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  • : Engagé, depuis plusieurs décennies dans une démarche visant à lutter contre tous les processus d'exclusion, de discrimination et de ségrégation socio-urbaine, je suis persuadé que si nous voulons « construire » une société reposant sur un véritable Vivre Ensemble. Il nous faut savoir, donner du sens au sens, prendre le temps de la concertation et faire des propositions en adéquation avec les besoins de nos concitoyens.
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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 13:25

Une partie de la presse accueille le programme économique d'Emmanuel Mao Tsé Cron  de manière flatteuse. À y regarder de plus près, il y manque l'essentiel.

Les preuves de l’inimitié qui lie une certaine  gauche à l’économie en général et aux réalités quotidiennes en particulier sont légion. Mais en ces temps d’élection présidentielle, avec le risque toujours plus fort de voir un(e) Président(e) élu(e) sur un programme économique étatique, il est utile de les décortiquer. Ainsi en est-il du programme économique d’Emmanuel Mao Tsé Cron, que l’Obs s’empresse de présenter, avec comme introduction flatteuse et un peu rapide : « fini le flou ».

Sans doute l’Obs se force-t-il de parler chiffres, car il s’agit de son candidat fétiche.

Mais tout de même, dans ce programme, ne manque-t-il pas justement l’essentiel ?

Est-ce l’Obs qui n’y attache aucune importance ?

Ou est-ce le candidat qui n’en parle pas ?

Quoi qu’il en soit, ce déséquilibre est encore une fois symptomatique du pathos de la gauche Bobos française (les Gracques exceptés)…

DES ÉCONOMIES CHIFFRÉES MAIS SANS AUCUN DÉTAIL SUR LES MOYENS D’Y PARVENIR

 

S’engager à réduire la dépense publique de 3 points de PIB en cinq ans, soit 60 milliards d’euros d’économies (« par rapport à la hausse naturelle des dépenses » n’oublie-t-il pas toutefois d’ajouter) c’est formidable, et c’est sans doute un minimum.

Mais le plus important n’est-il pas la façon de s’y prendre ? Comment en effet réduire le train de vie faramineux et asphyxiant de l’État sans générer du chômage supplémentaire, des émeutes de fonctionnaires dans la rue, voire une chute de la qualité des services publics ?

Emmanuel Mao Tsé Cron qui ne souhaitait pas citer, ni même s’engager, sur des chiffres consent à le faire. Mais là n’est pas la difficulté. Chacun sait que le diable se cache dans les détails. Et des détails de cet ampleur-là méritent un peu plus qu’une profession de foi, fût-elle agrémentée de nombres.

Par quel miracle l’un des membres d’un gouvernement qui n’a vraiment pas brillé par ses économies (hausse des impôts concomitante à une hausse de la dette sans qu’aucun résultat économique ne s’améliore par ailleurs !) pourrait-il sauver de telles sommes ?

Les citoyens sont en droit d’exiger de telles explications.

UNE BAISSE DE LA FISCALITÉ MAIS SANS AUCUN DÉTAIL SUR LES MOYENS DE LA COMPENSER

 

Il en est exactement de même sur les engagements du candidat Mao Tsé Cron quant à la baisse de la fiscalité. La précision des données chiffrées qu’il nous sert (fiscalité sur les entreprises qui passerait de 33,3% à 25%, volume de la baisse des impôts sur les ménages de 10 milliards, etc.) n’a d’égal que le vide absolu concernant la façon dont ces baisses seront absorbées et/ou compensées par l’État.

Compte tenu de la situation de l’hexagone, maintenir un pareil flou sur de telles promesses est tout simplement indécent.

AUCUN CHANGEMENT EN MATIÈRE DE SOCIAL

Il y a certes un progrès puisque le candidat Mao Tsé Cron, en lieu et place d’ajouter au concert de promesses en tout genre, s’engage seulement à maintenir la protection sociale existante. Mais tout de même, celle-ci n’est-elle pas devenue ruineuse ? Le spectre de la faillite de la Sécurité sociale ne serait-il qu’une affabulation d’esprits mal tournés ?

