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  • : Le blog de Jean-Loup
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  • : Engagé, depuis plusieurs décennies dans une démarche visant à lutter contre tous les processus d'exclusion, de discrimination et de ségrégation socio-urbaine, je suis persuadé que si nous voulons « construire » une société reposant sur un véritable Vivre Ensemble. Il nous faut savoir, donner du sens au sens, prendre le temps de la concertation et faire des propositions en adéquation avec les besoins de nos concitoyens.
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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 09:20

Selon un sondage BVA, les Français n’ont qu’une confiance limitée envers les politiques : plus encore, un citoyen sur trois n’attend rien du personnel politique.

Un sondage BVA  pour la Presse Régionale et Domplus de novembre 2016 s’intéresse à la confiance des Français dans les hommes et les femmes politiques pour la compréhension de leurs préoccupations quotidiennes.

Les politiques manquent de crédibilité

Lorsque l’on interroge les Français sur la confiance qu’ils ont dans les hommes et les femmes politiques français pour prendre en compte leurs préoccupations en vue des prochaines échéances électorales, les réponses sont très négatives pour la classe politique.

34% des Français n’ont confiance en les politiques dans aucun domaine. Un citoyen sur trois n’attend donc rien du personnel politique. Près de la moitié d’entre eux n’a pas confiance dans le domaine de sa santé (51%) et de son logement (49%), ou encore pour l’équilibre entre leurs vies personnelle et professionnelle (51%). Cette proportion augmente à 61% concernant le vieillissement, à 63% concernant la situation financière de leur foyer, à 65% concernant leur emploi ou celui de leurs proches et atteint même 73% concernant leurs retraites

On remarquera que lorsque l’on interroge un millier de Français en âge de travailler sur l’équilibre entre leur vie personnelle et leur vie professionnelle, on obtient un taux de 20% qui ne se prononcent pas ou… ne sont pas concernés.

On récolte ce que l’on sème

Ces résultats sont-ils si surprenants ?

La France est en situation d’échec :

  • sur le plan des finances publiques  
  • sur le plan de l’emploi,
  • sur le plan de la la sécurité,
  • sur le plan de la cohésion sociale  

Le premier point atteste que la France est l’un des tout premiers pays à penser résoudre les problèmes soulevés par les trois points suivants à l’aide d’un poids de l’État démesuré.

Cet État boule de neige s’insinue dans tous les secteurs de la vie personnelle et quotidienne de chacun. Il prétend qu’il faut manger des fruits et des légumes, aussi bien que l’existence d’un salaire minimum ne nuit pas à l’économie. Il expose quotidiennement son échec retentissant aux Français. Ces derniers ne le perçoivent pas et pour cause, la plus grande partie du système politico-médiatique est nourrie par cet État et personne n’est enclin à mordre la main qui nourrit. Le système est bien conçu…

Qu’en est-il des politiques ? Pour être élu, il faut vendre de la protection, de la politique étatique, de l’aide sociale, de la subvention. Il ne faut certainement pas plaider en faveur de la liberté et de la responsabilité, deux principes qui conduiraient assurément le peuple à constater l’inutilité flagrante des politiques politiciens et l’inefficacité croissante de l’État. Alors les Français n’ont plus confiance.

Certains, de plus en plus nombreux, se tournent vers l’abstention. Certains, de plus en plus nombreux, se tournent vers des extrêmes au discours aussi vide de sens que vendeur. D’autres  (dont nous sommes) encore croient en l’émergence d’une domination centriste qui réconcilierait le pays.

Mais,  en fait, tout cela n’est pas très important tant qu’il faut, pour parvenir et se maintenir au pouvoir, priver les Français de leurs libertés au nom de causes variées, prétendument supérieures. Et de temps en temps, feindre de s’offusquer de la rupture entre le peuple et ses élites…

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 10:32

Nathalie Koscuisko-Morizet (NKM), seule femme candidate des primaires à droite, affiche des propositions plutôt libérales. Qu’en est-il vraiment ?

Les primaires de la droite nous gratifient de débats. Force est de remarquer que NKM , âgée de 43 ans, polytechnicienne et seule femme, tranche avec le reste des candidats.

Elle nous joue la carte de la séduction par la modernité.

Hélas, hélas, modernité affichée mais surtout pas libéralisme…

Certes, NKM s’est déclarée partisane de la flat tax . Dans la vision libérale, la flat tax désigne en principe un impôt à taux unique et applicable à tous.

Voyez cela comme une sorte de charge de copropriété minimale pour s’assurer que ce ne soit pas le foutoir dans les parties communes et responsabiliser tous les copropriétaires occupants de l’espace public. C’est simple à recouvrer (donc nécessite peu de fonctionnaires) et il n’y a pas de clés de répartition permettant toute sorte de déviances électoralistes. Du style : “ceux qui votent pour moi paieront moins que les autres”.

Bizarrement, dans le détail du programme de NKM la flat tax devient un “impôt proportionnel individualisé”. Autant dire, tout sauf une vraie flat tax et retour à la case départ, à savoir un système fiscal flexible selon le poil des électeurs qu’on veut caresser.

Notre polytechnicienne promeut aussi une alchimie magique “fiscalité – économie numérique”.

Supprimer l’ISF – l’impôt sur la fortune – serait impopulaire, les sondages le prouvent. En France, un riche est présumé avoir gagné de l’argent en exploitant des pauvres. Heureusement, dans le pays des Droits de l’Homme, la justice fiscale est là pour redistribuer ce qui a été injustement distribué. Probablement parce que nos lois sont mal faites et que c’est celle du plus fort qui règne, plutôt que la concurrence loyale… Ce qui explique certainement que la France soit le seul pays au monde à conserver cet impôt stupide.

Dans un programme, qui par ailleurs se targue de “100 milliards d’économies d’impôts d’euros de baisse d’impôts et de charges pour la compétitivité des entreprises” dans le but de “créer un choc de compétitivité dans notre pays”, NKM n’a aucune envie de supprimer l’un des impôts les plus stupides. Cela risquerait de la rendre impopulaire ou ce serait trop fatigant à bien justifier en élevant le débat. Son esprit fécond accouche donc d’une autre brillante idée : transformer l’ISF en “obligation d’investissement” dans les petites entreprises et notamment du numérique.

