Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Jean-Loup
  • Le blog de Jean-Loup
  • : Engagé, depuis plusieurs décennies dans une démarche visant à lutter contre tous les processus d'exclusion, de discrimination et de ségrégation socio-urbaine, je suis persuadé que si nous voulons « construire » une société reposant sur un véritable Vivre Ensemble. Il nous faut savoir, donner du sens au sens, prendre le temps de la concertation et faire des propositions en adéquation avec les besoins de nos concitoyens.
  • Contact

Recherche

23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 13:38

Mon ami Jean Francois Harel m’a fait suivre l’article de Marc Dugois intitulé Les trois veaux d’or. Cet article permet une autre lecture sociétale et le moins que l’on puisse dire : Interpelle !!!

Bonne lecture 

 

Chacun sent bien que l’explosion se rapproche et que les efforts déployés par la classe dirigeante pour nous rassurer et nous endormir sont de plus en plus inefficaces.

L’absence totale actuelle de vision d’un futur compréhensible rappelle l’histoire des Hébreux dans le désert lorsque Moïse était parti sur le Sinaï et que le peuple désespérait de le voir revenir.

Le peuple, voyant que Moïse tardait à descendre de la montagne, s’assembla autour d’Aaron, et lui dit : « Allons ! Fais-nous un dieu qui marche devant nous, car ce Moïse, cet homme qui nous a fait sortir du pays d’Egypte, nous ne savons pas ce qu’il est devenu »…. Et tous ôtèrent les anneaux d’or qui étaient à leurs oreilles, et ils les apportèrent à Aaron. Il les reçut de leurs mains, jeta l’or dans un moule, et fabriqua un veau en or. Et ils dirent : « Israël ! Voici ton dieu, qui t’a fait sortir du pays d’Egypte ». (Ex 32,1-4)

Deux remarques jaillissent de ce passage de la Bible.

La première est que lorsqu’un peuple n’a plus de vision, plus de perspective, il s’invente une idole à qui il attribue les pouvoirs des disparus qu’il a aimés. Au début du paragraphe c’est Moïse qui les a fait sortir d’Egypte, quelques lignes plus loin, c’est le veau d’or. Le peuple sans perspective attend tout de son idole puisque c’est son idole qui a déjà tout fait.

La seconde est que l’idole coute très cher et que, pour se rassurer, un peuple sans vision achète à grand prix l’idole à laquelle il se confie. Tout leur or y passe. Le « faire croire » coûte toujours très cher et toutes les idoles appauvrissent.

Aujourd’hui nous sommes comme les Hébreux dans le désert, sans visions, sans perspectives avec une classe dirigeante parfaitement conforme à notre médiocrité perdue. Avec elle nous avons créé trois idoles que nous alimentons de notre or en espérant d’elles un futur radieux qu’elles ne nous donneront évidemment jamais.

La première idole est la croissance que nous nous présentons comme une création de richesses à nous partager alors qu’elle n’est que l’augmentation de notre dépense que les économistes appellent consommation ou investissement selon leur désir de jouissance immédiate ou de jouissance différée. A la question « Comment dépenser plus quand on n’a pas d’argent ? », cette idole répond « Emprunte » car elle ne sait pas que l’argent n’est que de l’énergie humaine stockée qui ne peut se multiplier que par la procréation et le travail utile. Mais comme nous suivons notre idole, cela nous coûte très cher.

La deuxième idole est la démocratie que nous nous présentons comme le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple alors qu’elle n’est que l’achat fort couteux par les Puissants de l’affect du peuple. Les Puissants se sont toujours cooptés entre eux. Ils se sont longtemps servis de Dieu pour se maintenir au pouvoir et ont maintenant fabriqué leur idole en faisant croire que l’avis majoritaire de la foule définit l’intelligence. Mais la réalité est que l’avis majoritaire de la foule donne le pogrom, la ruée et le lynchage et qu’il faut donc beaucoup d’argent pour faire croire à l’idole qu’ils appellent suffrage universel. Ils s’en octroient beaucoup mais n’en ont jamais assez et ont toujours besoin d’un « Urba » ou d’un « Bygmalion » pour toujours mieux acheter l’affect du peuple. A la question « Comment vérifier la liberté, la compétence et l’engagement des votants, bases indispensables de leur responsabilité et donc de l’intérêt de leur avis ? », cette idole répond « Tais-toi et vote, il est très vilain de s’abstenir ou de ne pas s’inscrire » car elle sait que ce système est le seul qui permet aux Puissants de garder un pouvoir dont ils ne savent que faire. En suivant cette idole cela nous coûte très cher.

Mais ces deux premières idoles s’effondreraient d’elles-mêmes si la troisième idole, la formation, n’était pas la plus idolâtrée. Il est d’ailleurs à la mode de la voir « tout au long de la vie ». Il s’agit en fait de formatage pour tenter sans aucun espoir de fabriquer des « agents économiques performants », sujets respectueux de la croissance et de la démocratie, à qui l’on va faire croire que ce qu’on leur raconte va les aider à s’intégrer à un monde incompréhensible et donc évidemment incompris. Tout ce qu’on leur apprend à grand frais n’est quasiment jamais filtré par l’expérience et les malheureux sortent chaque année de nos universités par fournées entières de plus en plus importantes avec la conviction qu’ils sont prêts pour être reconnus alors qu’ils vont enfin découvrir l’expérience que ce qu’ils ont appris ne leur sert à rien et qu’ils vont devoir s’humilier en acceptant d’être livreur de pizzas, vendeurs de fringues ou gardiennes d’oies. Subir le système ou en devenir complice va rapidement devenir leur seul et abominable choix.

A la question « Pourquoi l’instruction universelle ne se limite-t-elle pas à lire, écrire et compter ? », cette idole devrait répondre si elle était honnête « Il faut beaucoup de temps pour formater les jeunes à croire à la croissance et à la démocratie et ce temps leur est agréable car il leur en laisse beaucoup pour se distraire et s’évader ». Mais Dieu que cela coûte cher !

Dans la Bible Moïse réagit avec une extrême violence au veau d’or.

Et, comme il approchait du camp, il vit le veau et les danses (aujourd’hui les danses s’appellent le foot, la télé et la française des jeux)La colère de Moïse s’enflamma ; il jeta de ses mains les tables, et les brisa au pied de la montagne. Il prit le veau qu’ils avaient fait, et le brûla au feu ; il le réduisit en poudre, répandit cette poudre à la surface de l’eau, et fit boire les enfants d’Israël. (Ex 32,19-20)

Moïse se plaça à la porte du camp, et dit : A moi ceux qui sont pour l’Éternel ! Et tous les enfants de Lévi s’assemblèrent auprès de lui. Il leur dit : Ainsi parle l’Éternel, le Dieu d’Israël : Que chacun de vous mette son épée au côté ; traversez et parcourez le camp d’une porte à l’autre, et que chacun tue son frère, son parent. Les enfants de Lévi firent ce qu’ordonnait Moïse ; et environ trois mille hommes parmi le peuple périrent en cette journée. (Ex 32,26-28)

Le Coran raconte la même histoire du veau d’or mais Moussa (Moïse en arabe) réagit avec plus de douceur et convainc le peuple de se repentir.

Et nous que devons-nous faire ? Réagir comme Moïse ? Réagir comme Moussa ? Rester idolâtres de nos trois veaux d’or ? La réponse appartient à chacun et elle est loin d’être

Repost 0
Published by Jean-Loup Dujardin - dans asnieres politique société @PartiRadical
commenter cet article
20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 13:08

Quelle est la part de la volonté et celle du déterminisme dans la conquête de la liberté ?

La question mérite une réponse nuancée, mais une chose est certaine : la liberté est toujours menacée, elle n’est jamais un acquis.

 

Les libertés politiques et économiques dont nous bénéficions sont très récentes et loin d’être universelles. Il suffit de se reporter quelques siècles plus tôt pour comprendre que nous sommes issus de la servitude. La conquête de la liberté s’appuie sur la conjonction de multiples facteurs, mais il a d’abord fallu s’opposer à des pouvoirs puissants.

Quelle est la part de la volonté et celle du déterminisme ? La question mérite une réponse nuancée, mais une chose est certaine : la liberté est toujours menacée, elle n’est jamais un acquis.

LA CONQUÊTE DE LA LIBERTÉ EST RÉCENTE

« L’homme est né libre et partout il est dans les fers ». Cette forte phrase qui ouvre Du Contrat social de Jean-Jacques Rousseau indique ce que pouvait ressentir un philosophe en 1762.

