Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Jean-Loup
  • Le blog de Jean-Loup
  • : Engagé, depuis plusieurs décennies dans une démarche visant à lutter contre tous les processus d'exclusion, de discrimination et de ségrégation socio-urbaine, je suis persuadé que si nous voulons « construire » une société reposant sur un véritable Vivre Ensemble. Il nous faut savoir, donner du sens au sens, prendre le temps de la concertation et faire des propositions en adéquation avec les besoins de nos concitoyens.
  • Contact

Recherche

16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 15:53

Manuel Valls utilise le 49.3 pour faire passer la loi Macron : politiquement audacieux, économiquement lamentable.

Pour la seconde fois du quinquennat, le gouvernement va utiliser l’article 49-3 pour clore le débat sur la loi Macron. Rappelons rapidement que le célèbre alinéa de l’article 49 de la constitution inverse les rapports de force entre l’exécutif et l’Assemblée : en effet, il permet au gouvernement d’imposer un texte immédiatement et sans discussion sauf à remettre en cause son autorité par une motion de censure.

Bien évidemment, si le gouvernement démissionne, l’Assemblée nationale (enfin, la majorité présidentielle surtout) trinque aussi : la cinquième république, et encore plus avec la réforme du quinquennat, fait des députés majoritaires les éternels suiveurs de l’exécutif, à qui ils doivent postes, réputation et émoluments. Les députés socialistes et plus largement de gauche « frondeurs », dans la majorité mais pas trop quand il s’agit d’assumer les réformettes de la loi Macron, étaient dans une position douloureuse. Qu’ils soutiennent un gouvernement impopulaire ou votent avec la droite, ils risquaient dans les deux cas de perdre leurs sièges aux prochaines élections, et cela au plus grand bénéfice de la gauche de la gauche. Du point de vue de Manuel Valls, il fallait à la fois éviter de voir s’effriter la majorité, de se faire encore plus d’ennemis au sein du parti et surtout de montrer des signes de faiblesse politique sur des réformes attendues avec impatience par Bruxelles.

Maintien de la mascarade socialiste en état

Le choix du 49.3 était donc un choix politique stratégique certes abrupt mais intelligent : il permet de maintenir la mascarade politicienne socialiste en l’état pour quelques temps encore, quitte à passer pour autoritaire, ce qui n’est pas pour déplaire à un certain public lassé de l’image de mollesse du gouvernement.

La situation n’est pas sans rappeler Rashomon (1950), le célèbre film de Kurosawa, dans lequel plusieurs personnes voient la même scène tout en l’interprétant de diverses manières. En jouant sur le 49.3, Valls fait montre de son inflexible réformisme devant Bruxelles, la gauche du PS peut apparaître la tête haute devant son électorat, puisqu’elle n’aura pas à justifier sa « trahison » face au pseudo-libéralisme de la loi Macron, et le gouvernement sauve sa peau jusqu’à la prochaine catastrophe majeure en poussant une réforme mi-chèvre mi-chou. En d’autres termes, contrairement à ce qui a pu s’écrire ici ou là, Valls a fait en quelque sorte une fleur à l’aile gauche du PS en la lestant de toute responsabilité dans cette histoire, lui permettant de mimer une opposition interne au parti présidentiel tout en offrant à l’Allemagne l’image d’un social-libéralisme de carton-pâte.

Seulement, si l’équilibre au sein de la majorité semble sauf, le grand perdant reste tout de même l’État et ceux qui devront supporter sa faillite, c’est-à-dire les citoyens ordinaires : le brouillard médiatique savamment entretenu par les affidés du gouvernement autour du pseudo-libéralisme de la loi Macron permet sans doute d’enfumer nos partenaires européens, mais ne doit pas tromper sur son profond conservatisme : cajoler les clientèles électorales et lancer quelques idées en l’air ne suffiront pas, hélas, pour éviter la faillite du modèle social français.

F MAS

Repost 0
11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 08:36

"Haaaa, là, c’est pile-poil un sujet économique… Oui, puisque notre mamamouchi de Matignon a coûté 15 000 euros aux con-tribuables, d’après les estimations, avec sa petite escapade en Allemagne pour voir un match de foot.
Est-ce une honte et un scandale ? Non dans l’absolu. Oui dans la pratique. Voici les éléments de réflexion que je voulais partager avec vous au sujet de cette polémique bien plus importante que ce qu’elle peut sembler être.

Le ridicule de Hollande faisant Paris-Tulles en voiture aller-retour…

J’avais, il y a quelques temps, dénoncé le ridicule de notre Président faisant l’aller-retour Paris-Tulles dans la journée pour ne pas prendre l’avion et ne pas risquer le courroux populaire sur les coûts engendrés, le tout pour aller voter dans sa région.
J’avais trouvé cela totalement stupide. Soit le Président vote par correspondance, soit il prend l’avion présidentiel dont c’est l’objet et assume sa fonction.

Il ne faut pas tomber dans la démagogie consistant à exiger de nos responsables qu’ils aillent forcément au camping et fasse de l’auto-stop pour leurs déplacements. Le problème vient aussi du fait que nombre de politiciens… veut faire peuple… et quand on veut faire peuple ou que l’on s’arroge le droit de décerner des prix de vertu, il faut être irréprochable.

Le problème n’est pas tant donc que Valls soit allé voir ce match avec ses gamins que le fait que son gouvernement a une dérive de plus en plus totalitaire servant à masquer une absence de résultats durables sur globalement l’ensemble des grands sujets qui préoccupent les Français.

Disons-le, le bilan de ce gouvernement, au sens large en y incluant le président de la République, est globalement nul et tend vers le zéro absolu.

L’exigence d’exemplarité née de l’austérité imposée et des leçons de morale permanentes…

On ne peut pas demander aux Français de faire des efforts, d’avoir sans cesse moins de droits, moins de possibilités et de payer de plus en plus d’impôts pour un service rendu de plus en plus mauvais, et de l’autre côté donner l’impression de se gaver aux frais de ces mêmes personnes.

Thévenoud est toujours à l’Assemblée nationale. Valls prend l’avion pour un match de foot qu’il avait sans doute très envie de voir… Cela n’est pas un drame, ce n’est même pas forcément illégal… mais ce n’est pas exemplaire.

Le problème de la vertu et des limites c’est où les met-on ? Comment les pose-t-on ? Quand peut-on utiliser l’avion et quand ne peut-on pas le faire ?

Car finalement, dans tout cela, ce qu’il manque cruellement à nos dirigeants et ce, quelle que soit leur couleur politique, c’est le bon sens de la simplicité et de l’exemplarité.

Comment Valls peut-il me parler de « justice sociale » en prenant un avion à 15 000 euros qu’il n’aurait sans doute pas dû prendre ? En réalité, notre Premier ministre n’aurait jamais dû se trouver dans cette situation car le fait même se retrouver pris dans une telle polémique montre qu’il commence tout simplement à perdre le sens des réalités quotidiennes que vivent ses concitoyens.

Être exemplaire sera une qualité indispensable pour nos prochains et futurs dirigeants. Exemplaires, honnêtes, intègres et aussi, disons-le, altruistes. Notre époque de vénalité ne peut pas engendrer ce type de dirigeants et nous ne devons pas être étonnés de ce que nous avons.

Mais les choses changent, et les époques aussi. Leur temps est désormais compté et bientôt d’autres viendront, aux valeurs profondément différentes".

Avec des femmes et des hommes redonnant du Sens au SENS, des hommes et des femmes se préoccupant de l'intérêt général, des hommes et des femmes voulant réunir ceux qui veulent un société plus JUSTE

Repost 0
10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 15:00

La France coule et notre aristocratie administrative s’en fiche royalement. L’essentiel c’est que leurs privilèges perdurent.

Jack Lang ayant un jour déclaré que le Parti Socialiste était celui de l’intelligence, il est donc logique de penser que lorsque ce dernier est au pouvoir, notre pays le devient de facto. C’est du reste comme cela qu’il faut prendre l’étrange décision des dirigeants de Facebook d’implanter, à Paris, leur laboratoire de recherche sur l’intelligence artificielle. Il est vrai qu’en matière d’artifice, avec les socialistes, nous sommes en avance de plusieurs siècles sur les autres nations. Des courbes du chômage qui n’en finissent plus de s’inverser négativement, en passant par toutes les usines à gaz fiscales destinées à rééduquer les déviants, à inciter les citoyens à œuvrer pour la planète, nous ne manquons pas de solutions fictives à proposer aux grands défis de notre époque. Le tout en respectant les grands principes républicains qui sont, on l’aura compris, le credo de nos temps obscurs. Du reste, quel plus bel exemple d’intelligence artificielle que celui de notre Président bien mal aimé, lui qui n’a pas son pareil pour, toujours, nous dénicher LA connerie à ne pas faire.

La République nous (r)appelle

Dernière stupidité en date : contester puérilement le nom dont vient de se doter l’UMP. Comble de l’horreur pour un socialiste « normal », la République, qu’il invoque totémiquement du soir au matin, pour nous vendre tout et son contraire, est préemptée par le camp d’en face. Marine Le Pen eût-elle décidé de découper son père en rondelles en adoptant cette dénomination que les PS n’auraient pas été plus indignés. Comment ce facho de Sarkozy a-t-il bien pu oser faire main basse sur les oripeaux dont se drape le socialisme dès qu’il s’agit de diffuser sa moraline délétère ? Et la médiacratie, en service commandé, d’embrayer derrière le PS pour dénoncer le « scandale ».

En admettant que plus grand monde ne se souvienne de l’UNR et de l’UDR, les temps du RPR ne sont pas si lointains qu’il faille pousser des cris d’orfraie à la seule perspective de voir des gens de droite se référer à la République, fut-elle la cinquième du nom. Ils n’allaient tout de même pas s’appeler « Les Monarchistes » pour se conformer aux clichés véhiculés par des socialistes qui eux, c’est bien connu, « ne sont animés que des meilleures intentions ». En tout cas, une chose est sûre, ils ne risquaient pas de se dénommer « Les Libéraux », tant la Liberté leur est un concept, à peu près aussi étranger que le courage et la constance.