Tous les gérants de fonds techno, tous les employés des entreprises techno vont donc voter NKM. Les autres, la masse, sont indifférents puisque l’ISF est maintenu et “les riches paient”.

Vous voyez le truc…

Un petit “noyau dur” d’électeurs conquis (je connais peu de noyaux mous en dehors de celui de la paramécie, mais le langage journalistique aime noyau dur, donc je m’y plie).

Aucun électeur en dehors dudit noyau désagréablement chatouillé par la belle et lumineuse NKM.

Un beau petit exercice de démagogie.

Décidément, nos étatistes de droite sont indécrottables…

NKM est peut-être techno-branchouille mais pas différente de ses grands rivaux en ce qui concerne le dirigisme.

Il est douteux que les qualités nécessaires pour briguer et les qualités nécessaires pour gouverner – qui ont quelque chose d’antinomique – se retrouvent dans le même personnage. À la limite, on pourrait dire que celui qui a le plus de chances d’être élu a le moins de chances d’être un bon gouvernant.  
(…)
Aristote n’avait pas tort de remarquer que le démagogue et le courtisan appartiennent à la même espèce.”       Vladimir Volkoff, Pourquoi je suis moyennement démocrate

 

L’avantage incontestable de l’économie numérique consiste à remettre en cause un certain nombre de rentes en supprimant certaines barrières à l’entrée et en rétablissant de la concurrence là où nos étatistes de droite ou de gauche l’avaient fait disparaître pour complaire à leurs électeurs. C’est probablement pourquoi ces étatistes restent si imperméables à l’économie numérique, regrette Nicolas Perrin.

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 20:07

Les Français rejettent les politiciens professionnels, mais les élisent encore et toujours, refusant de donner une chance aux profils atypiques. Comment expliquer ce paradoxe français ? C'est ce que tente d'expliciter cet article  

 

Les Français rejettent les technocrates, appellent au renouvellement de la classe politique, exigent de vraies réformes, dénoncent les privilèges des élus, les collusions d’intérêts et attendent une transparence absolue. Pourtant, leurs favoris pour 2017 sont, à droite, Alain Juppé, un énarque septuagénaire et, à gauche, Emmanuel Macron, un énarque banquier.

L’esprit de contradiction des Français

Le politologue Alain Duhamel y voit l’expression d’un attachement des Français à la monarchie. Ils « souhaitent un président patriarche, paternel, en apparence au-dessus des partis, incarnant l’unité. Autrement dit, ils rêvent (…) d’un monarque constitutionnel » explique-t-il au magazine Pèlerin.

Effectivement, l’image de président normal revendiquée par François Hollande, en opposition à celle du monarque républicain, s’est très rapidement usée dans l’opinion. Si, durant la campagne, certains, comme le sociologue de l’image Gianni Hanver, estimaient que « se positionner comme étant un président normal est très efficace » ; dès mai 2012, le communiquant Olivier Cimelière relevait la montée en puissance du Hollande Bashing, estimant que « la normalité tant affichée est maintenant prétexte à un feu nourri de critiques ».

« D’accord pour réformer, mais sans moi ! »

Autre contradiction, sur le fond cette fois : les Français plébiscitent les grandes réformes… tant qu’elles ne les touchent pas. Un exemple : la réforme du système de santé. Alors que 8 Français sur 10 considèrent sa refonte nécessaire… seulement 3 sur 10 sont disposés à payer plus cher les consultations médicales.

La Loi El Khomri illustre aussi cette contradiction. Fin janvier, 63% des Français demandaient « un contrat de travail plus souple ». Un mois plus tard, ils étaient 70% à voir dans le projet de loi « une menace pour les droits des salariés ». Mi-mars, seuls 18% soutenaient la réforme. Comment est-on passé du consensus à l’hostilité en quelques semaines ? « Les peurs l’ont emporté dans l’opinion »reconnaissait Bernard Sananès, président d’Elabe. Peur de quoi ? Du changement. N’était-ce pas pourtant le slogan de François Hollande ?

Je te hais, moi non plus

Le principal paradoxe Français reste de rejeter massivement les Partis de gouvernement… tout en continuant à voter pour eux et à disqualifier les candidats alternatifs.

Ainsi, dans un sondage de février 2016, 78% se disaient prêts « à voter pour un candidat ni issu ni soutenu par un parti ». Pourtant, il ne sont pas plus de 20% à accorder leur voix à Emmanuel Macron, seul candidat hors des partis traditionnels, attribuant 55% des voix au couple Juppé/Le Pen.

Le système politique en cause

Alors que le mode de scrutin à deux tours devrait permettre aux électeurs de choisir au premier et éliminer au second, la concordance des élections présidentielle et législatives, depuis la réforme du quinquennat de 2000, favorise le vote utile dès le premier tour. Autrement dit, les électeurs éliminent d’office les candidats ne pouvant pas réunir un grand nombre de députés derrière eux, au motif qu’ils n’auront pas de majorité pour gouverner.

Ainsi, l’éditorialiste Jacques Julliard explique-t-il les échecs successifs du Centre à la présidentielle par le sentiment qu’on peut être assuré qu’il n’aura pas de majorité au Parlement.

L’électeur préfèrerait donc voter pour le candidat d’un Parti d’envergure nationale, sans quoi il « aurait l’impression d’avoir une voix qui ne compte pas », comme l’explique Vincent Schnebel, fondateur du blog « les chevaliers des grands arrêts ».

Or, ce calcul renforce la bipolarisation du paysage politique français et l’idée selon laquelle nous n’élirions que des Présidents par défaut.

Même l’ascension de Marine Le Pen ne semble pas remettre cette thèse en question. En effet, selon le chroniqueur Mathieu Géniole, les électeurs savent que, même si « Marine Le Pen devait accéder à la fonction suprême, elle ne pourrait rien faire : la Constitution ne lui donne quasiment aucun pouvoir sans le Parlement ». Or, avec le mode de scrutin actuel, « seuls les grands partis accèdent à l’Assemblée » et « les députés FN se compteront sur les doigts d’une main ».

Un scénario dont la candidate serait elle-même consciente. Ainsi, un cadre du Front National confiait au Nouvel Obs qu’aux yeux de Marine Le Pen, « le vrai rendez-vous, c’est 2022. Avant, le FN ne sera pas prêt, et les conditions de sa victoire ne seront pas réunies : la décomposition de la droite après celle de la gauche ».