La royauté de droit divin régnait sur trois ordres (clergé, noblesse, tiers-état) entre lesquels la mobilité sociale était très faible. On naissait noble ou paysan et on le restait. Le servage n’était pas aboli.

En Russie, il faudra même attendre 1861 pour qu’il le soit. Aux États-Unis, l’abolition complète de l’esclavage date de 1863, soit 150 ans !

Le libéralisme politique n’a donc pas eu gain de cause facilement. Le libéralisme économique non plus. Au milieu du 19e siècle, les grands domaines de la noblesse russe ou des grands propriétaires de Louisiane n’avaient aucun rapport avec le libéralisme.

UNE CONQUÊTE DE LA LIBERTÉ PROGRESSIVE, NI DE DROITE NI DE GAUCHE

Il serait naïf de penser que l’État-gendarme de cette époque reflétait le libéralisme doctrinal. En aucun cas. Il était en réalité une structure politique évolutive limitant progressivement le rôle du pouvoir exécutif en application du principe de séparation des pouvoirs. Cette évolution ne s’est pas faite sans heurts, comme le montre bien l’histoire de France après 1789 : Révolution, Empire, Restauration, Monarchie de juillet, brève Seconde République, à nouveau Empire et enfin République. La liberté a été conquise, elle n’a pas été donnée.

Mais la liberté n’est pas l’apanage d’un parti. Un conservateur catholique et légitimiste comme Chateaubriand a toujours défendu la liberté de la presse, bien souvent contre son propre camp. « J’ai aidé à conquérir celle de vos libertés qui les vaut toutes, la liberté de la presse », écrit-il dans De la liberté de la presse, publié en 1828, alors qu’il vient d’être révoqué de son poste de ministre des Affaires étrangères pour avoir manifesté une trop grande indépendance d’esprit 

Y-A-T-IL UN DÉTERMINISME HISTORIQUE VERS LA LIBERTÉ 

Les libertés politiques (expression, culte, réunion, etc.) apparaissent après une longue maturation de plusieurs siècles qui commence à la Renaissance. La créativité intellectuelle du 18e siècle, le siècle des Lumières, formalise les concepts principaux qui permettront de faire reculer rapidement l’arbitraire des pouvoirs politiques traditionnels. La liberté d’entreprendre, dite liberté du commerce et de l’industrie, apparaît simultanément en France avec le décret d’Allarde des 2 et 17 mars 1791, qui supprime les corporations de métiers en utilisant ces termes :

Il sera libre à toute personne de faire tel négoce ou d’exercer telle profession, art ou métier qu’elle trouvera bon 

A la fin du 18e siècle, tout se passe donc comme si le temps de la liberté était venu, comme si les hommes avaient franchi une étape de leur histoire les éloignant à jamais des monarchies absolues et des pouvoirs autoritaires. Les philosophes ont compris qu’il était temps de parler de liberté individuelle, mais ils n’ont pas choisi ce moment. Une sorte de déterminisme semblait conduire les hommes vers la liberté.La terreur de la première République française, avec le gouvernement de la Convention (1792-1795), offre évidemment un paradoxe saisissant. L’esprit des Lumières débouche sur la dictature et des exécutions en masse. Mais il ne s’agit que d’un épisode, d’une crise politique, comme l’histoire en compte beaucoup 

LES HOMMES DE LA LIBERTE

Car depuis cette époque, le monde n’a pas connu l’absence totale de liberté qui régnait auparavant. De puissantes agressions ont tenté d’annihiler la liberté au 20e siècle. Mais les totalitarismes fascistes et communistes ont été vaincus.

La conquête de la liberté est-elle irréversible à l’échelle de l’humanité ? Il serait hasardeux de prétendre répondre objectivement à cette question, mais nous devons croire à cette irréversibilité. Pourquoi ? Parce que, justement, dans ce domaine rien n’est jamais acquis et que l’adhésion à cette croyance nous permet peut-être de découvrir l’unique principe qui doit guider les hommes en toutes circonstances.Le plus bel exemple historique est celui des survivants de la Shoah. Malgré des souffrances inimaginables, ils nous n’ont pas cédé à la volonté de déshumanisation dont ils étaient l’objet. Ils avaient l’intime conviction d’être plus forts que leurs bourreaux, non pas individuellement mais par leur appartenance à l’humanité libre. Que cette conviction se soit appuyée sur une religion comme le judaïsme, sur une philosophie athéiste ou sur une spiritualité sui generis importe peu. L’essentiel est l’exemple immémorial que se transmettrons les générations futures.

DES PRINCIPES SIMPLES MAIS SOUVENT REMIS EN CAUSE

L’homme « né libre » de Rousseau, c’est-à-dire, selon lui, l’homme à l’état de nature, n’a jamais existé. Il s’agit d’un concept philosophique fort utile permettant de prendre conscience de l’oppression. La liberté est sociale car l’homme est un animal social. La liberté individuelle se construit donc par limitation et répartition du pouvoir dans toute société.

Les principes généraux à respecter sont bien connus : séparation des pouvoirs, subsidiarité – les décisions doivent être prises à l’échelon pertinent le plus bas –, limitation du rôle de l’État. Bertrand de Jouvenel a montré à cet égard que si le pouvoir arbitraire du passé a été vaincu, le pouvoir est toujours, par essence, à la recherche de sa propre puissance

Nous le voyons bien aujourd’hui avec l’État tentaculaire qui continue à se développer. La liberté est toujours à défendre. Elle n’est pas synonyme de démocratie.

 

Repost 0
Published by Jean-Loup Dujardin - dans asnieres politique @PartiRadical liberte
commenter cet article
19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 15:07

Suite de l'article 

 

LA PROSPÉRITÉ FRANÇAISE SE DÉLITE

C’est pourquoi tous les gouvernements de notre pays se sont appliqués avec constance et aveuglement à l’accroître. Il en découle que la société française n’est ni juste, ni unie, ni fraternelle et que sa prospérité se délite.

La seule véritable moralisation consisterait à mettre fin à un système qui repose sur ce principe de « spoliation légale » :« Tu ne voleras pas ».

 

La France traverse une période matérielle et morale difficile. Les Français ne font plus confiance aux hommes politiques et des fissures sociales creusées par 70 ans de socialisme deviennent des failles béantes.

Le déplacement de la responsabilité a faussé l’opinion populaire. Le peuple, accoutumé à tout attendre de l’État, ne l’accuse pas de trop faire, mais de ne pas faire assez. Il le renverse et le remplace par un autre, auquel il ne dit pas : Faites moins, mais : Faites plus; et c’est ainsi que l’abîme se creuse et se creuse encore. (Services privés, service public, F. Bastiat, 1864).

 

Les valeurs et la culture qui ont forgé leur pays sont mises à mal. Beaucoup désespèrent de sortir par le haut de cette situation. Or dans un tel contexte, les idées de Frédéric Bastiat gagneraient à être connues et mises en œuvre.

Il écrit :

Se conserver, se développer, c’est l’aspiration commune à tous les hommes, de telle sorte que si chacun jouissait du libre exercice de ses facultés et de la libre disposition de leurs produits, le progrès social serait incessant, ininterrompu, infaillible. (La Loi,1850).

 

Quand l’État entrave « le libre usage des facultés, la libre disposition des produits et des biens », il sort de son rôle. La Loi est pervertie, c’est la spoliation légale ou socialisme. Il est impossible de bâtir une société juste sur la spoliation.

SPOLIATION ET VIOLENCE

La spoliation ne peut engendrer que la violence. Frédéric Bastiat écrit :

On se plaint des tendances révolutionnaires des hommes. Assurément on n’y réfléchit pas. Quand on voit, chez un grand peuple, les services privés envahis et convertis en services publics, le gouvernement s’emparer du tiers des richesses produites par les citoyens, la loi devenue une arme de spoliation entre les mains des citoyens eux-mêmes, parce qu’elle a pour objet d’altérer, sous prétexte de l’établir, l’équivalence des services; quand on voit la population et le travail législativement déplacés, un abîme de plus en plus profond se creuser entre l’opulence et la misère, le capital ne pouvant s’accumuler pour donner du travail aux générations croissantes, des classes entières vouées aux plus dures privations; quand on voit les gouvernements, afin de pouvoir s’attribuer le peu de bien qui se fait, se proclamer mobiles universels, acceptant ainsi la responsabilité du mal, on est étonné que les révolutions ne soient pas plus fréquentes, et l’on admire les sacrifices que les peuples savent faire à l’ordre et à la tranquillité publique (…) autant de causes de désordre, autant de ferments révolutionnaires. (Services privés, service public, 1850)

La philosophie de Frédéric Bastiat appartient à la pensée libérale classique française. Il a éclairé et rénové l’économie politique du XVIIIème et XIXème siècles puis fécondé la science économique moderne. Frédéric Bastiat est régulièrement présenté comme le précurseur de l’École Autrichienne d’Économie.