La course à l’ouverture d’esprit

Si Marthe Richard n’avait pas rendu l’exercice théorique, l’averse de bons sentiments qui attendait les militants Républicains, lors de leur congrès fondateur le 30 mai dernier, aurait pu provoquer la réaction suivante : « La tolérance, Monsieur, il y a des maisons pour cela ! » Rien ne nous aura été épargné dans le style « vivons heureux au pays du vivre ensemble ». Il est interdit de dire du mal des ministres qui coulent : la Justice pour l’une, le système « éducatif » pour l’autre. Elles sont issues des « minorités visibles » donc infaillibles. Les critiquer c’est être raciste, ne pas être d’accord c’est du nazisme ! Il est exact que ces deux mammouths ne les avaient pas attendus pour branler sérieusement du manche. Il n’en reste pas moins que Tata Taubira et Cousine Belkacem achèvent leurs bêtes respectives, avec un talent et une énergie qui laisserait songeur le plus stakhanoviste des bouchers Charal. Prétendre que les politiques ne peuvent plus rien à la marche des affaires est une ânerie. Ils ne peuvent plus améliorer les choses qu’à l’insu de leur plein gré, c’est un fait, mais ils peuvent, en toute bonne conscience, rendre apocalyptiques des situations déjà cauchemardesques.

Le pire dans tout cela c’est que l’alternance n’y changera probablement rien. Bien entendu, pour se faire élire, le candidat du moment nous promettra tout et son contraire. Encore que… À écouter les thuriféraires d’Alain Juppé, sa grandeur consiste justement à dire maintenant qu’il ne changera rien (je l’avoue je schématise, mais c’est quand même bien ce qu’il fera au final s’il accède au Graal). C’est un concept comme un autre, bien que peu enthousiasmant ! Sarkozy avait été élu en 2007 en nous affirmant : « je dis ce que je fais et je fais ce que je dis ». Il a ensuite passé le plus clair de son mandat à faire ce qu’il n’avait jamais dit et à faire croire qu’il avait fait ce qu’il avait dit. Juppé, lui, commence par dire ce qu’il ne fera pas, pour être bien sûr de ne pas avoir à dire ce qu’il fera. Pas étonnant qu’il soit l’homme de droite préféré de la gauche.

La stratégie « normale » de François Hollande

Pour le Président le moins populaire de la cinquième République, il n’existe pas trente-six façons de prolonger son inaction au-delà de 2017. Alors que ses résultats lamentables devraient l’inciter à se cacher sous le tapis en attendant que ça passe, Hollande repart en campagne, comme si de rien n’était. Il déterre les morts pour les placer au Panthéon, il court de commémoration en repentance à tel point qu’il s’excuse de tout sauf d’exister. Cette agitation frénétique n’a d’autre objectif que de tuer dans l’œuf toute pensée stratégique rationnelle dans le marigot qui lui tient lieu de parti. Son action est si positive qu’il sait qu’il a autant de chance d’arriver à ses fins que Depardieu de gagner le Marathon de Paris. Pour renverser le cours des choses, il lui faut provoquer un « 21 avril à l’envers » et éliminer le candidat de droite. Même comme cela, son élection n’est pas acquise, mais seulement vraisemblable. En effet, la France n’est pas encore mûre pour la passionaria des terrils, mais sait-on jamais, deux ans avec Hollande c’est très long et tout peut arriver. Pour espérer l’emporter quand même, il n’a qu’une seule solution : que les Républicains désignent Juppé comme candidat, à l’issue d’une primaire où tous les prétendants se seront écharpés sur le thème de la morale et du Front National (corollaire du thème précédent). La presse subventionnée par nos sous l’y aide du reste puissamment, en faisant de Juppé le Balladur, Jospin, Ségolène Royal (rayez la mention inutile) du moment.

« Le meilleur d’entre les Républicains » (aux dires de Chirac) occupe le créneau très couru du centre bien pensant socialo-compatible. En ce sens, il « croit en l’action de l’État » (c’est d’ailleurs une foi qu’il partage avec Marine Le Pen et Florian Philippot, mais passons bien vite). Tout le monde sait bien que ce positionnement est électoralement étroit (le centre, pas la croyance en l’infaillibilité de l’État, hélas) car peu d’électeurs s’en satisfont (la Duhamélisation des esprits n’est pas encore complète, Deo gracias !). Même si ceux qui votent pour le centre sont très bruyamment satisfaits d’eux-mêmes, ils ne représentent guère plus de 15% des voix (au mieux). En admettant que le maire de Bordeaux s’arrache et se fasse violence en campagne (après tout, Balladur est bien monté sur une table avant de se ramasser) ses positions droits-de-l’hommistes et tolérantes ne lui vaudront pas de dépasser les 20%.

Marine, que le système médiatique poussera à fond (voir plus haut), fera autour des 30%. Il ne restera plus à Pépère qu’à rassembler son camp de base (pour le PS c’est acquis, depuis le « succès » de la motion Cambadélis), à limiter la dispersion extrême gauchiste à Mélenchon. Le tour sera joué et les 20% franchis. Les verts peuvent bien risquer de gripper la machine, mais leur poids électoral découlant de leurs propositions fumeuses les rend, en dehors de Paris, singulièrement négligeables. Seul Cohn-Bendit serait en mesure de fédérer les bobos mais même comme cela… Et voilà comment un Président haï risque de nous enfumer pour cinq longues années supplémentaires. Quand on voit ce qu’il a fait en trois ans, on imagine dans quel état sera la France de 2022.

La France, l’homme malade de l’Europe

Oui, ce n’est pas très charitable de penser que François Hollande ruinera la France au terme de son second quinquennat. Pourquoi attendre 2022, alors qu’il est en passe de réaliser l’exploit aux trois cinquièmes du premier, je vous le concède. Loin de s’inverser, la courbe du chômage n’en finit pas de monter et avec elle son cortège de drames humains. Pendant ce temps-là, les socialistes s’accrochent aux totems sociaux (CDI, seuils, prélèvements confiscatoires, représentation syndicale…) comme la vérole sur le bas-clergé. Nous sommes le seul pays d’Europe à ne pas profiter du retour de la croissance et de la baisse conjuguée du pétrole et de l’Euro : même pas mal ! Nous flirtons avec les 5,5 millions de chômeurs et une dette qui avoisine les 100% du PIB : vous reprendrez bien 150 000 emplois aidés avec vos sous supplémentaires ! Il est urgent de rétablir la confiance avec les entrepreneurs qui, seuls, peuvent créer des emplois : amis patron de PME, tu auras toi aussi ton délégué syndical ! Les socialistes ont ce talent rare, de pouvoir faire dérailler les trains en gare rien qu’en les regardant.

Le pire, c’est qu’ils ne peuvent pas comprendre que leur politique est mortifère. C’est impossible pour eux puisqu’ils font le bien. Un petit exemple de l’étendue de leurs bienfaits nous est donné par leur politique de maquillage des comptes de réduction des déficits. Selon l’Association des Maires de France, les collectivités locales représentent 37% de l’investissement public. Elles sont responsables d’un peu plus de 4% du déficit public et vont pourtant supporter l’essentiel des efforts de réduction de la dépense. Que pensez-vous qu’il va se passer dans les prochaines années, si rien ne vient endiguer cette catastrophe ? L’investissement public va s’effondrer (-25% en 2017 par rapport à 2014), pour le plus grand bonheur de ce capitalisme, certes de connivence, mais pourtant grand pourvoyeur d’emplois peu qualifiés (BTP, services collectifs, transports).

La France coule et notre aristocratie administrative s’en fiche royalement. L’essentiel c’est que leurs privilèges perdurent. Les scandales qui se multiplient comme celui de la Présidente de l’INA qui claque 40 000 € de taxis en une année, alors qu’elle a un chauffeur, ne provoquent aucune réaction, à part celle de la recaser dans un placard doré au ministère de la Culture. Dans ce foutoir généralisé, la seule réforme que veulent porter les socialistes pour se trainer lamentablement jusqu’en 2017, est celle du prélèvement à la source des impôts directs. Oh la belle idée que voilà ! Comme il n’est pas question de nous faire cadeau d’une année de prélèvement, ces dingues sont en train de nous concocter une usine à gaz qui nous permettra d’apurer notre « dette fiscale » ancien système tout en nous pompant nos impôts « nouvelle formule » à la source. Payer deux fois ses impôts, en une année (ou plus, le tout est de savoir en combien de fois nous allons couper la queue du chien) voilà qui va très certainement relancer la croissance…

Marc Suivre

Repost 0
4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 17:53

En France, le vocable de « médecine libérale » est usurpé depuis longtemps. À l’occasion de la loi Santé au parlement, abordons par le petit bout de la lorgnette un des aspects négatifs résultant de la socialisation croissante de notre système de santé.

Pour ce faire, un article de Vincent Bénard.

Je suis toujours stupéfait par ce qui me paraît être un archaïsme pérenne de l’organisation médicale en France, à savoir le fait que mon généraliste n’a pas dans son cabinet le matériel minimal pour pratiquer, malgré ses 9 années d’études (!), des examens un peu approfondis pour faire un vrai diagnostic. Je dois aller chez le médecin, puis aller au laboratoire d’analyses pour voir mon sang, aller chez un radiologue pour voir deux trois détails, puis revenir chez mon médecin pour en avoir l’interprétation. Avant d’être aiguillé vers des spécialistes, qui eux pourront m’échographier si nécessaire.

Et lorsqu’un de ces spécialiste m’accorde royalement ¼ d’heure d’entrevue après deux mois d’attente, j’ai l’impression que les ¾ de son travail auraient pu être faits par le généraliste…

Le niveau d’équipement des cabinets de généralistes que je fréquente, dans une grande ville sans problème de manque de clientèle, est tout bonnement affligeant.

Je ne vois pas ce qui, techniquement, empêcherait un généraliste de pratiquer une radio, une échographie, un examen détaillé de sang ou d’urine, un ECG, une spirométrie… etc. D’autant plus qu’il existe maintenant des appareillages d’analyse capables de diagnostiquer un nombre important de désordres à partir d’une goutte de sang et pour quelques dollars (voir ici une ITW de la pionnière en la matière) et que l’informatique embarquée des appareils de type ECG renferme une IA capable d’effectuer le premier niveau de diagnostic.

Bref, il me semble que le service rendu au malade serait meilleur et globalement moins coûteux si on pouvait faire du généraliste un vrai diagnostiqueur de premier niveau… Et laisser aux spécialistes les cas vraiment difficiles. Outre le coût de cette division excessive du diagnostic pour les assurances maladie, le temps que cela prend constitue clairement une barrière à l’entrée pour les patients.

Enquête auprès de quelques médecins : qu’est-ce qui entrave les progrès de la médecine générale ?

