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  • : Engagé, depuis plusieurs décennies dans une démarche visant à lutter contre tous les processus d'exclusion, de discrimination et de ségrégation socio-urbaine, je suis persuadé que si nous voulons « construire » une société reposant sur un véritable Vivre Ensemble. Il nous faut savoir, donner du sens au sens, prendre le temps de la concertation et faire des propositions en adéquation avec les besoins de nos concitoyens.
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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 15:57

Un article instructif du think-tank GenerationLibre , lorsque l’on évoque le programme de François Fillon. Retour sur le bilan des années Thatcher.

 

Depuis dimanche dernier, le spectre de Margaret Thatcher a refait surface lorsque l’on évoque le programme de François Fillon. Diminuer les dépenses publiques de 100 milliards d’euros, supprimer 500 000 postes dans le fonction publique, favoriser les modalités du licenciement, déréguler la durée du travail, promouvoir une plus grande autonomie scolaire… autant de propositions du candidat qui le rapprochent de la Dame de fer.

Laetitia Strauch-Bonart1, analyse dans une note publiée par le think-tank GenerationLibre la conception des idées libérales selon Margaret Thatcher. Elle revient sur ses réformes fondamentales et dresse un bilan synthétique de ses deux mandats au pouvoir au regard des finances publiques, de la fiscalité, du chômage et de la précarité.

Selon Gaspard Koenig, président de GenerationLibre, « de nombreuses similarités existent entre l’Angleterre de la fin des années 1970 et la France d’aujourd’hui ». L’évolution de la situation économique du Royaume-Uni depuis 1970 justifie de s’intéresser de plus près aux idées de Margaret Thatcher.

François Fillon incarne-t-il ce virage vers une ère « thatchériste » ? Selon Laetitia Strauch-Bonart :

« Le programme de François Fillon ne peut être une reconduction de celui de Margaret Thatcher, pour la simple raison que certaines de ses grandes réformes – la fin du contrôle des prix, les privatisations, la baisse de l’inflation – ne sont plus d’actualité en France. »

Mais des points communs existent manifestement.

« C’est surtout dans la détermination de desserrer le carcan d’une économie trop régulée que l’affinité entre Fillon et Thatcher est indéniable. »

Selon GenerationLibre, les ressorts politiques du thatchérisme (un pays souffrant de blocages et dont la population aspirait à plus de liberté économique), sa philosophie fondamentale (la volonté de rééquilibrer les rapports entre l’État et la société civile à la faveur de celle-ci) et sa méthode (la conviction et l’obstination) restent d’actualité.

Si le bilan du thatchérisme doit être plus nuancé, sur le plan des inégalités par exemple, Margaret Thatcher a indéniablement posé les bases d’une économie ouverte et dynamique.

Laetitia Strauch-Bonart le rappelle :

« Ni le conservateur David Cameron, ni le travailliste Tony Blair n’ont fondamentalement remis en cause les apports du thatchérisme.« 

Et Gaspard Koenig de conclure :

« À la France de s’en inspirer pour bâtir un programme libéral adapté aux enjeux de la modernité. »

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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 18:14

 

Un ami m’a soumis un article et défié de le publier !!! Vous me connaissez je suis un humaniste-provocateur-consensuel. De plus, je trouve l’article particulièrement ….Alors bonne lecture, au fait pour le volatile je préfère le Canard   

 

Beaucoup ont pris François Fillon pour cible, et sans ménagement. Ils lui réservent tous les noms d’oiseaux, et dans leur esprit le volatile le plus dangereux et haïssable est celui d’ultra-libéral.

Certes Fillon serait radical, brutal, traditionaliste, réactionnaire, conservateur, présomptueux, irréaliste, mais par-dessus tout, abomination de la désolation, il serait ultra-libéral. L’avantage de l’ultra-libéralisme est de réconcilier toute la classe politicienne française, de Mélenchon à Marine, de Valls à Bayrou. Enfin un ciment patriotique et républicain : la nation renaît de ses cendres, le phénix va anéantir l’ultra-libéralisme !

Je vais défendre François Fillon de deux façons : d’une part en le rassurant, il n’est pas ultra-libéral, il est victime d’une simple cabale électorale, d’autre part en l’encourageant, il peut s’il le veut (et je pense qu’il le veut) aller bien plus loin dans la recherche d’un choix de société fondé sur la liberté

 

L’économie « selon  François », c’est dans le volet économique de son programme qu’il est à mes yeux infra-libéral. Tout d’abord la réapparition de la TVA sociale est une erreur : remplacer des cotisations par des impôts, soulager les salariés et les entreprises en faisant payer les contribuables n’est pas un progrès, c’est mélanger deux prélèvements de nature différente (assurances mutuelles et paiement des services publics). Une deuxième erreur est de remettre à plus tard la fin du monopole de la Sécurité Sociale.

On ne peut sauver les retraites en relevant l’âge de départ au lieu d’amorcer tout de suite la transition à la capitalisation, ni davantage sauver la santé sans responsabiliser les assurés. La TVA sociale masque la réalité : en France les retraites et la santé coûtent 60 % plus cher qu’à l’étranger Une troisième erreur est de ne pas assortir l’objectif louable de réduction de la sphère publique d’un programme de privatisations

D’ailleurs toute la droite est obnubilée par le nombre de fonctionnaires, donnant le sentiment de vouloir exclure de la communauté nationale les agents de l’administration, alors que les libéraux veulent réduire le périmètre de l’État, et transformer les fonctionnaires en salariés du secteur marchand ou social – ce qui leur vaut un supplément de pouvoir d’achat et de considération dans tous les pays qui, en effet, ont ramené la sphère publique aux seules missions régaliennes.

Fillon en dessous de ce qu’on attend d’un libéral

Je ne veux pas à mon tour faire du « Fillon bashing », mais tel qu’il est actuellement le programme qu’il propose est très en-dessous de ce que l’on peut attendre d’un projet libéral.

Je préfère repérer ce qui engage François Fillon dans la voie libérale, ce qui constitue déjà une belle rupture avec la droite dopée à l’étatisme, au jacobinisme, et même au socialisme depuis des décennies. On peut saluer des avancées encourageantes dans plusieurs domaines.

François Fillon a le courage d’attaquer le mammouth, il a compris que l’instruction et l’éducation sont des enjeux majeurs, et que l’administration de l’Éducation Nationale, livrée à l’idéologie, à la puissance syndicale, ne peut être neutralisée que par l’ouverture à la concurrence d’établissements privés et autonomes librement créés. François Fillon conteste la priorité donnée au logement social, et entend rompre avec une réglementation inspirée par « la lutte entre bourgeois propriétaires et prolétaires locataires ».

