Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Jean-Loup
  • Le blog de Jean-Loup
  • : Engagé, depuis plusieurs décennies dans une démarche visant à lutter contre tous les processus d'exclusion, de discrimination et de ségrégation socio-urbaine, je suis persuadé que si nous voulons « construire » une société reposant sur un véritable Vivre Ensemble. Il nous faut savoir, donner du sens au sens, prendre le temps de la concertation et faire des propositions en adéquation avec les besoins de nos concitoyens.
  • Contact

Recherche

24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 18:14

 

Un ami m’a soumis un article et défié de le publier !!! Vous me connaissez je suis un humaniste-provocateur-consensuel. De plus, je trouve l’article particulièrement ….Alors bonne lecture, au fait pour le volatile je préfère le Canard   

 

Beaucoup ont pris François Fillon pour cible, et sans ménagement. Ils lui réservent tous les noms d’oiseaux, et dans leur esprit le volatile le plus dangereux et haïssable est celui d’ultra-libéral.

Certes Fillon serait radical, brutal, traditionaliste, réactionnaire, conservateur, présomptueux, irréaliste, mais par-dessus tout, abomination de la désolation, il serait ultra-libéral. L’avantage de l’ultra-libéralisme est de réconcilier toute la classe politicienne française, de Mélenchon à Marine, de Valls à Bayrou. Enfin un ciment patriotique et républicain : la nation renaît de ses cendres, le phénix va anéantir l’ultra-libéralisme !

Je vais défendre François Fillon de deux façons : d’une part en le rassurant, il n’est pas ultra-libéral, il est victime d’une simple cabale électorale, d’autre part en l’encourageant, il peut s’il le veut (et je pense qu’il le veut) aller bien plus loin dans la recherche d’un choix de société fondé sur la liberté

 

L’économie « selon  François », c’est dans le volet économique de son programme qu’il est à mes yeux infra-libéral. Tout d’abord la réapparition de la TVA sociale est une erreur : remplacer des cotisations par des impôts, soulager les salariés et les entreprises en faisant payer les contribuables n’est pas un progrès, c’est mélanger deux prélèvements de nature différente (assurances mutuelles et paiement des services publics). Une deuxième erreur est de remettre à plus tard la fin du monopole de la Sécurité Sociale.

On ne peut sauver les retraites en relevant l’âge de départ au lieu d’amorcer tout de suite la transition à la capitalisation, ni davantage sauver la santé sans responsabiliser les assurés. La TVA sociale masque la réalité : en France les retraites et la santé coûtent 60 % plus cher qu’à l’étranger Une troisième erreur est de ne pas assortir l’objectif louable de réduction de la sphère publique d’un programme de privatisations

D’ailleurs toute la droite est obnubilée par le nombre de fonctionnaires, donnant le sentiment de vouloir exclure de la communauté nationale les agents de l’administration, alors que les libéraux veulent réduire le périmètre de l’État, et transformer les fonctionnaires en salariés du secteur marchand ou social – ce qui leur vaut un supplément de pouvoir d’achat et de considération dans tous les pays qui, en effet, ont ramené la sphère publique aux seules missions régaliennes.

Fillon en dessous de ce qu’on attend d’un libéral

Je ne veux pas à mon tour faire du « Fillon bashing », mais tel qu’il est actuellement le programme qu’il propose est très en-dessous de ce que l’on peut attendre d’un projet libéral.

Je préfère repérer ce qui engage François Fillon dans la voie libérale, ce qui constitue déjà une belle rupture avec la droite dopée à l’étatisme, au jacobinisme, et même au socialisme depuis des décennies. On peut saluer des avancées encourageantes dans plusieurs domaines.

François Fillon a le courage d’attaquer le mammouth, il a compris que l’instruction et l’éducation sont des enjeux majeurs, et que l’administration de l’Éducation Nationale, livrée à l’idéologie, à la puissance syndicale, ne peut être neutralisée que par l’ouverture à la concurrence d’établissements privés et autonomes librement créés. François Fillon conteste la priorité donnée au logement social, et entend rompre avec une réglementation inspirée par « la lutte entre bourgeois propriétaires et prolétaires locataires ».

Les lois SRU et ALUR seront supprimées. Il faut aussi une certaine lucidité pour supprimer la durée légale du travail et renvoyer au dialogue au niveau de l’entreprise les détails du contrat de travail. La suppression du principe de précaution n’est pas pour plaire aux zadistes ni à Madame NKM. Je peux continuer à distribuer les bons points, et ce n’est pas par hasard que le Collectif des Libéraux a classé le candidat largement en tête.

Bref, on voit bien le désir de François Fillon de briser les chaînes réglementaires, sociales, fiscales, qui empêchent aujourd’hui les Français de trouver un emploi, d’entreprendre, d’investir. Mais  François Fillon a aussi toutes les qualités qui peuvent en faire un ultra-libéral, c’est-à-dire quelqu’un qui va au-delà de l’efficacité économique et sociale pour s’engager dans un vrai choix de société.

Être ultra-libéral c’est fonder la libération de la société sur l’impératif de la responsabilité et de la dignité de la personne humaine. C’est souhaiter des institutions qui garantissent les principes de propriété et de subsidiarité. C’est ce qui fait dire aux commentateurs que François Fillon est « conservateur ». Non : un libéral n’est pas conservateur parce qu’il connaît l’imperfection des choix actuels, des institutions, et demande d’user de la liberté pour changer en vue de permettre aux êtres humains d’accomplir leur épanouissement personnel et de vivre dans l’harmonie avec les autres.

François Fillon n’est pas le conservateur d’un musée français (comme on le dit), il est l’expression de millions de Français qui se révoltent contre le mauvais usage que l’on fait de la liberté, et veulent retrouver quelques valeurs provisoirement oubliées. Leur révolte n’est pas sociale, elle est morale et spirituelle.

Voilà pourquoi la victoire de François Fillon n’est pas celle de la « droite radicale » sur la « droite de Chirac » Elle est le résultat de l’engagement personnel, de la vigueur de la société civile, et il s’agit bien d’une poussée formidable et inattendue, animée par un souffle profond qui peut stimuler les esprits et les cœurs.

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Loup Dujardin - dans politique asnieres centriste
commenter cet article

commentaires