J’ai donc demandé aux médecins généralistes qui me suivent sur Facebook (environ une vingtaine) de répondre aux questions suivantes :

Suis-je pertinent lorsque j’affirme que notre médecine générale rend un service de niveau inférieur au potentiel des médecins qui l’exercent ? Ou lorsque je pense qu’un généraliste formé pendant 9 ans pourrait pratiquer du diagnostic détaillé de premier niveau avec des analyses « non intrusives » faites « in house » ?

  • Si la réponse à la question précédente est oui, pourquoi voit on peu cela en France ? La contrainte est elle réglementaire ou économique ? Ou autre ?
  • La médecine ne serait elle pas plus efficace si les généralistes pouvaient constituer des « sociétés de santé », sortes de « micro cliniques » capables de délivrer un diagnostic étendu de premier niveau, d’organiser, avec des associés ou des salariés, leurs propres modalités d’accueil 7/7, avec des prix libres et affichés, et le droit de faire de la pub via internet (ou autres) pour faire connaître leur rapport qualité prix ou leur avantage compétitif dans tel ou tel domaine ?

Je synthétise ici les réponses obtenues :

Question 1 : Oui, un généraliste dispose des compétences pour effectuer des examens bien plus approfondis qu’actuellement. Sous réserve, bien sûr, qu’ils puissent consacrer du temps au maintien à niveau de leurs compétences.

Question 2 : Aucune contrainte réglementaire pour aucun examen de base, sauf la radiologie. Pour ce qui est des échographies, il faut un agrément assez facile à obtenir. Par contre, la limitation par la sécurité sociale des consultations de base à 23 euros, tarif le plus faible d’ Europe, et la rétribution tout aussi pingre des dits examens complémentaires, rend impossible la réalisation de ces examens par le généraliste, l’investissement n’en valant pas la peine.

De surcroît, le médecin devant enchaîner les consultations et consacrer un horaire croissant à la paperasserie médicale, faire face à des tracasseries croissantes de la part de la Sécu, il ne peut investir le temps nécessaire à maintenir à niveau ses connaissances sur les différents examens.

La réponse des praticiens est sans appel, quasi unanime, c’est le contrôle étatique des prix qui provoque la stagnation du service rendu.

Notez que dans les campagnes, le contrôle des prix provoque bien plus que cela, la disparition du médecin généraliste de campagne.

Ajoutons que la pratique du « diagnostic superficiel à la chaîne » rend le métier de médecin généraliste moins passionnant, les dévalorise par rapport au spécialiste (« il faut aller chercher un papier chez le généraliste pour pouvoir aller voir le « vrai médecin, le spécialiste » »), et provoque un certain nombre de pertes de vocations (voir ce post de blog particulièrement éclairant à ce sujet, mais une flânerie sur google vous en fournira d’autres). Je lis régulièrement des articles de presse affirmant qu’aujourd’hui, moins de 10% des étudiants souhaitent exercer la médecine en tant que praticien généraliste libéral. Voilà qui ne va pas dans le sens d’un meilleur service rendu aux patients dans les années à venir.

Question 3 : Dans de nombreux pays, comme la Suisse ou le Canada (il y en a sans doute d’autres), les médecins peuvent facilement se regrouper en organisations de type « maisons de services médicaux » capables de délivrer du vrai diagnostic complet : un secrétariat pour la paperasse, une infirmière pour les prélèvements, des appareils de mesure, et une consultation qui dure plus longtemps, coûte aussi plus cher, mais économise aux assurances le recours à des spécialistes pour des tâches de premier niveau pour lesquelles ils seraient sur-qualifiés. En France, les « maisons médicales » ne sont souvent que des regroupements de cabinets médicaux partageant une secrétaire standardiste, donc pas vraiment la même chose.

En France, de telles organisations ne sont possibles qu’en théorie. La contrainte économique (prix réglementés très bas, cf. question 2), couplée avec l’intrusion normative des « Agences Régionales de Santé » (ARS), et de nombreuses exigences bureaucratiques du couple ARS-Assurance maladie, rendent un tel développement économiquement peu envisageable.

Le système français peut-il s’adapter à l’avènement de la médecine 3.0 ? La consultation de base bloquée à 23 euros (tarif le plus bas des pays comparables en Europe) est donc le premier facteur freinant la modernisation de notre médecine générale.

Cette situation qui maintient le généraliste dans un rôle subalterne très éloigné de son potentiel posera à l’avenir de plus en plus problème, à l’heure ou l’informatique 3.0 et les objets connectés paramédicaux vont offrir une information bien plus complète qu’actuellement, et où des startups lancent des capteurs connectables à un téléphone capable de réaliser des analyses de vos principales variables biométriques en temps réel. Bien sûr, tous les utilisateurs n’adopteront pas ces nouveaux outils au même rythme. Mais cette différentiation des profils créera de nouvelles attentes. En l’état actuel, on voit mal comment la profession de généraliste pourrait s’adapter à cette diversification des attentes de différentes clientèles.

Les médecins doivent devenir des entrepreneurs comme les autres, capables d’investir, de faire varier leurs prestations et leurs prix en fonction des attentes de la clientèle, de se faire connaître par une publicité factuelle, et les généralistes doivent pouvoir augmenter la palette de leurs interventions, en profitant, ou plutôt en nous faisant profiter, des révolutions technologiques en cours.

Bien sûr, cela n’ira pas sans risque ; les plus mauvais, les moins capables de s’adapter, disparaîtront. Et alors ? C’est le lot de tout professionnel de tout secteur d’activité. Il y aura des réticences. Après tout, tous les médecins ne sont pas mécontents de faire de l’abattage à 23 euros les 10 minutes avec des listes de clients contraintes par le système du médecin référent, dans des cabinets vétustes réclamant un investissement minimal !

Mais par rapport aux progrès que réaliseront les pays où le système médical est plus flexible, nous risquons de prendre, une fois de plus, un retard dommageable, dans un domaine où nous disposons pourtant encore de nombreux atouts pour figurer dans le peloton de tête des nations développées. En effet, dans les pays où le cabinet médical sera incité à épouser la modernité, de nombreuses startups pourront lancer des produits innovants sur un terrain favorable. Si la France ne prépare pas un tel terrain, alors nos innovateurs médicaux (et il y en a d’excellents !) ne pèseront pas lourd dans la compétition internationale.

Libérer le prix de la consultation médicale, mais permettre à la concurrence de jouer via une obligation d’information claire des patients, est indispensable pour maintenir notre médecine générale au niveau de ce que pourront en attendre les patients d’un pays développé.

Repost 0
1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 09:46

Quel bilan dresser de 3 ans de François Hollande du point de vue des libertés individuelles ?

Le candidat Hollande voulait devenir le président du rassemblement. Il s’est donc attelé à lutter contre le racisme et l’antisémitisme et promouvoir les valeurs de la république et, pour cela, il a déployé une certaine vision de la laïcité qui réduit l’espace public à la neutralité, et oblige tous ceux qui passent par lui à se défaire de tout signe religieux.

On ne peut l’accuser d’avoir initié cette vision, mais il l’a indéniablement rendue plus dangereuse car plus opaque. Désormais, ce n’est pas le voile intégral, caractérisé par une dissimulation du visage, mais tout signe vaguement religieux : une jupe longue devient ainsi un symbole religieux si elle s’inscrit dans une démarche de prosélytisme, et devient dès lors interdite au lycée. La ministre de l’Éducation du président Hollande a d’ailleurs jugé que la direction avait fait preuve de discernement, puisque des critères objectifs ne suffisent plus pour délimiter l’ostentatoire.

Les statues de dictateurs sont toujours bienvenues sur les places de nos villes, et l’argent public peut toujours être utilisé pour les financer, tout comme le nom d’édiles corrompus peut devenir celui de nos rues. Mais un pape, lui, ne peut laisser sa place dans l’histoire ; en tout cas, pas dans l’espace public. La statue de Jean-Paul II, ornée d’une grande croix, devra être déplacée : trop ostentatoire. La religion, ce n’est décidément pas assez laïc.

La laïcité n’est pas nécessairement une mauvaise chose ; séparer l’Église (ou quelque religion d’ailleurs) de l’État permet d’en objectiver la fonction. Malheureusement, ce n’est pas le cas : la liberté d’expression sous Hollande est plus sacrée que Mahomet mais moins que les génocides.

Une liberté d’expression à géométrie variable

Suite aux attentats, François Hollande réaffirmait la liberté d’expression, et que les Français ne doivent pas céder aux terroristes. Mais, dans les faits, il n’a rien fait pour la renforcer ou la protéger, alimentant les frustrations.

La liberté d’expression, c’est bien, mais pas trop. Qu’on balance sur d’anciens présidents, qu’on caricature des prophètes, passe encore ; mais qu’on tienne des propos racistes, ou qu’on remette en question un génocide, et rien ne va plus.

Le racisme, pour le Premier ministre Ayrault, n’est pas une opinion mais un délit. Les deux ne sont pourtant pas irréconciliables ; il suffit de réunir les deux mots dans une expression, un « délit d’opinion », qui devient une notion à part entière. Mais cela reviendrait à dire qu’il existe des délits d’opinion, et que le racisme, en tant qu’opinion, peut tomber sous le coup de la liberté d’expression. Il suffit donc de lui enlever le statut d’opinion pour le faire cesser.

On le voit bien, interdire le racisme, ça marche. C’est pour ça que la mesure vaut aussi pour la remise en question de certains génocides, notamment la Shoah et le génocide arménien. Il y a des mémoires et des choses sacrées que l’on peut salir, et d’autres non. C’est comme ça. Et on voit bien comment, en affirmant la liberté d’expression dans certains cas et pas dans d’autres, le président du rassemblement entretient des frustrations.

S’il a laissé passer l’occasion de réaffirmer la liberté d’expression, le Président Hollande a néanmoins saisi l’occasion présentée par Charlie pour renforcer la surveillance.

Une surveillance tous azimuts

Car si la laïcité devient de plus en plus restrictive et invasive, si la liberté d’expression est d’autant moins protégée qu’elle est à géométrie variable, la surveillance vit un réel essor. Désormais, les données personnelles de tous les citoyens seront systématiquement analysées, passées au crible d’algorithmes conçus par les services de renseignement. La France reconnait et s’inspire trop rarement des bonnes pratiques internationales, mais force est de constater que le gouvernement se dote des meilleurs moyens de contrôler et surveiller la population.

Personne ne saura de quelle façon les données sont traitées, ce qu’il en est fait, comment elles sont interprétées. Personne ne saura quels critères feront entrer quels citoyens dans la catégorie « à surveiller ». Et c’est sans doute de ce point de vue que les libertés ont le plus reculé.