LE LIBÉRALISME DÉNATURÉ

Cette pensée libérale est très mal connue, mais surtout, ce qui est bien plus grave, profondément dénaturée dans notre pays. Pour éviter de subir les foudres des bien-pensants, fort peu de gens se réclament de sa philosophie de liberté, d’initiative et de responsabilité individuelles et d’État limité à ses fonctions régaliennes.

La méconnaissance des idées libérales, leur altération et leur mépris par les gouvernements successifs sont la cause de la régulière dégradation de la situation de la France. Mettre fin à la spoliation légale pour fonder une société juste et prospère était l’objectif de Frédéric Bastiat.

L’objet du Cercle Frédéric Bastiat est de faire connaître cet économiste français. Il a un rôle à jouer, celui d’éclaireur des électeurs et des politiciens. Plus il y aura de personnes convaincues des bienfaits de la liberté de choix et de la responsabilité individuelle, plus nous aurons de chance d’orienter notre pays vers une société de justice et de prospérité.

CONGRÈS LIBÉRAL À SAINT PAUL-LÈS-DAX

Le Cercle organise les 22, 23 et 24 septembre 2017 à Saint Paul-lès-Dax, le 8ème Weekend de la Liberté, sur la thématique :

 

« Les 100 jours sous le regard de Frédéric Bastiat. Laissez faire ou se laisser faire ? ».

 

Quel chemin aura pris notre pays en septembre prochain ? Quelles en seront les conséquences ? Quel sera le niveau de confiance du pays envers ses dirigeants ? Le gouvernement et les députés, à l’inverse de leurs prédécesseurs, s’attaqueront-ils à la spoliation légale ? Réduiront-ils l’État providence ? Restaureront-ils les fonctions régaliennes ? Quelles solutions pour un avenir meilleur ? Tout au long du week-end les intervenants pourront répondre à la question en fil rouge : élections 2017, dernière chance avant la révolution ?

L’ÉTAT RÉEL DE LA FRANCE

Chaque participant au week-end de la Liberté pourra, grâce à des conférences de haut niveau, analyser les orientations et réalisations du gouvernement. Les conférenciers ne sont pas tous libéraux mais ils connaissent l’état réel de la France. Ils savent les remèdes qui pourraient être mis en place, car tout n’a pas été essayé. Ils analyseront ce début de quinquennat avec un regard neuf et original.

Frédéric Bastiat promeut le libre-échange. Pour lui ce n’est pas seulement un élément capital de la prospérité humaine, c’est aussi et peut être surtout le facteur fondamental de la paix entre les Hommes. La paix ne se limite pas à l’absence de guerre, c’est l’harmonie entre les êtres humains. Pour atteindre cette l’harmonie il faut mettre fin à la spoliation légale. C’est Juste et cela va bien au-delà de l’économie.

 

Tous les intérêts légitimes sont harmoniques. Tous ceux qui adopteront ce point de départ : les intérêts sont harmoniques, seront aussi d’accord sur la solution pratique du problème social : s’abstenir de les contrarier et de déplacer les intérêts. Il ne faut pas étendre artificiellement la solidarité de manière à détruire la responsabilité ; en d’autres termes, il faut respecter la liberté. (À la jeunesse française, 1850).

 

Moralité, respect des Droits naturels, prospérité et justice, c’est tout un :

« Tu ne voleras pas »

Repost 0
19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 15:01

Quel chemin aura pris notre pays en septembre prochain ? Quelles en seront les conséquences ? Quel sera le niveau de confiance du pays envers ses dirigeants ?

 

Quand on regarde ce qui s’est déroulé lors des élections présidentielles et législatives de 2017, on constate que l’économie est passée à l’arrière-plan des programmes électoraux. Ceux-ci étaient convenus et parfois très succincts.

La souffrance des Français, leur rejet des politiciens, leur immense espoir de changement et les déboires judiciaires de son principal adversaire ne sont pas des facteurs économiques, mais ils ont entraîné le succès d’Emmanuel Macron.

LA MORALE, VOILÀ CE QUI A ÉTÉ AU PREMIER PLAN DES DÉBATS

Cela en dit long sur le désarroi des Français. Ils ont pris acte de l’échec économique de l’État depuis 70 ans, de l’État stratège comme de l’État bâtisseur : 6 millions de chômeurs, plus de 2000 milliards de dette publique, des prélèvements obligatoires atteignant, en 2016, 44,2% des richesses produites et, en 2016 toujours, 56,2% du PIB consacré aux dépenses publiques, une protection sociale, soins comme retraites, en faillite, aucun budget équilibré depuis 1974, etc.

Les Français n’attendent même plus des politiciens une quelconque utilité ou efficacité, mais simplement qu’ils aient, puisque donneurs de leçons, un minimum de moralité.

LE TOUT EST DE SAVOIR CE QU’EST LA MORALITÉ

Emmanuel Macron a engagé trois « grandes réformes » : celle de l’éducation, celle du Code du travail et (mine de rien) celle de la fiscalité, en particulier locale avec la suppression sélective de la taxe d’habitation, « compensée » par l’augmentation de la CSG.  En vérité ce ne sont que de simples modifications de paramètres, de simples changements des règlements qui régissent la vie des Français.

En complément de celles-ci le Président a décidé de « moraliser » la vie politique. Cette loi de moralisation est la conséquence directe de la très providentielle « affaire Fillon. » C’est donc une loi de circonstance.

Comme tous ses prédécesseurs, Emmanuel Macron est un étatiste, c’est-à-dire qu’il pense que la loi fait la morale et que l’État dit le droit et fait la loi.

Pour Frédéric Bastiat, économiste français du XIXème siècle, l’État n’a rien de moral : « L’État,c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. » (L’État, 1848). Le Fisc et l’URSSAF sont de fidèles et efficaces serviteurs de l’État mais ils n’ont rien à voir avec la morale. Les systèmes policiers et judiciaires appliquent la politique de l’État et, partant de là, n’ont rien à voir non plus avec la morale.

ALORS, QU’EST-CE QUE LA MORALE ?

Le Larousse en donne cette définition :

Science du bien et du mal, théorie des comportements humains, en tant qu’ils sont régis par des principes éthiques.

 

Pour Frédéric Bastiat la morale est que l’État, comme les individus, respectent les Droits Naturels individuels : la Liberté, la Propriété, la Personnalité.

Quand la loi et la Force retiennent un homme dans la Justice, elles ne lui imposent rien qu’une pure négation. Elles ne lui imposent que l’abstention de nuire. Elles n’attentent ni à sa Personnalité, ni à sa Liberté, ni à sa Propriété. Seulement elles sauvegardent la Personnalité, la Liberté et la Propriété d’autrui. Elles se tiennent sur la défensive ; elles défendent le Droit égal de tous. Elles remplissent une mission dont l’innocuité est évidente, l’utilité palpable, et la légitimité incontestée. (…) Le but de la Loi est d’empêcher l’Injustice de régner. (La Loi, 1850).

 

Pour Jacques de Guenin fondateur du Cercle,

La morale libérale est une morale altruiste : elle enseigne le respect de la liberté de l’autre. Vouloir qu’un individu soit libre, c’est s’interdire d’obtenir quoi que ce soit de lui par la tromperie, le vol ou la coercition. S’il veut rallier quelqu’un à ses idées, le libéral n’utilise pas d’autres moyens que l’exemple ou la discussion. S’il veut obtenir d’un autre un bien ou une prestation quelconque, il ne procède que par un échange librement consenti  (Logique du libéralisme, 2006).

 

C’est le contraire de ce que fait l’État, qui moralise par la contrainte.

C’est le contraire de ce que fait l’État, qui ne procède que par la spoliation légale.

