l’État, même si l’artisan, le commerçant ou autres en font la collecte (=peut-on juridiquement « franchiser » d’une taxe le collecteur de cette taxe ?),
  • le non remplacement des départs à la retraite des 500 000 fonctionnaires ne précisait pas quel secteur de la fonction publique serait impacté (=aucun diagnostic) et ne s’accompagnait pas d’une réforme profonde des institutions de l’État en vue de recentrer ses fonctions à un rôle purement régalien.

Par ailleurs, la fameuse suppression des 35 heures ne concernait que la fonction publique, puisque dans le privé il s’agissait de « lever le verrou » par des accords d’entreprise, un procédé qui existe déjà. Or, sans une loi sur la suppression des 35 heures, ces 39 heures ne pourraient être imposées comme une durée légale à la seule fonction publique. Et la retraite à 65 ans, avec un chômage des seniors déjà alarmant, ne risquait pas de faciliter le financement des retraites.

En résumé, le programme de François Fillon en matière d’économie était volontairement provocateur par les chiffres annoncés et les éléments de langage, mais il était superficiel. Prétendre augmenter le pouvoir d’achat avec le rétablissement de l’allocation familiale pour tous et la suppression de la cotisation d’assurance maladie, alors qu’en contrepartie il y avait une hausse de TVA de 2 points sur les taux supérieurs, démontrait l’absence d’analyse d’impact réel.

C’est peut-être pour ces raisons et d’autres, comme éviter la fuite des électeurs du centre vers Emmanuel Macron, que François Fillon a supprimé le 10 mars la présentation de ce programme sur son site de campagne, dont ont été extraites les données du tableau ci-dessous. Il annonce à cette date la « Présentation du projet présidentiel à venir prochainement », six semaines avant les élections.

 

Propositions de François Fillon sur son site de campagne

Entreprise-Commerce-Artisanat

  • baisse de l’impôt des sociétés de 33,3% à 25% + baisse des charges (lesquelles ?)= 40 milliards
  • remplacement du RSI par la création d’une nouvelle caisse pour les indépendants
  • franchise de TVA pour les commerçants, les artisans, auto-entrepreneurs, jusqu’à 50.000 euros de CA pour les services et de 120.000 CA pour les achat-reventes « ce qui augmentera de façon mécanique leur revenu » ( ce ne sont pas des ménages, alors dans les 40 milliards ?)

Salariés

  • suppression de la cotisation assurance maladie sur les salaires
  • un jour de délai de carence pour le secteur public

Ménages

  • rétablissement des allocations familiales pour tous

Pour l’ensemble

  • suppression de l’ISF
  • prélèvement unique sur les revenus du capital de 30%
  • hausse de TVA de 2 points sur les 2 taux supérieurs (de 10% à 12% et de 20% à 22%)
  • âge légal de la retraite à 65 ans + harmonisation graduelle des régimes de retraite, publics et privés, et suppression des régimes spéciaux de retraite.

Divers

  • revenir aux 39 heures dans la fonction publique pour une économie de plus de 500.000 postes de la fonction publique par le non remplacement des départ à la retraite
  • « lever le verrou » des 35 heures par accord d’entreprise ou de branche
  • réforme Code du travail avec maintien du socle de droits et de règles + priorité aux accords d’entreprise et de branches professionnelles
  • allocation chômage 75% + dégressif

À la lecture des programmes, François Fillon n’avait plus le monopole sur certaines mesures, telles que la baisse de l’impôt sur les sociétés et les capitaux, les accords d’entreprise et le Code du travail. Emmanuel Macron fait ces mêmes propositions. De plus, contrairement à François Fillon, Emmanuel Macron propose, et maintient, des mesures bien plus concrètes et novatrices (du moins en rapport aux précédents quinquennats) pour un système social-démocrate, parmi lesquelles se trouvent :