Outre la loi, la façon dont elle a été promulguée a de quoi inquiéter. La loi sur le renseignement ne fait qu’entériner et légaliser des pratiques existantes. Charlie n’était pas tant un moyen de regagner en popularité qu’une justification à la surveillance généralisée.

"En seulement trois ans, le Président Hollande a su utiliser la surveillance d’adversaires politiques à son profit et la généraliser à l’ensemble de la population. Il a renforcé le caractère clivant des religions en leur imposant un repli qui rend tout dialogue impossible. Et il a défendu la liberté d’expression uniquement comme liberté d’être en accord avec des valeurs de la république dont il se veut le garant. Quelle que soit la liberté individuelle à laquelle on s’intéresse (liberté de culte, d’opinion et d’expression ; vie privée), elle aura en seulement trois ans été piétinée avec la légèreté et la grâce qui caractérisent notre cher président" Baptiste Créteur.
Repost 0
27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 14:24

Que voulez-vous quand on aime, on ne résiste pas!!! Et puis, étant un Contrarien, un Zèbre, un Homme Libre, ect. Je n'hésite pas à partager. Un article de qualité à lire-relire. Merci pour cet édito cher Charles.

Jean-Loup Dujardin

Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !

Nan mes chers amis, il n’y a pas de faute, il s’agit bien de la « TET » et non pas de la « tête ». TET cela veut dire les « trains d’équilibres régionaux » dans le langage de nos mamamouchis mamouchisants.

Et c’est quoi un train d’équilibre régional ? Eh bien c’est un train Corail, pour ceux qui ont connu l’époque des francs (et du service militaire). Et le train Corail c’est quoi ? C’est un train qui dessert deux villes non reliées par une ligne de TGV… C’est le train, le vrai, à l’ancienne, celui où l’on a préparé ses sandwichs, où il y a encore des compartiments, des couloirs trop étroits, et des portes qui s’ouvrent avec des manettes… même quand le train roule ! Bon, pour moi le Corail, c’est un souvenir d’enfance et c’était ça prendre le train, sauf que comme tout, évidemment, les choses changent et ce qui a changé c’est aussi bien les besoins que les modes de transport ou les alternatives au train.

Il y a 30 ans, il était impensable ou presque pour le pékin moyen de prendre l’avion pour un Paris-Toulouse. Aujourd’hui, c’est une évidence. Idem pour un Paris-Nice. Bref, l’avion et les compagnies low cost sont devenus une véritable concurrence pour les liaisons ferrées de la SNCF.

Alors que va devenir notre réseau de trains ? Eh bien il va se réduire sur beaucoup d’endroits et s’étoffer sur d’autres.

Mais avant, un peu d’histoire !

Voilà le petit rappel historique que fait ce fameux rapport sur ce qui avait déjà été envisagé par le passé… Mais personne n’ayant vraiment voulu payer… eh bien tout s’est lentement dégradé jusqu’à la situation actuelle que nous connaissons.

« En 1994, SNCF Mobilités distingue dans son périmètre de dessertes quinze lignes fortement déficitaires (750 MF de déficit au total en 1993 soit 115 M€) dont la pérennité pourrait être menacée à moyen terme. Estimant que ces liaisons présentent un intérêt pour l’aménagement du territoire, elle propose qu’un contrat de service public soit passé entre les collectivités publiques et SNCF Mobilités pour l’aider, via une subvention spécifique, à maintenir ces lignes en service.
Dans ce contexte, en 1995 un rapport de M. Jacques Barel sur les lignes ferroviaires nationales d’aménagement du territoire, dit « rapport Barel », propose que :
- l’État passe un contrat avec SNCF Mobilités pour assurer l’avenir de ces liaisons ;
- ne soient retenues que des liaisons relativement longues (plus de 250 km), comportant au minimum deux allers-retours quotidiens, et ayant une fréquentation de bout-en-bout égale à 75 voyageurs (pour un automoteur) ou 160 voyageurs (pour une rame tractée) ;
- la subvention soit limitée à un montant au plus égal aux recettes commerciales.

L’État n’a pas donné suite à cette proposition.

En 2004, constatant la diminution des bénéfices dégagés par l’activité TGV, SNCF Mobilités décide de réduire fortement voire de supprimer plusieurs dessertes interrégionales, dites TIR pour trains interrégionaux, fortement déficitaires. Devant les réactions des élus, le ministre chargé des transports réunit le 8 septembre 2004 le président de l’Association des régions de France (ARF) et le président de SNCF Mobilités. Ils décident de créer un groupe de travail tripartite, qu’ils chargent de :
- lancer et piloter un audit des comptes des relations TIR, devant être achevé en avril 2005 ;
- définir une méthode de refonte des dessertes ;
- faire un inventaire précis du matériel roulant utilisé.

Cependant, à ce stade, ni l’État ni les régions ne s’engagent dans un processus de conventionnement des TIR. Deux raisons principales sont avancées :
- l’État considère qu’il faut en priorité adapter les dessertes à la demande de transport et réduire les déficits ;
- les régions constatent également des difficultés budgétaires.

Le groupe de travail conclut à la nécessité d’imaginer un dispositif financier acceptable par toutes les parties pour assurer l’avenir de ces trains. Cependant, aucune des propositions avancées par SNCF Mobilités, incluant une rationalisation des dessertes et une participation des régions, n’a recueilli l’assentiment de toutes les parties. »

Aménager le territoire, cela coûte évidemment de l’argent. La question : qui paie et pourquoi ?

Attention, je pense que l’on peut réduire ou supprimer certaines liaisons pour économiser de l’argent sans que cela ne remette en cause l’aménagement du territoire. Mais si l’on veut maintenir ou développer de l’activité dans certaines zones de notre pays et les rendre attractives, il est évident qu’il faut impérativement une offre de transport efficace et de qualité, encore plus lorsque l’on parle de « développement durable » et d’écologie.

L’aménagement du territoire cela a donc un coût et ce sont bien les zones plus ou moins rurales qui ont fait les frais ces trente dernières années en particulier des sommes monstrueuses déversées (avec une efficacité plus que douteuse) dans le cadre des politiques de la ville. Il serait sans doute temps d’aller vers un rééquilibrage mais pour le moment, nous n’en sommes pas là. Au contraire. Si deux lignes devraient s’en sortir de façon positive en voyant leurs capacités renforcées, il n’en est pas de même pour le reste du réseau qui va subir des coupes claires.

Mais encore une fois, certaines offres peuvent être supprimées sans que cela ne pose de problème majeur, et c’est le cas des trains de nuit par exemple en direction du sud où une offre d’avion pléthorique et peu coûteuse existe. D’ailleurs, les consommateurs ne s’y sont pas trompés. Seuls quelques nostalgiques empruntent encore ces trains !

Les points essentiels de ce rapport de 117 pages synthétisé pour vous ici :

La qualité de l’offre TET s’est donc continuellement dégradée pendant les dernières décennies. Ainsi, les temps de parcours ont sensiblement augmenté et la régularité a régressé :
- du fait de la dégradation de l’infrastructure, insuffisamment entretenue, à laquelle s’ajoutent désormais les effets des travaux de régénération mis en œuvre depuis 2012, dont l’ampleur perturbe fortement les circulations ;
- du fait du vieillissement du matériel roulant. En effet, le matériel roulant n’a pas été renouvelé pendant plus de 30 ans. Les opérations de rénovation et de modernisation réalisées dans le cadre de l’actuelle convention d’exploitation ont permis de prolonger sa durée de vie de quelques années et d’améliorer le confort offert aux voyageurs. Elles n’apportent cependant pas le niveau de confort et de régularité des circulations requis.

TET : AGIR POUR L’AVENIR

La décision d’acquisition par l’État, le 30 décembre 2013, de 34 rames de type « Coradia » pour remplacer les locomotives thermiques, pour un montant total de 510 M€, permettra d’apporter une première réponse à ce besoin de renouvellement du matériel roulant. Ces nouvelles rames seront mises en service à partir de 2017.

Dans le même temps, les dessertes proposées par les lignes de jour n’ont pas été adaptées à l’évolution des besoins de mobilité des voyageurs. L’offre de transport s’est considérablement transformée sur le territoire français depuis les trente dernières années, de plusieurs points de vue :
- les ouvertures successives de LGV et la multiplication des liaisons autoroutières ont fortement rapproché les territoires ;
- l’arrivée de transporteurs aériens à bas coût a rendu plus accessibles les dessertes par avion de villes moins bien reliées au réseau grande vitesse (par exemple Toulouse et Nice) ;
- plus récemment, le covoiturage s’est développé de manière spectaculaire, au point de constituer sur certaines liaisons et pour certains voyageurs une alternative évidente à la desserte ferroviaire ;
- la libéralisation prochaine des liaisons par autocar, au-dessus du seuil de 100 ou 200 kilomètres, va entraîner un développement très important de l’offre, en particulier sur les dessertes caractérisées par l’existence de bonnes infrastructures autoroutières, à l’exemple de ce qui s’est passé en Allemagne.

Ce nouveau contexte impose qu’une réflexion globale soit menée sur les trains d’équilibre du territoire, pour adapter le schéma de desserte à ces transformations et aux besoins de mobilité des Français.
La pertinence des dessertes TET a ainsi été examinée en détail par la commission, qui s’est appuyée pour cela sur une expertise indépendante.
Plusieurs critères ont été retenus pour l’analyse : schéma de desserte (fréquence des trains ; temps de parcours ; volume des populations desservies), qualité de l’offre TET et compétitivité par rapport aux offres alternatives. Ont ainsi été systématiquement comparés pour chaque desserte les prix, temps de parcours, et fréquences ainsi que des données qualitatives (satisfaction client), selon plusieurs hypothèses de voyage (voyage seul ou en groupe).

Les résultats ont permis de distinguer plusieurs groupes de lignes TET, et font apparaître leur forte hétérogénéité, leur sensibilité à la concurrence étant très variable.