Les lois SRU et ALUR seront supprimées. Il faut aussi une certaine lucidité pour supprimer la durée légale du travail et renvoyer au dialogue au niveau de l’entreprise les détails du contrat de travail. La suppression du principe de précaution n’est pas pour plaire aux zadistes ni à Madame NKM. Je peux continuer à distribuer les bons points, et ce n’est pas par hasard que le Collectif des Libéraux a classé le candidat largement en tête.

Bref, on voit bien le désir de François Fillon de briser les chaînes réglementaires, sociales, fiscales, qui empêchent aujourd’hui les Français de trouver un emploi, d’entreprendre, d’investir. Mais  François Fillon a aussi toutes les qualités qui peuvent en faire un ultra-libéral, c’est-à-dire quelqu’un qui va au-delà de l’efficacité économique et sociale pour s’engager dans un vrai choix de société.

Être ultra-libéral c’est fonder la libération de la société sur l’impératif de la responsabilité et de la dignité de la personne humaine. C’est souhaiter des institutions qui garantissent les principes de propriété et de subsidiarité. C’est ce qui fait dire aux commentateurs que François Fillon est « conservateur ». Non : un libéral n’est pas conservateur parce qu’il connaît l’imperfection des choix actuels, des institutions, et demande d’user de la liberté pour changer en vue de permettre aux êtres humains d’accomplir leur épanouissement personnel et de vivre dans l’harmonie avec les autres.

François Fillon n’est pas le conservateur d’un musée français (comme on le dit), il est l’expression de millions de Français qui se révoltent contre le mauvais usage que l’on fait de la liberté, et veulent retrouver quelques valeurs provisoirement oubliées. Leur révolte n’est pas sociale, elle est morale et spirituelle.

Voilà pourquoi la victoire de François Fillon n’est pas celle de la « droite radicale » sur la « droite de Chirac » Elle est le résultat de l’engagement personnel, de la vigueur de la société civile, et il s’agit bien d’une poussée formidable et inattendue, animée par un souffle profond qui peut stimuler les esprits et les cœurs.

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Published by Jean-Loup Dujardin - dans politique asnieres centriste
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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 12:43

 

La campagne électorale qui vient de se dérouler a été riche en tels événements. Parmi ceux-ci, que retenir qui puisse expliquer l’essoufflement d’Alain Juppé, pourtant promis à une victoire facile il y a encore quelques jours ?

Le score spectaculaire obtenu par F Fillon  lors du premier tour de la primaire déjouant tous les pronostics – y compris les derniers sondages qui ne l’estimaient pas si haut –, pose une série de questions à l’analyse électorale. On peut notamment se demander ce qu’une telle dynamique doit aux tendances de longue durée dans l’électorat et aux effets de plus court terme de la campagne électorale.

« Trop d’impôts, trop d’État, trop de fonctionnaires »

Cette fort ancienne question de la sociologie électorale trouve, aujourd’hui, une actualité plus que jamais intéressante. Les tendances de long terme qui se sont exprimées lors du premier tour sont celles d’un électorat de droite qui a clairement signifié son souhait de sortir du modèle de réformes que préconisaient, en apparence, Alain Juppé : des réformes libérales de droite mais aux contours et au rythme qui se voulait « rassurants ». En apparence, car le programme de réformes proposées par Alain Juppé n’avait rien d’une vaguelette ou de l’écume des réformes.

Cette tendance de long terme s’est actualisée avec force sous le mandat de François Hollande. L’électorat de droite a aussi exprimé, dimanche, sa volonté d’en découdre avec les options macro-économiques de la gauche réformiste incarnée par le chef de l’État et par son premier ministre : malgré le tournant du début 2014 opéré par F Hollande, l’électorat de droite a exprimé hier le triptyque du « trop d’impôts, trop d’État, trop de fonctionnaires ».

Le coup du « candidat normal »

Mais une tendance de long terme ne peut trouver un tel écho sans une séquence d’évènements de court terme. La campagne électorale qui vient de se dérouler a été riche en tels événements. Parmi ceux-ci, que retenir qui puisse expliquer l’essoufflement d’Alain Juppé, pourtant promis à une victoire facile il y a encore quelques jours ?

Retenons tout d’abord une impression d’ensemble : la campagne d’Alain Juppé et ses prestations dans les trois débats télévisés ont tout misé sur la non-prise de risque. L’ex-favori des sondages s’est glissé dans le moule de l’anti-sarkozysme d’une partie des électeurs de la droite et d’une large partie des électeurs du centre, pensant que cette posture le ferait apparaître en creux comme l’homme « apaisant, rassurant » dont une France traumatisée par le chômage et le terrorisme avait besoin. En somme, Alain Juppé a voulu refaire à Nicolas Sarkozy le coup du « candidat normal »…

L’attente de « vraies réformes » de droite

Cette focalisation sur Nicolas Sarkosy  a fini par faire oublier au favori des sondages que l’électorat de droite était en fait en train de tourner la page Sarkozy et qu’il souhaitait d’abord – et avant tout – un agenda de politiques de réformes de droite-droite. Cet électorat n’avait, par ailleurs, sans doute pas oublié le choix fait par François Bayrou de voter Hollande au second tour de 2012 et l’alliance contractée entre Alain Juppé et le président du Modem n’avait pas de quoi le rassurer sur le réel engagement du maire de Bordeaux dans cet agenda.

Un élément bien particulier de la campagne et des débats peut également être retenu et avancé comme explication : l’opposition particulièrement appuyée dAlain Juppé à la proposition phare de François Fillon (suppression de 500 000 emplois de fonctionnaires).

Lors du troisième débat télévisé, Alain Juppé a voulu signifier à François Fillon son opposition à l’ampleur de ces suppressions la qualifiant de peu « réaliste ». Il n’est pas impossible qu’une fraction très importante des électeurs de droite n’ait alors vu dans cette opposition qu’une chose : la preuve tangible qu’Alain Juppé président ne ferait pas de « vraies » réformes, qu’il n’y aurait pas les réductions de dépenses et d’emplois publics auxquelles cet électorat aspire.

Alain Juppé réduit à la portion congrue

On pourra s’interroger avec intérêt plus tard sur cet élément et se demander s’il n’a pas précipité la chute d’Alain Juppé dans le cadre de ce premier tour. En effet, c’est à ce moment-là que se donne à voir le projet politique d’Alain Juppé d’une droite qui peut potentiellement faire un pas en direction d’une gauche social-libérale  ou social-démocrate réaliste, tout à fait susceptible de voir en Alain Juppé un « Chirac bis ».

Autrement dit, un responsable attaché au modèle français d’action publique de l’État dans des domaines qui ne se cantonnent pas au régalien. Après avoir adoubé Alain Juppé dans les sondages car sa candidature garantissait totalement le fait de faire sortir François Hollande de l’Élysée, une partie importante de l’électorat de droite lui a retiré le tapis sous les pieds.