Le fait que la France représente 15% des transferts sociaux de la planète mais seulement 3,5% de son industrie et 1% de sa population ne mériterait-il pas qu’une large part du programme économique se consacre à la façon d’assurer dans le temps un écart aussi vertigineux ?

Or, là non plus, le candidat n’entre pas dans les détails et se cantonne aux aspects positifs de ses engagements. Encore une fois, faire plaisir avec des promesses ne constitue pas une preuve de respect des citoyens.

Il s’agit maintenant de proposer une politique, en toute transparence, afin d’interrompre autant que faire se peut le déclin économique de notre pays.

 

ÉDUCATION ET GOUVERNANCE PAR-DESSUS LA JAMBE

Le candidat Mao Tsé Cron ne s’était pas penché sur ces deux domaines, à croire que cela n’est pas important.

Le recul régulier et solide de la France dans les classements internationaux de type PISA, les problèmes relatés un peu partout concernant le vrai niveau des élèves sur les fondamentaux, la pénurie de certaines formations professionnelles, tout cela ne mérite-t-il pas la meilleure attention ?

 

ET QUID DE LA RELANCE DE NOTRE COMPÉTITIVITÉ ÉCONOMIQUE ?

Aucun chapitre n’est consacré à ce domaine (et ce n’est semble-t-il pas la faute de l’Obs), ce qui est, avouons-le, totalement renversant. Le déclin français ne manque pourtant pas de momentum, et chaque année les comparatifs macro-économiques nous le rappellent, que ce soit en PIB per capita, en nombre de chômeurs, en nombre de citoyens sous le seuil de la grande pauvreté, en parts de marché industriel, etc.

Dans un pays en sérieuse difficulté, ne pas prévoir ce volet est tout simplement scandaleux. Pourquoi ? Parce que c’est le domaine qui permet à lui seul la réalisation de toutes les autres promesses. Sans une amélioration de nos résultats économiques, il nous sera impossible de conserver le même niveau de protection sociale (que nous nous offrons déjà en empruntant !). Sans une amélioration de notre compétitivité, nous ne pourrons pas réaliser dans des délais normaux et à un coût non prohibitif les économies sur le train de vie de notre État obèse. Sans une amélioration de notre tissu industriel et de nos positions sur les marchés les plus dynamiques, nous ne pourrons pas briser la spirale négative qui frappe notre nation : échec scolaire, échec professionnel, chômage, précarité et même délinquance…

 

DES BOBOS GAUCHOS TOUJOURS AUSSI ÉTRANGÈRS AU MONDE DES ENTREPRISES

C’est tellement risible, c’est tellement grotesque. Et pourtant, c’est tellement vrai : la gauche bobo n’a toujours pas assimilé d’où vient l’argent.

Pour elle, le revenu disponible, la richesse, en un mot, le gâteau à se partager est à l’abri de la concurrence internationale, et de la lassitude des entrepreneurs qui prennent des risques pour le gagner (et qui peuvent aller voir ailleurs). La gauche bobo en est encore à une époque où les frontières sont fermées, les choses sont stables, les riches sont riches, les pauvres sont pauvres, et où il n’est que question d’arbitrer, de transférer, de répartir. Mais cette époque du planisme est terminée.

La taille du gâteau disponible ne cesse de diminuer. Sans la remise en marche de la compétitivité de nos entreprises, le pays ne pourra que poursuivre son appauvrissement relatif (la planète s’enrichit, pas la France) et constater jour après jour l’implosion de son tissu social.

Pour quelle raison ne serions-nous pas capables d’engager les réformes ad hoc comme l’ont fait plusieurs pays (l’Angleterre, l’Allemagne…) autour de nous ?

La Suède, pour prendre l’exemple d’un pays épris de protection sociale et d’équité, ne l’a-t-elle pas fait avec succès ?

De toute évidence, en n’abordant pas les problèmes structurels de l’hexagone, le programme économique d’Emmanuel MaO Tsé Cron se positionne dans la droite ligne social-démocrate française, celle qui nous a tant fait de mal depuis une trentaine d’année par son rejet des solutions socio-libérales.

 

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Published by Jean-Loup Dujardin - dans politique asnieres alternative centriste
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