Le modèle économique des lignes de nuit n’est plus viable mais celles-ci restent utiles pour assurer la desserte de certains territoires
La commission reconnaît l’importance des services rendus par les trains de nuit, pour les différents territoires desservis. Ces trains de nuit sont cependant confrontés à une fréquentation déclinante, pour plusieurs raisons :
- le développement de l’offre aérienne et de certains TGV rend possible des départs tôt le matin et des retours tard le soir. De plus, la généralisation d’hôtels à bas coûts a rendu compétitifs des modes de transport associant déplacement de jour la veille et nuit sur place ;
- sur certaines dessertes, le développement d’une offre d’autocars de nuit a déjà été annoncé par certaines compagnies, et les exemples étrangers montrent que ces autocars offrent des conditions de transports appréciées de la clientèle, à un coût moindre ;
- enfin, et surtout, le niveau de confort des trains de nuit n’est plus en ligne avec les exigences des voyageurs d’aujourd’hui, et l’investissement à réaliser pour renouveler le matériel roulant ne permettrait pas d’avoir un prix de transport compétitif. Or, dans la mesure où le maintien d’une offre de nuit implique des coûts d’exploitation particulièrement forts et nécessite donc d’atteindre des taux de remplissage très élevés pour en viabiliser l’exploitation (près de 450 voyageurs par train dans les conditions d’exploitation actuelles), la commission rejoint le diagnostic largement partagé en Europe selon lequel le modèle économique des trains de nuit est à bout de souffle. L’offre de trains de nuit y est ainsi en forte diminution, et recentrée sur des segments de niche.

La commission n’ignore cependant pas l’importance des trains de nuit pour les territoires les moins accessibles, et elle a intégré dans sa réflexion un examen précis du rôle qu’ils jouent pour ces derniers, au regard des offres alternatives existantes.

Cette inadéquation de l’offre TET aux besoins de mobilité se traduit par un niveau de subventionnement public par voyageur en forte croissance.

La dynamique de croissance du financement des TET par les contribuables est insoutenable. Le financement des trains d’équilibre du territoire par les contribuables rassemble trois catégories principales de dépenses :
- les dépenses liées à l’exploitation des TET acquittées chaque année par l’État qui représentent environ 10,8 centimes d’euro par voyageur et par kilomètre en 2014, soit 30 € pour un trajet de 250 km. Elles correspondent au déficit d’exploitation et au paiement de la redevance d’accès (RA) à SNCF Réseau, soit au total environ 780 M€ par an ;
- les dépenses liées à l’investissement de l’État en faveur du renouvellement du matériel roulant ;
- les dépenses liées à l’investissement de l’État et des régions sur l’infrastructure, qui profitent aux TET mais aussi aux autres activités ferroviaires.

La commission relève en premier lieu que le financement public par les contribuables en faveur des trains d’équilibre du territoire excède largement le seul déficit d’exploitation, qui non seulement ne tient pas compte des efforts de renouvellement du matériel, mais ne représentait que 50 % du déficit total (puisque celui-ci inclut la redevance d’accès) en 2014.

En second lieu, ces dépenses sont en forte progression : ainsi, en 2012, le subventionnement d’un voyageur pour un kilomètre de trajet était d’environ 8,5 centimes d’euros (par rapport à 10,8 centimes d’euros en 2014, cf. supra). La progression du coût pour les contribuables sur la période 2012 – 2014 s’établit donc à plus de 28 % en deux ans.

Or, si la commission souligne qu’il est légitime que les contribuables financent les TET au titre d’une dynamique d’aménagement du territoire et de solidarité territoriale, elle constate dans le même temps que ce rythme d’évolution n’est pas soutenable.

Il lui semble par conséquent légitime d’engager la réflexion sur le redimensionnement de l’offre TET, afin de contenir l’effort public des contribuables et de mieux répartir ce financement en fonction des besoins des voyageurs, en lien avec l’analyse de l’adéquation de chaque ligne aux besoins de mobilité.

Que penser de tout cela ?

Pour une fois, j’ai l’impression que l’avis de cette commission reste relativement pondéré et qu’il ne s’agit pas de tailler dans le vif sans discernement. Alors évidemment, ceux qui veulent faire certains trajets seront pénalisés mais il existera effectivement des lignes de bus de remplacement qui seront relativement efficaces.

Dans ce rapport, il y a bien eu une distinction de faite en fonction des alternatives possibles pour nos concitoyens et je pense, pour le moment, que cela est plutôt positif. Positif dans le sens où l’offre de la SNCF devait s’adapter aux nouvelles contraintes et que les trains de nuit, par exemple, sont bien un épiphénomène.

Néanmoins, cela montre bien sûr que globalement, encore une fois, nous avons à faire à un désengagement massif de l’État et des collectivités locales surendettées bien incapables de dépenser plus. C’est aussi cela qu’il faut retenir.

Il est déjà trop tard, préparez-vous.

Charles SANNAT

Repost 0
26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 11:20

Depuis que je suis enfant et presque d’aussi loin que je me souvienne, l’on m’a toujours expliqué que j’avais une chance énorme, la chance de pouvoir apprendre, la chance de pouvoir aller à l’école pour plus tard pouvoir faire quelque chose d’utile pour les autres. On m’expliquait que mon travail n’était pas de travailler mais d’apprendre. Apprendre à lire et à écrire, savoir compter aussi bien évidemment. Mais surtout apprendre le monde, l’histoire, les sciences, les techniques. On m’expliquait que j’avais une chance inouïe de pouvoir consacrer autant d’années à cet apprentissage sans qu’en échange, la société ne nous demande aucune productivité.

Le seul travail des enfants est celui d’apprendre pour se construire et être capable un jour de construire une société encore meilleure, et la société prenait tous les frais ou presque à sa charge… Enfin ça, c’était la théorie.

Aujourd’hui, il reste une école de Jules Ferry défigurée par 40 années d’idéologie confondante de stupidité ayant conduit à un échec massif de nos jeunes dont le niveau baisse de façon dramatique. Je ne ferai pas le procès de l’Éducation nationale. Dans sa forme actuelle, elle est condamnée par sa nullité crasse et profonde ainsi que par l’arrivée des nouvelles technologies qui vont bouleverser le monde enseignant… qui en a bigrement besoin.

Non, je voulais juste faire le parallèle entre le coût de notre école, entre l’importance que notre société est censée théoriquement accorder aux années d’éducation offertes à nos enfants avec cette nouvelle législation en Inde sur le travail des enfants.

Inde : faire travailler les enfants sera plus facile

Ça y est, je vous entends déjà… « Mouais, l’Inde c’est loin.. Mouais… L’Inde qui fait bosser ses enfants, c’est son problème… Mouais… on s’en fout, vas-y chérie, remets The Voice, je veux écouter la nouvelle chanteuse corse » (Mais quelle voix bon sang… ) Sauf que ce qui se passe en Inde se passe aussi actuellement chez vous, sous vos yeux, là, maintenant…

Hein quoi ? Mais on ne fait pas bosser les enfants à la mine… Stop. Nuance, on ne fait plus travailler les enfants à la mine mais on aimerait bien recommencer, et c’est d’ailleurs tout l’enjeu autour de la réforme de l’apprentissage…

Parce qu’il y aura plein de bons arguments pour mettre vos gosses à la mine. D’abord, ils sont abrutis, ne savent plus lire ni compter… Ils font en plus des conneries dans la rue, brûlent des poubelles, tiennent les murs et halls d’immeubles ou encore jouent aux gendarmes et aux voleurs… Alors autant les faire bosser hein… Voilà une idée qu’elle est bonne. Alors bon, l’apprentissage, on le met à partir de quel âge ? 16 ans ? Non, trop haut… N’oubliez pas, il faut « revaloriser » l’apprentissage (avec un mot positif comme ça, vous ne pouvez pas être contre sinon vous êtes un terroriste). Alors pour revaloriser l’apprentissage, le mettre à partir de 14 ans c’est bien. Et puis dans 5 ans, l’apprentissage ce sera 12 ans… Mais vous devez comprendre qu’il « faut tout essayer contre le chômage » y compris des jeunes… en faisant bosser les gosses tant qu’ils ont de petits doigts pas des gros trucs boudinés comme les miens qui n’arrivent plus à rentrer du fil dans le chat d’une aiguille (oui ma maman m’a appris la couture, et je ne veux rien entendre)…

Non mais quand même, c’est pas pareil

Mais si c’est pareil, parce que nous sommes lancés dans une course totalement folle à la productivité, et vous croyez que c’est qui qui va la gagner la course à la productivité ? Nous, avec un droit social, des congés payés, des syndicats ou encore des gosses qu’on occupe plus ou moins mal à l’école avec des TAP à la con ? Ou les Indiens qui, eux, font bosser les gosses pour de vrai sans salaire minimum, sans législation protectrice et tout et tout ?

Évidemment, techniquement, tout le monde aura compris que c’est le moins disant qui l’emporte à ce jeu-là. Alors comment faire pour survivre avec notre droit social à nous ?

Simple. Mais alors simple comme bonjour les amis. Soit vous mettez des droits de douanes qui compensent ces différences de traitement social que l’on peut nommer « distorsions de concurrence »… Soit on ne fait rien et l’on continue à accepter les règles iniques de cette mondialisation et l’on met nous aussi nos gosses au turbin, d’où la « réforme » de l’apprentissage et la lente mais inexorable descente aux enfers de notre droit social et de nos avantages acquis… qui seront bien vite perdus.

Travail des enfants en Inde : des secteurs à risque à nouveau autorisés

C’est un article de l’excellent Courrier International qui nous apprend que « les défenseurs des droits des enfants ne décolèrent pas : le gouvernement indien a fait changer, le 13 mai dernier, la loi sur le travail des enfants votée en 2012. La liste des secteurs dits “à risque”, comme les exploitations minières, dans lesquels il est interdit d’embaucher des moins de 18 ans a été réduite pour permettre d’employer d’avantage de mineurs.

Par ailleurs, le nouvel amendement laisse la possibilité d’employer des enfants de moins de 14 ans dans l’industrie du divertissement et dans des entreprises familiales, définies de façon très floues.

Une décision qui représente un grand recul, selon les militants des droits de l’homme, rapporte le site indien The Wire, pour qui cet amendement “ouvre les portes de l’exploitation” malgré les amendes importantes prévues à l’encontre des employeurs contrevenants ».

Le prôôôgrèèèèès

Voilà le prôôôôgrèès qu’il faut bêler. Voilà l’avenir que l’on vous met en place alors que l’on occupe les masses à regarder The Voice. Du pain et des jeux… Mais surtout des jeux, car vous allez rapidement vous rendre compte que côté pain, cela va vite devenir la disette, ce qui est déjà le cas pour nos millions de compatriotes au chômage.