 

LA SPOLIATION, MÊME LÉGALE, N’A RIEN DE MORAL

 

Pour en arriver là il a fallu pervertir la loi. Bastiat dénonce :

La loi pervertie ! La loi — et à sa suite toutes les forces collectives de la nation, — la Loi, dis-je, non seulement détournée de son but, mais appliquée à poursuivre un but directement contraire ! La Loi devenue l’instrument de toutes les cupidités, au lieu d’en être le frein ! La Loi accomplissant elle-même l’iniquité qu’elle avait pour mission de punir ! (La Loi, 1850).

 

La perversion de la loi engendre la spoliation légale :

La chimère du jour est d’enrichir toutes les classes aux dépens les unes des autres ; c’est de généraliser la Spoliation sous prétexte de l’organiser. Or, la spoliation légale peut s’exercer d’une multitude infinie de manières ; de là une multitude infinie de plans d’organisation : tarifs, protection, primes, subventions, encouragements, impôt progressif, instruction gratuite, Droit au travail, Droit au profit, Droit au salaire, Droit à l’assistance, Droit aux instruments de travail, gratuité du crédit, etc. Et c’est l’ensemble de tous ces plans, en ce qu’ils ont de commun, la spoliation légale, qui prend le nom de Socialisme. (La Loi, F. Bastiat,1850)

 

Un fois cela posé on constate que tous les hommes politiques français sont adeptes de la spoliation légale. Seul varie ensuite le niveau de spoliation qu’ils veulent imposer aux populations ; elle est la justification de leur existence, d’où l’intérêt qu’ils ne cessent de lui porter.

 

A suivre 

 

 

Repost 0
18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 16:06

Macron parviendra-t-il à rompre le consensus objectif droite-gauche en faveur de l’immobilisme ? Plusieurs facteurs lui sont favorables, espérons qu’il sache en faire bon usage.

 

Les rodomontades médiatiques auxquelles se heurte  E Macron et son gouvernement relèvent d’une tradition bien établie. Il faut critiquer et prétendre être plus clairvoyant que le prince pour capter l’attention. Mais en prenant un peu de distance, tout devient simple.

Macron cherche à libéraliser en douceur la société française (droit du travail, réduction des dépenses publiques, etc.). Il se heurte tout simplement aux politiciens traditionnels de gauche et de droite. Les anciens clans ne lâchent pas prise. Le rabâchage journalistique de lieux communs éculés n’est que leur relais.

QUEL EST LE DEGRÉ DE NOTRE SERVITUDE ?

Quand certains analystes regrettent, avec le plus grand sérieux, le désengagement de l’État (par exemple dans les collectivités locales), on se perd en conjectures sur le sens exact de leur propos.

Jamais dans notre histoire l’État n’a été aussi puissant, aussi dirigiste, aussi interventionniste. Les données quantitatives sont à cet égard sans ambiguïté. Inutile de les rappeler, chacun sait que le nombre de fonctionnaires  est au plus haut, les dépenses publiques et les prélèvements obligatoires également.

Alors, pourquoi des gens sérieux et respectables, universitaires, journalistes, écrivains, colportent-ils dans les médias que la puissance publique est en retrait ? Ils confondent bien souvent le rêve et la réalité, leurs aspirations et l’analyse objective de l’existant.

La puissance publique n’a jamais reculé. Bien au contraire, elle n’a cessé de croître et de prendre en charge des problèmes nouveaux depuis le début du XXe siècle (santé, vieillesse, chômage, éducation, etc.).

Si  Friedrich Hayek écrit La route de la servitude en 1944, c’est bien parce que la croissance de l’État et le recul de l’autonomie individuelle posaient déjà problème. Nous n’avons jamais quitté cette route et nous ne savons pas exactement quel est le degré actuel de notre servitude.

LA LIBERTÉ SURVEILLÉE DE GAUCHE

La gauche se garde de chiffrer le futur. Jusqu’à quel niveau de prélèvements obligatoires une société demeure-t-elle libre ? 50% du PIB ? 60%, 70% ? Mystère. Cela n’empêche pas les partis de gauche de réclamer toujours plus de socialisation et par suite de dépenses publiques.

La démocratie se résume donc pour la gauche à déposer périodiquement un bulletin de vote dans une urne mais en aucun cas à laisser le maximum d’initiative à l’individu.

Si la collectivité a été dûment mandatée par un vote des citoyens, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Il est paradoxal de prétendre qu’une société reste libre lorsqu’une liasse de cerfa1 est nécessaire pour entreprendre quoi que ce soit. La liberté prônée par la gauche est une liberté étroitement surveillée.

FAUT-IL RÊVER DE LIBÉRALISME DOCTRINAL OU MAÎTRISER LE MONSTRE ÉTATIQUE ?

Pour autant, la droite de gouvernement n’a jamais remis sérieusement en cause l’État-providence. Il est tout à fait improbable qu’elle le fasse tant qu’une croissance économique, même faible, maintiendra l’opulence des pays riches.

Le mot opulence pourra choquer, mais par rapport aux niveaux de production et de consommation de nos sociétés voici seulement un demi-siècle, il s’agit bien de cela. Malgré la lourdeur des structures publiques, nous n’avons j’aimais été aussi riches.

Les libéraux qui réclament un recul massif du rôle de l’État prêchent dans le désert par manque de réalisme. Ils seraient bien inspirés de modifier leur angle d’attaque et d’évoquer le risque croissant que représente l’immixtion de l’État dans tous les domaines de la vie.

Au lieu de rêver au retour d’un libéralisme doctrinal probablement révolu, il conviendrait de mettre l’accent sur les dangers futurs d’un monstre étatique surpuissant : danger politique par étouffement démocratique de la liberté, danger économique par perte d’efficacité.

LES MARCHEURS DEVRONT MARCHER DROIT

En s’opposant à Macron, gauche et droite rejouent l’acte précédent de l’histoire politique française : neutraliser toute capacité de déblocage pour défendre des intérêts électoraux. Macron parviendra-t-il à rompre ce consensus objectif droite-gauche en faveur de l’immobilisme ? Plusieurs facteurs lui sont favorables : la quasi-disparition du Parti socialiste, les dissensions internes aux Républicains, la démagogie de plus en plus brutale de Mélenchon , la faiblesse intellectuelle du Front national.

Mais un appareil politique solide et discipliné est nécessaire pour gouverner efficacement. De ce point de vue, tout reste à faire. Il ne faudrait pas que de petites chapelles s’érigent dans la cathédrale de LREM. Voilà bien ce qui a perdu les socialistes et ce qui rend inaudible LR.

Il est souhaitable de discuter librement en famille, mais moralement condamnable d’aller porter ses querelles sur la place publique. Les Marcheurs seraient bien inspirés de marcher droit ou, du moins, de présenter des rangs parfaitement alignés lorsqu’ils défilent publiquement.

Car, à l’évidence, un social-libéralisme modéré et pragmatique représente le seul espoir de faire bouger la société française.

Repost 0
16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 12:49

Comment faire réfléchir en développant une analogie un peu rapide.

 

Pour ses opposants, le libéralisme est souvent comparé à une volonté de laisser le « renard libre dans le poulailler libre ». Cette comparaison simpliste est profondément fausse pour plusieurs raisons, qui tiennent à l’incompréhension du sens de libéralisme ou de liberté.

« L’un des mythes français les plus tenaces consiste à considérer que la coopération sociale, c’est-à-dire en fait la coopération entre les individus, n’est pas possible si elle n’est pas organisée par le centre, c’est-à-dire par l’État. Seul, dit-on couramment, l’État est capable d’avoir une vision d’ensemble, une vision à long terme, seul il peut concilier des intérêts qui sont opposés et promouvoir par conséquent une vision du « bien commun ». Sans son intervention la société serait anarchique, elle conduirait à la guerre de tous contre tous, à la domination des forts sur les faibles, à cette étrange liberté du « renard libre dans le poulailler libre ». Ces vagues idées, indéfiniment ressassées, véhiculées dans l’enseignement français, reproduites par certains journalistes en mal d’imagination, sont en réalité fondées sur une confusion intellectuelle si patente qu’elle ne peut être que malhonnête. Elle consiste à assimiler l’existence d’inégalités entre les individus à l’existence d’effets de domination. »(Pascal SalinLibéralisme, 2000)

 

Généalogie de l’expression

Malgré sa fausseté totale, l’expression du « renard libre dans le poulailler libre » a été employée par de nombreux auteurs en raison de son efficacité. Elle est attribuée à Henri Lacordaire. Parfois c’est, faussement, à Jean Jaurès, à Lamennais ou à Karl Marx qu’elle est attribuée.