  • l’exonération de la taxe d’habitation offrant un impact réel sur 80% des foyers taxés avec indirectement un véritable contrôle sur certaines hausses abusives, puisque compensée par l’ensemble des contribuables au travers de l’État et donc contrôlée par celui-ci,
  • l’assurance chômage universel qui encourage réellement la prise de risque, notamment des auto-entrepreneurs, des artisans, des commerçants, des chefs d’entreprises TPE et PME, et des agriculteurs,
  • un système de retraite à points qui permet non seulement de supprimer les régimes spéciaux, d’optimiser la gestion des retraites (= réduction des coûts administratifs) et d’offrir une transparence sur les droits acquis, mais de plus il permet à tout un chacun d’augmenter à souhait sa contribution et de choisir le moment le plus opportun de départ à la retraite (avant ou après l’âge de légal de la retraite) le tout avec l’État comme garant et non des sociétés privées.

 

A SUIVRE

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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 14:55

Le bilan tiré par la plupart des associations de défense des personnes handicapées de l'action menée au cours des cinq dernières années concernant l'intégration des handicapés dans notre société est décevant.

Concernant notamment l'accès à l'emploi, elles se désolent de l'explosion du chômage. Celui-ci a en effet progressé de 46 % depuis 2012, soit un accroissement deux fois plus rapide que pour l'ensemble de la population.

L'absence de réforme du financement des Fonds pour l'insertion des personnes handicapées aura notamment empêché un nouvel élan. Les organisations se montrent également déçues des mesures adoptées qui ont contribué à repousser les objectifs fixés par la loi de 2002 en matière d'accessibilité des lieux publics.

Sur d'autres dossiers, les avancées ont été trop timides, telle l'augmentation du nombre de places d'accueil, la limitation de "l'exil" de certains enfants handicapés en Belgique, ou encore l'amélioration de la prise en charge des patients autistes.

Néanmoins, des coups de pouce significatifs ont été donnés économiquement, avec le cumul de la prime d'activité et de l'allocation adulte handicapé, qui a offert une hausse du pouvoir d'achat à un grand nombre de sujets concernés.

12 millions d'électeurs ignorés

Le rendez-vous avec le monde du handicap a donc été globalement manqué au cours des cinq dernières années et l'engagement des candidats à la présidentielle ne laisse guère augurer de profond changement.

Ceux qui se destinent à la fonction suprême se contentent en effet d'un service minimum, glissant sur le sujet en quelques secondes à l'occasion de leurs interventions. Ainsi, la question n'a quasiment pas été abordée lors des primaires de la Droite, puis lors de celles de la "Belle Alliance".

Pourtant, les enjeux sont nombreux et bien identifiés. Ils sont rappelés dans une lettre ouverte adressée par seize personnalités touchées directement ou indirectement par le handicap.

C'est Philippe Croizon, amputé des quatre membres, après avoir été la victime d'un arc électrique, qui s'est lancé ce nouveau défi. Il n'ignore pas que ce challenge est probablement plus ardu encore que la traversée de la manche qu'il a accomplie il y a quelques années.

Mais l'urgence nécessitait cette nouvelle prise de risque. « Comment peut-on à ce point ignorer 12 millions d'électeurs ? », s'interroge en effet celui qui depuis des années veut offrir une autre image du handicap, en démontrant la possibilité de se surpasser.

De Dominique Farrugia à Grand Corps Malade

Pour que tous ceux qui sont touchés par le handicap ne soient plus laissés pour compte, Philippe Croizon a réuni autour de lui des personnalités marquantes, Dominique Farrugia, qui souffre de sclérose en plaques, Grand Corps Malade, qui a évoqué dans de nombreuses chansons et récemment dans un film son parcours de patient, la journaliste Eglantine Eméyé mère d'un petit garçon autiste ou encore plusieurs athlètes ayant concouru lors des jeux paralympiques.