Oui le prôôôôgrèèès c’est faire bosser les enfants, oui le progrès c’est détruire l’école, oui le progrès c’est détruire les nations : l’idée c’est qu’il n’existe aucune entrave, aucune barrière aux profits des multinationales, et vous savez quoi ? C’est exactement ce qu’il se passe.

Repost 0
24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 07:35

Pillages d’églises, dégradations d’édifices religieux voire de cimetières… nombreux sont les actes antichrétiens qui trouvent peu d’écho dans les médias nationaux.

Ils font quelques fois la une des journaux régionaux mais n’ont rarement de place dans la presse nationale. Pourtant, les dégradations volontaires d’édifices chrétiens sont nombreux, récurrents, et touchent la France entière.

Rien que pour ce mois de mai on dénombre plusieurs actes de malveillance : une voiture a défoncé la porte de l’église de la Frette-sur-Seine (Val-d’Oise) ; celle de Saint-Léger à Delle (Franche-Comté) a vu des individus jeter les bougies au sol et uriner autour de l’autel ; l’église de Villeneuve L’Archevêque (Yonne) a vu certaines statues, dont l’une inscrite au Monuments historiques, dégradées ainsi qu’un départ d’incendie dans la sacristie ; Un crucifix dans l’Orne a été recouvert de peinture style arc-en-ciel ; l’église de Sarpourenx (Pyrénées-Atlantiques) a été souillée d’excréments, des touches de l’orgue ont été abîmées et un vase a été brisé en mille morceaux, etc.

Le plus significatif étant la vingtaine d’églises dégradée depuis quelques mois dans l’Ain : vols de ciboires, d’hosties, destructions de tabernacles… Contacté par Planet.fr, le diocèse de Belley-Ars (Ain) avoue se remettre difficilement des 15 actes malveillants survenus lors des six derniers mois. Même si la communication du diocèse est satisfaite de la couverture médiatique locale de ces évènements, elle aimerait que "plus de gens soient au courant que les chrétiens sont les plus touchés" par ces actes de dégradations.

Le saccage de 200 tombes chrétiennes en avril fut un choc

Des cas loin d’être isolés puisque selon l’Observatoire de la christianophobie, qui répertorie depuis 2010 les dégradations d’édifices religieux, le nombre d’églises profanées depuis le début de l’année et jusqu’au mois d’avril, était d’une centaine.

En avril dernier, le saccage de 200 tombes chrétiennes dans le cimetière Saint-Roch à Castres (Tarn) avait suscité un émoi national et choqué les chrétiens surtout après l’annonce du principal suspect : un musulman (souffrant de troubles psychiatriques) qui avait pris soin d’épargner les carrés musulmans et israélites.

Cependant, la chaîne BFMtv, après avoir rappelé que 206 "cimetières chrétiens" avaient été profanés en 2014, a changé le terme en "cimetières municipaux", quelques temps après. Le signe d’un léger malaise au niveau des rédactions nationales ?

Les médias sur-réagissent quand il s'agit de mosquées

Pour comprendre ce malaise, le site Atlantico.fr a interviewé un criminologue, Jean-Pierre Bouchard. Celui-ci explique que "pour des raisons sociologiques, politiques, ou idéologiques, certains médias et journalistes ont tendance à sur-réagir lorsqu'il s'agit des profanations de mosquées par exemple, ou "d'actes islamophobes". Or les édifices liés à la chrétienté sont beaucoup plus souvent la cible des vandalismes ou des actes haineux."

Le professeur de science politique à Grenoble, Vincent Tournier, surenchérit en parlant d’un "exemple malheureusement classique d’aveuglement idéologique". "Le propre de l’idéologie, c’est de retenir ce qui arrange et d’écarter ce qui dérange. Aujourd’hui, la haine anti-chrétienne, voire anti-blanche, fait partie de cet aveuglement.", constate-t-il.

Et le professeur de faire un parallèle historique : "Les révélations sur le goulag ont été minimisées ou rejetées parce qu’elles étaient trop éloignées de la vision idyllique du communisme. Aujourd’hui, les attaques contre les chrétiens perturbent une certaine idéologie issue de l’anti-colonialisme et amplifiée par une interprétation pessimiste de l’histoire nationale."

Le criminologue interviewé avoue que les causes poussant les malfrats à dégrader des lieux de cultes chrétiens ne sont pas suffisamment connues car "les auteurs de ces profanations ne sont pas suffisamment appréhendés". "Si cela peut venir de personnes qui croient en d'autres religions, et où l'islam est très représenté, il peut également y avoir des individus qui pratiquent la démonologie, même si cela demeure marginal.", croit tout de même savoir Jean-Pierre Bouchard.

Dans un rapport de la direction générale de la gendarmerie nationale, datant de 2010, les gendarmes ont pu établir que dans les affaires résolues, le profil du profanateur est celui d’un mineur (83% des affaires) de sexe masculin (79%). Et dans un rapport parlementaire de 2011, il est écrit que la majorité des cas de dégradations était le fait de jeunes désœuvrés agissant "souvent en groupe du fait d’une consommation excessive d’alcool".

Un site chrétien vandalisé tous les deux jours

Selon le ministère de l'Intérieur, les atteintes aux lieux de culte et sépultures de toutes les religions sont en augmentation régulière. En 2014, sur 807 sites vandalisés, 673 étaient chrétiens, soit près de deux par jour. Dans le détail, sur les 216 atteintes à des cimetières, 206 concernaient des sites chrétiens et sur les 591 atteintes à des lieux de culte, 467 concernaient des sites chrétiens.

A titre de comparaison, pour les sites israélites, le ministère a recensé des atteintes à 61 synagogues, un centre communautaire, 6 cimetières et 2 monuments aux morts en 2014 (contre 26 faits en 2013). Pour les sites musulmans, il note une légère diminution des profanations en 2014 : 60 mosquées et salles de prières, ainsi que 4 carrés musulmans dans un cimetière (contre 75 faits en 2013).

Le conseiller sûreté du patrimoine au ministère de la Culture, Éric Blot, indiquait par ailleurs au Figaro que les vols dans les églises avaient doublé : "On était sur une tendance à la baisse depuis plusieurs années. Mais en 2014, les faits de vols dans les églises et cimetières ont plus que doublé, passant de 92 en 2013 à 202"

Toutefois, si les édifices chrétiens sont les plus atteints par des dégradations, c’est parce qu’ils sont également présents en plus grande nombre sur le territoire français qui compte près de 45 000 églises contre un peu plus de 2 000 mosquées par exemple. Ce qui, par ailleurs, n’enlève rien à la gravité des faits.

Peut-on parler de christianophobie ?

Quant à parler de christianophobie à l’instar des "islamophobie" et "antisémitisme", le terme fait encore débat, même au sein de l’Eglise. Pour exemple, cette réponse du ministère de l’Intérieur en 2013 au député UMP Marc le Fur qui demandait que soient recensés les actes antichrétiens : "S’agissant d’une éventuelle recension des actes antichrétiens à l’instar de celles qui sont effectuées pour les actes antisémites et les actes antimusulmans, les responsables des différentes églises (sic) et confessions chrétiennes n’ont jamais fait part de la demande d’un indicateur spécifique auprès des pouvoirs publics."

Pour sa part, l’Observatoire de la christianophobie, bien qu’utilisant ce terme, parle aussi de "christiano-mépris".

Prochaines menaces pour les chrétiens : le terorisme et les destructions

En plus des dégradations et des pillages, les églises de France devront affronter par la suite deux problématiques : le terrorisme et les destructions.

En avril dernier, l’Algérien Sid Ahmed Ghlam, une jeune étudiant versant dans l’islam radical, projetait en effet de commettre des attentats contre une ou plusieurs églises situées à Villejuif (Val-de-Marne). Manuel Valls, Premier ministre, s’était alors rendu dans les églises visées en affirmant que "pour la première fois", ce sont "les catholiques qui étaient visés".

L’émotion avait été grande surtout parmi les fidèles qui redoutaient que les actes de terrorismes visent dorénavant les lieux de cultes catholiques.

D’autre part, l’Observatoire du patrimoine religieux s’inquiète du nombre de destructions d’églises dans les 20 ans à venir. Constatant l’affaiblissement des finances publiques, l’Observatoire pense que "des milliers de monuments religieux pourraient disparaître d’ici à 20 ans !" et déplore déjà que certaines églises soient détruites avec l’accord des communes concernées. "Plus de 200 églises sont ainsi immédiatement menacées en France métropolitaine, tandis que des milliers d’autres sombrent dans l’oubli, attendant une restauration qui ne vient pas.", fait-il savoir.

Repost 0
19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 11:53

Ha, mon Manu… Oui Toi, le Manu de Matignon , je t’aime bien, enfin mon hémisphère gauche t’aime bien… Enfin non, l’hémisphère droit, enfin je ne sais plus trop car on a bien du mal à savoir si tu es de drôate ou de gôche, remarque mon Manu, ce n’est pas pour me déplaire tant les problèmes de notre pays ne sont plus ni de gauche ni de droite mais bel et bien pour tout le monde !!!

Mais quand même Manu, je ne pouvais pas laisser passer cette perle rapportée par notre AFP nationale (pour une fois ce n'est pas le canard) concernant ta dernière intervention.

Valls : « Notre politique ne sera crédible que quand le chômage baissera »

Mon pauvre, tu es mal barré alors parce que côté baisse du chômage c’est loin d’être gagné. En plus, s’il faut accueillir les 500 000 migrants venus de Libye comme le souhaite Juncker de la Commission européenne, ça fera autant de postes supplémentaires à trouver. Or disons-le, côté emploi, actuellement c’est la disette. Certains parlent même de famine Manu, et cette famine elle dure depuis 2007.

La population active de France (j’utilise ce terme volontairement car il englobe toutes les palettes de "couleurs et de confessions" que l’on peut trouver chez nous) fait face à plusieurs phénomènes.
Il y a la mondialisation : l’usine qui ferme ici pour ouvrir en Chine.
Il y a la robotisation/informatisation : on remplace l’ouvrier ou le travailleur par une machine.
Il y a l’immigration : on fait venir une main-d’œuvre généralement beaucoup plus corvéable et connaissant peu ou prou du tout ses droits, on tolère même le travail au noir…
Il y a aussi évidemment les détachements de personnel communautaire : en clair, un petit Polonais pas cher et pas forcément plombier qui vient travailler ici payé au prix de là-bas… Pratique. Peu coûteux. Bien « margeux » pour l’employeur comme disait mon arrière-grand-père radical socialiste.
Enfin, il y a l’arrivée sur le marché du travail, chaque année, de nos jeunes diplômés (ou non !).