Le régime de la Ve République serait donc responsable de ce paradoxe politique.

Sortir du cul-de-sac politique

Nombre de constitutionnalistes prônent une refonte du système : l’abandon du régime présidentiel en faveur d’un régime parlementaire dit Primo-ministériel : « un Premier ministre en vrai patron du gouvernement et un président de la République plus effacé », résume l’universitaire Bastien François« Un premier ministre qui gouverne grâce au soutien de l’Assemblée et un président qui incarne la continuité de la France »précise le constitutionnaliste Dominique Rousseau.

Ils s’accordent aussi sur l’injection d’une dose de proportionnelle au mode de scrutin législatif. Ils rejettent cependant la proposition socialiste de 10% de députés élus à la proportionnelle. « 10%, c’est juste assez pour fausser la représentation des habitants regroupés par territoire, et c’est juste assez peu pour n’avoir aucune chance d’aboutir » juge le politologue Thomas Guénolé. Le modèle allemand, contenant 50% de proportionnelle, serait donc à privilégier.

Renouveler la vie politique française nécessiterait donc le passage à une 6ème République… dont aucun Parti de gouvernement ne semble pourtant vouloir. Une belle aporie. Le paradoxe serait-il donc définitivement insoluble ?


 

 

 

 

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 13:04

Quand on assiste au Naufrage démocratique : Hollande et la droite responsables

Pendant que les citoyens ordinaires rament pour survivre, les politiciens sont obnubilés par le poste qu’ils occuperont un peu plus tard.

C’est le naufrage démocratique dans toute son horreur, et peut-être même jusqu’à plus soif, jusqu’à convaincre les Français que l’obsession du pouvoir chez les uns et chez les autres, qui s’exprime à l’occasion des procédures électorales, est contraire à l’intérêt général.

Le naufrage démocratique avec Hollande

Dans ce domaine, François Hollande fait très fort, avec la sortie d’un énième livre de confidences à des journalistes qui constitue une nouvelle torpille contre la coque du bateau républicain. Hollande voudrait donner le sentiment que son désastreux bilan est d’abord dû à un manque d’intérêt pour les problèmes du pays, et à une forme de paresse, il ne s’y serait pas pris autrement.

Mais, à force de parler à tous les journalistes de France, à longueur de journée, pour raconter la brillante place qu’il occupe dans l’Histoire, où Hollande trouve-t-il le temps de travailler ? Encore un, en tout cas, qui croit qu’il pourra donner du sens à sa politique (si tant est qu’elle en ait) en papotant à tout va.

Reste que, pour le citoyen ordinaire, ce spectacle désolant est une sorte de plaidoyer pour l’arrivée au pouvoir d’une personnalité forte qui ne sera pas obsédée par sa réélection (puisque le livre de confidences aux journalistes du Monde vise bien à préparer celle-ci), et qui agira en se plongeant dans les dossiers, au lieu de recevoir le gotha médiatique parisien à longueur de journées.

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Le naufrage démocratique avec les Républicains

Face à ces forfanteries, le débat chez les Républicains prend une mauvaise tournure. Les candidats ont-ils des projets différents ? Se dessine aujourd’hui une tendance « molle » autour de A Juppé qui refera du Chirac, et une tendance « dure » autour de Sarkozy dont on ne sait s’il fera mieux. Au total, les Républicains donnent le sentiment de rejeter la ligne identitaire de Sarkozy, et de se balancer des horreurs quotidiennes à la figure.

Pour les Français, le spectacle n’est pas forcément plus réjouissant que les rodomontades hollandiennes. L’étripaillage qui a eu (plus ou moins) lieu hier  soir nourrira une fois de plus l’idée que les élus s’intéressent plus au pouvoir qu’au pays. Qui plus est, les Républicains cachent mal leur conviction que le vainqueur de la primaire sera automatiquement président de la République. À moyen terme, cette suffisance se révélera désastreuse pour l’opinion, car elle va accroître le sentiment que la voix du peuple est marginalisée par l’appareil des partis politiques.

Les soutiens que A Juppé engrange font ici mauvais genre : tout se passe comme si les notables allaient décider de la primaire des Républicains à la place des électeurs, et qu’en bout de course ce jeu de parrainage allait remplacer le vote de mai 2017.

Les présidentielles bloquent désormais l’action publique pendant plus d’un an

Petit à petit, la mécanique des primaires dévoile son effet pervers : elle accroît la longueur de la campagne électorale jusqu’à la faire durer plus d’un an. Les premiers candidats se sont déclarés… au mois de mars 2016, pour une campagne qui se finira en juin 2017, avec les législatives.

Cette dérive ne manquera pas, là encore, d’agacer et d’inquiéter les électeurs au chômage, en difficulté, ou plongés dans l’inquiétude. Pendant que les citoyens ordinaires rament pour survivre, les politiciens sont obnubilés par le poste qu’ils occuperont un peu plus tard.

Et que ressort-il au juste de cette interminable confrontation ? On cherche désespérément le projet que tous ces candidats partagent effectivement avec le peuple français.

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 08:57

Chères Amies, Chers Amis Radicaux,


En mars dernier, j’avais tenu à vous informer de notre position, partagée par l’UDI, relative à la primaire de la droite et du centre organisée par Les Républicains.

Aujourd’hui, notre Comité exécutif a rappelé ce choix de liberté : liberté de choisir son candidat à l’élection présidentielle lors d’un congrès souverain début 2017 et liberté des adhérents de voter lors de cette primaire.

Cette liberté essentielle, comme notre indépendance politique ne sauraient empêcher notre Parti de s’exprimer lors de cette primaire et de prendre ses responsabilités dans un contexte sans précédent.

Plusieurs d’entre vous ont participé dans vos fédérations départementales respectives à des débats sur le positionnement de notre famille politique dans le cadre de cette primaire : vos avis ont été pris en compte.

Pour les Radicaux, la France est confrontée à une crise inédite depuis 1958 : crise économique, sociale, sécuritaire, morale et civique. Et depuis les attentats de Nice et Saint-Etienne-du-Rouvray en juillet dernier, force est de constater que le débat public et la cohésion du pays se dégradent vite.

