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  • : Engagé, depuis plusieurs décennies dans une démarche visant à lutter contre tous les processus d'exclusion, de discrimination et de ségrégation socio-urbaine, je suis persuadé que si nous voulons « construire » une société reposant sur un véritable Vivre Ensemble. Il nous faut savoir, donner du sens au sens, prendre le temps de la concertation et faire des propositions en adéquation avec les besoins de nos concitoyens.
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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 11:06

François Hollande en visite à la Maison du transport de Saint-Étienne, le 8 octobre 2013 (HAMILTON-POOL/SIPA).

 

Après 17 mois d’exercice du pouvoir, François Hollande se trouve au plus bas dans les sondages d’opinion. Pour chacun des instituts, quelle que soit la manière de poser la question, il est descendu à un niveau où Nicolas Sarkozy, même au plus fort de son impopularité, n’était jamais tombé.

 

Cela devient d’autant plus grave que, progressivement, ce n’est plus seulement sa politique qui est mise en cause, mais la confiance dans un homme jugé flou et indécis qui diminue, sa parole qui est de moins en moins écoutée, sa crédibilité qui paraît atteinte. Et cela devrait durer.

 

Peu de soutiens, peu de relais

 

On ne voit pas très bien en effet ce qui pourrait modifier à court ou moyen terme la situation, d’autant que ses soutiens officiels vont avoir tendance à se restreindre, avec le passage de Bayrou et du MoDem dans une opposition affirmée et les critiques de plus en plus nombreuses et acérées des écologistes (en dehors de leurs ministres !).

 

Les campagnes des municipales et des européennes ne seront pas non plus propices à un soutien de l’action et de la personne du président : les candidats socialistes eux-mêmes, comme le montre Anne Hidalgo à Paris, auront tendance à s’en démarquer.

 

Une défaite des socialistes à ces deux élections, dont il sera forcément rendu pour une large part responsable, ne l’aidera pas à retrouver les faveurs des Français dans les semaines qui suivront, d’autant qu’elles lui feront perdre (ce pourra aussi être le cas des sénatoriales et des régionales), de nombreux relais et soutiens institutionnels.

 

Vis-à-vis de l’opinion, Hollande se retrouvera donc au dernier trimestre 2014, c’est à dire à la moitié très exactement du quinquennat, dans une situation comparable (voire légèrement pire) à celle qui est aujourd’hui la sienne.

 

La reprise de la croissance sera trop faible

 

Pourra-t-il, alors, dans les mois qui resteront, remonter suffisamment vite la pente ? Il semble le croire,misant sur l’amélioration attendue de la situation économique et financière qui lui permettrait de relancer l’emploi et de faire la dernière année des cadeaux électoraux décisifs en terme de pouvoir d’achat. Mais cela paraît être un pari difficile à gagner.

 

D’abord parce que, avoir été si longtemps si bas va créer une situation de fait dont il sera très difficile de faire sortir les Français, qui, au moins par habitude et confort intellectuel, continueront à penser, et à dire, ce qu’ils auront répété pendant près de deux ans. Et s’étant habitués à ne plus écouter la parole présidentielle, celle-ci aura le plus grand mal à les atteindre, avant même de les convaincre.

 

Par ailleurs, même si on constatait une reprise de la croissance à compter de la fin de l’année 2014, celle-ci mettra un certain temps à produire ses effets et ceux-ci ont toute chance d’être assez peu sensibles. Il faudrait que la croissance soit durablement de l’ordre de 2,5% pour qu’on puisse, avant le début de la campagne présidentielle, en ressentir nettement les effets positifs.

 

Tout laisse à penser que le chômage sera plus élevé au premier trimestre 2017 qu’en mai 2012, ce qui ne pourra qu’être pointé comme un échec pour le président.

 

Des marges de manœuvre insuffisantes

 

Les éventuels progrès sur le plan de la sécurité seront, comme toujours en ce domaine, peu ressentis et difficilement portés au crédit d’un président qui se sera finalement peu engagé lui-même dans ce combat, délégué à Manuel Valls (ou préempté par celui-ci).

 

Les marges de manœuvre seront en outre trop faibles pour faire les "cadeaux électoraux" susceptibles de provoquer la bienveillance d’électeurs qui auront eu, des années durant, le sentiment d’avoir été trompés.

 

Bien sûr, toutes ces suppositions peuvent être balayées par un éventuel succès économique foudroyant, par une désagrégation de l’opposition et l’élimination successive de tous les concurrents crédibles, ou par une transformation du président "normal" en leader charismatique capable d’enflammer les foules et d’insuffler dans l’électorat confiance et enthousiasme.

 

Pourquoi pas… Mais ce n’est pas forcément le plus vraisemblable.

 


Par 
politique social-libéral

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Published by Jean-Loup Dujardin
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