Mais pourquoi encore ? Parce que dans le même temps elle a vu s’affirmer François Fillon et elle a acquis la conviction qu’une mobilisation contre Nicolas Sarkozy, venant notamment du centre et de la gauche, se chargerait de lever cette hypothèque. Le positionnement économiquement libéral, vertical sur les questions de sécurité et conservateur sur les valeurs de François Fillon est devenu, dans ce contexte, une redoutable machine à attirer les votes de composantes diverses de l’électorat de droite.

Comme si la France catholique de l’Ouest rejoignait celle plus sécuritaire du Sud-Est et celle plus libérale des milieux sociaux plus bourgeois. Si Alain Juppé résiste suffisamment pour être présent au second tour, cela ne lui a laissé qu’une portion congrue de l’espace que l’anti-sarkozysme avait libéré.

En cas de victoire de François Fillon au second tour de la primaire, la donne de la présidentielle va changer profondément et va avoir des conséquences majeures sur les dynamiques à gauche et au centre. La candidature ou pas de François Bayrou, pour ne pas laisser à Emmanuel Macron le centre en héritage, ainsi que la fragmentation ou pas de la gauche pour répondre au candidat de la « thérapie de choc » économique constituent des éléments fondamentaux de cette nouvelle donne.

Alors, oui le match n’est pas fini (la semaine non plus), les jeux ne font que commencer…

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Published by Jean-Loup Dujardin - dans politique Parti radical centriste asnieres
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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 17:27

 

Bon, voilà, c’est fait, le premier tour de la primaire « de la droite » est passé et les journalistes vont pouvoir nous occuper quelques jours avec les résultats. En attendant, l’observateur libéral peut déjà tirer quelques enseignements du scrutin qui vient de se dérouler.

Une excellente nouvelle

Tout d’abord, il serait indécent de ne pas marquer une ou deux secondes de silence à la mémoire de Nicolas Sarkozy, seul président de la Cinquième République à être politiquement mort deux fois en moins de cinq ans.

Le « petit Nicolas », devant la branlée magistrale que lui a infligé son ancien Premier ministre, et devant le score malgré tout supérieur d’un septuagénaire flou et mou, se trouve obligé de reconnaître sa défaite et d’annoncer dans la foulée se retirer (encore, à nouveau, one more time) de la vie politique, ce qui est somme toute une excellente nouvelle pour le pays. Nicolas Sarkozy, cette improbable rock star de la politique, ne devrait pas tenter un deuxième come-back électrique, et devra maintenant se contenter des compils’ et des soirées rétrospectives

Le mauvais cheval des médias

Ensuite et de façon évidente, on peut noter, en reprenant deux fois des coquillettes au beurre, que le pari des médias sur Juppé est bel et bien perdu : contrairement à tout ce qui a été claironné depuis des mois, il n’est pas arrivé largement en tête.

Oh. Comme c’est dommage ! La crédibilité des faiseurs d’opinion est encore une fois mise à mal !

Certes, les sondages avaient, subitement, senti le petit moment « Brexit » se rapprocher à nouveau : suite à l’élection de Trump, on avait assisté à une remontée spectaculaire de Fillon chez les sondeurs et la multiplication des précautions oratoires chez les chroniqueurs officiels. Deux explications s’opposaient alors, la première voulant que les sondages étaient devenus nettement plus précis (pouf, comme ça), ou la seconde, bien plus réaliste, que les médias et les sondeurs, sentant que leur enfumage pro-Juppéiste risquait de leur exploser au museau, se sont sentis pousser une obligation déontologique de mettre un peu d’eau dans leur vin.

Malheureusement, les mêmes sondeurs et les mêmes chroniqueurs ne pouvaient pas non plus passer d’un quasi-déni de Fillon (au mois de septembre, François Droopy bénéficiait du même petit commentaire amusé qu’un Copé ou un Le Maire) à la révélation qu’on tenait là un vainqueur potentiel sans passer pour des buses. Rassurez-vous, c’est chose faite : nos sondeurs et nos chroniqueurs sont maintenant officiellement des buses. Alors quun peu de lucidité permettait de comprendre que Juppé était avant tout un candidat pratique pour une gauche aux abois, les médias n’ont pas arrêté de survendre le « frétillant septuagénaire » en essayant de faire croire à un élan, une véritable ferveur du pays pour un cheval de retour dont les dernières armes en politique nationale réellement opérationnelle remontent à 20 ans.

Bon. Ne soyons pas trop méchants envers les sondages. Au contraire des chroniqueurs, au moins avaient-ils parfois prédit Poisson devant Copé.

Une bonne image des tendances

D’autre part, cette primaire permet de dresser, à gros traits mais bien contrastés, les grandes tendances qui s’ouvrent pour la droite française.

Très manifestement, les tendances étatistes et protectionnistes en diable (« protection » étant le mot-clef de 5 candidats sur 6) ne permettent plus de porter un candidat. La notion de liberté, même si timidement présente chez Fillon, semble jouer en sa faveur. Le libéral conservatisme de Fillon  semble ce que veulent les votants de droite.

Cette primaire permet aussi de ramener certains prétendants de la droite à leur juste proportion. Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Copé, Bruno Le Maire ou Jean-Frédéric Poisson peinent à représenter 7% de l’électorat de droite. Encore une fois, l’audience médiatique accordée, notamment aux deux premiers de cette liste, permet de bien mesurer l’écart, que dis-je, le gouffre qui peut exister entre ceux qui sont les bons clients des plateaux télés et radios et ceux qui votent vraiment pour eux.

L’effroi des socialistes

Une autre observation s’impose : Fillon en tête, c’est, une douloureuse épine dans la stratégie de Hollande, et ce d’autant plus qu’est grand l’écart du premier avec le second dans cette primaire disputée.

Rappelez-vous : pour le président François, les deux larrons qui devaient l’emporter, c’était Juppé et Sarkozy, pas cet insignifiant bidule de Fillon. Ce qui était d’autant mieux dans ses petits calculs que ni l’un, ni l’autre n’ayant réussi à contenir leur égo surdimensionné, Hollande pouvait raisonnablement parier sur une guerre fratricide entre ces deux prétendants, même au-delà des primaires, qui aurait donné au président sortant de réelles chances de se faufiler au premier tour de l’élection.

Bref, pour notre pédalomane compulsif, tout ne se déroule décidément pas comme prévu. Pas de bol.

Et pour les autres socialistes, la situation prend un tour aigre. De tous les candidats, Fillon est en effet celui qui semble assumer le mieux une petite touche de libéralisme. Or, pour le socialoïde moyen, s’il y a bien un péché capital, c’est bien faire preuve de libéralisme, même à dose homéopathique.