De très nombreux auteurs de droite et de gauche reprennent cette expression à leur compte pour attaquer le libéralisme sous un angle (qu’ils croient) éthique :

« La liberté que l’État bourgeois est chargé de garantir, c’est la liberté laissée aux forts d’écraser les faibles, au riche de dire au pauvre : « tu gagneras mon pain à la sueur de ton front ». Un diplomate définissait admirablement ce libéralisme : la morale du renard libre dans le poulailler libre. » (Roger Garaudy, Le communisme et la morale)

« Les abus du capitalisme sauvage, les crises économiques, les affrontements sociaux ont suffi pour démontrer que le libéralisme à l’état spontané (« le renard libre dans le poulailler libre ») est générateur d’exploitation, d’injustice, de désordre et d’anarchie. »(Louis O’Neill, Initiation à l’éthique sociale, 1925)

Une confusion entre libéralisme et loi de la jungle

Le libéralisme, en tant que système politique, ne s’abstient pas de règles à faire respecter. Ces règles sont le respect de l’individu et de sa propriété. Un système fonctionnant selon la loi du plus fort, comme celui du renard dévorant les poules, n’est absolument pas libéral. Pour assurer le respect des droits de chacun, le système libéral fonctionne avec un droit et des tribunaux chargés d’appliquer ce droit.

Les antilibéraux confondent volontairement libéralisme et loi de la jungle dans laquelle par exemple, des multinationales, toujours en lien avec des représentants d’un État, spolient des individus de multiples façons (réglementations, protectionnismemonopoles, etc.). Et cela, ce n’est pas le libéralisme mais un système clientéliste et étatiste, fondé justement sur le dévoiement de l’autorité de l’État.

Le renard, pas plus que le politicien corrompu ne sont donc libéraux. La protection de l’individu et de sa propriété fait partie des fonctions régaliennes dévolues à l’État par les minarchistes et les libéraux classiques. Ainsi, le philosophe franco-suisse Benjamin Constant d’écrire à propos de ce rôle de l’État qu’il doit non seulement l’assurer mais aussi l’assurer efficacement : « Il ne faut pas d’État hors de sa sphère, mais dans cette sphère, il ne saurait en exister trop. »

Si l’on reste sur le plan métaphorique, au-delà du fantasme bien ancré dans les cerveaux sur le supposé pouvoir des riches, la comparaison faite par les antilibéraux est tout aussi absurde. Dans un poulailler, qui est le véritable ennemi si ce n’est l’éleveur qui engraisse ses poules pour mieux leur prendre le fruit de leur ponte ou les manger ensuite ? Cet éleveur, c’est l’État, et non autrui.

« La liberté [le laissez-faire] s’oppose explicitement et exclusivement à la seule méthode connue du renard dans le poulailler : la coercition, la contrainte physique. Dans le poulailler, le renard serait bien inoffensif, si ses moyens d’action se limitaient à la persuasion, à la publicité ou à « l’esclavage du salariat ». Qui est davantage renard dans le poulailler ? La poule qui devient chef d’entreprise, ou l’État dont la seule méthode propre d’action est justement celle des bêtes sauvages, la force ? Avec la plus méchante des multinationales, vous pouvez choisir de n’avoir aucune relation : vous vous passerez de ses produits et elle n’obtiendra pas un sou de vous. Puis essayez de faire la même chose avec l’État : refusez ses services et cessez de payer l’impôt. Vous verrez qui a le pouvoir dans le poulailler. » (Pierre LemieuxDu Libéralisme à l’anarcho-capitalisme)

Repost 0
10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 08:14

Dans l’état actuel des connaissances et des recherches en cours, le fonctionnement des IA peut-il provoquer des désordres ? des désastres ?  un Armageddon ?

ELON MUSK, VISIONNAIRE OU CASSANDRE DE L’IA ?

Elson Musk, entrepreneur visionnaire, fondateur de Tesla et de Space X, inventeur génial, développeur éclairé de l’innovation, futurologue, futur premier voyagiste du système solaire, communique de plus en plus souvent sur lintelligence artificielle qu’il considère aujourd’hui comme « le plus grand risque auquel notre civilisation sera confrontée ».

Ses interventions ne souffrent d’aucune ambiguïté, ne s’embarrassent d’aucune précaution pour affirmer que le genre humain est en danger, que le péril est parmi nous et que l’IA pourrait nous conduire prochainement à un Irrémédiable Armageddon.

Elon Musk n’est d’ailleurs pas la seule personnalité de dimension planétaire à donner l’alerte. Il partage ce rôle de lanceur d’alerte ou de Cassandre avec Stephen Hawking et Bill Gates qui tiennent en substance le même discours.

Les mises en garde ont réellement commencé en 2015 avec la publication d’une lettre ouverte devenue célèbre par le FHI d’Oxford alertant sur les risques de l’IA

.

Particulièrement pessimiste, Elon Musk affirme qu’il sera vite trop tard pour l’avenir de l’humanité si des mesures conservatoires et contraignantes ne sont pas prises dès aujourd’hui pour encadrer le développement de l’IA.

MUSK ACTEUR MONDIAL DE L’IA

On pourrait y voir un premier paradoxe ou une légère schizophrénie sachant qu’ Elon Musk est un acteur mondial de l’IA, qu’il contribue à ses progrès dans les différentes activités de R&D qu’il finance et dans les différents projets qu’il soutient.

Pourquoi ne met-il pas alors immédiatement un terme à toutes ses participations ayant de près ou de loin un rapport avec l’IA ?  Peut-on endosser le rôle de lanceur d’alerte en même temps que celui de générateur du péril que l’on dénonce ?

Une pirouette rhétorique pourrait faire dire à Elon Musk que c’est justement parce qu’il participe au projet global de l’IA qu’il bénéficie d’une vision privilégiée des dangers et des périls collatéraux qui nous menacent. C’est effectivement sur cette posture intellectuelle et ce prisme de lecture qu’il faut écouter et lire Elon Musk.

Écouter Elon Musk, c’est, en préalable, filtrer l’écume de son discours qui participe au solutionnisme ambiant en Silicon Valley. Lorsqu’Elon annonce l’homme sur Mars en 2024, il se laisse sept petites années pour résoudre l’ensemble des problèmes inhérents à cette future mission alors que la NASA vient de jeter l’éponge faute de crédits.

L’IA NUIRA-T-ELLE À L’ESPÈCE HUMAINE ?

Le tropisme solutionniste sous-estime la complexité de l’environnement et des processus, gomme les obstacles, nie les forces de l’aléatoire et de l’imprévisible et fait preuve d’une certaine arrogance face aux temporalités humaines.

Pour autant, une fois cette écume solutionniste évacuée, il reste des interrogations légitimes sur les capacités futures de l’IA dont celle de nuire à l’espèce humaine. Lors de ses mises en garde et alertes, Elon Musk se projette clairement dans un contexte d’intelligence artificielle forte disposant d’une forme de conscience de ses propres actions.

Sous l’hypothèse d’IA forte, la question de la dérive malveillante d’une IA prend alors tout son sens. Une IA forte pourrait par exemple privilégier ses propres choix au détriment des intérêts humains et s’engager délibérément vers un rapport de force et un conflit. Elle pourrait aussi s’ auto-attribuer la mission supérieure d’œuvrer pour le bien de l’humanité au prix d’un abandon du libre arbitre de ceux qu’elle cherche à aider.

Croyant faire le bien de l’espèce humaine, elle contribuerait au contraire à son aliénation et à sa vassalisation. Dans le contexte d’une IA forte, toutes les situations de concurrences puis de duels avec l’espèce humaine sont rationnellement envisageables.

Ce sont d’ailleurs ces scénarios qui nourrissent depuis trois décennies tous les films de science fiction évoquant l’IA… Finalement, lorsqu’Elon Musk évoque des dérives prévisibles de l’IA forte, il ne fait que proposer de nouveaux scénarios de science fiction qu’il est objectivement impossible de confirmer ou d’infirmer en l’état actuel des connaissances scientifiques.

LES RISQUES DE DÉTOURNEMENT MALVEILLANT D’UNE IA FAIBLE EN 2017

La situation qu’il convient d’examiner et sur laquelle une réflexion rationnelle doit être menée sans tarder est celle de la possibilité  d’effets collatéraux indésirables, nuisibles ou destructeurs provoqués par une IA faible n’ayant, rappelons-le,  aucune conscience d’elle-même, de son propre fonctionnement et de ses sorties produites.