Tous partagent le même constat de l'invisibilité scandaleuse du handicap dans les discours des politiques. Ils invitent aujourd'hui ces derniers à se prononcer sur cinq sujets : les ressources, l'"exil" des personnes handicapées en Belgique faute de structures adaptées en France, l'accessibilité des lieux et transports publics, la scolarité et l'emploi.

 

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 20:06

 

Décembre 2012, un drame secouait le monde des journalisme : Jean-Baptiste Malet découvrait le monde du travail très manifestement sur un malentendu. Mars 2017, rebelote tragique : des journalistes découvrent que, dans le monde réel, faire de la politique au lieu de collecter des informations comporte parfois des risques, surtout lorsqu’ils ont abondamment miné le terrain auparavant.

L’article de référence sera produit par FranceInfo, cette indispensable chaîne « d’informations »que tout le monde réclamait. Dans ce dernier, on découvre, effaré, le nouveau calvaire des petits Albert Londres de la France profonde, les risques insensés que prennent chaque jour les futurs Hemingway et autres Blaise Cendrars du 21ème siècle.

Et ce n’est pas joli joli : à la violence des combats en Syrie, à la tension à peine soutenable des reportages sur des otages en milieu djihadiste se sont succédé les interviews trottoir sur militants locaux et les questions à chaud au candidat présidentiel en goguette, et au lieu d’un parcours de santé, c’est à une véritable guérilla urbaine qu’il faut faire face à présent dans laquelle aucun coup, aucune bassesse, aucune limite ne sera envisagé ni même toléré.

En quelques paragraphes circonstanciés, la situation est décrite, horrible dans son aspect le plus brut : des militants sont méchants avec des journalistes et pire encore, ces militants sont fillonistes.

La lecture est dure, insoutenable parfois dans la précision chirurgicale des exactions ignobles perpétrées sur les journalistes qui, héroïquement, se sont aventurés dans ces jungles modernes de meetings de droite où se sont, très rapidement, radicalisés les centristes de droite, où œuvrent en sous-main les sections d’assaut séguinistes révolutionnaires, où les escadrons de la mort estrosiens sévissent sans frein.

On apprend ainsi que lors d’un meeting enfiévré, le carré presse, situé au milieu d’un rassemblement de militants, probablement encadrés par de jeunes fillonistes en chemises brunes portant drapeaux à sourcils gammés, va vivre un moment « étonnant » puisque, d’un coup, « Il y a eu une vague de sifflets contre les journalistes. »

Plus loin, on découvre avec horreur que certains soutiens officiels de Fillon n’hésitent pas à sortir l’une des pires injures qui puisse être, à peine un cran en dessous de « facho » qu’on n’entend pourtant jamais ni sur les plateaux télé, ni dans aucune tribune, jamais : une journaliste se fait ainsi traiter de « collabo ». L’impact est insupportable pour la journaliste qui ne pourra qu’en faire part à ses confrères.

Mais il y a pire : les tensions sont telles que les journalistes n’arrivent plus à faire leur travail puisque, tenez-vous bien, les gens refusent maintenant de répondre à leurs questions. Il semble qu’a complètement disparu l’attrait du gros micro mou, jadis aimant puissant qui permettait au journaliste d’attirer n’importe qui en lui posant des questions puissamment pertinentes.

Et le reste de l’article ne laisse aucun doute : c’est un véritable fossé, que dis-je, un canyon d’ampleur biblique qui s’est ouvert entre les journalistes et les hordes « fanatisées » de militants de droite. La France vient d’entrer dans une ère nouvelle où le Front National n’est plus seul à répandre la peur et à nourrir le ventre fécond des heures les plus sombres de notre vivre ensemble.

Au-delà de ce constat, l’article, bien qu’écrit par les scribouillards habituels déjà pas du tout biaisés, réussit quand même le pari de fournir quelques informations intéressantes, comme par exemple ceci :

D’affables et courtois, certains militants sont devenus hostiles, méfiants voire agressifs à l’encontre des journalistes.