Dans la primaire de droite, Juppé constituait alors le choix raisonnable : on savait, pour l’avoir vu faire, qu’il serait facile à faire plier (une ou deux grèves solides, et c’en serait terminé des pieds droits dans des bottes droites, le baissement de pantalon et le retournement de veste étant alors extrêmement rapides). Mais voilà : l’infiltration de quelques militants de gauche dans la primaire de droite n’aura absolument pas suffi à éliminer le vrai danger pour le PS (Fillon, donc) en concentrant les tirs sur Sarkozy (au profit de Juppé) au lieu de rester sagement à l’écart.

On peut donc d’ores et déjà parier sur un véritable déchaînement de tous les médias pour bien faire comprendre à tout le peuple que le  danger Fillon vient de se réveiller et qu’il est plus rugissant que jamais. Attendez-vous à beaucoup d’articles consternants et d’approximations baveuses d’une presse aux abois.

Et maintenant ?

Et maintenant, la primaire, à moins d’être totalement sabotée dans les jours à venir, devrait logiquement désigner le candidat naturel de la droite aux prochaines présidentielles. Gageons cependant que, la vie politique française étant notoirement réputée pour ses rebondissements pathétiques de médiocrité, que l’une ou l’autre surprise nous attend au tournant.

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 11:01

Question !!! Les primaires de « Les Républicains » tuent-elles la démocratie ?

La démocratie sortira sans doute très fatiguée de ces primaires où le citoyen se transforme en spectateur hyperactif d’un déluge rhétorique où tout et son contraire lui sont promis.

 

Les primaires devaient – et c’était une bonne idée – participer à la démocratie en rendant plus transparent le fonctionnement des partis politiques. Leur déroulement pourrait très bien aboutir au contraire : à force d’allonger la campagne électorale, et d’enchaîner débats confus pour ceux qui cherchent une investiture, et discours vides pour ceux qui font cavalier seul, les primaires forgent progressivement une lassitude pour le formalisme démocratique sans véritablement atteindre le fond des problèmes.

Un calendrier infernal

Avec les primaires, la campagne électorale dure un an. Les législatives s’achèveront en juin 2017, et c’est en juin 2016 que les rivalités pour les primaires ont commencé. En poussant le bouchon, on pourrait même identifier le début de la campagne à droite vers le mois d’avril ou mai 2016.

Avec plus de douze mois de préemption du débat public par les discours de campagne, le citoyen a le vertige : la démocratie, n’est-ce que préparer des élections ? Le calendrier des primaires produit une sorte d’excès de débat, d’hyperactivité oratoire qui discrédite l’exercice.

On notera qu’aux États-Unis, les primaires démocrates et républicaines sont conduites en même temps.

Les débats se suivent et se ressemblent

Dans la lassitude qui gagne, la succession de débats répétitifs ajoute un ennui à tant d’autres. Le débat qui avait lieu avant hier soir entre candidats républicains l’a encore montré. Qui écoute encore sept personnalités, dont les désaccords sont connus, échanger de façon mécanique leurs divergences de vue sur les mêmes dossiers ?

On pourrait s’en amuser si l’effet induit par cette sorte de rituel n’était pas à l’exact opposé des intentions affichées. Dans la pratique, on peine à croire que la famille « républicaine » («  Les Républicains ») puisse avoir encore des débats sereins dans les années à venir, notamment en présence de Nicolas Sarkozy. Sur le fond, il est quand même compliqué de comprendre que des gens qui appartiennent au même parti et se fréquentent depuis tant d’années aient encore besoin de débats aussi longs pour convaincre.

Les Républicains ne vendront pas de rêve

Une chose est sûre à l’issue du débat : le candidat républicain, s’il est élu à l’Élysée, ne rasera pas complètement gratis. Dans tous les cas, il promet une curée dans les effectifs de la fonction publique. Même Juppé supprimerait 300.000 fonctionnaires.

Nul ne sait si ces promesses seront tenues, mais un fait marque les esprits. Les Républicains n’ont pas vendu de rêve et ont eu à cœur de chiffrer leur programme. Certains ont même pondu des encyclopédies sur le sujet, comme Bruno Le Maire, qui devrait ne pas avoir le retour sur investissement (« se prendre une veste »). Tout ça pour ça ! Dommage pour ceux qui ont passé des nuits à tenir la plume.

On verra en mai si la tactique de la vérité (partielle, forcément, dans ce genre d’exercice) est payante.

Macron se différencie en vendant du rêve

Quelques heures avant le débat de Les Républicains, BFM TV retransmettait en direct le meeting de Macron à Marseille. Façon caucus américaine, Macron a prononcé un discours plein de promesses, aux antipodes de la technique en vigueur chez Les Républicains. Ici, on vend du rêve et de l’optimisme, pas du sang, de la sueur et des larmes. La tactique sera-t-elle payante ?

Macron a quand même quelques épées de Damoclès au-dessus de la tête, notamment sur ses relations avec les milieux d’affaires qui font sa campagne. Pour l’instant, il joue l’homme libre révolté contre le système (alors quil en est le pur produit). Combien de temps durera cette imposture ?

Celui qu’il faudra sans doute pour l’obliger à chiffrer son programme et à dire clairement qui paiera pour qui, sans effet de manche inutile.

La démocratie fatiguée

Reste que la démocratie sortira sans doute très fatiguée de cet exercice où le citoyen se transforme en spectateur hyperactif d’un déluge rhétorique où tout et son contraire lui sont promis. On aurait voulu non pas banaliser, mais rendre insignifiante la parole politique, qu’on ne s’y serait pas pris autrement.

 

 

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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 18:02

Qu’est ce que l’islamisme djihadiste ? Le regard d’un philosophe

On ma poussé cette Analyse philosophique de l’islamisme djihadiste, de Farhat Othman.

Ce qui suit ne prétend pas être la vérité sur l’islamisme djihadiste ; qui la détiendrait lorsqu’on se veut objectif et que l’on sait que même la vérité scientifique est relative, soumise pour le moins au fait polémique ?

Il s’agit plutôt d’une contribution pour un nouvel esprit d’appréhension, avec le moins de subjectivité possible.

Méthodologie mythocritique 

Bien loin de la doxa bienpensante de nos temps de conformisme logique porté à son degré paroxystique par les horreurs terroristes, il faut rappeler que le phénomène du djihadisme islamiste, comme tout phénomène, est objet d’expériences possibles, antinomiques de l’objet en soi, ici la foi ; l’étymologie grecque du mot (phainomena) renvoie d’ailleurs aux choses célestes.

 

Or, notre époque postmoderne est propice au regain de spiritualité. Qu’est-ce qui fait que l’on glisse plutôt en religiosité dans sa forme exacerbée niant sa vocation première de lien, selon l’un des deux sens étymologiques, le plus fiable du mot (religare) ?

Ne nous faut-il pas nous interroger, pour le moins, sur les relations entre le phénomène dont il est question et les autres aspects essentiels du temps que sont le matérialisme triomphant, en sa forme capitaliste sauvage, et l’ordre mondial injuste ?