Lors des scrutins décisifs de l’an prochain, notre pays court trois risques majeurs : la reconduction de François HOLLANDE, la montée du populisme, et le déclin économique et politique. Aussi, seule une alternance franche, claire et sereine est à même de dessiner un avenir à notre pays. Face à la montée des extrêmes, nous avons le devoir de faire un choix affirmé dans le cadre des primaires de la droite.

C’est pourquoi, le Comité exécutif a décidé à une très large majorité que le Parti Radical appelle les Français à se mobiliser pour voter en faveur d’Alain JUPPÉ lors de la primaire des 20 et 27 novembre prochains.

Parce qu’il veut et peut rassembler, Alain JUPPÉ est le seul candidat qui assure l’alternance et la rupture avec François HOLLANDE. Le Parti Radical s’engagera pour que l’alternance s’accompagne de la recomposition et de la rénovation politiques nécessaires au pays.

Parce qu’il refuse la surenchère populiste, il est en mesure de battre les extrémismes de droite comme de gauche.

Parce qu’il veut rassembler les Français, leur dire la vérité même difficile, et prendre seulement les engagements soutenables, il peut conduire la transformation profonde dont notre pays a besoin en défendant les valeurs et nombre des propositions des Radicaux : pendant plusieurs mois, sous le pilotage de Bertrand PANCHER, les Radicaux ont en effet travaillé à l’élaboration de notre Manifeste pour 2017, que nous avons le plaisir de vous communiquer sur ce lien. Et nous continuerons à porter nos idées dans le débat présidentiel !

Pour toutes ces raisons, nous vous invitons à adhérer à cette démarche de soutien à Alain JUPPE (si vous la partagez, vous pouvez remplir ce formulaire et nous le retourner à radical@partiradical.net / Parti Radical, 1 Place de Valois, 75001 PARIS), et à convaincre les Français à aller voter les 20 et 27 novembre prochains en faisant le choix du rassemblement !

Je compte sur votre soutien et votre mobilisation !

Amitiés radicales,

Laurent HÉNART
Président du Parti Radica
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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 15:01

Le Code du travail encadre déjà de manière satisfaisante le fait religieux en entreprise. En appeler à la laïcité en entreprise est une aberration.

À l’occasion d’une interview au Figaro Magazine en date du 27 août 2016, Nicolas Sarkozy a proposé d’étendre l’interdiction du voile musulman jusque dans les entreprises privées. Cette énième déclaration illustre la tentation tenace de bannir le fait religieux de l’entreprise et la crispation entourant cette question. Serpent de mer des crispations identitaires, comme ont pu l’illustrer certains débats consécutifs à la loi relative au travail, à la modernisation du dialogue et à la sécurisation des parcours professionnels, familièrement appelée loi El Khomri.

En effet, certains ont pu s’émouvoir de lire dans le rapport Badinter, puis dans le projet de "loi travail" que le salarié était libre de manifester ses convictions en entreprise, y compris religieuses, y voyant là un danger pour la laïcité et le bon fonctionnement des entreprises.

Un problème de définition : liberté religieuse et laïcité en entreprise.

La première chose à faire, quand on souhaite aboutir à une meilleure compréhension d’un problème, est de commencer à se mettre d’accord sur le sens des mots utilisés.

La liberté religieuse ne se borne pas à la seule liberté de croire ou de ne pas croire. Elle implique nécessairement une certaine extériorisation des convictions, qu’il s’agisse de l’exercice d’un culte ou de l’expression individuelle de ses convictions. Si un lecteur s’émeut de ce qu’il vient de lire, qu’il pense donc à la liberté politique : elle ne se borne pas à la simple liberté de penser mais implique la possibilité d’exprimer ses opinions politiques, y compris en public, de se réunir avec des personnes partageant les mêmes convictions politiques et éventuellement d’afficher des signes de ralliement politique, qu’il s’agisse de drapeaux, de pin’s, de symboles…

La laïcité est une caractéristique des institutions politiques sécularisées. Les institutions politiques laïques sont indépendantes des institutions religieuses et neutres vis-à-vis du fait religieux en lui-même (ce qui permet de distinguer la laïcité de l’athéisme). Principe d’indifférence de l’État, la laïcité est également la garantie que l’État assure la liberté de culte1. La laïcité a donc un champ d’application limité : elle concerne l’État et, plus généralement, toute personne chargée d’une mission de service public.

Définition du problème : que doit faire l’employeur pour restreindre le fait religieux en entreprise ?

L’employeur n’est en rien démuni face au fait religieux. En effet, outre le principe de non-discrimination, le droit du travail français précise déjà très clairement la place des libertés des salariés dans l’entreprise : l’employeur ne saurait apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché. Les libertés individuelles en cause englobent naturellement la liberté religieuse .

Loin d’être contraignantes, ces règles permettent à l’employeur de restreindre la liberté religieuse à chaque fois que la chose est objectivement justifiée. Ainsi, l’employeur peut tout à fait sanctionner un salarié :

  • refusant d’exécuter sa prestation de travail pour des raisons religieuses (par exemple, un boucher refusant de toucher de la viande de porc4, mais ce serait vrai également d’une personne quittant son poste ou arrêtant les machines afin de partir prier) ;
  • refusant de respecter les règles de sécurité et d’hygiène au travail (par exemple un machiniste refusant de raser sa barbe alors qu’il travaille sur des machines dangereuses, ou un salarié refusant le suivi médical obligatoire au motif que le médecin est du sexe opposé) ;
  • tentant d’imposer ses convictions à autrui, par exemple un formateur qui profite de sa position pour tracter pour les Témoins de Jéhovah, la Manif pour Tous, la mosquée du quartier ou pour son candidat politique favori.

Sur ce dernier point, il faut relever que seul le prosélytisme peut être sanctionné. Ainsi, doit être annulé le règlement intérieur qui interdisait, de manière générale et absolue, « les discussions politiques ou religieuses, et d’une manière générale, toute conversation étrangère au service » : une telle mesure n’est pas proportionnée au but recherché et revient à la négation pure et simple des libertés religieuses, politiques et d’expression.

Certes, tout ceci est bien beau, penseront certains in petto, mais quid du principe de laïcité ? Ce principe ne s’applique pas aux entreprises privées : la Cour de cassation a dû le rappeler dans son communiqué relatif à l'arrêt baby loup .