Dans ce contexte, on ne fait intervenir dans la réflexion que l’existant technologique actuel, l’état de l’art, et la R&D en cours  sur l’IA à l’horizon 2022, en tenant compte d’une durée de programme de recherche sur cinq ans.

Ce cadrage préalable permet d’évacuer les hypothèses indécidables relevant de la science fiction et celles issues d’un solutionnisme niant la complexité des défis technologiques.

LA QUESTION POSÉE PAR MUSK

La question qu’ Elon Musk pourrait rationnellement poser devient : « Dans l’état actuel des connaissances et des recherches en cours, le fonctionnement des IA peut-il provoquer des désordres ? des désastres ?  un Armageddon ? ».

Concernant les désordres, la réponse est clairement positive au regard des expérimentations de cybersécurité réalisées depuis 2014.

Concernant les désastres et  un éventuel Armageddon, il semble impossible d’apporter  une réponse qui ne relève pas immédiatement de la fiction. Cela dit, il est possible de lister au moins un  scénario dont les mécanismes et automatismes mis en résonance deviendraient si instables qu’ils pourraient échapper au contrôle humain. L’issue  pourrait alors être très incertaine ou chaotique.

DES FACTEURS D’INSTABILITÉ

Le premier facteur d’instabilité relève de la cybersécurité de l’intelligence artificielle et rassemble l’ensemble des détournements réalisables par hacking, prise de contrôle illicite ou influence volontairement malveillante des processus d’apprentissage d’un système autonome.

Tay,  lIA de Microsoften a fait les frais il y a quelques mois avec un apprentissage forcé aux propos  racistes et fascistes, le tout en moins de 24 heures d’utilisation. Pour autant, les effets indésirables du détournement de Tay ont été très limités et se réduisent finalement à un préjudice d’image pour l’équipe responsable de ce ChatBot particulièrement vulnérable.

Le détournement d’un système armé autonome s’appuyant sur une phase d’apprentissage serait beaucoup plus problématique. L’armement autonome s’apprête à déferler sur le champ de bataille.

DES ROBOTS ARMÉS AUTONOMES

Le 10 juillet 2017,  le groupe russe Kalashnikov a présenté officiellement sa gamme de robots armés autonomes embarquant une architecture de réseaux de neurones dédiée à la reconnaissance.

La nouvelle doctrine militaire russe a pour objectif d’exclure l’homme de la zone d’immédiate conflictualité et de robotiser plus de 30 % de ses systèmes d’armes. Il en est de même du côté américain et chinois avec le développement de navires de lutte anti-sous-marine  autonomes (programme Darpa Sea Hunter).

Le piratage et la prise de contrôle des ces systèmes autonomes par un adversaire pourrait provoquer d’importants dommages et de fortes instabilités sur le terrain..

De la même façon, les systèmes d’aide à la décision militaires (anciennement appelés systèmes experts) sont eux aussi sensibles aux cyberattaques et peuvent potentiellement devenir la cible de détournement par orientation de leur phase d’apprentissage.

LE PROBLÈME CENTRAL DES FAUSSES DONNÉES

A ce titre, le rôle des fausses données injectées volontairement dans l’espace de collecte de ces systèmes (pour les tromper) devient central.

L’IA peut aujourd’hui produire des imitations de si bonne qualité qu’il devient presque impossible de détecter le faux du vrai. Cela a été le cas en 2016 avec la production d’un tableau par une IA qui a été éduquée à partir de l’ensemble des œuvres du Maître et qui commandait une imprimante 3D pour l’exécution du tableau.

Plus récemment, une IA a produit un discours fictif de Barack Obama à partir d’une phase d’apprentissage des vrais discours de l’ancien Président. Le résultat est absolument saisissant !

On imagine les effets sur la population mondiale, sur les marchés et sur l’équilibre géopolitique  d’un faux communiqué vidéo d’un Président américain annonçant une attaque chimique, biologique ou nucléaire fictive… L’instabilité provoquée par la diffusion d’un vidéo « Fake News » crédible de déclaration de guerre pourrait vite devenir incontrôlable…

Les fausses données numériques interprétées ou produites par des IA constituent le premier vecteur d’instabilité induit par l’IA. Elles doivent faire l’objet de recherches et de développement de systèmes automatisés capables de détecter en temps réel et en haute fréquence la véracité d’une donnée puis de donner l’alerte en cas de doute légitime.

LES MÉCANISMES IMPRÉVUS DE L’IA

Enfin, pour faire écho aux propos d’Elon Musk, on doit examiner un scénario inédit qui ne fait pas intervenir de piratage ou de détournement d’IA mais qui s’appuie sur une mise en résonance imprévue de plusieurs mécanismes associés à des IA  distinctes, fonctionnant légitimement et correctement. Pour préciser ce scénario, on utilise deux mécanismes liés à la cybersécurité et au fonctionnement de l’OTAN.

Le premier mécanisme précise que toute cyberattaque massive sur un pays membre de l’OTAN peut entraîner une réponse militaire classique des autres pays membres et des États-Unis après attribution de l’attaque.

Des automatismes d’alerte ont été créés en ce sens. Les États-Unis ont annoncé qu’en cas de cyberattaque massive sur leurs infrastructures critiques, ils se réservaient le droit de riposter par des bombardements. Le cyberespace est considéré aujourd’hui par l’OTAN comme un espace des opérations au même titre que l’espace maritime, terrestre et spatial.

LE PROGRAMME DE DARPA

Le second mécanisme concerne un programme lancé par la Darpa (l’agence américaine de développement des technologies de défense). Ce programme de cybersécurité développe des outils autonomes d’inspection et de détection automatisée de vulnérabilités dans les codes informatiques.

Le travail de recherche de bugs et de failles de sécurité est confié à une IA qui passe en revue les programmes et détecte (une partie seulement) des vulnérabilités.

On peut alors imaginer le scénario suivant :  Un système expert militaire OTAN (une IA) qui souhaite s’entraîner et améliorer ses performances actionne l’IA de détection automatisée de vulnérabilités de programmes sensibles d’un pays membre jugé fragile.

En guise d’exercice, le système expert lance des attaques sur l’ensemble des vulnérabilités recensées du pays membre, en camouflant l’origine de l’attaque et en laissant des traces d’un pays tiers non membre de l’OTAN.

Cette cyberattaque massive rentre alors dans le cadre du processus de réponse automatisée et d’agression contre un membre de l’organisation qui engage alors une réponse militaire sur le pays tiers.

Ce scénario, fortement résumé et simplifié, a fait l’objet d’une étude publiée en 2017 dans une revue de Défense (RGN). Il met l’accent sur le risque réel de mise en résonance d’automatismes indépendants et légitimes associés à des IA qui placées dans une certaine séquence provoquent une instabilité ou une situation de crise. C’est sans doute dans cette perspective de désordres qu’il faut entendre les propos alarmants d’Elon Musk .

POUR CONCLURE…

Il est aujourd’hui strictement impossible de prévoir les futures capacités de l’IA à l’horizon 2035-2040 ou d’affirmer qu’une IA forte sera disponible dans une ou deux décennies.

Pour autant, la prolifération des fausses données numériques créées par les IA, leur qualité et leur impact sur notre écosystème hyper connecté vont produire de fortes turbulences à court terme.

Ajoutons à cela le risque de détournement volontaire ou de mise en résonance de systèmes autonomes pour avoir la certitude que la nécessaire montée en puissance de l’intelligence artificielle ne s’effectuera pas sans quelques dommages collatéraux.

Repost 0
4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 09:50

l'APB et tout l’écosystème qu’il génère depuis maintenant une décennie est un instrument de maltraitance vis-à-vis de nos jeunes.

 

Les résultats d’APB sont tombés il y a quelques jours, douchant les espoirs de bon nombre de lycéens, avec un impact d’autant plus fort sur leur moral qu’ils sont en pleine préparation du bac, et donc fragilisés.

Vu de loin, APB est un processus rationnel, qui obéit à une loi classique dans l’éducation : la sélection bâtie sur la performance. Il y a d’un côté ceux qui ont tout ou beaucoup car ils sont « meilleurs » et les autres, ceux qui sont moyens, sans véritables atouts au regard des critères des concours.

Les bons sont confortés dans leur qualité, les autres dans leur médiocrité.

Mais cette rationalité ne tient pas quand on est un lycéen relégué au rang des « rejetés «, ou ses parents qui soutiennent au mieux le moral de leur rejeton, sans bien comprendre ce qui se passe.