Claude Bernard, dans ses Principes de médecine expérimentale, rappelait déjà que pour comprendre, les sciences d’observation ont pour essence et but la connaissance de la loi de relation ou de classification des phénomènes de la nature. Ce qui s’applique bien évidemment aux phénomènes de la nature humaine où, mieux qu’en toute autre science, connaître (con-naître), c’est bien naître avec autrui, l’autre soi-même.

Notre époque d’imagification poussée jusqu’à la gadgetisation de la vie ne tend-elle pas à transformer en artefact tout ce qui déroge à sa féerie technologique, même et y compris le phénomène n’ayant nulle origine artificielle ou accidentelle ?

C’est le cas de celui qui nous occupe, illustration comme une autre, quoique dramatique, de ce « flux héraclitéen des vécus », selon l’expression de Husserl, dont il nous faut rendre compte en venant à la chose même, la débarrassant de toute interprétation, optant pour la présentation et non la représentation.

Cela n’est possible que si l’on ne stigmatise pas ceux qu’on juge, la meilleure réflexion étant celle qui vient du commerce des hommes, y compris les primaires parmi eux, pouvant être premiers. Ce qui implique de répudier la moindre retraite épistémologique (au sens étymologique de tirer vers l’arrière : retrahere) pour être  « sur la route, dans la ville, au milieu de la foule, chose parmi les choses, homme parmi les hommes » comme disait Sartre dans son Idée fondamentale de la phénoménologie de Husserl.

Aussi, notre méthodologie impose-t-elle de sortir de nos mythes actuels, tout en osant allant vers ceux qui peuplent l’inconscient collectif, dictent le comportement à partir d’un imaginaire populaire ; ces archétypes au sens à la fois platonicien d’idées autour desquelles sont construits nos grilles et modèles de lecture que jungien de symboles alimentant l’imaginaire et l’inconscient, à la source de leurs productions culturelles.

Malaise dans la civilisation 

Il nous faut non seulement montrer, mais monstrer — la monstration antique manifestant la volonté des dieux, ici sacrés comme profanes — ; ce qui est bien à l’état brut de l’islamisme djihadiste, primitif et donc primordial.

Cela veut dire que les islamistes en présence desquelles nous sommes se réclament d’un islam rigoriste, en faisant une théologie radicale, de libération ou terroriste, selon les points de vue. Ainsi appréhendé, le phénomène ne rappelle-t-il pas déjà une autre théologie, dont la chrétienne consacrée comme étant de libération ?

C’est dire aussi, s’agissant du djihadisme, qu’il n’a nulle racine islamique tout en ne manquant de rappeler, par contre, une figure biblique, celle de Samson, juge d’Israël. En effet, la guerre sainte n’existe pas en islam pur, le martyre tel que pratiqué par les kamikazes ne relevant nullement de l’islam correctement interprété, y étant témoignage, ce qui nécessite de vivre pour témoigner et dire le vrai, plutôt que de mourir.

Par un tel dévoilement adogmatique des choses, le lien voulu indéfectible entre islamisme et djihadisme ne se trouve-t-il pas relativisé ? Immanquablement, cela amène à la question que commande un minimum d’objectivité : que serait l’islam majoritaire au vu de ses manifestations terroristes ainsi recadrées ? Et n’y voit-on pas, pour le moins, une sympathie pour les terroristes ?

D’abord, force est de reconnaître que, populairement, l’islam est fondamentalement paisible à l’exclusion de groupuscules d’agités agissants. Il est un islam de paix et même de passivité, celle dont on affublait le soufisme du temps de la colonisation. Or, l’islam populaire est soufi qu’on le reconnaisse ou qu’on le taise pour différentes raisons, dont surtout le milieu de contraintes légales et morales amenant les gens de peu à louvoyer, vivre leur réelle vie en catimini, à bas bruit.

Aussi, les marques de sympathie apparentes ne se retrouvent pas nécessairement quand on va aux creux des apparences. C’est l’hypocrisie sociale, fort répandue au demeurant en terre d’islam, qui ne traduit qu’une labilité de la société, sa ruse de vivre en milieu hostile. Pour en rendre compte, j’use de ce que je qualifie de parabole (pouvant devenir complexe) du moucharabieh.

Mais que sont les minoritaires faisant l’exception ? Sont-ils indépendants de tout pouvoir ? Ne sont-ils pas manipulés et manipulables ? Pour simplifier, identifions-les ici comme étant une jeunesse déboussolée et embrigadée, des théoriciens et jurisconsultes voyous et des États terroristes.

Les jeunes n’ont que le vernis religieux, maquillé en religiosité pour remplir leur vacuité spirituelle. S’ils sont manipulés, c’est qu’on leur livre un argumentaire sur une thématique faussée articulée sur la supposée valeur éminente du djihad justifiant leurs crimes tout en les consacrant religieusement.

Car leur jihad, qui est d’abord mineur en l’occurrence, est forclos en islam, tout comme l’a été l’émigration (hijra). C’est ce que les jeunes ne savent pas ou ne veulent pas savoir puisque leurs gourous le taisent, assurant même le contraire.

La responsabilité incombe donc aux théoriciens voyous se gardant de dire la vérité sur cette question sensible, n’arrêtant pas d’en parler faussement, agissant en faussaires afin de mieux réussir leur oeuvre de lavage de cerveau de jeunes en révolte contre leur société, mal dans leur peau, en rupture de ban avec les leurs, en crise existentielle.

Les uns, les manipulés, et les autres, les manipulateurs, se laissent d’autant mieux faire ou redoublent de zèle dans leurs diaboliques menées qu’ils ne connaissent — s’agissant de la jeunesse — rien ou si peu de la religion, leur dernier souci, ou — s’agissant des théoriciens — qu’ils prétendent servir alors qu’ils s’en servent comme l’on se sert d’eux, étant par ailleurs au service de pouvoirs occultes, musulmans ou non, parmi lesquels des États voyous.

Il y a ainsi un business de la désinformation servant surtout les profiteurs d’un ordre saturé auquel ils s’accrochent pour le maintenir malgré le désordre mondial actuel. Alors, fatalement, se pose la question classique de savoir à qui profite le crime, sachant qu’il dessert à n’en pas douter la majorité musulmane, ainsi qu’une saine conception de l’humain ?

C’est ce qui est à la source du malaise actuel en notre civilisation qu’on savait mortelle déjà, malaise dont on ne veut pas prendre compte, mais qui ne saurait être plus longtemps ignoré sans davantage d’horreurs. Or, on pourrait en faire l’économie si l’on faisait la politique autrement, y intégrant l’impératif éthique, la transfigurant en poléthique pour un monde d’humanité, unemondianité.