Étonnant puisqu’on apprend que des militants, alors qu’ils étaient affables et courtois jusqu’à présent, sont maintenant excédés par l’attitude de certains journalistes. Rassurez-vous quand même : si le constat est ferme et définitif, le questionnement sur un tel cheminement de la part de ces gens auparavant affables n’a pas lieu.

Jusqu’à présent, notons que la violence n’est guère plus que verbale. Un peu plus loin, toutefois, c’est le drame :

C’était au moment où Fillon est arrivé. Un homme m’a attrapé, tordu le bras puis a voulu prendre mon micro avant de finalement me pousser.

Au moins avons-nous ici un cas (unique certes, mais clair) de violence (inouïe) sur un journaliste, par un individu totalement et indubitablement filloniste qui s’avérera un peu plus loin être un élu. Un politicien qui se laisse aller à des violences, voilà qui ne surprendra que les plus naïfs. Au-delà de cet exemple, force est de constater que l’ensemble des plaintes et autres chouinements de journalistes constituent essentiellement une variation sur le thème si délicieusement mignon des sentiments heurtés, des blessures sentimentales, psychologiques ou de conviction qu’un cerfa (déclaration de blessure) peut justement enregistrer et permet de couvrir amplement.

En somme, le journalisme sur terrain hostile n’a qu’à bien se tenir.

Bien évidemment, on ne doit pas s’affranchir de conclure qu’il est globalement stupide et inexcusable de s’en prendre physiquement à des journalistes. Le libéral qui ne sommeille pas en moi se doit de rappeler que rien n’excuse la violence physique sur des individus qui font leur travail, même si c’est de façon alternative. Bien évidemment.

Mais jusqu’à preuve du contraire et en prolongement de ce qu’on observe, envoyer paître des journalistes reste aussi tout à fait légal. Les siffler aussi, même si ce n’est pas très agréable pour eux. Ça fait même partie de la liberté d’expression que ces derniers devraient s’empresser de défendre et non utiliser à géométrie variable. Plus à propos, en fait d’agression filloniste, on trouve surtout une poignée de cas (et encore, je suis gentil) qu’on pourra retrouver pour tous les partis et pour différentes équipes de journalistes.

En revanche, je trouve extraordinaire la capacité de cette profession ou, en tout cas, des spécimens rapportés par l’article, à complètement occulter leur part de responsabilité dans ce retour de bâton : ces derniers observent que l’attitude des militants et sympathisants a fondamentalement changé, pouf, d’un coup, à la suite d’un travail tout à fait exemplaire de la presse, mais surtout, surtout, n’essayent pas de comprendre pourquoi, n’essayent pas d’expliquer, se contentent de condamner et de ne surtout rien corriger à leur attitude.

Pourtant, il suffira de se reporter au CSA pour comprendre l’ampleur de l’hypocrisie et l’ironie de la situation : la presse ayant consciencieusement pilonné le candidat de droite se retrouve à devoir le laisser tranquille pour s’occuper du vaste néant de gauche ou des bateleurs des extrêmes pour compenser. Difficile de croire en un traitement impartial devant une telle différence entre les candidats. Difficile de corroborer l’idée d’une presse neutre qui aurait correctement fait son travail devant les témoignages nombreux d’un changement brutal des attitudes du peuple face à elle. Difficile d’oublier la méfiance toujours grandissante des citoyens envers la presse.

Eh oui : à force d’afficher leur mépris pour une partie du peuple, celle qui ne vote ou ne pense pas comme il faut, à force de tenter de manipuler tout le monde, de faire de la propagande au lieu d’informer, les journalistes subissent un retour de bâton. Pour nos petits flocons de neige journalistiques, il est plus que temps de chouiner sur leurs sentiments blessés.

 

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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 16:42

Le socialisme consiste à faire la générosité avec l’argent des autres. Les autres c’est nous, et l’argent, c’est le nôtre.

Julien Dray est un éléphanteau du PS, un éléphanteau qui aime son confort et que sa montre (en général une Rolex achetée à New York lors de week-ends de ventes privées organisées par la marque) donne la bonne heure.

