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  • : Le blog de Jean-Loup
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  • : Engagé, depuis plusieurs décennies dans une démarche visant à lutter contre tous les processus d'exclusion, de discrimination et de ségrégation socio-urbaine, je suis persuadé que si nous voulons « construire » une société reposant sur un véritable Vivre Ensemble. Il nous faut savoir, donner du sens au sens, prendre le temps de la concertation et faire des propositions en adéquation avec les besoins de nos concitoyens.
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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 13:28

Un nouveau gouvernement ! Vous n’en rêviez pas ? Vous n’en aviez pas besoin ? Et pourtant vous l’avez quand même ! ! !

C'est nouveau et c'est comme cela..

Après tout, Valls et Hollande n’avaient-ils pas d’autres priorités que la gestion des affaires internes à la/les gauche(s) française(s) ?

On se demande quand même pourquoi Valls est resté en poste, surtout après les échecs subis par la gauche aux dernières élections. Après tout, c’est bien suite à des défaites électorales que Jean-Marc Ayrault avait été démissionné de son poste de Premier ministre, non ?

Remaniement ou pas, les questions de fond demeurent.

En théorie, et en vertu de la théorie (libérale) de la séparation des pouvoirs, chacun convient de la pertinence de la maxime de Montesquieu : « Pour qu’on ne puisse pas abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. »

C’est pourquoi le corps législatif, élu par les citoyens dans le cadre des modalités d’organisation de la démocratie représentative, pour parler à la place du peuple, est chargé de contrôler l’action de l’exécutif et de voter les lois.

On avait déjà de sévères accrocs à cette théorie de la séparation des pouvoirs, de part le rôle prédominant du Président de la République française ou celui du gouvernement, dans le système institutionnel.

Mais quand 441 députés, sur un total de 576, ne se déplacent même pas pour un vote important, constitutionnaliser l’état d’urgence (c’est-à-dire pérenniser un régime d’exception d’abolition partielle de la séparation des pouvoirs), à quoi servent les députés ? Ne font-ils pas implicitement l’aveu de leur faible utilité ?

Les spécialistes des affaires parlementaires, comme Authueil, expliquent qu’en réalité, il faut nuancer la portée de cet absentéisme, et que les séances publiques ne sont pas le lieu où se jouent les votes et que les choix des députés ne sont jamais individuels. Soit. Voilà peut-être pourquoi il n’y a pas d’opposition au gouvernement ? Le comportement individualiste de certains députés nous permet néanmoins quand même d’espérer.

Que ce soit sur la gestion de la fonction publique, ou bien que l’on parle de la question de la réforme constitutionnelle, ce ne sont pas les questions au gouvernement qui manquent. Alors, entendrons-nous les députés poser les questions au gouvernement (QAG) suivantes ?

Dans le cadre de sa mission de contrôle de l’action de l’exécutif, le corps législatif, à commencer par les députés à l’Assemblée Nationale, posera-t-il les questions au gouvernement (QAG) suivantes ?

Question au Premier ministre, Manuel Valls

Monsieur le Premier ministre, vous avez déclaré que les aides aux entreprises pourraient bientôt être conditionnées en estimant que les engagements du patronat dans le cadre du pacte de responsabilité « n’étaient pas respectés ». Bravo, monsieur le Premier ministre, pour parvenir à rejeter la responsabilité du chômage sur les entrepreneurs. Il faut dire que vous avez pour interlocuteur le MEDEF, c’est-à-dire un syndicat assez peu, voire pas du tout représentatif des entreprises qui, bien qu’il n’ait absolument aucun pouvoir de décider à la place des entrepreneurs qui et comment embaucher, a laissé entendre que le pacte de responsabilité était une bonne idée. Et si, Monsieur le Premier ministre, vous supprimiez toute forme « d’aide » aux entreprises, y compris le pacte de responsabilité ou le CICE, afin de privilégier, plutôt, la stabilité juridique et fiscale ? Les entreprises ne demandent pas des aides, Monsieur le Premier ministre, elles demandent juste qu’on les laisse travailler.

Monsieur le Premier ministre, merci de cesser de réduire les entreprises au MEDEF, et merci de rappeler également que La Poste, entreprise 100% publique, est l’une des plus grosses bénéficiaires du CICE ?

Question à Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires Étrangères
Félicitations, Monsieur le Ministre, nous ne savions pas que vous étiez, en plus du fait de parler allemand, spécialiste des questions diplomatiques ! Espérons que vous saurez trouver votre place entre François Hollande, ce président qui a choisi de poursuivre la diplomatie sarkozienne, et Jack Lang, shadow ministre des affaires étrangères qui, lui, n’est pas remanié à la tête de l’Institut du Monde Arabe !

Mais loin des intrigues de cour du 7ème arrondissement, Monsieur le Ministre, le monde bouge, notamment en Turquie, notre partenaire au sein de l’OTAN. Ce pays a, si on en croit plusieurs médias, violé l’espace aérien grec, c’est à dire l’espace aérien de l’Union Européenne.
Rajoutons à cela les autres contentieux, comme le dossier des réfugiés, ou les liens avec la Russie.

Monsieur le Ministre, allez-vous demander la renégociation des accords liant l’OTAN et la Turquie ?

Question au ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve
Félicitations Monsieur le Ministre, malgré l’insécurité, malgré le terrorisme, malgré les bavures policières, vous êtes toujours en poste. Vous conservez votre boulot, mais votre bilan demeure. État d’urgence, loi renseignement, déchéance de la nationalité, le gouvernement auquel vous appartenez, non seulement fait preuve d’inefficacité mais surtout affaiblit la garantie de nos libertés, comme le note Aurélien Véron, président du Parti Libéral Démocrate.

Monsieur le Ministre, pourriez-vous faire le bilan des bavures liées à l’État d’urgence et expliquer quels remèdes vous comptez apporter ? Pouvez-vous également expliquer en quoi la France n’est pas menacée de voir disparaître la démocratie, au profit d’un régime certes républicain, mais néanmoins autoritaire ?

Question au ministre des Finances, Michel Sapin

Monsieur le Ministre, vous qui travaillez sur le dossier de la fraude fiscale, pouvez-vous nous donner des nouvelles de Jérôme Cahuzac ? Comment va-t-il ?

Évidemment, on pourrait aussi interroger la nouvelle ministre de la Culture sur le népotisme ou sur le copinage, le ministre de l’Aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales sur le conflit d’intérêt avec La Dépêche du Midi ou encore divers ministres, y compris le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, sur le cumul des mandats, mais ces sujets sont de moindre importance face aux questions des libertés ou de la réforme de l’économie. Et puis surtout, ce n’est manifestement pas la morale qui guide cette équipe gouvernementale.

Les questions sont sur la table. Y aura-t-il des élus pour les poser…..

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