Le monde d’après 

Dans les États voyous, on voit de plus en plus consacré l’usage de la tactique éculée consistant à diviser pour régner, maintenir un impérium physique comme moral, sous des dehors démocratiques (une démocratie d’élevage) qui ne trompent plus, ne traduisant que le pouvoir de démons professionnels de la politique en ce qui est devenu, au mieux, une démocratie sauvage, sinon une daimoncratie, la chose des démons de la chose publique.

Quid du rapport au terrorisme de l’islam institué en États et qui est loin — faut-il le rappeler encore — de refléter la foi populaire, à des années-lumière de ses manifestations officielles ? Ni l’islam se disant modéré ni, à plus forte raison, celui supposé être une lecture rigoriste, ne se décident à déclarer illicite le djihad mineur périmé, combien même ils osent prétendre vouer aux gémonies ceux qui en usent, ce qui revient à les encourager, justifier implicitement leurs horreurs.

Ce qu’il faut surtout noter ici, c’est que de tels États, modérés comme extrémistes, surtout ces derniers, ont les faveurs de l’Occident. Celui-ci, au prétexte de réalisme politique et/ou idéologique, plus soucieux des intérêts de ses dirigeants que de ses peuples, ne s’embarrasse pas de surenchère machiavélique, violant ses valeurs humanistes. Pour preuve, contesterait-on que nombre de régimes arabes et/ou musulmans ne tiennent que grâce au soutien dont ils jouissent auprès de l’Occident mercantile? N’est-ce pas le cas, particulièrement, de la tête de proue de l’islam rigoriste ?

Au nom de ce machiavélisme au vernis de la realpolitik, on dévergonde la politique, maintenant sa conception antique du jeu du lion et du renard déjà périmé, surtout en notre âge des foules qui sont en mesure d’agir pareillement, et encore plus bestialement.

Or, ni le bon sens, ni l’éthique, ni la logique n’admettent plus guère qu’on affirme lutter contre un terrorisme sur la cause avérée duquel on ferme les yeux. Plus que jamais, on tolère moins que l’on ne se prononce pas sur les menées occultes à l’origine de nombre d’actes dénoncés, y compris ce monstre qu’est Daech qui ne serait au mieux qu’un Frankenstein échappé à son maître. N’est-il pas la réplique du régime wahhabite installé à La Mecque alors que cette hérésie est l’anti-islam par excellence ? Ainsi a-t-on pu dire, avec raison, que le wahhabisme est un Daech ayant réussi.

S’il y a le feu à notre planète, il ne faut surtout pas oublier qu’il peut toujours y avoir des pompiers pyromanes ; c’est le système obsolète dans lequel on continue de vivre qui l’impose. Ce qui suppose d’entrevoir le monde d’après à la faveur du chaos actuel qui annonce bien un monde nouveau à naître, la fin de l’ancien étant une faim de nouveauté ; c’en est même un signe tangible, l’Antéchrist préludant la venue du Christ.

Il est bien temps d’arrêter de se focaliser sur le menu fretin de ces bandits qui ne sont que des pantins, affublant leur radicalisation et leur nihilisme du vernis religieux ; cela n’est nullement inédit. Être crédible, sage et efficace consiste à s’attaquer à la religiosité de façade entretenue par les pouvoirs voyous aux commandes des destinées des multitudes, d’islam et de non-islam, et ce au service d’un ordre injuste, celui de minorités désormais chahutées dans leurs intérêts exorbitants acquis au détriment de majorités brimées, démunies de leurs droits et libertés intangibles.

Alors, et sans que cela apparaisse par trop bizarre, sinon juste d’emblée, la jeunesse terroriste, malgré ses horreurs et atrocités, pourrait se révéler n’être que des garnements terrorisés, de petites frappes jouant aux monstres et se jouant d’eux-mêmes en redoublant de turpitudes pour ne plus avoir peur et contrer celles de leurs ennemis. N’est-ce pas ce qui les amène à s’offrir la mort, moins pour un prétendu paradis, que pour échapper à leur enfer sur terre ou ce qu’ils perçoivent comme tel.

Un tel propos est certes iconoclaste, mais ne livre-t-il pas juste une part de vérité occultée, constante anthropologique qui plus est dont rendent compte les livres sacrés, jusques et y compris la Bible, les excès amenant les excès ?

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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 15:28

L’ensemble du paysage politique français semble s’accorder sur une chose : la lutte contre le terrorisme passe par la « déradicalisation » des islamistes. Mais qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ?

« Déradicalisation ». Ce mot est dans toutes les bouches désormais. Chaque politique y va de son couplet, comme s’il s’agissait de la panacée pour résoudre le terrorisme. À la vue des brillants succès obtenus par ceux qui nous gouvernent, nous sommes en droit de nous inquiéter des résultats de ce volontarisme politique. Les politiciens français sont constants dans leur incapacité à échouer dans tout ce qu’ils entreprennent. La dé-radicalisation n’échappera pas à la règle.

Les moulins donquichottesque de nos politiques : la « déradicalisation »

La « dé-radicalisation » semble très bien, sur le papier. Il suffirait de prendre les personnes infectées par lIslam radical, de leur donner quelques cours sur la République et ses valeurs, ainsi que sur le vivre ensemble, et pouf elles deviendraient des bons citoyens prêts à voter pour le Camp du Bien. Il n’est pas besoin d’être devin pour se rendre compte que cela est trop beau pour être vrai.

Tout d’abord, comment identifier les personnes concernées ? Comment déterminer qui est radicalisé ? Qui ne l’est pas ? Que faire de ceux qui le sont un peu mais pas beaucoup ? Où fixer la limite ? L’idée avancée a été de faire des tests aux élèves.

Vu les règles de non-discrimination existant dans notre pays il faudra l’appliquer à l’ensemble des élèves sous peine de se voir accuser de racisme. Cela va amener à un grand nombre de tests inutiles par exemple en les déployant dans l’enseignement catholique alors que tous les terroristes récents sortent de l’école de Ferry… Vu la manière dont se passent les examens du Brevet et du Bac on peut s’attendre à des taux de réussite flamboyants !

Ensuite comment « déradicaliser » ? Par quelle méthode ? La vue d’un film d’auteur français célébrant le vivre ensemble bisounours actuel, c’est-à-dire un truc long, bien-pensant et ennuyeux ? Cela a plus de chance de renforcer leur haine de la France plus qu’autre chose.

Combien de temps peut prendre le processus ? Faut-il compter en semaines, mois, années ? Qui sera en charge de la chose ? De nouveaux professeurs recrutés pour l’occasion ? Eu égard au fonctionnement du système français cela sera un échec monumental.

Bref, l’on se rend bien compte que cela relève de l’effet d’annonce davantage que d’une politique réaliste et efficace.

Cela étant dit, compte tenu de la crise que nous traversons et des risques d’embrasement, la non affaire de Sisco en est un exemple frappant, il est évident qu’un problème doit être résolu. Différentes pistes peuvent être étudiées, que ce soit en aval ou en amont du problème.