Le seul problème des entreprises est donc de réussir à identifier les éléments objectifs leur permettant de limiter à juste titre la liberté de leurs collaborateurs. Une tâche parfois difficile, mais pas insurmontable, qui ne justifie pas une quelconque intervention législative.

La laïcité, un vœu pieux pour 2017

De nombreuses questions auraient pu être abordées, de la guerre des crèches au restaurant d’entreprise, elles ne le seront pas. Les débats autour de ce sujet sont infinis et nous aurons l'occasion d'y revenir .

À ce stade, il ne reste donc plus qu’à exprimer qu’une chose : le souhait que chacun saura distinguer ce qui relève de l’expression, peut-être jugée déplaisante, de convictions religieuses et ce qui relève du prosélytisme abusif. La préservation d’un équilibre entre liberté religieuse et bon fonctionnement de l’entreprise est à ce prix.

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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 11:44

Le point de vue de la pluralité rappelle à la laïcité la nécessité de toujours considérer le tableau d’ensemble. Nous ne sommes pas otages de notre histoire, mais toujours libres d’apporter à nos institutions des changements.

Étudier la pluralité, et singulièrement son histoire, c’est d’abord apporter une contribution notable à notre connaissance de la laïcité. C’est en effet mettre en évidence la place de la pluralité et le rôle que celle-ci a joué dans la genèse même de l’idée laïque, première étape dans ce qui a été l'invention même de la laïcité Étudier la pluralité, c’est aussi montrer que, dans le contexte français, la laïcité a su assurer les meilleures conditions à une diversité des formes religieuses prise dans toute son étendue. Car la loi de 1905 fut aussi le moment de la libération des multiples expressions au sein des grandes traditions religieuses, la voie véritablement ouverte – pour la première fois en France – à ce que j’appellerai la pluralité interne.

Ce qui doit également nous rappeler combien une considération véritablement laïque des religions ne les tient pas pour des blocs homogènes, mais prend en compte la diversité des courants qui les parcourent, qui les déchirent même parfois. Sans oublier jamais que faire droit à la pluralité revient à assurer la garantie des droits égaux de celles et ceux qui ne se reconnaissent dans aucune appartenance religieuse.

Le principe et le nombre

Le point de vue de la pluralité rappelle aussi à la laïcité la nécessité de toujours considérer le tableau d’ensemble. Nous ne sommes pas otages de notre histoire, mais toujours parfaitement libres d’apporter à nos institutions les changements que nous souhaitons. Mais ceci en tenant compte de l’ensemble des besoins et des effets attendus. Ce qui suppose de maintenir toute notre attention aux groupes les plus petits, ou les plus discrets. Se pose ici la grande question de l’équilibre, sur lequel il ne faut rien céder, entre principe et nombre (à ce sujet signalons la parution prochaine d’un Atlas des minorités religieuses, réalisé dans le cadre du programme Minorel)

C’est dire aussi résister à la tentation de la focalisation sur certains groupes confessionnels en particulier, et en tout premier lieu à celle qui a trop souvent cours en ce moment, concernant deux groupes entre tous : les musulmans et les catholiques.

Ce qui, dans la sphère de la recherche, implique notamment de maintenir notre effort concernant la Réforme, dont le rôle a été si décisif dans l’histoire de la modernité occidentale, mais dont on peut douter qu’elle ait trouvé toute la place qui doit lui revenir dans le paysage actuel de la recherche française.

Minorités et majorité

Ériger la pluralité religieuse en objet d’histoire au sens plein du terme, c’est encore ne pas considérer les groupes religieux dans l’histoire comme des isolats. Ces groupes sont partie prenante de contextes au sein desquels ils nouent et tissent des relations multiples. Ils participent à modeler ces contextes : on sait l’importance de la diversité religieuse dans la fondation de la République américaine. Ils y évoluent aussi et se modifient eux-mêmes en développant de multiples stratégies d’adaptation.

Ainsi, dans le cas français, le rapport entre minorités et majorité, mais aussi l’évolution d’une majorité qui, tout en restant largement majoritaire, perd sa position de religion exclusive. Un changement tout à fait radical dont on n’a peut-être pas encore mesuré tous les effets. Tout ceci alors que l’on ne saurait nier la nécessité absolue de la comparaison avec d’autres contextes, particulièrement à l’échelle nationale, pour réaliser aussi pourquoi nous avons parfois tant de mal à nous comprendre sur ces sujets entre proches voisins, d’un pays à l’autre, et particulièrement d’un bord de l’Atlantique à l’autre, entre Français et Américains

Le poids des héritages du passé

Une telle histoire de la pluralité en matière de religion est aussi une histoire des cultures et des mentalités. Ainsi, et pour ne prendre qu’un seul exemple, mais qui occupe tant les esprits et les débats, celui de la perception du port du foulard islamique, si différente notamment entre la France et les pays anglo-saxons. Mais n’est-ce pas parce qu’en France, la vie de la diversité s’est construite, n’a été rendue possible, que par ce que j’appellerai la « neutralisation » d’un espace commun qui avait d’abord été si massivement et exclusivement investi par le catholicisme ?

Il y a là, nous semble-t-il, un héritage historique qui agit sans même que nous en ayons conscience et qui rend les Français particulièrement sensibles et réticents à tout signe à forte visibilité. Un héritage dont il importe grandement de le faire comprendre aussi aux porteurs de ces signes, et aujourd’hui à celles qui portent le foulard.

À cette histoire de la pluralité, la pluridisciplinarité est absolument nécessaire, le travail conjoint avec – entre autres disciplines – le droit, la science politique, la philosophie. Entre elles, le dialogue est indispensable, mais on ne saurait prétendre qu’il soit simple et toujours facile.

La laïcité est certes d’abord du domaine du droit, un droit qu’il faut faire connaître aux citoyens, dont il faut leur apporter une connaissance débarrassée des entreprises de gauchissement et d’emprise qui sont si fortes aujourd’hui. Mais en rappelant aussi que le droit lui-même n’est pas une essence intemporelle, qu’il est le produit d’une histoire et d’une sociologie. Et que, comme le montre l’exemple précédemment cité, dans la vie du corps social le droit n’est pas tout et ne peut être seul considéré.