Je le comprends, moi qui, à ma main, suis équipé d’une «ICE Watch » plaqué inox à tout de même 70 €, ce que j’ai trouvé déjà pas donné. M’enfin, comme elle est étanche, je me suis dit qu’elle ferait bien l’affaire pour barboter à la piscine avec les jumeaux et prendre ma douche le matin.

Bon, je ne connais pas le modèle de bagnole de Julien Dray, grand socialiste devant l’éternel, mais moi qui roule en Dacia, je peux vous certifier qu’il n’est pas utile de gagner 9 000 euros par mois pour se payer une Dacia. Ou alors une par mois, mais il est vrai de petite taille et sans clim ni direction assistée.

Pour Julien Dray, un député a donc besoin au minimum de 9 000 balles par mois…

Je précise que ce n’est pas moi qui le dis, mais Julien lui-même : « Soyons sérieux, si on veut régler le problème de la corruption, un député a besoin de 9 000 euros net par mois. »

J’aime beaucoup le « soyons «sérieux» ». Ben évidemment mes chers sans-dents, un député c’est évidemment 9 000 minimum… Bon, moi je pense qu’on aurait pu arrondir à 10 000, 10 000 au moins c’est tout rond.

Loin de moi l’idée du « pauvrisme ». Je ne demande pas à un député, ou un ministre, d’être smicard à 1149,O7€net par mois , mais non, un député n’est pas obligé de gagner 9 000 euros.

D’ailleurs, j’ai une autre idée pour lutter contre la corruption des députés. Il suffit que tous les députés soient tout simplement inspectés, audités, contrôlés et surveillés de façon tellement étroite que les tricheurs iront se chercher un autre boulot.

Le bien public, le bien commun et le bénévolat !

Chaque jour, des millions de Français travaillent souvent dur, pour moins de 9 000 euros. Largement moins même. Le salaire médian est de l’ordre de 1650€ par mois

Mais sans même parler de cela, chaque jour des millions de nos concitoyens donnent du temps à leurs semblables gratuitement, sans attendre de retour si ce n’est quelques sourires et de la gratitude.

Ils sont bénévoles.

Ils sont engagés.

Ils sont altruistes.

Ils poursuivent un objectif plus élevé appelé « le bien commun ».

Combien d’associations gérées pour rien ?

Combien de clubs sportifs fonctionnent pour « rien » ?

Cette déclaration de Julien Dray, avec dernièrement le soutien de Charles de Courson, est une insulte au peuple de France, à ses fonctionnaires, pompiers, policiers ou infirmières, à ses salariés du public comme du privé, à tous ces bénévoles y compris des maires de petites communes qui ne gagnent rien, si ce n’est « qu’il en faut bien un pour faire tourner la boutique ».

Oui c’est une insulte.

Une insulte car actuellement, un député gagne plus de 5 000 euros, et c’est essentiel qu’ils ne soient pas trop coupés des réalités de leurs administrés. Ils votent les lois. Qu’elles soient bonnes!

La politique est devenue un métier qui doit rapporter au lieu d’être une vocation pour servir.

Je crois qu’il est bon de rappeler un principe de bon sens.

Tout ne s’achète pas.

Tout ne doit pas être rémunéré.

Celui qui fait le choix de servir les autres le fait rarement uniquement par appât du gain.

Ce pays tourne non pas parce que des hommes politiques le dirigent mais parce que partout, des hommes et des femmes, qui gagnent tellement moins que 9 000 euros, sont chaque jour à leur poste.

Celui qui veut être député ne doit pas l’être parce que la soupe est bonne et la cantoche aussi !

Il doit être député pour servir.

Servir les autres.

Servir le peuple.

Se mettre au service du bien commun.

S’il veut être riche, qu’il aille faire autre chose, une chose qui ne sera pas aux frais des contribuables que nous sommes.

 

 

 

 

 

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