En aval : Justice et Sécurité

Il faut tout d’abord rappeler cette évidence : il n’est pas possible de condamner une personne qui n’a pas commis d’acte répréhensible. Une personne qui n’a commis aucun crime ne devrait pas être soumise à une mesure coercitive.

Le premier souci avec la dé-radicalisation est la sanction de personnes n’ayant pas commis de crime. Ce principe essentiel du droit pénal doit être rappelé avec force à l’heure où se multiplient les appels à enfermer les personnes suspectées d’être dangereuses alors qu’elles n’ont violé aucune loi.

Il serait une chose très efficace à faire avec la loi pénale : supprimer toute référence au terrorisme. Cela a été appliqué contre les crimes anarchistes de la fin du XIXe, début du XXe siècle. Au lieu de les considérer comme des crimes spécifiques, il faut les traiter comme des crimes de droit commun : des meurtres, des vols, des agressions, etc.

Il s’agit de les priver de la reconnaissance de leur acte et les considérer pour ce qu’ils sont : de vulgaires criminels. Cela pourrait participer à apaiser les tensions : des peines sévères, systématiquement appliquées, pour des crimes dont on refuse de reconnaître la symbolique.

L’expulsion des personnes condamnées, une fois leur peine accomplie, pourrait être aussi envisagée. Si des personnes ont montré leur aversion pour notre pays, pourquoi continuer à les admettre sur notre territoire ? Il n’est même pas nécessaire de les priver de leur nationalité, simplement les exiler, ad vitam aeternam si nécessaire.

Enfin il faudrait considérer que les Français sont les premiers acteurs de leur sécurité. Nos forces de police ne sont pas assez nombreuses et surtout pas formées pour faire face à ces nouveaux dangers. Elles sont utilisées pour « collecter » les PV, que peu ou prou pour protéger la population.

En amont : mettre fin à la haine de soi pour intégrer l’autre

Avant de s’emballer sur la dé-radicalisation, il faut se demander comment en est-on arrivé là. Quand la baignoire fuit il convient d’abord de fermer le robinet avant de colmater la brèche. Pourquoi tant de personnes élevées, et même nées, en France développent une telle haine pour leur pays ? Comment ces propres enfants en arrivent à se retourner contre elle aussi violemment ?

Une part importante du problème provient de la haine de soi que nous cultivons si ardemment depuis les années 1970, à la suite de mai 1968. Selon l’idéologie qui s’est installée à ce moment-là, notre histoire est devenue quelque chose de repoussant (les fameuses heures sombres), qu’il fallait rejeter afin de créer un monde nouveau.

Il faudrait désormais renoncer à notre histoire et notre culture coupable de tous les crimes de l’Histoire : esclavage, colonisation, Shoah ! En supprimant culture et histoire nationales il sera bien plus facile d’accueillir l’autre, l’étranger, la victime de nos exactions. Ces derniers pourraient dès lors vivre dans le respect de leur culture malgré le fait qu’ils soient minoritaires.

Rien n’est plus faux. Comment peut-on être capable d’intégrer sans d’abord apprendre quoi intégrer ? Comment intégrer quelqu’un d’une culture différente de la nôtre si nous ne sommes pas capables d’incarner et vivre paisiblement notre propre culture ? De plus, comment intégrer quelqu’un à une culture et une histoire sans cesse dévalorisées ? Rappelons-nous la non célébration d’Austerlitz…

Si nous voulons que cessent les manifestations de haine de notre culture, de notre civilisation que traduisent les attentats, il faudrait être capables de montrer à quel point ces dernières sont profitables à ceux qui viennent s’installer sur notre sol. Il faut être capable de montrer que nous avons à offrir bien plus et bien mieux que le nihilisme islamiste.

Arrêter de s’autoflageller est le premier acte de dé-radicalisation à entreprendre.

Sommes-nous capables d’intégrer de larges populations dont l’histoire, la culture et la religion sont radicalement différentes de la nôtre ? J’espère que cela est possible. Les choses doivent cependant être claires, nous sommes les hôtes, nous avons à accueillir celui qui se présente à notre porte avec le respect et la dignité qu’imposent les antiques lois de l’hospitalité. Selon ces mêmes lois, l’invité doit respecter les lois et coutumes de son hôte. C’est cette réciprocité qui permet les relations pacifiques entre autochtones et migrants.

Pour ceux qui commettent des crimes la sanction doit être certaine, ferme et immédiate. Ceux qui n’ont commis aucun crime doivent être laissés en paix, vivre comme bon leur semble, conformément à nos lois.

Et, au final, si certains trouvent que notre mode de vie ne leur convient pas, heurte trop leurs croyances, alors ils restent libres de partir s’installer dans un lieu plus conforme à leurs aspirations.

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 16:56

Le gouvernement vise une nouvelle fois la liberté scolaire. Voici comment.

Après le rejet par le Sénat du projet de passage au régime d’autorisation pour les écoles indépendantes, où en est la bataille pour la liberté scolaire ? Un point s’impose.

Le Ministère de l’Éducation nationale porte actuellement deux projets :

  • changer les modalités d’ouverture des écoles hors contrat (par ordonnance législative, ce qui requiert un vote d’habilitation du Parlement)
  • contraindre les écoles indépendantes à appliquer les programmes des écoles publiques, en dépit de leur droit à la liberté des programmes consacré par la loi

Où en sommes-nous ?

– Sur le régime d’ouverture

Dans un premier temps l’Assemblée a accédé aux demandes du gouvernement. Le Sénat a voté contre en proposant de maintenir le régime de déclaration en renforçant les conditions à respecter. La Commission Mixte Paritaire vient d’échouer sur le texte qui passe – et ce sera la dernière étape législative – devant l’Assemblée nationale le 7 novembre prochain. La probabilité de l’adoption du projet du gouvernement est très forte, la majorité à l’Assemblée Nationale ayant l’habitude de suivre les directives gouvernementales.

Pourtant la nocivité du projet de passer à un régime d’autorisation a été dénoncée par toutes les parties sans exception, y compris par des élus communistes ou écologistes, donc issus de la majorité gouvernementale. L’autisme du gouvernement sur ce sujet est total !

Veut-il vraiment empêcher le développement d’écoles radicalisantes ou hostiles à l’unité nationale ou poursuit-il le but de tordre le cou à la liberté scolaire ?

Les écoles indépendantes connaissent une progression fulgurante (93 ouvertures à cette rentrée). Plutôt que d’en freiner l’ouverture, ne serait-il pas temps pour l’État de se féliciter de leur développement et d’en faciliter le déploiement ? Ce changement de régime d’ouverture semble franchement inconstitutionnel. Nous ne pouvons dès lors qu’espérer que le Parlement défère le texte au Conseil constitutionnel.

– Sur le contrôle des connaissances

Le Code de l’éducation le dit sans hésitation (art 442-3) : les écoles hors contrat sont entièrement libres de leur programme. C’est l’une des dimensions essentielles de leur liberté.