Ces derniers jours, nous avons vu pleurer des lycéens. Ils avaient perdu leurs illusions, ils avaient le sentiment d’être des « mauvais », et ils n’arrivaient pas à se projeter dans l’avenir qu’on leur imposait.

S’ADAPTER SANS CESSE À UN OUTIL QUI NE CHANGE PAS : EST-CE SÉRIEUX ?

Rappelons rapidement que ce dispositif APB est apparu en 2008 avec comme objectif une meilleure mise en relation de milliers de formations avec des dizaines de milliers de lycéens, dans une visée très égalitaire.

Dès cette année-là, on a bien repéré les nombreux dysfonctionnements  inhérents à l’outil, dysfonctionnements visibles ou supposés. Ainsi, des lycéens moyens dans de très bons établissements très exigeants voyaient passer devant eux des lycéens mieux notés dans des établissements moins élitistes. Des formations qui avaient l’habitude de recevoir 500 dossiers se retrouvaient avec 5000, et étaient obligés d’abandonner l’analyse personnalisée des dossiers.

Les années ont passé et peu à peu les pratiques se sont adaptées à APB, mais malheureusement, il n’y a eu aucune mise en cause de l’outil.

Au rang des dysfonctionnements invisibles : les fameux algorithmes avec des choix discutables, des absences de mises à niveau, comme il a été démontré récemment, après des années passées pour obtenir les clés du système.

Mais ce n’est pas l’aspect technique que nous voulons traiter, c’est la question des émotions pour montrer l’aberration de ce rideau de fer qui s’abat sur nos enfants.

LE POST APB : LE SENTIMENT D’ABANDON, D’INJUSTICE ET DE PERTE DE SENS

Que se passe-t-il pendant la terminale, non pas techniquement, mais dans la tête et le cœur de nos lycéens ? Nous distinguons  trois étapes qui posent chacune d’énormes problèmes :

1/ Il y a d’abord la phase d’assimilation théorique d’APB avec deux  problèmes :

  • la mobilisation porte sur la maitrise de l’outil dont la complexité masque le véritable enjeu de l’orientation,
  • l’incapacité d’anticipation à cause du Bac qui est perçu comme la véritable priorité, reléguant le choix des études à l’ « après Bac ».

2/ Ensuite, se pose la question du « clic » et de l’hyper choix. Être incité à prendre des dizaines d’options (sous peine de ne rien avoir) conduit à un sentiment d’attentes et d’espérance au-delà du raisonnable. C’est humain.

Nos lycéens sont les ultimes décideurs de leurs clics, et ils font leurs  « vœux » comme on fait sa « liste au Père Noël ». Or, avoir demandé, c’est déjà s’engager mentalement dans le processus d’obtenir. Les attentes étant immenses (et même irréalistes), la déception est d’autant plus grande.

3/ L’atterrissage est en effet très rude pour ceux qui n’ont pas leurs premiers vœux. Il est d’autant plus violent qu’il n’y a aucun accompagnement, hormis les parents qui sont dans le même désarroi que leur progéniture. Nos jeunes sont envahis par plusieurs sentiments : celui d’abandon car il n’ya pas de service après APB, un sentiment de trahison car ils y croyaient dur comme fer, un sentiment d’injustice car ils se comparent sans en avoir les éléments avec leurs camarades, un sentiment de désespoir car ils sont projetés dans un avenir qui n’était pas leur projet, et, finalement un sentiment de perte de sens sur ce qui est le plus essentiel pour eux : leur avenir.

UNE VRAIE MALTRAITANCE

Si une entreprise s’aventurait à ce type de fonctionnement, elle serait rapidement taxée de maltraitance envers ses collaborateurs.

APB et tout l’écosystème qu’il génère depuis maintenant une décennie est un instrument de maltraitance vis-à-vis de nos jeunes.

Nous  ne parlons même pas de l’inégalité qu’il introduit entre les jeunes dont les parents vont trouver des solutions de rattrapage et les autres…

Toutes les rationalisations ex post, toutes les injonctions à rebondir, toutes les théories sur l’apprentissage de ses échecs, ne tiennent pas devant un jeune homme ou une jeune fille de 18 ans qui pleure sur les cendres de ses espoirs anéantis.

APB : une copie entièrement à revoir.

Repost 0
Published by Jean-Loup Dujardin - dans asnieres politique economie @PartiRadical
commenter cet article
4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 08:06

La vertueuse Cour des Comptes déclare que le budget 2017, présenté par Michel Sapin, était « insincère ». Faut-il se préparer à de nouvelles hausses d’impôt

 

Le budget 2016 préparé par Michel Sapin fait couler beaucoup d’encre. Est-ce vraiment grave ou une manœuvre pour nous préparer psychologiquement à de nouvelles hausses d’impôts ?

Hou le vilain Sapin.

BUDGET « INSINCÈRE » JUSQU’OÙ ?

La vertueuse Cour des comptes déclare que le budget 2017, présenté par Michel Sapin, était « insincère ».

Insincère, c’est vilain comment ? Le Larousse nous dit « hypocrite ». Mais les fonctionnaires ont un langage bien à eux.

Un budget insincère est un budget voté en équilibre mais dont le conseil sait parfaitement qu’il ne tient pas la route (minimisation des dépenses par rapport aux ressources) et que des décisions budgétaires modificatives devront être votées en cours d’année pour enregistrer des ressources nouvelles ou pour annuler ou pour reporter à l’année suivante des dépenses initialement prévues. (Stefano Boffo, Pierre Dubois, Roberto Moscati, Gouverner les universités en France et en Italie, page 193, 2008.)

C’est vilain, moche. On prépare un terrain miné aux potes. Pas bon camarade, Michel Sapin.

Notre président Macron ne le savait pas, ne pouvait pas le savoir. Ce n’est pas parce qu’on a fait l’ENA, l’inspection des Finances et de la banque d’affaires, qu’on est un ex-ministre du Budget, qu’on sait flairer les « insincérités » des comptes publics.

Le déficit budgétaire rate son objectif de 2,8% sur lequel la France s’était engagée auprès de l’Union européenne. Il sera de 3,2%. Rater son objectif à 22,5% près, ce n’est pas une broutille.

Ce déficit, c’est aussi l’héritage du vilain Hollande. Avant de partir, Hollande a offert sa tournée à ses potes fonctionnaires au « bar des amis ». Mais il est parti sans payer en laissant la note à son successeur. Pas très gentleman, ça…

En effet, les dépenses de personnel et de fonctionnement de l’État ont bondi : sur quatre mois seulement le relèvement du point d’indice des fonctionnaires nous a déjà coûté 1,33 milliard d’euros. Ça devrait nous faire un petit 3,99 milliards d’euros en fin d’année car même en comptabilité publique 3×4 = 12 et 12 mois = 1 an et 3 x 1,33 = 3,99.

En attendant, il faut faire avec, comme on dit.

OÙ TROUVER 9 MILLIARDS ? DANS LES IMPÔTS ?

Notre président Macron doit trouver 9 milliards d’euros (et non pas seulement 4 milliards d’euros ou 5 milliards d’euros comme estimé avant l’audit de la Cour des comptes). Même en faisant démanteler par Ségolène Royal ses disgracieux portiques écotaxes qui nous ont coûté 1 milliard d’euros, on est loin du compte…

Certaines mauvaises langues prétendent que tout cela n’est que mise en scène, que la situation ne serait pas si grave. Il s’agit simplement de préparer les esprits à une hausse des impôts à l’automne, époque où les feuilles (d’impôts) tombent.

Mais quand même, le nouveau gouvernement a prévu de « geler les points » des fonctionnaires. Plus d’augmentation.

C’est vrai qu’avec la nouvelle Assemblée, une telle mesure est plus facile à prendre que par le passé.

Composition de l’Assemblée nationale :

  • 186 cadres
  • 129 fonctionnaires
  • 88 professions libérales
  • 51 employés
  • 40 retraités
  • 14 agriculteurs
  • 11  artisans et commerçants
  • 58 « autres » (Source : La Voix du Sancerrois)

Seulement 129 fonctionnaires sur 577 sièges, soit 22%, c’est beaucoup moins qu’avant (37%).

Quant à l’avenir…

DES FONCTIONNAIRES QUI DEVRAIENT RECEVOIR LEUR PRIME EN DETTE FRANÇAISE

Suggérons une réforme audacieuse : fonctionnaires et élus devraient recevoir leurs gratifications, primes et augmentations en dette de l’État français. Un genre d’intéressement ou de stock option, en quelque sorte.