Alors côté pression sur l’emploi, les tensions sont multiples et on le voit bien. Il ne s’agit pas de dire c’est bien ou mal. Il s’agit juste de constater ces phénomènes.

L’on considère que l’immigration n’est pas maîtrisable. On considère que la mondialisation n’est pas enrayable. On considère que la robotisation et les progrès sont inéluctables. On pense que la construction européenne est inévitable…

Ce raisonnement – qu’il soit vrai ou pas peu importe puisque c’est actuellement celui qui est appliqué par nos élites – signifie qu’il n’y a rien à faire ou que l’on ne veut rien faire sur les facteurs pesant sur le nombre de postes nécessaires chaque année.

La seule possibilité serait donc d’agir pour que les entreprises créent plus de travail, plus d’emplois. Pourtant, c’est illusoire de croire que l’on puisse inciter des entreprises à créer des emplois quand elles peuvent faire autrement – et c’est logique car la raison d’être d’une entreprise c’est la profitabilité et moins l’on a de salariés plus l’on est profitable et aujourd’hui, on peut entreprendre sans salarié ou presque.

Pour s’en convaincre, il faut rappeler à Manu l’exemple en France de Free et de SFR. 1 500 personnes d’un côté, 15 000 de l’autre. Sans être voyant, sans même une boule de cristal, je peux vous dire que chez SFR, il y aura des plans sociaux.

Mais Manu est content !!

« Manuel Valls persiste et signe : la France est « en train de sortir progressivement des difficultés économiques », a-t-il assuré ce lundi 18 mai sur « France Culture ». Selon l’Insee, la croissance française a bondi de 0,6 % au premier trimestre 2015. « Il faut conforter cette croissance pour toute l’année pour que nous ayons un rythme de croissance autour ou plus de 1,5 % à la fin de l’année, parce que c’est le chiffre qui nous permet de faire baisser le chômage », a-t-il ajouté. « Nous sommes en train d’obtenir des résultats. Mais les Français ne le verront, cette politique ne sera totalement crédible, que quand le chômage baissera », a toutefois ajouté le Premier ministre. »

Manu, voyons, le pétrole a baissé, l’euro a perdu 25 % et la BCE rachète pour 60 milliards d’euros chaque mois d’obligations d’États européens en faillite… Manu, malgré ces éléments exceptionnels, la « crôassance » française atteint un pitoyablement pathétique 0,6 %, sans compter que notre déficit est de presque 4 %… En clair, pour faire 1 de croissance, on dépense 4 de nouvelles dettes… Ce n’est pas de la croissance rentable Manu.

« De son côté le ministre des Finances, Michel Sapin, a expliqué dimanche sur « BFM-RMC-Le Point » que cette croissance devait « maintenant » s’inscrire « dans la durée ». Selon lui, « il faut une croissance plus forte en emplois, plus consistante en emplois ». Et d’ajouter : « Je le crois tout à fait possible. Mais il reste un élément décisif (…) il faut que l’investissement des entreprises reparte ». »

Haaa, Sapin a eu des cours d’économie, ça se sent tout de suite. Il faut que l’investissement des « entreprises reparte » ! Eh oui Michel, mais il va repartir l’investissement des entreprises, d’ailleurs elles investissent les entreprises, mais pas en France… à l’étranger, mondialisation oblige. Et puis quand elles investissent, c’est dans des machines et des ordinateurs qui leur permettent de ne pas avoir à recruter.

Nous avons donc à faire à de la croissance au mieux sans emploi… Au mieux parce que lorsqu’il n’y a plus « l’emploi » pour répartir la création de richesses et solvabiliser des consommateurs… eh bien rapidement, il n’y a plus de consommation faute de consommateurs solvables, c’est-à-dire faute de travailleurs rémunérés ayant un emploi… Du coup, il n’y a plus de croissance… Mais Manu, c’est un truc que seuls les sans-dents, comme dirait ton patron, peuvent comprendre.

Vers la fin du CDI ?

« Manuel Valls a par ailleurs rappelé qu’il ferait « de nouvelles propositions » concernant « l’embauche dans les PME et dans les toutes petites entreprises » au mois de juin. « L’obsession qui est la nôtre, c’est de faire baisser le chômage », a-t-il conclu. Ces propositions seront annoncées dans le cadre d’une conférence thématique portant sur une réforme du contrat de travail pour les petites entreprises. D’après le ministère de l’Économie, ces mesures seront retranscrites dans les textes existants, qui sont actuellement en discussion au parlement. »

Je comprends bien cette volonté de casser le droit du travail. Mais soyons sérieux et pas dogmatiques.

Oui il faut alléger les contraintes pesant sur les employeurs mais licencier, en France, c’est facile lorsque le salarié n’a pas 20 ans d’ancienneté, et les grandes entreprises savent organiser le « turn-over » naturel de leurs troupes avec toute l’hypocrisie du système managérial français.

Mais il faut admettre tout de même que où que vous regardiez, que ce soit en France, en Allemagne, au Royaume-Uni ou aux USA, le niveau d’emploi ne progresse pas du tout. Le taux de chômage officiel ne baisse que parce que de très nombreuses personnes sortent des statistiques et deviennent invisibles. D’ailleurs, même la banque centrale américaine a fini par reconnaître ce phénomène.

Il n’y a pas de travail et pas d’emploi uniquement parce que l’on n’a plus besoin de bras dans les mêmes proportions qu’auparavant.

La croissance ne reviendra pas. Mais quand bien même elle reviendrait qu’il s’agirait d’une croissance sans emploi. Or nous ne savons pas faire tourner un pays sans croissance économique et sans emploi.

Or Manu, la différence, l’énorme différence entre un simple homme politique et un grand homme, c’est la capacité à répondre aux ruptures. Ce que nous vivons n’est pas une simple crise passagère et tout ira bien plus tard. Non Manu, cette crise c’est une rupture, un changement radical. Tout ce qui faisait l’économie est en train de disparaître, conséquence de multiples facteurs.

Notre Premier ministre a beau être « content », il ne peut rien faire, pour la simple et bonne raison qu’il faudrait tout changer, radicalement mais personne ne le fera, nous condamnant ainsi à une plus ou moins longue agonie économico-sociale.

« Dans la famille «contents d’eux», je demande… Manu ! »

Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !

Ha, mon Manu… Oui toi, le Manu de Matignon, je t’aime bien, enfin mon hémisphère gauche t’aime bien… Enfin non, l’hémisphère droit, enfin je ne sais plus trop car on a bien du mal à savoir si tu es de drôate ou de gôche, remarque mon Manu, ce n’est pas pour me déplaire tant les problèmes de notre pays ne sont plus ni de gauche ni de droite mais bel et bien pour tout le monde !!

Mais quand même Manu, je ne pouvais pas laisser passer cette perle rapportée par notre AFP nationale concernant ta dernière intervention.

Valls : « Notre politique ne sera crédible que quand le chômage baissera »

Mon pauvre, tu es mal barré alors parce que côté baisse du chômage c’est loin d’être gagné. En plus, s’il faut accueillir les 500 000 migrants venus de Libye comme le souhaite Juncker de la Commission européenne, ça fera autant de postes supplémentaires à trouver. Or disons-le, côté emploi, actuellement c’est la disette. Certains parlent même de famine Manu, et cette famine elle dure depuis 2007.

La population active de France (j’utilise ce terme volontairement car il englobe toutes les palettes de couleurs et de confessions que l’on peut trouver chez nous) fait face à plusieurs phénomènes.
Il y a la mondialisation : l’usine qui ferme ici pour ouvrir en Chine.
Il y a la robotisation/informatisation : on remplace l’ouvrier ou le travailleur par une machine.
Il y a l’immigration : on fait venir une main-d’œuvre généralement beaucoup plus corvéable et connaissant peu ou pas du tout ses droits, on tolère même le travail au noir…
Il y a aussi évidemment les détachements de personnel communautaire : en clair, un petit Polonais pas cher et pas forcément plombier qui vient travailler ici payé au prix de là-bas… Pratique. Peu coûteux. Bien « margeux » pour l’employeur comme disait mon arrière-grand-père radical socialiste.
Enfin, il y a l’arrivée sur le marché du travail, chaque année, de nos jeunes diplômés (ou non !).

Alors côté pression sur l’emploi, les tensions sont multiples et on le voit bien. Il ne s’agit pas de dire c’est bien ou mal. Il s’agit juste de constater ces phénomènes.

L’on considère que l’immigration n’est pas maîtrisable. On considère que la mondialisation n’est pas enrayable. On considère que la robotisation et les progrès sont inéluctables. On pense que la construction européenne est inévitable…

Ce raisonnement – qu’il soit vrai ou pas peu importe puisque c’est actuellement celui qui est appliqué par nos élites – signifie qu’il n’y a rien à faire ou que l’on ne veut rien faire sur les facteurs pesant sur le nombre de postes nécessaires chaque année.

La seule possibilité serait donc d’agir pour que les entreprises créent plus de travail, plus d’emplois. Pourtant, c’est illusoire de croire que l’on puisse inciter des entreprises à créer des emplois quand elles peuvent faire autrement – et c’est logique car la raison d’être d’une entreprise c’est la profitabilité et moins l’on a de salariés plus l’on est profitable et aujourd’hui, on peut entreprendre sans salarié ou presque.

Pour s’en convaincre, il faut rappeler à Manu l’exemple en France de Free et de SFR. 1 500 personnes d’un côté, 15 000 de l’autre. Sans être voyant, sans même une boule de cristal, je peux vous dire que chez SFR, il y aura des plans sociaux.

Mais Manu est content !!

« Manuel Valls persiste et signe : la France est « en train de sortir progressivement des difficultés économiques », a-t-il assuré ce lundi 18 mai sur « France Culture ». Selon l’Insee, la croissance française a bondi de 0,6 % au premier trimestre 2015. « Il faut conforter cette croissance pour toute l’année pour que nous ayons un rythme de croissance autour ou plus de 1,5 % à la fin de l’année, parce que c’est le chiffre qui nous permet de faire baisser le chômage », a-t-il ajouté. « Nous sommes en train d’obtenir des résultats. Mais les Français ne le verront, cette politique ne sera totalement crédible, que quand le chômage baissera », a toutefois ajouté le Premier ministre. »

Manu, voyons, le pétrole a baissé, l’euro a perdu 25 % et la BCE rachète pour 60 milliards d’euros chaque mois d’obligations d’États européens en faillite… Manu, malgré ces éléments exceptionnels, la « crôassance » française atteint un pitoyablement pathétique 0,6 %, sans compter que notre déficit est de presque 4 %… En clair, pour faire 1 de croissance, on dépense 4 de nouvelles dettes… Ce n’est pas de la croissance rentable Manu.