Un déficit de pluralisme

Enfin, cette prise au sérieux de la pluralité a aussi pour vertu de faire apparaître un certain déficit de pluralisme, au sens d’une manière de voir plurielle, dans notre culture commune, et le poids des héritages du passé dans la façon dont nous appréhendons ces questions, dans nos catégories ainsi que dans les usages institutionnels.

On peut y repérer l’empreinte, bien sûr, de la culture catholique, mais aussi celle d’un long XIXesiècle, qui – des fondations napoléoniennes à la loi de 1905 – a été celui de la naturalisation du pluralisme en France avec le système dit « des cultes reconnus » (et non pas seulement, comme on le dit encore si souvent, « le système concordataire ») ; un pluralisme réel, effectif mais limité, et surtout, entièrement soumis à la main de fer de l'état.

C’est, nous semble-t-il, en attirant l’attention sur des domaines à faible visibilité ou peu pris en compte, en interrogeant les catégories en usage, en remettant les questions en contexte que la recherche peut aussi exercer ses responsabilités à l’égard de la cité sur un sujet en ce moment si sensible et suscitant tant de préoccupations.

Avec, aussi, le devoir de résister à la demande sociale, en gardant toujours présent à l’esprit le risque, en voulant répondre trop directement aux demandes politiques, médiatiques et sociétales, de perdre de la nécessaire indépendance qui fonde la pertinence de toute recherche.

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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 15:46

Licenciements, inégalités injustifiées, riches de plus en plus riches, bonus immérités… tout cela est la conséquence des politiques publiques conduites depuis quarante ans. L’indignation des élites et des élus responsables est déplacée.

Selon un ancien président, « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ». Elles exercent cependant une attraction universelle de l’électeur, sous toutes latitudes et à toutes les époques.

Pendant longtemps, ces promesses généreuses étaient payées avec l’argent des autres.

Salaires en hausse, semaines de travail réduites, vacances supplémentaires, âge de la retraite abaissé, etc. — sans lien avec la richesse créée, tout cela fut possible. Il suffisait de dévaluer le franc pour permettre au tissu économique d’absorber des cadeaux électoraux, et le tour était joué.

Certes, les quelques privilégiés qui avaient eu le temps de placer leurs économies en dehors de France, en Suisse ou ailleurs, étaient soudainement plus riches, et les Français qui avaient l’intention de passer leurs vacances à l’étranger ou bien plus simplement d’acheter des produits importés étaient pénalisés. Mais qui s’en souciait ?

Puis vint la multiplication des allocations, aides, subventions et primes en tous genres, mais aussi des niches fiscales bien gardées. Il fallut alors trouver autre chose que la dévaluation (désormais impossible avec l’euro) et la hausse habituelle des impôts. D’autant que nombre de ces décisions avaient des effets pervers, comme par exemple l'effet boomerang inflationniste des aides au logement sur les loyers. Ce qui justifiait de nouvelles dépenses publiques pour tenter de corriger ces effets indésirables !

Aussi les responsables politiques commencèrent à recourir de plus en plus massivement à l’endettement (supposé indolore, car remboursé en contractant de nouvelles dettes, indéfiniment… tant qu’il y a des prêteurs…).

Ni vu, ni connu… du moins pas tout de suite

Trente ans après ce tournant majeur en matière de politiques publiques dans presque toutes les démocraties occidentales, les dégâts sont là. L’activité est chaque décennie plus anémiée ; on perd en moyenne un point de croissance annuelle tous les 10 ans depuis le début des années 1980. Sans croissance ou presque, et sans inflation, l’amortissement des dettes est de plus en plus délicat.

En effet, les progrès technologiques permettent aux industriels de fabriquer de nouveaux produits de plus en plus sophistiqués à un coût décroissant (regardez votre téléviseur !). Les jeunes créateurs d’entreprises, surtout avec l’ubérisation, proposent de nouveaux services de moins en moins chers. Ces innovations, dans une société vieillissante, sont déflationnistes. Or les gouvernements surendettés ont besoin d’inflation pour amortir leurs dettes sans douleur.

La parade est cependant bien connue, avec la généralisation des politiques monétaires non conventionnelles, selon les termes de leurs concepteurs eux-mêmes. Quel aveu, comme si nous étions des rats de laboratoire sur lesquels on peut faire des expériences ! Le résultat fut une baisse sans précédent, historique, des taux d’intérêt.

L’objectif est de décourager l’épargne. Au contraire, il faut stimuler la dépense pour acheter des produits que des industriels fabriqueront, créant de nouvelles capacités de production et finalement embauchant.

Mais dans leur course effrénée à la baisse des taux, officiellement pour donner du temps à des gouvernements d’initier des réformes grâce à l’argent gratuit ou presque, les autorités monétaires sont allées très loin. Certains gouvernements, sur lesquels la contrainte financière ne pesait plus, ont profité de l’aubaine pour justement ne rien faire…

Les effets pervers de telles politiques de fuite en avant sont déjà palpables.

Comme chacun peut le constater, l'économie de la vielle Europe, notamment en Zone euro, reste globalement toujours anémiée.

Brutaliser les épargnants pour les forcer à dépenser n’a aucun sens s’ils n’ont pas envie d’acheter. Les seniors, de plus en plus nombreux, déjà largement équipés en biens de consommation, ont peu de besoins nouveaux. Au contraire, les taux très bas les incitent à épargner encore avantage. Par peur de manquer de revenus futurs, ils compensent la baisse des rendements en mettant encore plus d’argent de côté.

Plus les taux d’intérêt sont bas, plus les prix des actions, des obligations, ou de l’immobilier, seront élevés, rendant encore plus riches leurs détenteurs. Les obligations émises dans le passé à des taux plus élevés, les actions dont le rendement, grâce au dividende, devient supérieur aux taux des titres d’État, les biens immobiliers qui rapportent des loyers même modestes sont toujours préférables à rien.

À cela s’ajoute la situation des dirigeants de grandes entreprises, dont les bonus sont en partie indexés sur la performance boursière de leurs titres. La surévaluation de la cotation boursière des entreprises qu’ils dirigent résulte aussi de ces politiques de taux zéro, et non pas uniquement de leur génie. Pourtant, les rémunérations qu’ils perçoivent sont jugées indécentes par des politiciens qui sont à l’origine de ces hausses de cours en partie artificielles.