Alors pourquoi Mme Najat Vallaud Belkacem veut-elle nous imposer de respecter les programmes de l’Éducation nationale et enjoint-elle à ses inspecteurs de vérifier cela ?

Décret applicable immédiatement

Un décret dans ce sens vient d’être publié ce dimanche 30 octobre, avec entrée en vigueur immédiate : il viole la loi et l’esprit de la loi. Sa formulation, extrêmement floue, est sujette à toutes les interprétations :

« Art. R. 131-13.-Le contrôle de la maîtrise progressive de chacun des domaines du socle commun est fait au regard des objectifs de connaissances et de compétences attendues à la fin de chaque cycle d’enseignement de la scolarité obligatoire, en tenant compte des méthodes pédagogiques retenues par l’établissement ou par les personnes responsables des enfants qui reçoivent l’instruction dans la famille. »

Pour l’instant, le Ministère n’a pas souhaité communiquer son Vademecum recensant les nouvelles modalités d’inspection des établissements hors-contrat.

L’État ne finance pas le secteur hors-contrat. Au nom de quoi lui imposerait-il de respecter ses programmes scolaires dont la médiocrité et le caractère idéologique est dénoncé par tous ?

Les écoles indépendantes ont droit à une vraie liberté, pas à la liberté de faire comme l’Éducation nationale. Les écoles indépendantes réclament d’être « libres de leurs méthodes et comptables de leurs résultats ». Le système éducatif public a le triste privilège de n’être soumis à aucune évaluation (à part le classement PISA, établi à l’initiative de l’OCDE). Les écoles indépendantes n’ont pas peur des évaluations de leurs résultats mais contestent la légitimité de l’Éducation nationale, à la fois juge et partie, à juger de leurs méthodes pédagogiques.

La Fondation pour l’école maintient sa vigilance en alerte, et est prête à engager les recours juridiques qui s’imposeront devant le caractère illégal et anticonstitutionnel de ces mesures.

 

 

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 15:40

Donald Trump  est le prochain président américain. Un bouleversement politique lourd de conséquences négatives.

Les résultats sont désormais définitifs et, dans une élection serrée, Donald Trump remporte la présidentielle américaine face à Hillary Clinton. Un résultat inattendu, et le début d’une phase d’instabilité pour les marchés financiers mondiaux qui s’effondrent d’environ 5%.

Pour un libéral, il y a tout lieu de s’inquiéter de cette victoire d’un candidat élu sur des promesses de protectionnisme et de rejet de limmigration, avec un discours populiste insistant sur le repli sur soi et à l’opposé des valeurs libérales. Marine Le Pen ne s’y est pas trompée, félicitant en premier en France Donald Trump pour sa victoire.

Dans un monde qui va lentement mais sûrement vers le populisme (Brexit, montée des extrêmes droites en Europe, Trump, etc.), il est temps d’ouvrir les yeux sur le diagnostic de la situation actuelle et les solutions à apporter pour défendre nos valeurs de société ouverte.

Ne pas stigmatiser les électeurs de Trump

Chez les démocrates principalement, la tentation sera grande de refuser toute remise en question en accusant les électeurs de Trump d’être des racistes irrécupérables, qui mettent en danger la démocratie. S’il y en a évidemment, c’est perdre de vue le vrai problème.

Le populisme incarné par Donald Trump ne prospère que sur le manque d’écoute du peuple par les élites. Le choix se situe entre le déni de la réalité, comme la France a été très forte pour le faire avec le Front National, et l’écoute du malaise de la classe moyenne blanche pour apporter des solutions à ses inquiétudes. Le mépris du peuple est la voie assurée vers plus de Trump, de Le Pen et autres.

Comme l’écrit ce matin le politologue Laurent Bouvet, « au lieu de le nier et de vouer aux gémonies tous ceux qui essaient d’alerter sur le phénomène, sans doute serait-il plus utile et efficace d’en prendre conscience et de réagir avant que le pire ne se produise. »

Il est inquiétant de voir ainsi les hésitations d’Hillary Clinton pour faire un discours ce soir, laissant penser qu’elle n’accepte pas le résultat. Il est urgent pour les démocrates d’accepter ce résultat et de préserver pour le futur le respect vis-à-vis du processus électoral.

Les libéraux doivent s’inquiéter de la victoire de Trump

Certains libéraux pourraient pourtant être tentés de se féliciter de la victoire de Trump. Les arguments ne manquent pas : Hillary Clinton était une candidate catastrophique de l’autre côté, Trump promet des baisses d’impôt, etc. C’est rater du doigt l’essentiel : les promesses économiques de Donald Trump, si tant est qu’elles soient un jour tenues, sont infinançables et masquent la forêt des haines et des ressentiments que le candidat républicain a attisée pendant toute sa campagne. Après avoir fait montre de son instabilité et de son incapacité à se contrôler, le magnat de l’immobilier et fan de Vladimir Poutine décidera désormais de la politique étrangère et militaire de la première puissance mondiale. Ce n’est pas rassurant…

Comme pour le Brexit, les libéraux doivent s’inquiéter de cette victoire : même si elle aura peut-être de bons côtés minimes, elle est portée par une vague de fond de remise en cause des valeurs libérales d’ouverture, de libre-échange, de tolérance. À jouer avec, les libéraux seront les premiers à se brûler pour un gain nul.

La vraie bonne nouvelle est que le parti libertarien, représenté par Gary Johnson, double ou triple son score. Piètre consolation.

Quelles réponses ?

Tout dabord il faut commencer par cesser d’ignorer la réalité des causes qui ont fait monter Donald Trump. Mais écouter les inquiétudes des électeurs ne veut pas dire renoncer à nos valeurs : face aux craintes sur l’ouverture des frontières par exemple, il faut être ferme sur les principes, mais chercher à accompagner les conséquences éventuelles.

Sur la libre-circulation des individus, la même fermeté sur le principe doit prévaloir, tout en défendant un Etat fort dans ses fonctions régaliennes pour assurer la sécurité face au risque terroriste.  

Enfin il est temps de reprendre le pouvoir aux politiques. Quand les citoyens comprendront que désormais Donald Trump a tous les pouvoirs pour utiliser à sa guise l’appareil de surveillance de la NSA, on peut espérer qu’ils réfléchiront à deux fois avant d’accroître le contrôle des politiques sur nos vies.

Et il y a urgence. Faute de quoi, la vraie division sur l’échiquier politique entre tenants de l’ouverture au monde et tenants du repli sur soi tournera vite au bénéfice des seconds.

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6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 14:13

Selon Anne Hidalgo, la piétonnisation des voies sur berge à Paris aurait eu pour effet de supprimer les embouteillages et d’améliorer la qualité de l’air. Qu’en est-il vraiment ?

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