« De son côté le ministre des Finances, Michel Sapin, a expliqué dimanche sur « BFM-RMC-Le Point » que cette croissance devait « maintenant » s’inscrire « dans la durée ». Selon lui, « il faut une croissance plus forte en emplois, plus consistante en emplois ». Et d’ajouter : « Je le crois tout à fait possible. Mais il reste un élément décisif (…) il faut que l’investissement des entreprises reparte ». »

Haaa, Sapin a eu des cours d’économie, ça se sent tout de suite. Il faut que l’investissement des « entreprises reparte » ! Eh oui Michel, mais il va repartir l’investissement des entreprises, d’ailleurs elles investissent les entreprises, mais pas en France… à l’étranger, mondialisation oblige. Et puis quand elles investissent, c’est dans des machines et des ordinateurs qui leur permettent de ne pas avoir à recruter.

Nous avons donc à faire à de la croissance au mieux sans emploi… Au mieux parce que lorsqu’il n’y a plus « l’emploi » pour répartir la création de richesses et solvabiliser des consommateurs… eh bien rapidement, il n’y a plus de consommation faute de consommateurs solvables, c’est-à-dire faute de travailleurs rémunérés ayant un emploi… Du coup, il n’y a plus de croissance… Mais Manu, c’est un truc que seuls les sans-dents, comme dirait ton patron, peuvent comprendre.

Vers la fin du CDI ?

« Manuel Valls a par ailleurs rappelé qu’il ferait « de nouvelles propositions » concernant « l’embauche dans les PME et dans les toutes petites entreprises » au mois de juin. « L’obsession qui est la nôtre, c’est de faire baisser le chômage », a-t-il conclu. Ces propositions seront annoncées dans le cadre d’une conférence thématique portant sur une réforme du contrat de travail pour les petites entreprises. D’après le ministère de l’Économie, ces mesures seront retranscrites dans les textes existants, qui sont actuellement en discussion au parlement. »

Je comprends bien cette volonté de casser le droit du travail. Mais soyons sérieux et pas dogmatiques.

Oui il faut alléger les contraintes pesant sur les employeurs mais licencier, en France, c’est facile lorsque le salarié n’a pas 20 ans d’ancienneté, et les grandes entreprises savent organiser le « turn-over » naturel de leurs troupes avec toute l’hypocrisie du système managérial français.

Mais il faut admettre tout de même que où que vous regardiez, que ce soit en France, en Allemagne, au Royaume-Uni ou aux USA, le niveau d’emploi ne progresse pas du tout. Le taux de chômage officiel ne baisse que parce que de très nombreuses personnes sortent des statistiques et deviennent invisibles. D’ailleurs, même la banque centrale américaine a fini par reconnaître ce phénomène.

Il n’y a pas de travail et pas d’emploi uniquement parce que l’on n’a plus besoin de bras dans les mêmes proportions qu’auparavant.

La croissance ne reviendra pas. Mais quand bien même elle reviendrait qu’il s’agirait d’une croissance sans emploi. Or nous ne savons pas faire tourner un pays sans croissance économique et sans emploi.

Or Manu, la différence, l’énorme différence entre un simple homme politique et un grand homme, c’est la capacité à répondre aux ruptures. Ce que nous vivons n’est pas une simple crise passagère et tout ira bien plus tard. Non Manu, cette crise c’est une rupture, un changement radical. Tout ce qui faisait l’économie est en train de disparaître, conséquence de multiples facteurs.

Notre Premier ministre a beau être « content », il ne peut rien faire, pour la simple et bonne raison qu’il faudrait tout changer, radicalement mais personne ne le fera, nous condamnant ainsi à une plus ou moins longue agonie économico-sociale.

Repost 0
18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 15:15

Lorsque nous tentons de définir ce qu'est l’humilité en « politique » où ce qu'elle devrait...pourrait être, force est de constater que nous nous trouvons face à des approches multidimensionnelles et/ou multifactorielles.

Car, le mot Humilité à la particularité d’associer le social à l’esprit en entretenant une confusion entre humilité et modestie. Tout comme l’approche Politique peut être politicienne et platonicienne.

De fait, pour rester dans le domaine de la spiritualité que je souhaite avoir dans ce billet, je dirai :

  • Que l’humilité est une démarche alors que la modestie pourrait n’être qu’un état,
  • Que l’humilité est une prise de conscience de l’espace à parcourir,
  • Que l’humilité c’est prendre la dimension de l’être par rapport au UN au Tout, c’est donc de … relativiser.

De tous temps, les Humanistes qui ne sont pas des êtres désincarnés et qui ne vivent pas seulement dans le ciel des idées mais dans des cités, se sont toujours efforcées, avec plus ou moins de succès et plus ou moins de bonheur, de répondre aux problèmes que pouvait poser les situations historiques dans lesquelles ils se trouvaient, c’est-à-dire de répondre à des problèmes d’ordre social et politique.

Les Humanistes sont des êtres étranges, singuliers et uniques, qui se questionnent et essaient de répondre à moultes interrogations.

Et, s’il est vrai que nous ne devons pas négliger les problématiques sociétales et que nous devons essayer de leur donner des réponses/solutions.

Il est tout aussi exact que c’est à la seule condition que l’animal politique et l’animal professionnel se souviennent qu’il est aussi un animal raisonnable.

C’était déjà la grande leçon de Socrate, c’était la leçon de Descartes, c’était aussi la leçon que nous a laissée le Siècle des Lumières

Ce qui signifie, qu’aucun humaniste ne peut se dire humble s’il ne vit pas cet abaissement intérieur qui conduit à mettre en relation - l’homme et l’univers, l’homme et le néant, le chaos et l’ordre.

L'Humilité est avant tout une façon d'être, une façon de se comporter.

La nature humaine a parfois tendance à se survaloriser. Pour réfréner cette tendance, l'Homme doit cultiver l'Humilité, seul rempart à l'hypertrophie de son ego.

Ceci ne signifie-t-il pas pour l’humaniste de s'imposer des limites, de les accepter, voire de les transcender.

D’ailleurs, n’est-il pas écrit : « Qui s'élève sera abaissé – Qui s'abaisse sera élevé ».

Passage d’un état à un autre, qui permet de comprendre qui on est. Cheminement qui fait que l’on passe de la connaissance de soi à la conscience de soi.

La méthode Cartésienne « je pense donc je suis » donne au JE toute sa dimension introspective du SOI et du MOI. Elle met en évidence la nécessaire quête de connaissance dont le but sera de « nous rendre comme maître et possesseurs de la nature ». C’est toute la démarche des lumières

Par contre, la démarche humaniste est avant tout d’appréhender ce que nous sommes de notre origine à notre destination future.

Signifier le travail introspectif, exprimer le désir de perfectionnement, désigner la volonté de construction de notre temple intérieur ne revient-il pas à symboliser l’Être. Car, c’est là que réside

  • la compréhension entre le temporel et l’intemporel,
  • l’appréhension de la matrice de sa vie spirituelle.

Mais, faut il encore pour y parvenir être attentif.

Notre esprit, trop souvent endormis dans la facilité de la matérialité et de la rationalité, ne demande qu’à s’éveiller à une juste prise de conscience.

L’humilité est le principe même de l’action !

Apprendre pour Comprendre, Comprendre pour Agir !

Quel sens donner à notre Vie si ce n’est vivre ce que nous sommes, comprendre que rien n’est acquis, qu’il faut tout remettre en question et admettre que nous sommes le microcosme de l’univers.

Ce constat n’est pas difficile. Ce qui l’est, en revanche, c’est de l’admettre ouvertement.

N’est ce pas en cela que l’on appréhende ce l’on est.

N’est ce pas par l’union de l’esprit, de l’âme et du corps que nous pourrons franchir le rubicond pour aborder l’autre rive

L’humilité antichambre des « perfections ». C’est ainsi que humilité et fil à plomb confondus nous amènent à comprendre quels sont les leviers de nos convictions, de nos croyances ou de nos rejets, cette conscience situe immanquablement nos limites et les efforts pour les dépasser.

Traiter de l'humilité en « politique », c'est toucher à un point sensible de notre égo.

Et, nous oblige à sonder des profondeurs qui touchent à notre intimité enfouie et inconsciente. Par un travail tenace et suivi sur nous, rendre conscients des aspects inconnus de nous-mêmes. Laisser de côté ce ramassis, cet écheveau égoïste et ombrageux de nos souhaits personnels, nos phantasmes/fantasmes, nos ambitions, nos espoirs et nos appréhensions et nous mettre en accord avec les tendances, souvent opposées, de notre inconscient.

En prenant conscience de notre face cachée, de notre côté obscur, nous passons d’une conscience immédiate des choses à une conscience qui se réfléchit et réduisons ainsi notre part inconnue en nous. N’est ce pas la voie pour passer de l’ombre à la lumière.

Notre inconscient, peuplé de personnages qui se révèlent au moyen du langage symbolique, nous montre le chemin pour nous accomplir par cette connaissance de notre vie inconsciente. « Faire en sorte que l’inconscient et la conscience apprennent à vivre en paix l’un avec l’autre. Est la condition du bonheur » nous apprend Jung,

C’est ici que le fameux « connais-toi toi-même » prend toute sa signification voulant dire que nous devons en toute humilité, accepter nos limites, nos possibilités, notre condition.

C'est une attitude délicate et respectueuse dans laquelle on n'a pas besoin de prouver qu'on existe.

L’humilité nous donne l’occasion d’un nouveau regard afin d’arrêter d’être aveuglés par l’illusion !

L’humaniste est, « un néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du néant, un milieu entre rien et tout ».

Alors, nous militants sociaux-libéraux soyons :

  • de ceux qui permettent à la politique de retrouver ses droits et devoirs, en même temps que ses enjeux. Car la politique doit être humble, la politique n’est pas là pour changer la vie Elle est là pour maintenir ou améliorer ce qui la rends possible. La politique n’est pas là pour rendre heureux ; elle est là pour combattre ce qui nous empêche de le devenir ou de le rester : la misère, l’oppression, l’injustice, le chômage, l’insécurité,
  • des Femmes et des Hommes Politique Humbles, Porteurs d’Espoirs et de Sens.
Repost 0