Les taux bas, une fausse aubaine pour les emprunteurs

Les candidats à l’accession à la propriété acceptent de payer très cher des biens immobiliers, au motif que l’endettement est presque gratuit, faisant ainsi la fortune des,déjà, riches vendeurs. Il est inquiétant de voir augmenter le nombre de primo-accédants sur la période récente. Souvent l’arrivée sur un marché déjà très haut des populations les plus modestes et les moins bien informées est le symptôme de la fin d'une bulle.

Enfin, les industriels, censés profiter de l’opportunité du crédit bon marché bas pour augmenter ou créer des capacités de production, ne se précipitent pas pour emprunter. S’ils le font, c’est pour investir dans la robotisation, accélérant la destruction d’emplois, alors que la population active n’a pas encore eu le temps d’ajuster complètement ses qualifications à cette révolution technologique.

Panne de la consommation, taux de chômage élevé des non-qualifiés, enrichissement des nantis, euthanasie financière des retraités, quels beaux résultats pour des politiques censées apporter l’emploi pour tous, la réduction des inégalités, et la justice sociale.

Pourquoi ne pas laisser les taux d’intérêt s’ajuster en fonction de l’offre et de la demande sur les marchés financiers, en dehors de toute manipulation par les banques centrales ?

Les épargnants modestes qui ne placent pas leurs économies sur des supports spéculatifs seraient enfin honnêtement rémunérés, les industriels n’automatiseraient leurs usines qu’à bon escient, et les baisses des marchés financiers et immobiliers permettraient une redistribution des richesses.

Oubliez tout ça. Aucun gouvernement ne pourra jamais accepter un tel scénario, qui l’obligerait à se déclarer en défaut et à ruiner complètement ses prêteurs (souvent ses électeurs d’ailleurs par le biais des contrats d’assurance-vie) et à en terminer avec le déficit.

Sans recours à la dette, un gouvernement doit présenter des budgets équilibrés, avoir une gestion vertueuse des deniers publics. Comment dés lors pratiquer le clientélisme en distribuant des avantages (allocations, aides, subventions, primes, etc.) à sa base électorale ?

Un tel scénario est tout bonnement inimaginable.

Mais tôt ou tard, la réalité s’imposera. La sortie se fera par l’inflation. Et à ce moment-là, il vaudra mieux avoir de l’or…

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 08:06

Le Code du travail encadre déjà de manière satisfaisante le fait religieux en entreprise. En appeler à la laïcité en entreprise est une aberration.

À l’occasion d’une interview au Figaro Magazine en date du 27 août 2016, Nicolas Sarkozy a proposé d’étendre l’interdiction du voile musulman jusque dans les entreprises privées. Cette énième déclaration illustre la tentation tenace de bannir le fait religieux de l’entreprise et la crispation entourant cette question. Serpent de mer des crispations identitaires, comme ont pu l’illustrer certains débats consécutifs à la loi relative au travail, à la modernisation du dialogue et à la sécurisation des parcours professionnels, familièrement appelée loi El Khomri.

En effet, certains ont pu s’émouvoir de lire dans le rapport Badinter, puis dans le projet de "loi travail" que le salarié était libre de manifester ses convictions en entreprise, y compris religieuses, y voyant là un danger pour la laïcité et le bon fonctionnement des entreprises.

Un problème de définition : liberté religieuse et laïcité en entreprise.

La première chose à faire, quand on souhaite aboutir à une meilleure compréhension d’un problème, est de commencer à se mettre d’accord sur le sens des mots utilisés.

La liberté religieuse ne se borne pas à la seule liberté de croire ou de ne pas croire. Elle implique nécessairement une certaine extériorisation des convictions, qu’il s’agisse de l’exercice d’un culte ou de l’expression individuelle de ses convictions. Si un lecteur s’émeut de ce qu’il vient de lire, qu’il pense donc à la liberté politique : elle ne se borne pas à la simple liberté de penser mais implique la possibilité d’exprimer ses opinions politiques, y compris en public, de se réunir avec des personnes partageant les mêmes convictions politiques et éventuellement d’afficher des signes de ralliement politique, qu’il s’agisse de drapeaux, de pin’s, de symboles…

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La laïcité est une caractéristique des institutions politiques sécularisées. Les institutions politiques laïques sont indépendantes des institutions religieuses et neutres vis-à-vis du fait religieux en lui-même (ce qui permet de distinguer la laïcité de l’athéisme). Principe d’indifférence de l’État, la laïcité est également la garantie que l’État assure la liberté de culte1. La laïcité a donc un champ d’application limité : elle concerne l’État et, plus généralement, toute personne chargée d’une mission de service public.

Définition du problème : que doit faire l’employeur pour restreindre le fait religieux en entreprise ?

L’employeur n’est en rien démuni face au fait religieux. En effet, outre le principe de non-discrimination2, le droit du travail français précise déjà très clairement la place des libertés des salariés dans l’entreprise : l’employeur ne saurait apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché. Les libertés individuelles en cause englobent naturellement la liberté religieuse .

Loin d’être contraignantes, ces règles permettent à l’employeur de restreindre la liberté religieuse à chaque fois que la chose est objectivement justifiée. Ainsi, l’employeur peut tout à fait sanctionner un salarié :

  • refusant d’exécuter sa prestation de travail pour des raisons religieuses (par exemple, un boucher refusant de toucher de la viande de porc4, mais ce serait vrai également d’une personne quittant son poste ou arrêtant les machines afin de partir prier) ;
  • refusant de respecter les règles de sécurité et d’hygiène au travail (par exemple un machiniste refusant de raser sa barbe alors qu’il travaille sur des machines dangereuses, ou un salarié refusant le suivi médical obligatoire au motif que le médecin est du sexe opposé) ;
  • tentant d’imposer ses convictions à autrui, par exemple un formateur qui profite de sa position pour tracter pour les Témoins de Jéhovah, la Manif pour Tous, la mosquée du quartier ou pour son candidat politique favori.

Sur ce dernier point, il faut relever que seul le prosélytisme peut être sanctionné. Ainsi, doit être annulé le règlement intérieur qui interdisait, de manière générale et absolue, « les discussions politiques ou religieuses, et d’une manière générale, toute conversation étrangère au service » : une telle mesure n’est pas proportionnée au but recherché et revient à la négation pure et simple des libertés religieuses, politiques et d’expression.