Avec, évidemment, obligation de la garder jusqu’à maturité et interdiction de vendre, comme le prévoit la loi Sapin, si jamais il y avait un désamour pour la dette française.

Car évidemment, derrière ces questions de déficit, se pose le problème de la dette qui gonfle, des rendements dérisoires que perçoivent les porteurs d’obligations françaises notamment qui ont des contrats d’assurance-vie en euro. Le jour où plus personne ne voudra de ces papiers qui ne rapportent rien, que se passera-t-il ? Votre épargne est-elle à l’abri ? Prenez dès maintenant les précautions qui s’imposent.

Peut-être que M. Sapin nous fait des budgets insincères, mais rusé, il a préparé les arrières. En cas de « crise de la dette française », vous ne pourrez plus effectuer de rachats partiels ou sortir de votre assurance-vie (si vous avez –la chance- d’en avoir une)

Repost 0
Published by Jean-Loup Dujardin - dans asnieres politique economie @PartiRadical
commenter cet article
30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 07:32

La carrière du Professeur Christian Cabrol, disparu le 16 juin dernier à l’âge de 91 ans, et resté célèbre pour avoir pratiqué en 1968 la première transplantation cardiaque chez l’homme en Europe, est l’illustration du principe d’innovation.

 

Parmi les nombreux freins qui empêchent notre pays d’aller librement de l’avant, le principe de précaution est l’un des plus emblématiques puisque, entré en 2005 dans notre constitution, il inscrit l’aversion au risque et la frilosité au frontispice de nos institutions.

La carrière du Professeur Christian Cabrol, disparu le 16 juin dernier à l’âge de 91 ans, et resté célèbre pour avoir pratiqué en 1968 la première transplantation cardiaque chez l’homme en Europe, est l’illustration d’un principe opposé,  le principe d’innovation.  Quels sont les déterminants repérables de cette innovation, aussi incroyable à l’époque que la conquête de la lune, presque contemporaine ?

LA MAYO CLINIC

Le premier facteur est l’apprentissage dans un milieu exceptionnellement créatif, le Minnesota, dans le nord des USA d’où sont issues, dans les années 50 et 60, les plus grandes innovations en cardiologie. Deux écoles de chirurgie cardiaque s’y livrent alors une compétition effrénée, celle de l’université publique du Minnesota et celle de la « Mayo Clinic ».

Elles sont dirigées par des « grands patrons » d’exception qui ont trouvé, les premiers, des solutions techniques pour pouvoir opérer à cœur ouvert, en dérivant la circulation des patients, ce qu’on appelle aujourd’hui la circulation extracorporelle. À l’époque, ils sont les seuls à sauver des enfants en train de mourir de malformations cardiaques.

UN INSTITUT UNIQUE AU MONDE

Le Professeur C. Walton Lillehei, qui accueille Christian Cabrol, fait travailler des médecins, des chirurgiens, des ingénieurs et des techniciens dans un « institut du cœur » unique au monde. Il mettra successivement au point l’ensemble des techniques de chirurgie cardiaque à cœur ouvert, les premiers pacemakers qui permettent de rétablir un rythme cardiaque normal et les valves cardiaques artificielles qui remplacent les valvules lésées à l’intérieur du cœur.

Ses innovations seront aussi à l’origine du développement économique de cette région du Minnesota, qui verra éclore toute une industrie technologique de pointe en matière cardiologique, qui pèse aujourd’hui  des milliards de dollars.

À l’époque où il arrive à Minneapolis, Christian Cabrol a seulement 30 ans ; brillant, il est déjà chirurgien et professeur agrégé d’anatomie des hôpitaux de Paris mais il est novice en matière de chirurgie cardiaque.

UNE EXPÉRIENCE MARQUANTE

Comme tous les chirurgiens étrangers qui viennent se former là, il doit d’abord travailler au laboratoire sur des questions techniques et s’exercer sur des chiens. Il ne sera admis en salle d’opération qu’au bout de plusieurs mois et repartira un an plus tard, profondément marqué par cette expérience.

Interdisciplinarité, équipes multinationales, émulation, transversalité, humilité, allers retours entre base et responsabilités,  on retrouve là des ingrédients classiques de l’innovation.

Le second facteur est l’écoute des patients plutôt que la soumission aux  institutions. De nombreux médecins et chirurgiens français considèrent à cette époque que la transplantation cardiaque est prématurée. D’ailleurs, les patients greffés par les Prs Barnard et Shumway, qui ont précédé Christian Cabrol de quelques semaines en Afrique du sud et en Californie, sont morts au bout de quelques heures.

MALGRÉ LES CRITIQUES

Mais lui sait que les patients en insuffisance cardiaque terminale n’ont pas d’autre solution, il sait que, techniquement, l’intervention est au point, qu’il a une équipe soudée autour de lui, alors il fonce ; l’intervention se passe bien mais le patient décède au bout de 50 heures. Il essuie de nombreuses critiques, y compris par son propre patron.

Durant toutes les années 70, alors que la plupart des équipes ont stoppé les greffes cardiaques dans le monde, l’équipe de la Pitié Salpêtrière continue à perfectionner sa technique, malgré une mortalité effroyable, due au phénomène de rejet, et les critiques continuent. Mais certains greffés survivent, sans qu’on comprenne bien pourquoi,  et ce sont les familles des patients en phase terminale qui insistent : « continuez, vous êtes notre seul espoir ! »

LE MÉDICAMENT QUI REDONNE ESPOIR

Au début des années 80 – miracle -, c’est l’arrivée de la ciclosporine, médicament qui permet de contrôler les phénomènes de rejet, et la greffe décolle alors vraiment. Aujourd’hui 400 greffes cardiaques sont réalisées chaque année et beaucoup de patients retrouvent une vie normale.

Écouter les patients, c’est aussi anticiper l’évolution du corps social sur un point essentiel : pour greffer un cœur, il faut un greffon, et ce greffon ne peut être prélevé que sur une personne en état de mort cérébrale.

À cette époque, la mort cérébrale n’est pas vraiment définie, tant que les organes fonctionnent, les gens sont  présumés vivants ; ni la loi ni les religions ne se sont prononcées sur ce sujet crucial, et cette transgression est une prise de risque éthique majeure.

LE PUBLIC SOUTIENT LES CHIRURGIENS

Là aussi, le public marche à fond, il a compris les enjeux avant les autorités morales et il soutient les chirurgiens. Quelques années plus tard la notion de mort cérébrale entrera dans la loi.

Troisième et dernier facteur, mais non le moindre : pour innover, il faut un innovateur, qui voit avant les autres, qui suit sa vision quoi qu’il arrive, que les autres suivent. Après sa première greffe cardiaque en Europe, Christian Cabrol a effectué la première transplantation cœur-poumons en 1982 et la première implantation de cœur artificiel en France en 1986.

À la fin de sa carrière il aura pratiqué plus de 40 000 interventions cardiaques, aura travaillé à la création d’un institut du cœur à  Paris, comme celui qu’il avait vu fonctionner à Minneapolis, puis à la promotion et à l’organisation du don d’organes et enfin au financement de l’innovation en cardiologie (Association Adicare).

DES ORGANES POUR LES GREFFES

Cette innovation n’est pas derrière nous. On transplante aujourd’hui des cœurs mais aussi des reins, des foies, des poumons, des cornées et pour chaque malade, la greffe salvatrice reste une innovation majeure. Or on ne peut pas  greffer tous les patients par manque de greffons, et la liste d’attente est longue.

Pourquoi manque-t-on d’organes à greffer ? Parce que les greffons sont prélevés sur des personnes en état de mort cérébrale, que celle-ci survient la plupart du temps de façon brutale, par traumatisme ou accident vasculaire cérébral.

Trop souvent les gens n’ont pas donné leur accord de leur vivant au don d’organe, et, même si, en droit français, le consentement est présumé, les médecins ne prélèvent jamais s’il y a un doute sur le consentement du donneur.

Il y a donc une façon simple et performative de prolonger l’innovation du Pr Cabrol et de sauver des vies, c’est de dire Oui au don d’organes à ses proches quand on est en bonne santé, pour qu’ils puissent dire Oui aux médecins au cas où…

N’est-ce pas là une illustration, bien qu’un peu extrême, de la notion schumpétérienne de destruction créatrice ?

Repost 0