Certes, tout ceci est bien beau, penseront certains in petto, mais quid du principe de laïcité ? Ce principe ne s’applique pas aux entreprises privées : la Cour de cassation a dû le rappeler dans son communiqué relatif à l'arrêt baby loup .

Le seul problème des entreprises est donc de réussir à identifier les éléments objectifs leur permettant de limiter à juste titre la liberté de leurs collaborateurs. Une tâche parfois difficile, mais pas insurmontable, qui ne justifie pas une quelconque intervention législative.

La laïcité, un vœu pieux pour 2017

De nombreuses questions auraient pu être abordées, de la guerre des crèches au restaurant d’entreprise, elles ne le seront pas. Les débats autour de ce sujet sont infinis et nous aurons l'occasion d'y revenir .

À ce stade, il ne reste donc plus qu’à exprimer qu’une chose : le souhait que chacun saura distinguer ce qui relève de l’expression, peut-être jugée déplaisante, de convictions religieuses et ce qui relève du prosélytisme abusif. La préservation d’un équilibre entre liberté religieuse et bon fonctionnement de l’entreprise est à ce prix.

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 08:01

Quand la Laïcité devient le faux débat du fait religieux en entreprise.....

Le Code du travail encadre déjà de manière satisfaisante le fait religieux en entreprise. En appeler à la laïcité en entreprise est une aberration.

À l’occasion d’une interview au Figaro Magazine en date du 27 août 2016, Nicolas Sarkozy a proposé d’étendre l’interdiction du voile musulman jusque dans les entreprises privées. Cette énième déclaration illustre la tentation tenace de bannir le fait religieux de l’entreprise et la crispation entourant cette question. Serpent de mer des crispations identitaires, comme ont pu l’illustrer certains débats consécutifs à la loi relative au travail, à la modernisation du dialogue et à la sécurisation des parcours professionnels, familièrement appelée loi El Khomri.

En effet, certains ont pu s’émouvoir de lire dans le rapport Badinter, puis dans le projet de "loi travail" que le salarié était libre de manifester ses convictions en entreprise, y compris religieuses, y voyant là un danger pour la laïcité et le bon fonctionnement des entreprises.

Un problème de définition : liberté religieuse et laïcité en entreprise.

La première chose à faire, quand on souhaite aboutir à une meilleure compréhension d’un problème, est de commencer à se mettre d’accord sur le sens des mots utilisés.

La liberté religieuse ne se borne pas à la seule liberté de croire ou de ne pas croire. Elle implique nécessairement une certaine extériorisation des convictions, qu’il s’agisse de l’exercice d’un culte ou de l’expression individuelle de ses convictions. Si un lecteur s’émeut de ce qu’il vient de lire, qu’il pense donc à la liberté politique : elle ne se borne pas à la simple liberté de penser mais implique la possibilité d’exprimer ses opinions politiques, y compris en public, de se réunir avec des personnes partageant les mêmes convictions politiques et éventuellement d’afficher des signes de ralliement politique, qu’il s’agisse de drapeaux, de pin’s, de symboles…

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La laïcité est une caractéristique des institutions politiques sécularisées. Les institutions politiques laïques sont indépendantes des institutions religieuses et neutres vis-à-vis du fait religieux en lui-même (ce qui permet de distinguer la laïcité de l’athéisme). Principe d’indifférence de l’État, la laïcité est également la garantie que l’État assure la liberté de culte1. La laïcité a donc un champ d’application limité : elle concerne l’État et, plus généralement, toute personne chargée d’une mission de service public.

Définition du problème : que doit faire l’employeur pour restreindre le fait religieux en entreprise ?

L’employeur n’est en rien démuni face au fait religieux. En effet, outre le principe de non-discrimination2, le droit du travail français précise déjà très clairement la place des libertés des salariés dans l’entreprise : l’employeur ne saurait apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché. Les libertés individuelles en cause englobent naturellement la liberté religieuse .

Loin d’être contraignantes, ces règles permettent à l’employeur de restreindre la liberté religieuse à chaque fois que la chose est objectivement justifiée. Ainsi, l’employeur peut tout à fait sanctionner un salarié :

  • refusant d’exécuter sa prestation de travail pour des raisons religieuses (par exemple, un boucher refusant de toucher de la viande de porc4, mais ce serait vrai également d’une personne quittant son poste ou arrêtant les machines afin de partir prier) ;
  • refusant de respecter les règles de sécurité et d’hygiène au travail (par exemple un machiniste refusant de raser sa barbe alors qu’il travaille sur des machines dangereuses, ou un salarié refusant le suivi médical obligatoire au motif que le médecin est du sexe opposé) ;
  • tentant d’imposer ses convictions à autrui, par exemple un formateur qui profite de sa position pour tracter pour les Témoins de Jéhovah, la Manif pour Tous, la mosquée du quartier ou pour son candidat politique favori.

Sur ce dernier point, il faut relever que seul le prosélytisme peut être sanctionné. Ainsi, doit être annulé le règlement intérieur qui interdisait, de manière générale et absolue, « les discussions politiques ou religieuses, et d’une manière générale, toute conversation étrangère au service » : une telle mesure n’est pas proportionnée au but recherché et revient à la négation pure et simple des libertés religieuses, politiques et d’expression.

Certes, tout ceci est bien beau, penseront certains in petto, mais quid du principe de laïcité ? Ce principe ne s’applique pas aux entreprises privées : la Cour de cassation a dû le rappeler dans son communiqué relatif à l'arrêt baby loup .

Le seul problème des entreprises est donc de réussir à identifier les éléments objectifs leur permettant de limiter à juste titre la liberté de leurs collaborateurs. Une tâche parfois difficile, mais pas insurmontable, qui ne justifie pas une quelconque intervention législative.

La laïcité, un vœu pieux pour 2017

De nombreuses questions auraient pu être abordées, de la guerre des crèches au restaurant d’entreprise, elles ne le seront pas. Les débats autour de ce sujet sont infinis et nous aurons l'occasion d'y revenir .

À ce stade, il ne reste donc plus qu’à exprimer qu’une chose : le souhait que chacun saura distinguer ce qui relève de l’expression, peut-être jugée déplaisante, de convictions religieuses et ce qui relève du prosélytisme abusif. La préservation d’un équilibre entre liberté religieuse et bon fonctionnement de l’entreprise est à ce prix.

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